L’exceptionnalisme américain nous offre une élection sortie tout droit de l’enfer.

William BLUM

Si la course à la présidentielle américaine se termine avec Hillary Clinton contre Donald Trump, et que mon passeport se retrouve confisqué, et que je suis en quelque sorte forcé de choisir entre les deux, ou que l’on me paie pour le faire (il faudrait que cela soit bien payé) … je voterai pour Trump..

Ma principale préoccupation est la politique étrangère. La politique étrangère américaine est la plus grande menace pour la paix mondiale, la prospérité et l’environnement. Et quand il s’agit de politique étrangère, Hillary Clinton est un véritable désastre. A cause d’elle, de l’Irak et la Syrie à la Libye et le Honduras, le monde est devenu un endroit bien pire ; si bien que je la considère comme un criminel de guerre qui devrait être poursuivi. Et il ne faut pas s’attendre à beaucoup mieux sur les questions intérieures de la part de cette femme qui a reçu 675.000 $ de Goldman Sachs – une des sociétés les plus réactionnaires, anti-sociales dans ce triste monde – pour quatre discours, et bien plus encore de dons au cours des dernières années. Ajoutez à cela le siège qu’elle a occupé pendant six ans au conseil d’administration de Walmart alors que son mari était gouverneur de l’Arkansas. Peut-on espérer modifier le comportement des grandes entreprises en acceptant leur argent ?

Le Los Angeles Times a publié un éditorial le lendemain des multiples élections primaires du 1er mars qui commençait ainsi : « Donald Trump n’est pas apte à être président des États-Unis », puis a déclaré : « La réalité est que Trump n’a aucune expérience de gouvernement. »

Quand je dois faire réparer ma voiture, je cherche un mécanicien qui connaît mon modèle de véhicule. Quand j’ai un problème de santé, je préfère un médecin spécialisé dans la partie de mon corps qui est malade. Mais quand il s’agit d’hommes politiques, l’expérience ne signifie rien. La seule chose qui compte est l’idéologie. Pour qui préféreriez-vous voter ? Pour une personne avec une expérience de 30 ans au Congrès qui ne partage pas du tout vos opinions politiques et sociales, et qui est même contre, ou quelqu’un qui n’a jamais exercé une fonction d’élu, mais qui est un compagnon idéologique sur chaque sujet important ? Les 12 années de Clinton à des postes élevés du gouvernement n’ont aucune importance à mes yeux ;

A propos de Trump, The Times a continué : « Il a honteusement peu de connaissances sur les problèmes auxquels sont confrontés le pays et le monde. »

La connaissance est teintée par l’idéologie. En tant que secrétaire d’Etat (Janvier 2009-Février 2013), et avec un bon accès aux informations, Clinton a joué un rôle clé dans la destruction en 2011 de l’État providence moderne et laïque de la Libye, en provoquant dans un chaos total son effondrement, conduisant à la dispersion généralisée vers les points chauds d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de l’énorme arsenal d’armes que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi avait accumulé. La Libye est maintenant un refuge pour les terroristes, d’Al-Qaïda à ISIS, alors que Kadhafi avait été un ennemi de premier plan des terroristes.

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Nouvelle monnaie unique africaine aurait été une vraie raison de l’intervention française en Libye

8 janv. 2016, 08:47

Source: Reuters

https://francais.rt.com/france/13476-hillary-clinton-intervention-france-libye

D’après les révélations trouvées dans les lettres de Hillary Clinton déclassifiées le 31 décembre, le prétexte réel de l’intervention en Libye était l’or qui aurait pu empêcher les plans de Nicolas Sarkozy de répandre son influence dans la région.

La correspondance de l’ancienne secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a montré qu’en 2011, Mouammar Kadhafi possédait de 143 tons d’or et de 143 tons d’argent sur la base desquels il voudrait créer une nouvelle monnaie principale pour l’Afrique et donner aux pays francophones africains «une alternative au Franc français».

«L’or avait été gagné avant la révolte actuelle et devait être utilisé pour la création d’une monnaie panafricaine basée sur le Dinar libyen», lit-on dans le courriel de Hillary Clinton.

© Capture d’écran du site http://www.foia.state.gov

On a aussi précisé que la valeur de ces réserves s’accroissait à 7 milliards de dollars.

En Afrique, les zones franc constituaient des espaces monétaires et économiques sur les territoires d’Etats de l’ancien empire colonial français, ainsi que sur le territoire du Cameroun, du Togo, de la Guinée équatoriale et de la Guinée-Bissau. Après l’accession à l’indépendance, la plupart de nouveaux états sont restés dans un ensemble monétaire homogène.

