Algérie : les binationaux interdits d’accéder aux plus hautes fonctions

Binationaux. En vertu de la nouvelle constitution algérienne qui doit être votée ce dimanche, les individus détenteurs d’une autre nationalité devront y renoncer pour pouvoir prétendre accéder aux plus hautes fonctions de l’Etat.

Alors que les débats autour de la question de la binationalité cristallisent les tensions et suscitent moult commentaires en France, ce sujet a été tranchée dans le vif de l’autre côté de la Méditerranée. Ainsi, comme l’évoque Le Figaro, dans son édition du jour, les autorités algériennes ont décidé d’introduire, dans la nouvelle constitution qui doit être votée ce dimanche, une mesure qui suscite déjà la polémique : l’interdiction pour les binationaux d’accéder aux plus hautes fonctions de l’Etat.

Plus précisément, le fameux article 51 incriminé stipule que seule « la nationalité algérienne exclusive »permettra « d’accéder aux hautes responsabilités de l’État et aux fonctions politiques ». Une mesure controversée qui a déclenché l’ire d’une partie de la diaspora algérienne, furieuse d’être ainsi écartée des « affaires courantes ». Plusieurs pétitions ont notamment été lancées en ce sens, réclamant le retrait de l’article.

« Aucun lien avec une puissance étrangère »

« Pourquoi tant de haine  pour cette diaspora amoureuse de sa patrie  d’origine qui sans cette bi, tri, quadri-nationalité n’aurait pas pu accéder et développer ses fameuses compétences tant recherchées pour participer à la construction de l’Algérie du XXIe siècle ?», s’indigne dans les colonnes du quotidien la députée représentante des Algériens de France au Parlement algérien, Chafia Mentalecheta.

Suffisant pour faire plier les pouvoirs publics algériens ? Rien n’est moins sûr comme en témoigne l’inflexibilité de l’ancien Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, aujourd’hui directeur de cabinet du président Bouteflika, toujours dans le Figaro. « Ceux qui voudraient servir ou représenter l’Algérie à de très hauts niveaux de responsabilités, ne doivent avoir de loyauté  qu’envers elle et doivent être dégagés de tout lien avec une puissance étrangère », justifie-t-il.

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Petit-Clamart : qui savait ?

 Tout commence à Clamart, sur une avenue bruyante. L’homme me désigne un bout de trottoir : « C’est ici que je me trouvais. Nous étions une douzaine, répartis dans trois véhicules. C’était la dix-septième embuscade en cinq mois. » Lajos Marton a 84 ans. Il est l’un des derniers survivants du commando qui tenta d’assassiner le général de Gaulle, le 22 août 1962, à 20 h 10, près du rondpoint du Petit-Clamart. Sûr de lui, Marton désigne un carrefour un peu plus haut : « Bastien-Thiry était posté là-bas. Quand la DS de De Gaulle est arrivée, il a levé son journal. C’est le signal que nous attendions. Mais le convoi roulait à plus de 120 kilomètres-heure, sans doute pour déjouer les tentatives d’attentat. J’ai levé ma Thompson et j’ai tiré onze balles. Mais j’ai raté de Gaulle… Je ne me le pardonnerai jamais. »

Lajos Marton est un ancien officier hongrois passé à l’Ouest en 1956. Condamné à mort par la justice française, il effectuera finalement moins de cinq ans de prison. Après plus d’une heure d’entretien, je lui demande : « Qui renseignait l’OAS sur les itinéraires de De Gaulle ? » Marton me répond sans ciller : « Deux personnes infiltrées au plus haut sommet de l’État : Michel Poniatowski et le ministre des Finances de De Gaulle, alors âgé de 36 ans, Valéry Giscard d’Estaing. »

