Le choix d’un «Brexit dur» ou le retour du patriotisme britannique à l’échelle du monde


Par Alexandre Devecchio Publié le 05/10/2016

FIGAROVOX/ENTRETIEN – La procédure pour un «Brexit dur» sera lancée avant la fin du mois de mars 2017. Pour l’historien et avocat Jean-Louis Thiériot, cette décision illustre la nature plus politique qu’économique du vote britannique.

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/10/05/31002-20161005ARTFIG00099-le-choix-d-un-brexit-dur-ou-le-retour-du-patriotisme-britannique-a-l-echelle-du-monde.php


Jean-Louis Thiériot est avocat, historien et écrivain. Il a notamment publié Margaret Thatcher: de l’épicerie à la Chambre des Lords (éd. Fallois, 2007 – Prix Joseph du Teil de l’Académie des Sciences morales et politiques) et France-Allemagne, l’heure de vérité (avec Bernard de Montferrand, éd. Tallandier, 2011).


La Première ministre britannique a annoncé que la procédure de divorce avec l’UE serait lancée avant la fin mars 2017. Elle opterait pour un «Brexit dur». Que cela vous inspire-t-il? Quelles peuvent être les conséquences pour le Royaume-Uni et pour l’Union européenne?

Le discours de Birmingham devant le congrès du parti conservateur clarifie la position de la Grande-Bretagne. On sait désormais que le Brexit sera une réalité et que la procédure de l’article 50 sera entamée au mois de mars 2017. Les propos de Theresa May appellent un double niveau de lecture. Il s’agit d’un discours à la fois tactique et de fond.

Le niveau tactique est important. En annonçant un «Brexit dur», Theresa May se positionne en posture de force vis-à-vis de ses partenaires européens qui pouvaient espérer négocier un Brexit a minima où la contrepartie du maintien du marché unique serait la liberté de circulation et d’installation. Déclarant qu’elle ne transigerait pas sur le contrôle de ses flux migratoires, elle oblige les puissances continentales à réviser leur mode de négociation et à limiter à la balance avantages / inconvénients économiques les termes du divorce. Cela augure de négociations difficiles qui forceront d’une manière ou d’une autre l’UE à faire son deuil du sans-frontiérisme avec le Royaume-Uni.

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Brexit ou pas Brexit?

http://institutdeslibertes.org/brexit-ou-pas-brexit/

De temps en temps, j’ai l’impression diffuse mais certainement fausse que les hommes politiques prennent les électeurs pour des imbéciles. Nous venons d’en avoir une remarquable illustration à  l’occasion de la renégociation d’un statut privilégié pour la Grande Bretagne dans la Communauté Européenne.

Le premier Ministre, David Cameron, pour des raisons de politique intérieure liées à la montée d’un parti  anti-européen conduit par Nigel Farage a été obligé de promettre au peuple Britannique avant les dernières élections Britanniques un référendum sur le maintien ou non de la Grande-Bretagne dans la Communauté Européenne. Ce même premier ministre à ensuite fait savoir qu’il allait renégocier des conditions «spéciales» pour la GB et que s’il obtenait ce qu’il comptait demander aux autres pays comme « privilèges», il recommanderait au Peuple de voter pour le maintien du pays dans les structures européennes…On voit l’énormité de la ficelle.

  • