Philippe de Villiers au directeur de Super U : «Serge, arrête ça ! C’est scandaleux !»

La campagne des supermarchés Super U en faveur des jouets unisexes a provoqué de vives réactions, parmi lesquelles celle particulièrement mordante de l’homme politique Philippe de Villiers.

 

RT France : Super U a lancé une campagne de publicité avec des jouets unisexe à l’occasion des fêtes de Noël. Quel est selon vous le message que véhicule cette campagne ?

Philippe de Villiers : Il est clair que le message de cette campagne, la publicité le dit elle-même, est qu’il n’existe pas de jouets pour les filles ou pour les garçons, mais tout simplement des jouets. Mais l’idée, c’est d’aller plus loin : c’est de s’engager contre les stéréotypes, contre l’idée qu’il y a des filles et des garçons.

La publicité le dit : «Il est ridicule de nier que les filles sont attirées par des jeux de poupées et il est tout aussi ridicule de nier que les garçons sont attirés par des voitures ou par des caisses à outils». Or, on voit bien la manœuvre qui est derrière tout ça : la manœuvre c’est d’installer l’unisexe, c’est-à-dire un monde dans lequel les hommes et les femmes de demain seraient sans patrie, sans sexe, désaffiliés , désinstitués, l’homme nomade de Jacques Attali, l’homme déraciné.

Il faut donc se battre contre cette publicité, c’est la raison pour laquelle d’ailleurs j’ai agi avec les militants de La Manif pour tous – il n’y a d’ailleurs aucune concertation entre nous – pour boycotter Super U.

Je connais bien Super U. C’est un ensemble de magasins qui a été inventé et créé par Jean-Claude Jaunait qui était dans la même institution religieuse que moi lorsque j’étais enfant, le collège Saint-Joseph à Fontenay-le-Comte. Je connais aussi le directeur de Super U, Serge Papin, qui n’a aucun scrupule, qui est un commerçant.

Je lui ai dit : «Serge, arrête ça ! C’est scandaleux !» C’est profondément contraire au bon sens et si Super U continue à procéder ainsi, il y aura de très nombreux consommateurs, à commencer par ma famille, qui n’iront plus chez vous. On ira au centre Leclerc, on ira ailleurs, on ira là où est le bon sens, pas là où est l’idéologie.

Mais vous savez, derrière tout ça il y a, en filigrane, le mondialisme. Super U est une entreprise mondialiste, qui profite du mondialisme, qui prospère sur le mondialisme. Et le mondialisme consiste à couper l’homme de ses attachements vitaux.

Le mondialisme veut un monde débarrassé de toute forme de filiation

RT France : Selon vous, pourquoi cette campagne est lancée maintenant, juste avant Noël ?

Philippe de Villiers : Précisément parce que Noël est l’un des derniers obstacles à la puissance de l’idéologie mondialiste. Noël, c’est l’Enfant qui nait, un petit garçons qui nait dans la crèche, qui s’appelle Jésus-Christ. Il a un père et une mère et sauve l’humanité au nom de la paternité céleste. C’est tout ce que le mondialisme combat.

Le mondialisme veut un monde débarrassé de toute forme de filiation. La filiation de Jésus-Christ est donc insupportable pour l’athéisme moderne qui vise à éradiquer toute forme de religion et surtout la religion chrétienne, car en même temps ces gens-là accueillent l’islam au nom du vivre ensemble et de l’accueil de l’autre. Donc, il y a une préférence islamique chez ces gens-là. Pour eux, il s’agit de détruire et d’éradiquer le christianisme.

 

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Philippe de Villiers : «La barbarie va nous faire redécouvrir notre civilisation»

Par Philippe De Villiers Publié le 20/11/2015 à 15:59

FIGAROVOX/TRIBUNE – Philippe de Villiers réagit aux attentats du vendredi 13 novembre. Selon lui, de cette tragédie pourrait naître un sursaut salutaire.


Philippe de Villiers est le créateur du Puy du Fou et le fondateur du Mouvement pour la France. Il s’est présenté aux élections présidentielles françaises de 1995 et de 2007. Il est également écrivain. Son dernier livre Le moment est venu de dire ce que j’ai vu est paru le 1er octobre 2015 aux éditions Albin Michel.