VGE renseignant les hommes de l’OAS ! Giscard complice d’une tentative d’assassinat contre le général de Gaulle ! Je décide de retirer ce passage de mon documentaire. Mais le lendemain, j’interroge un historien spécialiste des guerres coloniales : Alain Ruscio. Le chercheur m’a apporté Nostalgérie, son dernier livre consacré à l’histoire de l’OAS. Coïncidence, Ruscio y cite largement les propos du chef du commando, lors de son procès, le colonel Jean Bastien-Thiry, officier catholique, polytechnicien, condamné à mort, puis exécuté. Je lis cette phrase : « M. Giscard d’Estaing, dès cette époque, était inscrit à l’OAS, dans l’un de ces réseaux […], sous le n° 12 B. »

Selon Alain Ruscio, en cette année 1962, Giscard participait au Conseil des ministres et n’ignorait rien des déplacements de De Gaulle. Il comptait dans son cabinet un certain André Regard, haut cadre issu de l’Inspection des finances et… responsable de l’OAS en métropole sous le pseudonyme de “Raphaël” !

En 1974, de nombreux anciens de l’OAS animeront la campagne présidentielle de Giscard, comme Hubert Bassot ou Claude Dupont. Certes, tout cela ne fait pas de VGE un suspect. Mais l’ancien président, informé de mon documentaire et invité à réagir, “n’a pas souhaité s’exprimer sur ce sujet”. Dommage.

Robert Redeker : « L’inhumain terrorisme compassionnel »

Valeurs d’avenir. Robert Redeker est philosophe. Victime d’une fatwa pour avoir publié un texte critique sur Mahomet, il vit sous protection policière. Pour lui, « l’image de l’enfant noyé foudroie, nécrose l’intelligence. Elle réussite à changer le citoyen en un perroquet humanitaire, en un anticitoyen ».

Il n’y a pas, dans l’espace public, d’image innocente. Il ne peut exister ni diffusion innocente ni contemplation anodine d’une image. Une image est diffusée pour provoquer des effets sur ceux qui la regardent. La photo d’un petit réfugié syrien mort noyé sur une plage turque a été relayée par les médias et reçue par les citoyens français avec une consternante naïveté. Peu de voix, si ce n’est celle, courageuse, de Michel Onfray, se sont élevées pour neutraliser les effets de cette photographie, pour énoncer malgré elle les questions politiques que la raison impose (en particulier : un peuple peut-il être contraint d’accueillir des centaines de milliers de réfugiés d’une culture fort différente de la sienne sans être averti des conséquences à long terme de cet apport de sang neuf, ni être consulté par référendum sur son accord pour pareille transplantation de population ? ).

Sauf à Saint-Germain-des-Prés et dans quelques beaux quartiers, au Flore et au Festival d’Avignon, la France vit une crise identitaire. Cette crise est démographique (les Français se posent, à tort ou à raison, la question de la composition ethnique de leur peuple) et culturelle (nos concitoyens attachés aux racines chrétiennes et athées de la culture nationale s’inquiètent des revendications de l’islam tout en s’interrogeant sur le sens de l’islamomanie galopante des élites).

La “classe discutante”, pour employer la formule de Donoso Cortès, que l’on peut appeler aussi la classe jacassante, composée de la plupart des journalistes, des politiciens, des intellectuels et du show-business, qui s’est arrogé le droit de parler à la place des Français, se ligue pour empêcher l’émergence de ces questions, pourtant naturellement liées à tout déplacement de populations. Le mot juste est lâché : cette classe ne considère pas la France comme une nation constituée par un peuple, mais comme une population, c’est-à-dire un agrégat d’individus hors sol. Le mot “population” est une machine de guerre contre les mots “peuple” et “nation”.

Cette image est médusante ; elle foudroie, nécrose l’intelligence. Elle condamne toute réflexion à l’indécence. Elle veut être le point final. Après elle, du point de vue de ceux qui la manipulent pour imposer sans débat leurs idées, ne peut subsister que l’action réflexe, l’action au garde-à-vous devant les diktats de la compassion. Bref, cette image est l’analogue visuel du mot d’ordre. Mieux : elle est un mot d’ordre déguisé en image. Elle impose un unanimisme aussi muet qu’acéphale ; elle contraint chacun au psittacisme, à la répétition en boucle de formules toutes faites et toutes creuses sur l’accueil, la générosité et les valeurs. L’image de l’enfant noyé a réussi son office, changer le citoyen en un perroquet humanitaire, en un anticitoyen. Cette image envoie un message : taisez-vous. Ne pensez pas, pleurez ! Ne pensez pas, culpabilisez-vous ! Ne pensez pas, obéissez à la voix unanime de ceux qui ont droit à la parole !

