Macron : 3,6 millions d’euros de revenus, patrimoine négatif !

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Macron aurait-il un compte caché à l’étranger ? Nous n’en savons rien du tout, disons le clairement. C’est une simple question qui n’est pas absurde, car compatible avec les faits connus, mais il est difficile de le savoir si aucun journaliste ne lui demande quelques comptes sur ses comptes, afin de les comprendre et de clarifier les choses… (Et comme il refuse de répondre aux questions du Canard enchaîné, alors qu’il est dans l’ancien ministère de Cahuzac, on devient suspicieux…) Regardez pourquoi.

Notre grand philosophe Emmanuel Macron a donc déclaré : «Vous me faites pas peur avec vos t-shirts. La meilleure façon de se payer un costard est de travailler ».

C’est qu’en effet le travail génère des revenus, dont une partie sert à se constituer de l’épargne et donc un patrimoine.

Eh bien nous allons analyser aujourd’hui celui de notre Ministre de l’économie, Inspecteur général des Finances – et ce n’est pas triste…

Nous disposons en effet grâce à la nouvelle loi sur la transparence de sa déclaration de revenus (Source : HATVParchive) et de patrimoine (Source : HATVParchive).

Comme il a été nommé en août 2014 dans le gouvernement Valls II, ses déclarations (isolées donc) n’ont pas figuré avec celles de ses collègues, qui avaient suscité beaucoup d’articles quelques mois auparavant. Cela va être corrigé.

I. Les revenus d’Emmanuel Macron

Voici sa déclaration d’octobre 2014 :

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Comme je vous aime bien, je vous en ai fait une synthèse (avec une estimation prudente de ses revenus depuis l’ENA, entre 2002 et 2008, dont je vous passe le détail, vu qu’ils sont modiques par rapport aux suivants) :

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Bilan, environ 3,6 millions d’euros de revenus en 13 ans, (soit 23 000 € par mois) dont 2,5 M€ en 2011 et 2012 chez Rothschild (soit 105 000 euros par mois), avant impôts bien entendu (Source).

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C’est donc trèèèèès confortable. Voyons ce que cela a donné au niveau de son patrimoine.

II. Le patrimoine d’Emmanuel Macron

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Un résumé de la guerre civile en Syrie, par Nassim Nicholas Taleb

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Source : Le Noeud Gordien, Nassim Nicholas Taleb, 15-12-2016

(Introduction d’Alexis Toulet)

La guerre civile en Syrie, à la fois très violente et très complexe, peut apparaître impossible à bien résumer. C’est pourtant ce que réussit le tableau synthétique de Nassim Taleb, confirmé par les évaluations officielles de la Défense française.

Où l’on constate que le soutien aux rebelles d’Alep, ayant passé depuis longtemps les bornes de la décence, dépasse maintenant celles de la folie. Pendant que le silence officiel est de règle sur le crime de masse commis par l’Arabie saoudite contre la population du Yémen

L’écrivain Nassim Nicholas Taleb, penseur rigoureux et original, analyste des probabilités et de la gestion des risques est à l’origine notamment du concept de “cygne noir” depuis largement popularisé pour désigner les événements dont la probabilité avait été si totalement négligée que leur possibilité même n’avait pas été aperçue.

Américain d’origine libanaise orthodoxe, c’est aussi quelqu’un qui connaît très bien le Proche-Orient. Le résumé qu’il propose du conflit syrien pourra certes surprendre, il est d’autant plus crédible que Taleb n’a vraiment aucune raison de porter le régime syrien dans son cœur, étant donné que sa famille a eu à en souffrir au moment de la guerre civile libanaise.

La guerre syrienne résumée, ou comment regarder le conflit de manière plus rigoureuse par Nassim Nicholas Taleb

Original en anglais – Nassim Nicholas Taleb, 15 décembre 2016

Traduction en français et notes – Alexis Toulet pour le Noeud Gordien, 16 décembre 2016

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Résumer le conflit syrien en juxtaposant les différentes factions

Pour analyser la situation en Syrie, ce sont les différentes factions qu’il faut comparer. Ne comparez pas le régime d’Assad aux gouvernements du Danemark ou de Norvège, mais à l’alternative. La question devient alors : y a t il quoi que ce soit dans la colonne de gauche qui soit pire que celle de droite ?