 

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/11/20/31001-20151120ARTFIG00214-philippe-de-villiers-la-barbarie-va-nous-faire-redecouvrir-notre-civilisation.php

Dans mon dernier livre[1], je l’avais écrit en toutes lettres: «Nous allons devoir affronter la guerre que nous ne voulons pas nommer. Et la classe politique va connaître le chaos.»

Nous y sommes: la guerre est là. Et le chaos va suivre. Les fautes sont trop lourdes. L’imputation sera terrible. Comment les élites mondialisées pourraient-elles en effet s’exonérer de leur responsabilité devant l’histoire, d’avoir installé chez nous, depuis les années soixante-dix, une colonisation à rebours, préparant ainsi les prodromes d’une nouvelle guerre de religion inouïe depuis le XVIème siècle.

Les gens qui se sont succédé au pouvoir depuis l’ère giscardienne et maastrichtienne ont failli. La France officielle qui a importé au cœur de notre pays, une autre nation, a vécu sur deux principes: un «espace sans frontière», au nom de l’hubris européen ; et une «société multiculturelle», au nom de l’idéologie mondialiste.

On nous a expliqué, pendant vingt ans, que «les frontières étaient inutiles». Aujourd’hui, il y a 5000 kalachnikovs qui, après un long voyage, dorment sagement dans les caves des «territoires perdus de la République». Personne n’en a contrôlé l’entrée. On y trouvera bientôt des stocks de gaz sarin. Il y a aussi 3000 kamikazes – selon nos services de renseignement – qui vont et viennent sans souci pour aller chercher en Belgique ou en Syrie leurs ceintures explosives.

Et voilà que soudain, on nous dit «On va fermer les frontières». Il faut se pincer pour être sûr d’avoir bien entendu. Le salto arrière est impressionnant. Aucun mea culpa. La médiacaste éberluée s’extasie: «va pour les frontières! Chapeau l’artiste!». Il faudra des années pour reconstituer une infrastructure douanière. Que de temps perdu!

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Les gens des arbres, les gens de pirogues et Philippe de Villiers: commentaires de deux lectures récentes

http://institutdeslibertes.org/les-gens-des-arbres-les-gens-de-pirogues-et-philippe-de-villiers-commentaires-de-deux-lectures-recentes/

Je viens de finir le dernier livre de  Jean-Claude Guillebaud « Je n’ai plus peur »  et je ne saurais trop en recommander la lecture à mes amis de l’IDL. Guillebaud est ce qu’il est convenu d’appeler un Chrétien de gauche (Journaliste  à Témoignage Chrétien, au Monde diplomatique, correspondant de guerre au Monde), ce qui d’habitude n’est pas ma tasse de thé. Mais curieusement, il m’a toujours beaucoup intrigué  et j’ai du lire tous ses livres. La  cause de cet intérêt qui ne se démentît  jamais est simple : c’est un homme qui est intellectuellement honnête et qui cherche à comprendre.  Et il ne change pas sa grille de lecture en fonction de ce qu’il découvre sur le terrain. Il ne ment pas pour défendre son camp. C’est donc un honnête homme au sens du XVIIIème siècle Français, et entendre son point de vue, c’est s’enrichir intellectuellement.

Son dernier livre raconte son histoire personnelle et il s’agit donc d’une espèce d’autobiographie  et comme il a mon âge, les événements qu’il a traversés sont aussi ceux qui ont marqué ma vie, ce qui me touche car il parle avec beaucoup de délicatesse des souffrances que les uns et les autres ont enduré. Il écrit des choses bouleversantes sur les guerres dont il a été un témoin privilégié.

Fils d’un général Gaulliste, sa mère était une « pied noir » Algérienne, opposée à l’indépendance et donc sa famille fut traversée de part en part par les drames qui ont marqué la  rupture des deux communautés et ses parents se séparèrent.

J’y reviendrai.

Dans ce livre, il explique que les Polynésiens ont une conception très intéressante de la coupure qui existe dans toutes les sociétés entre les sédentaires et les aventuriers.  Dans chaque génération, il y a des gens des arbres et des gens des pirogues. Les gens des arbres veulent vivre là où ils sont nés, les gens des pirogues quand à eux veulent voir si l’herbe n’est pas plus verte dans l’ile au delà de l’horizon. Mais tous, ils savent que sans arbres, il n’y aurait pas de pirogues, et que sans les gens des pirogues, il n’y aurait pas sans doute assez d’arbres pour tout le monde…Et donc les deux espèces se comprennent et s’aiment bien puisque les deux savent que chacun est né homme des arbres ou homme des pirogues.