D’après la même lettre, le gouvernement de Nicolas Sarkozy craignait que la nouvelle monnaie aurait pu mener l’Afrique du Nord au nouveau niveau de l’indépendance économique, pas avantageuse pour la France et toute l’Europe. Ces données du renseignement étaient «un des facteurs qui avait forcé le président Nicolas Sarkozy de commencer l’intervention en Libye» et pas la vie des civiles ce qui était décrit dans la doctrine sur la responsabilité de protéger, selon les paroles du conseiller informel de Hillary Clinton, Sidney Blumenthale.

L’intervention militaire en Libye a commencé en 2011 sous l’égide de l’Organisation des Nations unies et s’est déroulée entre le 19 mars 2011 et le 31 octobre 2011 pour mettre en œuvre la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies dont le but était de «prendre toutes mesures nécessaires, nonobstant le paragraphe 9 de la résolution 1970 (2011) pour protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque en Jamahiriya arabe libyenne». La France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Canada y ont pris par malgré la critique de plusieurs pays.

 

Voir également ici: https://citoyenfn.wordpress.com/geopolitique-2/libye/tue-pour-lempecher-de-liberer-lafrique-des-2014/

Silvio Berlusconi aurait tenté de sauver Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi

Silvio Berlusconi en 2013© Alessandro Bianchi Source: Reuters
Silvio Berlusconi en 2013
https://francais.rt.com/international/8276-silvio-berlusconi-a-tente-sauver

Dans une nouvelle autobiographie, Berlusconi révèle qu’il avait essayé d’éviter que les pays occidentaux ne déclarent la guerre à l’Irak en 2003, et à la Libye en 2011… Sans succès.

Dans ce livre d’entretien avec Alan Freidman, Berlusconi révèle qu’il entretenait une relation amicale avec Kadhafi, qu’il essayait de réhabiliter sur la scène internationale en échange de contrats pétroliers et gaziers juteux pour l’Italie. Ses capacités à tisser des liens personnels avec des leaders du Moyen-Orient ont fait de lui, selon ses confessions faites à l’auteur, le pilier des négociations entre l’Occident et cette région.

L’ex-Premier Ministre a notamment déclaré qu’il pensait que l’Irak ne pouvait qu’être tenu par un régime militaire, et qu’il avait multiplié les efforts afin de dissuader Bush et Blair de lui déclarer la guerre. Il a notamment proposé d’envoyer Saddam en exil en Libye. Mais Bush était, selon le livre, inarrêtable et souhaitait se venger d’une supposée tentative d’assassinat de son père par le président irakien.

Ainsi, lors d’un déjeuner avec Condoleezza Rice et Colin Powell, Berlusconi a essayé de faire comprendre qu’une invasion de l’Irak se devait d’avoir une base légale. Après un discours d’une dizaine de minutes au cours duquel il utilisa une allégorie, comparant Bush à un lion et le roi de la jungle, et Saddam à un loup, George Bush a déclara qu’il allait «lui botter le cul», à cause du plan du président irakien pour tuer son père.

En 2003, Berlusconi aurait eu une série de coup de téléphones tardifs avec Kadhafi afin d’arranger l’exil de Saddam, et l’ex-Premier Ministre italien s’est même envolé pour Downing Street afin de demander à Tony Blair de ne pas s’engager en Irak. Sans succès. Après la chute de Saddam et sa capture humiliante, Kadhafi a été choqué et a confié à Berlusconi : «Je ne veux pas finir comme Saddam».
Le libyen a donc renoncé au terrorisme et ses relations avec l’Occident se sont améliorées, notamment au travers de visites d’Etat à Rome et Paris. Mais lorsque le Printemps Arabe est arrivé, les pays occidentaux se sont vite retournés contre leur nouvel ami, pour leurs intérêts propres selon Berlusconi.

L’ex-Premier Ministre a déclaré à l’auteur de l’ouvrage qu’il était le seul chef d’Etat à refuser l’intervention «illogique et dangereuse» en Libye, car il savait que Kadhafi était le seul tampon entre l’Europe et des millions de migrants africains. Kadhafi avait 6 000 soldats libyens chargés d’empêcher les migrants de quitter les côtes africaines.

Mais Berlusconi a été mis à l’écart des négociations entre Nicolas Sarkozy, David Cameron et Barack Obama. Et le temps que d’autres chefs d’Etats européens puissent s’exprimer, les bombardiers de Sarkozy avaient déjà décollé. Selon Berlusconi, la raison pour laquelle Sarkozy était si engagé contre Kadhafi était sa jalousie de la relation amicale, et des contrats juteux, dont l’italien bénéficiait.

Un fils du colonel Kadhafi sera t-il le futur chef de l’État libyen?