Il est exigé qu’un comportement suive immédiatement la vue de l’image, sans réflexion aucune. Image sidérante à laquelle il est impossible de répondre autrement qu’en se moulant dans le conformisme obligatoire. Au terrorisme intellectuel, sorte de chantage intellectuel qui empêchait de s’écarter de l’idéologie dominante, s’adjoint désormais le terrorisme compassionnel, chantage affectif qui rejette dans le clan inconfortable du Mal, du Grand Satan, toute lueur d’intelligence critique.

Toute image appelle la réflexion. Or, celle du petit réfugié noyé est exhibée pour interdire la réflexion. Elle est un étouffe-pensée. Ainsi manipulée, cette photographie devient liberticide. Ce sont bien les libertés politiques qui sont paralysées par l’usage compassionnel de la photographie. Au-delà de la liberté, si l’homme est à la fois l’animal doué de raison et l’animal politique, la substitution de la compassion à la raison et du réflexe pavlovien à la politique a des effets déshumanisants. Humanitaire en apparence, le terrorisme compassionnel est destructeur d’humanité, il est inhumain.

Sondage : 54 % des Français contre le“mariage pour tous”

Deux ans après les mobilisations contre le « mariage pour tous », seule une minorité de Français veut garder la loi. Photo © AFP

http://www.valeursactuelles.com/politique/sondage-54-des-francais-contre-lemariage-pour-tous-55658

Coulisses. C’est un sondage choc réalisé par l’Ifop et commandé par Frigide Barjot, ex-porte-parole de La Manif pour tous, aujourd’hui présidente de son mouvement L’Avenir pour tous.

Cette enquête, que Valeurs actuelles a pu consulter et dont nous publions les résultats en exclusivité, révèle que, plus de deux ans après l’adoption de la loi Taubira, seuls 46 % des Français souhaitent, en 2017, “conserver la loi Taubira sur le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels avec reconnaissance à l’état civil des enfants conçus à l’étranger d’une mère porteuse (GPA) ou par insémination artificielle (PMA avec donneur anonyme)”, comme c’est actuellement le cas.

Les opposants au “mariage pour tous”, majoritaires, sont en revanche divisés en deux camps : ceux souhaitant l’“abrogation pure et simple” de la loi (22 %) et ceux souhaitant une “réécriture dans le sens d’une union civile en mairie pour les couples homosexuels avec droits égaux aux couples hétérosexuels sans adoption plénière” (32 %). « Deux ans après le vote de la loi Taubira, dont l’examen avait suscité une intense mobilisation, l’opinion française reste divisée sur cette question, relève Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’Ifop et auteur de l’étude, selon qui « une majorité d’électeurs de droite souhaite aujourd’hui une réécriture (40 %) ou une abrogation (36 %) ».

La question brûlante du “mariage pour tous” pourrait donc s’inviter dans la prochaine élection présidentielle et, avant cela, dans le débat pour la primaire à droite…

Chantal Delsol : « De la législation sur le don d’organes »

« (…)  faire fi de l’assentiment de la famille devant le cadavre est un déni de ce que le mort a été et est encore : un membre de la communauté des humains. Il est donc utile de préciser ceci : la mort ne fait pas de l’humain une machine dont on pourrait récupérer les pièces à son gré. C’est la vieille histoire d’Antigone : les cadavres des frères sont encore les frères, à traiter comme tels, et de façon si impérative qu’il vaut la peine d’y risquer sa vie, et même de la perdre.

http://www.valeursactuelles.com/de-la-legislation-sur-le-don-dorganes-52769

Chantal Delsol. Photo © Patrick Iafrate

Valeurs d’avenir. Chantal Delsol est philosophe et membre de l’Institut. Elle dénonce : « La mort ne fait pas de l’humain une machine dont on pourrait récupérer les pièces à son gré ».