Ce qui m’amène à la deuxième de mes lectures, celle du dernier livre de Philippe de Villiers. Monsieur de Villiers est un homme des arbres. Il décrit merveilleusement l’éthique qui sous tendait toute la famille des Villiers, tous soldats (et non pas militaires), tous n’ayant qu’un but: «servir» la France, ce qui en ces temps là était la marque de l’élite, de gauche comme de droite. Il décrit avec un talent de plume qui ne se dément jamais sa stupéfaction quand, jeune élève de l’ENA, il rencontre tous ceux qui allaient déterminer l’histoire de la France. Et là, sa surprise fut totale.

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Le moment est venu de dire ce que j’ai vu (P. de Villiers)

Par son témoignage, Philippe de Villiers confirme les intuitions que vous lisez sur ce blog:
 http://fboizard.blogspot.fr/2015/10/le-moment-est-venu-de-dire-ce-que-jai.html

♘ Les politiciens sont bien la lie de notre société. Cyniques, cupides, narcissiques, malhonnêtes, beaux parleurs sans aucun bon sens et, surtout, surtout, sans aucun souci du bien général.

Sa description de l’énarchie est ravageuse parce qu’il frappe au coeur de la monstruosité énarchique, l’ambition folle et criminelle de remplacer le gouvernement des hommes par l’administration des choses.

De Villiers se permet de citer les banques avec lesquelles les politiciens font équipe, par exemple Fillon avec Goldman Sachs (ne croyez pas qu’il soit pire que les autres, c’est juste un exemple). La question est : le politicien utilise-t-il la banque ou la banque utilise-t-elle le politicien ? Poser la question, c’est déjà un peu y répondre.

De Villiers a une tendresse pour Pasqua, un magouilleur à l’ancienne avec des buts politiques qui n’étaient pas tous personnels et carriéristes.

♘ Les gnomes de Bruxelles veulent abolir les nations, les Etats et les peuples européens pour les fondre dans un grand marché cosmopolite d’êtres déracinés et atomisés. Le sentiment pour les peuples européens qui transparaît dans les propos privés des eurocrates est pire que le mépris, c’est la haine.

Les discours sur la super-nation européenne ne sont qu’un leurre pour ces abrutis de peuples, en réalité les eurocrates veulent (bis repetita) abolir les nations. Tous les moyens sont bons, y compris, bien entendu, le Grand Remplacement.

Pour de Villiers comme pour moi, le début de la grande catastrophe, c’est Giscard, la conjonction de l’avortement et du regroupement familial, du progressisme et de l’européisme.

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Philippe de Villiers : «Le pouvoir n’a plus de pouvoir : c’est une clownerie»

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Par Alexandre Devecchio , Eléonore de Vulpillières

Publié le 16/10/2015 à 20:22

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Trois semaines après leur sortie, les mémoires politiques de Philippe de Villiers écrasent les autres livres politiques de la rentrée, sans pourtant faire naître chez lui la tentation du retour. Explications.


Philippe de Villiers est le créateur du Puy du Fou et le fondateur du Mouvement pour la France. Il s’est présenté aux élections présidentielles françaises de 1995 et de 2007. Il est également écrivain. Son dernier livre Le moment est venu de dire ce que j’ai vu est paru le 1er octobre 2015 aux éditions Albin Michel.


http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/10/16/31001-20151016ARTFIG00371-philippe-de-villiers-le-pouvoir-n-a-plus-de-pouvoir-c-est-une-clownerie.php

 

LE FIGARO. – Votre livre est un triomphe public qui rappelle un peu celui du Suicide français d’Eric Zemmour. Comment l’expliquez-vous? Ces succès d’édition cachent-ils un phénomène de société?

Philippe DE VILLIERS. – Cette lame de fond s’explique par l’immense désarroi des Français lucides, désemparés, submergés par un sentiment de dépossession d’eux-mêmes et qui craignent le pire. Mais le désarroi n’est pas une explication suffisante, il y a aussi une soif de connaître, depuis la coulisse, les cheminements et officines qui nous ont conduits au désastre. Beaucoup de gens veulent savoir comment ont été descellées les pierres d’angle, comment la machine à décerveler les pensées justes a procédé pour vitrifier les esprits libres, comment se sont imposées la terreur et la haine de soi jusqu’à faire perdre à la France son âme et à la mettre en danger de mort.