Par Bernard Lugan – Le 24 septembre 2015

Source bernard lugan

Le 14 septembre 2015, un coup de tonnerre a retenti dans le ciel serein des certitudes démocratiques européocentrées quand le Conseil suprême des tribus de Libye a désigné Seif al-Islam Kadhafi comme son représentant légal. Désormais, voilà donc un fils du défunt colonel seul habilité à parler au nom des vraies forces vives de Libye…

http://lesakerfrancophone.net/un-fils-du-colonel-kadhafi-sera-t-il-le-futur-chef-de-letat-libyen-2/


Les abonnés à l’Afrique Réelle et les lecteurs de ce blog ne seront pas surpris par cette nouvelle puisque, depuis 2012, je ne cesse d’écrire :

1) Que la pacification de la Libye ne pourra se faire qu’à partir des réalités tribales.

2) Que le seul à pouvoir reconstituer l’alchimie tribale pulvérisée par l’intervention militaire de 2011, est Seif al-Islam que son père, le colonel Kadhafi, avait pressenti pour lui succéder, et qui est actuellement détenu par les milices de Zenten.

Mes analyses ne procédaient pas du fantasme, mais du seul réel que voici :

1) En Libye, la grande constante historique est la faiblesse du pouvoir par rapport aux tribus. Au nombre de plusieurs dizaines, si toutefois nous ne comptons que les principales, mais de plusieurs centaines si nous  prenons en compte toutes leurs subdivisions, ces tribus sont groupées en çoff (alliances ou confédérations).

2) L’allégeance des tribus au pouvoir central n’est jamais acquise.

3) Les bases démographiques des groupes tribaux ont glissé vers les villes, mais les liens tribaux ne se sont pas distendus pour autant.

Le colonel Kadhafi a fondé son pouvoir sur l’équilibre entre les trois grands çoff libyens, à savoir la confédération Sa’adi de Cyrénaïque, la confédération Saff al-Bahar du nord de la Tripolitaine et la confédération Awlad Sulayman de Tripolitaine orientale et du Fezzan, à laquelle appartiennent les Kadhafda, sa tribu. De plus, à travers sa personne, étaient associées par le sang la confédération Sa’adi et celle des Awlad Sulayman car il avait épousé une Firkèche, un sous clan de la tribu royale des Barassa. Son fils Seif al-Islam se rattachant à la fois aux Awlad Sulayman par son père et aux Sa’adi par sa mère, il peut donc, à travers sa personne, reconstituer l’ordre institutionnel libyen démantelé par la guerre franco-otanienne. Mais pour comprendre cela, encore faut-il se rattacher à la tradition du maréchal Lyautey concernant les affaires indigènes et répudier l’approche universaliste des cerveaux à nœud du quai d’Orsay.

Aujourd’hui, les alliances tribales constituées par le colonel Kadhafi ont explosé ; là est l’explication principale de la situation chaotique que connaît le pays. En conséquence de quoi, soit l’anarchie actuelle perdure et les islamistes prendront le pouvoir en Libye, soit les trois confédérations renouent des liens entre elles. Or, c’est ce qu’elles viennent de réaliser en tentant de faire comprendre à la communauté internationale que la solution passe par les tribus… Certes, mais la Turquie et le Qatar veulent la constitution d’un État islamique et la justice internationale a émis un mandat d’arrêt contre Seif al-Islam…

Le 12 octobre, avec son habituel sens de la clairvoyance, sa célèbre hauteur de vues et son immense connaissance du dossier, BHL expliquera certainement cette évolution de la situation libyenne aux auditeurs de l’IHEDN (Institut des Hautes études de la défense nationale) devant lesquels il doit prononcer une conférence de géopolitique. Il est en effet bon que les plus hauts cadres civils et militaires sélectionnés pour intégrer cet institut prestigieux, puissent écouter les analyses des experts les plus qualifiés…

Libye: Mythes, mensonges et conspirations du magazine français L’Express

Julie Lévesque, journaliste et chercheure au Centre de recherche sur la mondialisation de Montréal.

La multitude des sites et la nécessité d’être ultra rapide pour informer les grands publics dans une concurrence effrénée incitent souvent les médias à aller au delà de l’événement lui-même, quand ils ne l’inventent pas carrément. Ils se répandent alors dans le mythe ou le mensonge, allant jusqu’à s’y livrer sur commande pour satisfaire ou aider une politique.
Mondialisation.ca, sous la signature de Julie Lévesque, livre à ses lecteurs une étude pointilleuse en réponse à un article de L’Express qui dénonce une liste noire de sites, en invitant cet hebdomadaire à mesurer sa « chasse aux sorcières ».