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Jamel Debbouze, les raisons d’un bide

Arnaud Folch – 04/05/2015

http://www.valeursactuelles.com/jamel-debbouze-les-raisons-dun-bide-52590

François Hollande et Jamel Debbouze. Photo © AFP

Bien-pensance. Malgré une affolante promotion, “Pourquoi j’ai pas mangé mon père”, sorti il y a trois semaines, est loin d’atteindre ses objectifs. La faute, plus qu’à la nullité du film, à sa posture engagée. À l’image de son auteur.

Pas un plateau de télé, pas un studio de radio qui n’ait vanté son film. Un coup d’oeil au site de référence Allociné. fr, et à ses critiques de spectateurs, suffit pourtant à mesurer le désastre. Sur les 258 avis consacrés jeudi dernier à Pourquoi j’ai pas mangé mon père, moins d’une dizaine seulement sont positifs. Les dix premières critiques étant à l’image de la quasi-totalité de celles qui suivent :
« lourd, niais, hystérique », « nullissime », « traîne en longueur », « je ne comprends même pas comment on peut oser montrer un truc pareil », « débile, nul, vide », « le pire film que j’ai vu ces dernières années », « complètement raté et d’une médiocrité affligeante », « une honte », « pas drôle, prévisible, brouillon », « extrêmement déçu »
À se demander si c’est bien le même film qu’ont vu les critiques professionnels. Sur les 27 médias référencés par le même site, 17 lui ont décerné au moins trois étoiles (dont quatre la note maximum de cinq !) et… aucun n’a osé le priver d’étoile. Alors que le “zéro étoile” est la note la plus massivement donnée par les spectateurs (28 %)!

Impossible de mieux résumer, avec ces quelques chiffres, l’incroyable traitement de faveur politico-médiatique dont jouit Jamel Debbouze. Qu’importe que son dernier film soit un authentique navet, ce que nous avons pu vérifier dans une salle aux trois quarts vides. Que l’histoire de ce petit singe victime d’exclusion et parlant verlan, en lutte contre l’obscurantisme, soit aussi lourdement militante qu’un Guy Bedos manifestant sa rage le 21 avril 2002. Qu’importe, aussi, la faiblesse récurrente du bréviaire antiraciste de la star : « C’est dégueulasse […] de prendre l’immigré comme la bête noire de la France, alors que les mélanges, ça fait des gens très beaux, explique-t-il dans le Parisien. Et puis […]les immigrés rapportent des milliards et paient nos retraites ! » Qu’importe, encore, ses déclarations parfois “limites” : « Je déteste le mot “intégration”. Cela veut dire qu’il faut faire des efforts pour nous assimiler, alors qu’on n’a pas d’efforts à faire. » Sans compter ces zones d’ombre sur son parcours, notamment sur les circonstances réelles de la perte de sa main droite, qui ont valu, le même jour, à l’un de ses “amis” (dont les parents porteront plainte contre lui) d’être déchiqueté par un train. Son goût (très) prononcé pour le “blingbling” : Ferrari, triplex sur l’île SaintLouis… Sa proximité avec le monde des “riches” qu’il vomit par ailleurs : Pierre Bergé, François Pinault, Jérôme Seydoux, Marc Ladreit de Lacharrière… Mais pas touche à l’icône. Jamais. Et pour cause, comme le résume Guillaume Durand : « Il fait du bien à la France. » Une France dont le visage, dit Jamel, « ressemble au mien »

Julien Rochedy : « Pourquoi le FN ne parvient pas à tuer l’UMP »

Valeurs d’avenir. Julien Rochedy est entrepreneur et ancien président du Front national de la jeunesse. Pour lui, « Le FN a sous-estimé la permanence du clivage droite-gauche et les inquiétudes identitaires ».