Mon livre est un témoignage qui propose plusieurs clés de compréhension. Ma conscience civique s’est éveillée en mai 1968. J’ai vu derrière le grand chambardement, se profiler le boboïsme, l’idéologie en fusion du bourgeois-bohème, libéral-libertaire. J’ai connu de l’intérieur le creuset de l’ENA, cette couveuse à crânes d’œuf qui fabrique en série les «ingénieurs sociaux». J’ai regardé comment le système produisait des poulets de batterie hors sol à la Juppé-Fabius, choisissant au hasard leur emballage de sortie, leur étiquette. J’ai vu comment la grande broyeuse à apparatchiks confisquait les talents et les passait au micro-ondes pour qu’ils soient, comme la viande attendrie, aseptisés et nourris à la pensée chloroforme.

Les hasards de la vie m’ont amené à côtoyer dans leur intimité les grands fauves, Giscard, Mitterrand, Chirac, puis les lapins-tambours Duracell et ludions électroniques du Sarkhollande, qui clignotent comme des néons. J’ai vu comment ils pirouettent et toupillent non plus au service de la France, mais «de leur parcours», en pratiquant l’hédonisme politicien. Tous ces gens propres sur eux plaisaient à M. Bertin de Ingres et à la bourgeoisie française qui se voulait «anationale» comme le disait de Gaulle. Ils promenaient leurs accents de gravité, ils savaient poser la main sur le cœur, ils portaient le costume trois-pièces du VIIème arrondissement des assureurs qui rassurent. En fait ils ont coulé la France, c’étaient des naufrageurs en cravate.

Ce succès ne vous donne-t-il pas envie de remonter sur le ring politique?

Je n’en ai pas envie et cela me paraît, dans les circonstances actuelles, inutile. En effet, nous ne sommes plus dans un système démocratique, nous avons basculé dans un système oligarchique protégé par une médiacaste mondialiste: la potestas est partie à Bruxelles et à Washington et l’auctoritas chez Ruquier. Impossible de survivre plus de cinq minutes quand on joue au rodéo de la vérité dans cette cabine de maquillage: on vous déstabilise, on vous déséquilibre, on vous peinturlure en paria, on vous rend grotesque, et vous terminez dans la sciure sous les sifflets playback. Seule la parole agréée est filtrée par le tamis idéologique de la pensée conforme.

Aujourd’hui, pour faire de la politique, il faut avoir beaucoup d’argent pour acheter les sondages, car ils sont prescripteurs et structurent l’offre. Et il faut accepter de participer au simulacre, au risque d’y perdre son honneur.

Les hommes politiques ont encore aujourd’hui le culot d’expliquer aux Français ce qu’ils feront demain, alors qu’ils savent parfaitement qu’ils n’ont plus le pouvoir. Or quand le pouvoir n’a plus le pouvoir, la parole n’est plus que gesticulatoire ; c’est une clownerie. Hollande, c’est René Coty avec son pot de fleurs dans les bras qui se produit au Plus Grand Cabaret du monde de Patrick Sébastien. Du pot de fleurs sort un bouquet d’étoiles, les étoiles du drapeau américain.

Ma parole d’homme politique était suspecte quand j’avais des mandats. Maintenant que je ne quémande plus de picotin de popularité, elle est écoutée et enfin reçue comme authentique.

Si vous êtes un homme politique et que vous voulez avoir de l’influence, quittez donc la scène politique, remontez sur l’Aventin et alors, vous serez entendu. C’est dire à quel point le système politique est en voie de décomposition puisque toute parole publique sur fond de mandat est discréditée. Les hommes politiques pratiquent tous ensemble et en même temps le «mentir vrai» d’Aragon: «Moins il y aura de frontières, plus il y aura de sécurité. Plus il y aura de mosquées, moins il y aura d’islamistes. Plus il y aura de migrants, moins il y aura de chômeurs. Plus on aidera al-Qaida en Syrie et les «salafistes modérés» – Laurent Fabius disait il y a encore un an d’al-Nosra qu’ «elle faisait du bon boulot» – plus vite se réglera le conflit syrien. Etc.». A force de proférer ce genre de paradoxes ludiques, les hommes politiques ont changé de catégorie, dans l’esprit public. Ils sont passés à la rubrique «comédie-spectacle» où s’affichent Brutus et Yago.