Note 1. Les sbires du père d’Assad ont fait sauter ma maison à Amioun quand mon grand-père, alors député, vota pour Bachir (1) Dans “Intérêt en Jeu” je décris mon comportement comme “agir contre son propre intérêt” (le contraire d’un conflit d’intérêt). En tant que scientifique et qu’humaniste j’ai donc mis ma rancune de côté, en prenant en considération le cancer beaucoup, beaucoup plus grave du Salafisme c’est-à-dire de l’Islamofascisme.

Note 2. Je rappelle que je suis statisticien. Quand je regarde les statistiques du conflit, la plupart ressemblent à des inventions gonflées par des réservoirs à pensées (“think tanks“) fondés par le Qatar et leurs idiots utiles – par un mécanisme que les Indiens appellent “Salma l’a dit à Sabrina”(2). Par exemple, nous savons que les morts de Hama (3)n’étaient pas 30 à 40 000 comme cela a été rapporté et qu’en se limitant à ce qui est prouvé le total est plus proche de 2 000.

Note 3. On peut demander : est-ce que tous les “rebelles” sont des salafistes théocrates ? Non, mais les groupes le sont progressivement devenus par la règle de la minorité : mettez un seul salafiste dans un groupe de cinq, et tous les cinq se comporteront comme des salafistes. Ceci sans parler du financement par les wahhabites. (4)

Note 4. Les contre-insurrections – une armée contre des insurgés / des terroristes etc. – provoquent un taux bien plus élevé de victimes civiles, que l’armée soit celle d’une démocratie libérale ou d’une autocratie. (5)

Note 5. On peut demander : est-ce que tous les gens qui pleurent la défaite des rebelles à Alep si stupides, si crédules face aux sbires des réservoirs à pensées ? Ma réponse est oui, hélas. Et il faut une certaine indépendance à la fois financière et intellectuelle pour analyser les choses en dehors du récit principal, parce que les gens des réservoirs à pensées vous sautent dessus comme des mouches. (6)

En fin de compte, je n’aurais jamais imaginé voir la “gauche” se mettre du côté de l’al-Qaïda des attentats du 11 septembre 2001, pleurer les combattants d’Alep, et à l’exception de journalistes indépendants comme Robert Fisk, répandre toutes sortes de balivernes.

Nassim Nicholas Taleb

Nassim Nicholas Taleb

Repenser Donald Trump

Source Consortiumnews.com, 18 décembre 2015

La campagne présidentielle en roue libre et narcissique de Donald Trump a gagné le mépris général des médias dominants et des politiciens de l’establishment, mais c’est en partie parce qu’il a osé défier de dangereuses orthodoxies, comme le délire néoconservateur/faucon libéral pour « le changement de régime. »

Par Sam Husseini

Ainsi l’establishment veut tellement que chacun supprime les partisans de Donald Trump de ses amis sur Facebook  qu’il y a même une application pour les bloquer. Ça leur apprendra !

Certes, Trump joue la brute lorsqu’il fait appel aux (bons) sentiments populistes aussi bien qu’aux (mauvais) sentiments nativistes, xénophobes ou racistes. Le mal doit être pleinement abordé et traité au lieu d’être mis à l’écart par des gens soi-disant raffinés, qui se pincent le nez. Le bien devrait être reconnu et encouragé.

Donald Trump, le milliardaire et candidat républicain à la présidence.

Beaucoup de gens, concentrés sur les aspects négatifs de sa campagne, sont restés aveugles à ce qu’elle contient de bon — et je ne veux pas dire bon dans le sens « Oh, le démocrate peut battre ce type! » Je veux dire bon dans le sens où il est bon que quelques questions importantes — comme le rôle militaire des États-Unis dans le monde — soient exposées au grand jour.

Trump fait appel aux sentiments nativistes — comme Pat Buchanan dans sa campagne de 1992 — mais parallèlement aux arguments fondés sur « l’Amérique d’abord » de Buchanan est née la défiance envers les ambitions impérialistes. De même, Trump a récemment déclaré que la ministre de la Défense Hillary Clinton « a tué des centaines de milliers de gens par sa stupidité […] Le Moyen-Orient est devenu un désastre total sous son administration. »

Or, je pense que c’est assez juste, bien qu’à mon avis la politique américaine soit peut-être plus machiavélique que stupide. Mais cette remarque est un bol d’air frais sur la scène nationale. Ainsi, de temps en temps, Trump parle vrai, y compris quand il dit que les politiciens se vendent aux riches donateurs et quand il accuse les accords « de libre-échange » de coûter aux travailleurs américains les emplois de leur classe moyenne.