Au FN, on va encore incriminer le “droitard”. On va encore pester sur le petit-bourgeois de droite qui, malgré les cent cocuferies dont il a l’habitude, a préféré voter pour un candidat UMP-UDI lors des départementales, comme il votera sûrement pour Nicolas Sarkozy à la présidentielle. À l’évidence, les dernières élections ont démontré que le “bloc de droite” reste à un niveau particulièrement haut, bien plus en tout cas que ne l’est le socle frontiste. Pendant un temps, aujourd’hui révolu, les observateurs attendaient que le parti de Marine Le Pen, dans le contexte favorable d’une présidence socialiste honnie et d’une droite en morceaux, prenne tout naturellement la place électorale de l’opposition, en “chipant”, notamment, tous les électeurs de la droite traditionnelle. Le constat est sans appel : en l’état, le FN n’a finalement pas beaucoup “mordu” sur l’électorat UMP, ou du moins pas autant qu’on aurait pu l’attendre. L’UMP, par conséquent et miraculeusement, reste en vie.

Comment l’expliquer ? Ce que les observateurs n’attendaient pas, c’est que le FN dédaigne à ce point d’envoyer ne serait-ce que des “signaux” à cet électorat. Fort de son programme antimondialiste cohérent à défaut d’être parfaitement audible, le FN a dogmatisé ses positions en comptant sur une recomposition radicale des desiderata électoraux. Il a tout misé sur le clivage patriote-mondialiste en sous-estimant la constante droite-gauche du pays. Qu’importe qu’il ait raison ou non dans le fond, car en politique — et je tiens cette maxime de Marine Le Pen elle-même — « n’existe que ce qui paraît exister ». Lorsqu’on fait si peu de clins d’oeil à un électorat, il n’est pas étonnant qu’il ne s’amourache pas.

Or, cette absence de messages est patente : en économie d’abord, domaine dans lequel le FN s’est évertué à prodiguer un discours macro économique (euro, protectionnisme, État stratège) de manière quasi exclusive, là où, justement, l’électorat dit petit-bourgeois (artisans, commerçants, entrepreneurs, etc.) ne comprend bien souvent qu’un discours microéconomique (fiscalité, économies, droit du travail, etc.), celui-ci touchant précisément à la vie de tous les jours. Pour un mouvement qui se gargarise d’être celui « de la vie des Français », proche de la « réalité », c’est assez étonnant. Alors certes, la macro détermine la micro (du cadre économique général dépend le fonctionnement des entreprises), mais tout de même : l’absence de toute communication sur le sujet, pour ne privilégier que les grandes solutions “macromiraculeuses”, limite sérieusement les percées du FN dans la sociologie du monde du travail indépendant.

De même, en parlant toujours de « l’État stratège », tout en se gardant bien d’expliquer que celui-ci serait l’inverse de l’État socialiste, bureaucratique et omnipotent, le FN a prêté le flanc à l’accusation d’être, au moins économiquement, d’extrême gauche. Enfin, en évoquant trop souvent l’immigration du point de vue économique, tandis que cet électorat a plutôt des craintes d’ordre identitaire, et en étant assez économe de discours sur l’insécurité, il s’est volontairement privé d’aimants naturels et puissants pour attirer le peuple de droite. Et je n’aurais pas la cruauté de rappeler ici l’épisode Manif pour tous. Et pourtant ! C’eût été tellement facile pour Marine Le Pen que ça en devient presque suspect.

Avec quasi le même programme et le même positionnement, elle aurait pu toutefois se fendre de quelques signaux bien envoyés à tout un monde qui, pendant presque trois ans, fut totalement orphelin, turbide, et sans doute prêt à changer de chapelle. Au lieu de cela, il n’y eut presque que des appels du pied à la gauche. Or, ces clins d’oeil droitiers n’auraient pas fait peur à l’électorat populaire, lequel se détermine essentiellement sur la force du politique et sur l’insécurité. Il suffit, pour s’en convaincre, de se rappeler le Sarkozy de 2007 qui, malgré un caractère libéral affiché, avait attiré à lui cet électorat à l’aide d’un discours bien senti sur la capacité du politique à « changer les choses » et sur la sécurité. En conséquence de ces erreurs — qui ne sont peut-être que passagères —, la droite a survécu et peut s’attendre à gagner toutes les élections jusqu’en 2017.