« Depuis qu’internet a démocratisé l’information, les médias mainstream n’ont plus le contrôle absolu du message. »

Polémia


« Si j’avais accès aux médias mainstream, je commencerais peut-être à me demander si je fais quelque chose de mal. Est-ce que j’appuie le pouvoir en place au point où ses représentants sont prêts à me laisser avoir accès aux médias? Je commencerais à douter de ce que je fais. » Noam Chomsky, 1995

Une liste noire

Récemment, le magazine français L’Express a publié un « article » intitulé Conspirations, rumeurs, parodies: l’annuaire des sites « d’infaux ». Il s’agit d’une sorte de liste noire sur laquelle on a pris soin de mélanger des médias indépendants faisant un travail sérieux sur l’actualité mondiale avec des sites strictement parodiques et d’autres portant, entre autres, sur les ovnis et les extra-terrestres. Tactique usée, l’amalgame entre l’ufologie et le journalisme indépendant constitue le dernier refuge d’une élite médiatique désespérée et sans arguments pour contrer ses critiques.

Le site Mondialisation.ca, se trouve sur cette liste dans la catégorie des « sites présentés comme sérieux » en compagnie d’autres sites axés sur la géopolitique, comme celui du journaliste belge Michel Collon Investig’action, Ilfattoquotidiano et… extraterrestre-ovni.blogspot.ca. Constatez par vous même l’absence totale de liens entre ce site d’ufologie et les trois autres traitant de l’actualité mondiale et très critiques des guerres de l’OTAN. Il est évident que le but de cet exercice de L’Express est de discréditer les sites qui critiquent la politique étrangère occidentale, les interventions militaires menées par les États-Unis et l’OTAN, ainsi que la désinformation et la propagande de guerre des médias dominants occidentaux qui les appuient, incluant celle de L’Express.

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De Sarkozy à l’Etat islamique

Aymeric Chauprade
Aymeric Chauprade

La Tunisie vient d’être frappée par une terrible attaque terroriste qui a fait 19 victimes tuant 2 de nos compatriotes et en blessant 7 autres. Le choix du musée du Bardo à Tunis est sans équivoque : frapper des touristes européens en priorité et en même temps l’extraordinaire patrimoine pré-islamique de la Tunisie. La haine des civilisations, la haine de l’Histoire, se sont exprimées une nouvelle fois de manière impitoyable, comme à Tombouctou, comme à Mossoul.

Le chef de l’Etat tunisien, Mr Béji Caïd Essebsi a clairement montré du doigt l’une des causes essentielles de cet attentat : l’effondrement du régime de Kadhafi en Libye.

La Libye est devenue en effet un chaos islamiste, la source principale de déstabilisation pour tous les Etats voisins ou proches, qu’il s’agisse de l’Egypte, de la Tunisie, de l’Algérie, du Mali ou du Niger. L’islamisme radical y prospère, d’AQMI à l’Etat islamique ; l’Etat-nation libyen s’est effondré, et avec lui ses capacités d’exportation gazière et pétrolière.

Ce matin du 19 mars, sur France Inter, Henri Guaino, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy a reconnu que l’intervention de l’OTAN en Libye, voulue par Sarkozy, avait contribué à installer le chaos dans toute la région. Oui Mr Guaino ! Telle est bien la vérité terrible à entendre à l’UMP ! Nicolas Sarkozy, son ami Bernard Henri-Lévy, et son Ministre des affaires étrangères Alain Juppé, portent tous les trois une responsabilité très lourde dans l’expansion du terrorisme en Afrique du Nord. En s’attaquant à des régimes certes imparfaits, celui de Kadhafi en Libye et de Bachar al-Assad en Syrie, aux seules fins de se présenter comme les chantres d’une improbable démocratisation arabe, ces irresponsables ont fait le lit du terrorisme. Et il est désormais possible d’établir un lien de cause à effet entre la décision politique d’engager militairement la France en 2011 en Libye et l’installation de l’Etat islamique dans ce pays en 2015, comme il est possible de faire le même lien en Syrie.

Un homme qui a commis une erreur politique aussi grave, et qui voulait aussi, tout le monde l’a oublié sauf les décideurs d’Areva, installer des centrales nucléaires dans la Libye post-Khadafi, peut-il sérieusement prétendre redevenir président de la République ? Un homme qui s’est montré si sensible à la puissance financière du Qatar et si aveugle aux liaisons dangereuses entre l’argent du Golfe et l’islam radical, cet homme là peut-il sérieusement se présenter comme un rempart contre l’islamisme en France ?

Aymeric Chauprade

www.frontnational.com/2015/03/de-sarkozy-a-letat-islamique/