Vous-même n’avez-vous pas participé à ce système? Pourquoi avez-vous rejoint Nicolas Sarkozy en 2009?

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Philippe de Villiers : « Pour se défendre de ses ennemis mortels, la France a besoin d’un pouvoir fort et consenti, fondé sur la confiance et la gratuité sacrificielle »


Philippe de Villiers - Le moment est venu de dire ce que j'ai vuDans son nouveau livre intitulé « Le moment est venu de dire ce que j’ai vu » (Editions Albin Michel), le fondateur du Mouvement pour la France (MPF) s’élève contre « la bien-pensance », qui « a organisé une police de la pensée avec un périmètre sanitaire qui entoure la cage aux phobes ».

 Point blanc


Entretien politique

Publié le 5 Octobre 2015

http://www.atlantico.fr/decryptage/philippe-villiers-pour-se-defendre-ennemis-mortels-france-besoin-pouvoir-fort-et-consenti-fonde-confiance-et-gratuite-2367083.html

Philippe de Villiers : "Pour se défendre de ses ennemis mortels, la France a besoin d'un pouvoir fort et consenti, fondé sur la confiance et la gratuité sacrificielle"

Philippe de Villiers dresse dans son nouveau livre un portrait très sombre de la classe politique française.  Crédit BFMTV

Atlantico : Vous décrivez dans votre livre, un France attaquée, grignotée de toute part, par les États-Unis d’un côté, l’Islam de l’autre et l’Europe enfin. N’avez-vous plus confiance dans la solidité de l’âme française ?

Je pense que l’âme française est aujourd’hui en grand péril, et que la France est peut-être en train de mourir.

Elle est submergée de l’extérieur, et effondrée de l’intérieur. Submergée car elle n’a plus de frontière, elle n’a plus de souveraineté, et elle a donc perdu sa liberté. Elle fait aussi face à une invasion migratoire qui ne dit pas son nom, et qui peut prendre des proportions considérables.

Dans le même temps, elle s’effondre de l’intérieur, victime de formidables coups de boutoir. On apprend en France aux enfants à haïr la mémoire de notre pays, on leur apprend à haïr la grandeur, les drames, la gloire et la mythologie de la France. Beaucoup d’enfants, de jeunes, fuient la France pour chercher d’autres gloires, larmes, grandeurs au bout du monde. Les laïcards qui nous gouvernent, et qui ont substitué au rêve historique un rêve consumériste pour les jeunes Français, sont à l’origine du vide que les islamistes remplissent. Quand je parle de l’effondrement de l’intérieur, je pense à la volonté de nos élites mondialisées d’installer petit à petit une société multiculturelle ; de transformer la France en une sorte de damier, de juxtaposition, de communautarismes. Or, on voit bien que partout dans le monde, à commencer par les États-Unis, les sociétés multiculturelles sont des sociétés multi-conflictuelles.

L’histoire nous a quand même montré que des sociétés multiculturelles pouvaient être prospères. Je pense à l’Espagne d’Al Andalous, voire aux sociétés d’Amérique du Sud. Ces exemples ne pourraient donc plus se reproduire aujourd’hui ?

Ils ne le pourraient plus pour une raison simple : dans le monde aujourd’hui se développe un mouvement conquérant, agressif et violent : l’islamisme radical, qui prétend revenir aux sources du Coran, et qui pratique le jihad. L’idéologie de ce mouvement consiste à croire que le monde se divise entre un Dar Al-islam et un Dar Al-Harb. Dans le premier, « la maison de l’islam », la paix est assurée. Le reste du monde est lui qualifié de Dar Al-Abrar, « la maison de la guerre », là où doit être mené une guerre de conquête. Or, la France et l’Europe sont bien dans cette deuxième catégorie… Et sont donc des territoires à conquérir. Celle-ci se fait au moyen de l’infiltration et la démographie. L’enfantement, c’est le jihad des femmes. Je raconte dans mon livre une longue conversation édifiante avec le roi Hassan II. Il m’a dit ceci : « vous seriez fous de croire que vous allez intégrer les marocains. Ils ne seront jamais français, ils sont musulmans et font partie de l’oumma. » L’oumma, c’est la communauté des croyants, elle est en quelque sorte une « supernationalité » qui ravale la nationalité à un simple accessoire.

Mais ces populations qui arrivent depuis la Syrie fuient plutôt cet islam radical dont vous parlez…

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