Les raisons pour lesquelles le libre-échange n’est pas toujours un avantage …

http://arretsurinfo.ch/les-raisons-pour-lesquelles-le-libre-echange-nest-pas-toujours-un-avantage/

L’affirmation selon laquelle science et raison sont du côté de l’«establishment» et que toute critique à son égard ne dispose pas d’argumentation valable est une «vérité» auto-proclamée. En effet, les critiques émises seraient aveugles face à la réalité et prisonnières de leurs émotions, se laissant séduire par des «populistes», des «complotistes» et des diffuseurs de «fake-news» (en première ligne le gouvernement russe). Notamment toute critique de la globalisation et de sa «loi fondamentale des 4 libertés» (commerce mondial illimité des biens, des services, du capital et de la libre circulation de personnes) est qualifiée de ringard, totalement abscons et inapproprié dans le monde d’aujourd’hui. Ce ne sont que des angoisses et des sentiments dignes d’une psychothérapie des prétendus «perdants de la globalisation».

Les colonnes des grands médias débordent de «témoins» propageant cette «légende». Ce sont avant tout des «intellectuels» bien choisis ayant droit à la parole ou alors, on vante leurs «ouvrages» – pour démontrer que l’«esprit» est du côté de l’«establishment». De jeunes «philosophes» peuvent publier leurs écrits chez des éditeurs renommés, par exemple Suhrkamp, où ils décrivent comment les frontières entièrement ouvertes et la libre circulation de personnes sans aucune entrave correspondent uniquement à l’«attachement libéral à la liberté et à l’égalité de tous les êtres humains» (Eloge paru dans le «Neue Zürcher Zeitung» du 27 janvier).

La deuxième phase de la globalisation

Ban Ki-moon, ancien secrétaire général des Nations-Unies, n’avait-il pas annoncé l’avènement de la deuxième phase de la globalisation, l’«ère de la mobilité» (https://www.unric.org/de/migration-pressemitteilungen/11270): «Comme nous entrons actuellement dans l’ère de la mobilité, de plus en plus de personnes traverseront les frontières. En recherchant davantage de chances et une meilleure vie, ils ont le potentiel de démanteler les grandes inégalités caractérisant notre époque […].»

Cela semble être très humaniste. Pourtant, c’est la tragédie de notre époque: le nombre d’«intellectuels» qui – on ne sait pas pourquoi – croient aux belles paroles en les enrichissant intellectuellement – de paroles n’ayant aucun sens en comparaison avec la réalité.

L’esprit, où est-il?

Cela est également faux d’affirmer que l’esprit se trouve uniquement de ce côté-là. A lire: Hans-Peter Martin/Harald Schumann: «Die Globalisierungsfalle. Der Angriff auf Demokratie und Wohlstand», 1996; Gerald Boxberger/Harald Klimenta: «Die 10 Globalisierungslügen. Alternativen zur Allmacht des Marktes», 1998; William Greider: «Endstation Globalisierung. Neue Wege in eine Welt ohne Grenzen», 1998; Edward Luttwak: «Turbo-Kapitalismus. Gewinner und Verlierer der Globalisierung», 1999; John Gray: «Die falsche Verheissung. Der globale Kapitalismus und seine Folgen», 1999; Manfred Ritter/Klaus Zeitler: «Armut durch Globalisierung. Wohlstand durch Regionalisierung», 2000; Vivianne Forrester: «Die Diktatur des Profits», 2001; Tanja Brühl/Tobias Debiel/Brigitte Hamm/Hart­wig Hummel/Jens Martens (Hg.): «Die Privatisierung der Weltpolitik. Entstaatlichung und Kommerzialisierung im Globalisierungsprozess», 2001; Michel Chossudovsky: «La mondialisation de la pauvreté» (2005) «Global Brutal. Der entfesselte Welthandel, die Armut, der Krieg», 2002 Joseph Stiglitz: «La grande désillusion» (2003).

Ces auteurs de différents bords politiques concluent dans leurs ouvrages que la globalisation entraîne de nombreux inconvénients et qu’elle n’est pas le résultat de réflexions raisonnables orientées sur le bien commun mais l’expression d’intérêts financiers et de politique de force d’un petit groupe de personnes. Tous ces livres ont été publiés, il y a plus de 10 ans (et nombreux sont ceux parus depuis). – On aurait donc eu le temps de prendre les choses au sérieux. Cependant, l’agenda de l’«establishment» était (et demeure) différent.

L’Angleterre s’est servie du protectionnisme et du libre-échange dans ses propres intérêts

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Bruxelles : pourquoi l’Europe ne fabrique plus de téléviseurs

Publié le 03/02/2016 à 17:49

Capture d'écran du film Poltergeist, 1982

FIGAROVOX/ANALYSE – Près de 70 ans après le traité de Rome, Véronique Nguyen analyse les conséquences sur l’économie européenne de la globalisation du libre-échange.

http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2016/02/03/31007-20160203ARTFIG00286-bruxelles-pourquoi-l-europe-ne-fabrique-plus-de-televiseurs.php


Véronique Nguyen professeur à HEC et associée Finexent


A partir d’un produit emblématique, dressons un bilan de 70 ans de libre échange, sous la férule du GATT et de son avatar, l’OMC. Rappelons qu’en ratifiant le traité de Rome, les Français ont abandonné toute souveraineté sur les questions relatives au commerce international et à la concurrence, qui sont exclusivement du ressort des institutions européennes. Comme l’explique l’UE dans différentes brochures destinées à présenter son action au grand public: «C’est l’Union elle-même qui est responsable de la politique commerciale de ses États membres et c’est la Commission européenne qui négocie en son nom». «La Commission dispose d’importants pouvoirs répressifs en matière de concurrence, qui lui ont été conférés par les États membres en vertu des traités. Ses décisions sont contraignantes pour les entreprises et les autorités nationales qui enfreignent les règles».

Examinons donc l’impact de cette marche forcée vers la libéralisation des marchés et la purification de la concurrence, sur un secteur précis, celui des téléviseurs. Objet fétiche, la télévision est indissociable du mode de vie moderne: divertissements à domicile, programmes fédérateurs, media de masse. Le taux d’équipement des ménages est ainsi de 97% en France et de 95% dans les pays de l’OCDE (source INSEE pour l’année 2013 et OECD Communication Outlook, pour l’année 2002). Conformément aux hypothèses libérales, le cocktail de concurrence débridée et de progrès technique a précipité les prix vers le bas, à la satisfaction évidente des consommateurs. D’une base 145 en 1990, les prix en France sont passés à 10 en 2015! Soit une baisse annuelle moyenne au cours des vingt-cinq dernières années de 10% (données INSEE).

Incapables de baisser leurs coûts aussi rapidement que la chute des prix, les fabricants européens ont dû jeter l’éponge. Cette hécatombe dans l’électronique grand public a pu passer inaperçue car les consommateurs trouvent encore dans le commerce des téléviseurs sous marque Thomson, Philips ou Grundig. La marque Thomson est cependant exploitée par le groupe chinois TCL depuis 2004, Grundig est tombé dans le giron du turc Arçelik en 2008 et Phillips a dû conclure en 2012 une Joint Venture avec le chinois TPV, qui détient 70% de la nouvelle entité.

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