Mais le courant dominant diffuse que Trump est un menteur intégral. Le New York Times a récemment prétendu établir un classement de la crédibilité des candidats à la présidentielle. D’après l’évaluation du Times, Trump était hors-concours sur l’échelle du mensonge. Mais je n’ai jamais vu personne vérifier factuellement ses affirmations concernant les traces probantes de la responsabilité de l’ex-ministre des Affaires étrangères, H. Clinton, dans le chaos sanglant où elle a plongé la Libye, la Syrie et d’autres pays du Moyen-Orient. Ce n’est pas le genre de discussions que l’institution médiatique veut ouvrir.

Bien sûr, quelques phrases après son commentaire sur le bilan mortel de Clinton, il évoque l’attaque, le 11 Septembre 2012, de la base de la CIA à Benghazi, ce qui conduit Salon à l’écarter comme adepte des « théories du complot », et ce sera tout ce que de nombreuses personnes entendront jamais et non l’intégralité de son point de vue.

Quelqu’un énonçant parfois des vérités dérangeantes ne devrait-il pas être crédité de briser les tabous « politiquement corrects », comme reconnaître l’évident désastre de l’interventionnisme des États-Unis à travers le Moyen-Orient ? Trump énonce ces vérités, comme il l’a fait durant les débats de Las Vegas au sujet des guerres impliquant les États-Unis :

« Nous avons dépensé 4 000 milliards de dollars pour renverser des personnes qui franchement, si elles étaient encore là et que nous avions dépensé ces 4 000 milliards aux États-Unis pour réparer nos routes, nos ponts, nos aéroports et tous les autres problèmes que nous avions, nous nous en serions portés beaucoup mieux. Je peux vous le dire tout de suite. »

Franchement, il s’agit d’une critique des dépenses militaires plus forte que ce que l’on a entendu récemment de la part du sénateur Bernie Sanders. Mais les remarques de Trump, ou du sénateur Rand Paul, à propos de la politique américaine de « changement de régime » et des attentats, sont souvent ignorées. Il est plus commode de se concentrer sur la gentillesse américaine en laissant entrer quelques milliers de réfugiés plutôt que d’examiner comment des millions d’habitants de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan, du Pakistan, du Yémen, de Somalie et d’autres pays ont perdu leurs maisons en raison de la politique du gouvernement des États-Unis.

Une constitution longtemps ignorée

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25 vérités de Valéry Giscard d’Estaing sur la crise russo-ukrainienne

Dans une récente interview, l’ancien président français a fait part de son analyse au sujet du conflit entre la Russie et l’Ukraine [1].

Valéry Giscard d’Estaing. Crédits Photo: François BOUCHON/Le Figaro

http://www.les-crises.fr/25-verites-de-valery-giscard-destaing-sur-la-crise-russo-ukrainienne/

1. L’annexion de la Crimée par la Russie constitue un acte de justice historique. Elle est « conforme à l’Histoire ».

2. La Crimée « a toujours été peuplée que par des Russes » depuis sa conquête au XVIIIe siècle, qui s’est faite au détriment « d’un souverain local qui dépendait du pouvoir turc ».

3. Pendant la Guerre froide, Nikita Khrouchtchev a voulu « accroitre le poids de l’URSS au sein des Nations unies ». Il a donc créé l’Ukraine et la Biélorussie afin d’avoir « deux voix de plus » dans le concert des nations et a rattaché la Crimée à la nouvelle Ukraine.

4. « A l’époque, déjà, je pensais que cette dépendance artificielle ne durerait pas ». L’annexion était donc prévisible.

5. « Le retour de la Crimée à la Russie a été largement approuvé par la population ».

6. « La méthode de Vladimir Poutine aurait pu être différente. Mais, aujourd’hui, la question de la Crimée doit être laissée de côté ».

7. « La Crimée […] a vocation à rester russe ».

8. L’Ukraine a longtemps été russe et Kiev fut la capitale de la Russie. « Lorsque, ministre des Finances, je suis allé en Union soviétique à la demande du général de Gaulle, j’ai été reçu par Khrouchtchev à Kiev ».

9. « Quel rôle la CIA a-t-elle joué dans la révolution du Maïdan ? »

10. « Quel est le sens de la politique systématiquement anti-russe menée par Barack Obama ? »

11. « La transition ukrainienne a un aspect peu démocratique. Ce sont des clans dirigés par des oligarques qui mènent le jeu ».

12. Les Etats-Unis « ont probablement soutenu et encouragé le mouvement insurrectionnel ».

13. La politique de sanctions contre la Russie viole le droit international.

14. « Qui peut s’arroger le droit, en effet, de dresser une liste de citoyens à qui l’on applique des sanctions personnelles sans même les interroger, sans qu’ils aient la possibilité de se défendre et même d’avoir des avocats ? »

15. Les sanctions contre la Russie portent atteinte aux intérêts de l’Europe et de l’Occident.

16. « Il serait irresponsable de souhaiter que l’économie russe s’effondre ».

17. « Pour l’Europe, les Russes sont des partenaires et des voisins ».

18. « L’Ukraine telle qu’elle est n’est pas en état de fonctionner démocratiquement ».

19. La solution à la crise ukrainienne doit passer par la création d’une confédération multiethnique « sur le modèle suisse des cantons, avec une partie russophone, une partie polonaise et une partie centrale. Un système à la fois fédéral et confédéral, sponsorisé par les Européens et soutenu par les Nations unies ».

20. Il est impossible que l’Ukraine entre dans le système européen.

21. « Les aspirations européennes de Kiev étaient un songe ».

22. « En tant qu’ancienne partie de la Russie, l’Ukraine ne peut pas être dans l’Union européenne ».

23. La place de l’Ukraine« est entre deux espaces, la Russie et l’Union européenne, avec lesquels elle doit entretenir des rapports normaux ».

24. Il est hors de question que l’Ukraine adhère à l’OTAN et la France a raison de s’y opposer.

25. L’Ukraine risque la faillite financière et sollicitera l’aide du FMI car l’Europe ne pourra pas lui apporter son concours.

Salim Lamrani

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Dictature européenne: Cours de propagande de guerre avec Jean-Baptiste Naudet de L’Obs

Un vrai BIJOU de propagande de guerre aujourd’hui ! À savourer…

Là, déjà, ça pose tout : on traite donc d’idiot – en Une d’un grand média – le dirigeant d’un pays ami… Quand à la façon dont on traite le deuxième…

A lire ici:

http://www.les-crises.fr/idiot-nefaste-cours-de-propagande-de-guerre-avec-jean-baptiste-naudet-de-lobs/

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L’assassinat de la Grèce

L’asphyxie de Syriza fait partie intégrante d’un processus qui dure depuis dix ans en vue de l’élimination de la Grèce par l’UE.

https://www.les-crises.fr/l-assassinat-de-la-grece/

Par James Petras – le 22 février 2015

Le gouvernement grec est aujourd’hui enfermé dans une lutte à mort face à l’élite qui domine les banques et les centres du pouvoir politique de l’Union Européenne.

Ce qui est en jeu, ce sont les conditions de vie de 11 millions de travailleurs, fonctionnaires et artisans grecs, ainsi que la viabilité de l’Union Européenne. Si le gouvernement de Syriza capitule face aux exigences des banquiers de l’Union Européenne et accepte de poursuivre la politique d’austérité, la Grèce sera alors condamnée à des décennies de régression, de misère et de domination coloniale. Si la Grèce décide de résister et si elle est contrainte de quitter l’Union Européenne, il lui faudra répudier une dette extérieure de 270 milliards d’euros, provoquant la chute des marchés financiers internationaux et l’effondrement de l’Union Européenne.

Les dirigeants européens : des fantoches impuissants

Les dirigeants de l’Union Européenne misent sur un reniement par les dirigeants de Syriza des promesses faites à l’électorat grec qui, au début du mois de février 2015, voulait, à une écrasante majorité (plus de 70 %), en finir avec l’austérité et le paiement de la dette, développer les investissements de l’état dans l’économie nationale et le développement social (Financial Times 7-8/2/15, p. 3). Les choix sont douloureux, leurs conséquences auront une portée historique mondiale. Les enjeux vont bien au-delà de l’aspect local, ou même régional à court terme. C’est à l’échelle mondiale que tout le système financier en sera affecté (FT 10/2/15, p. 2).

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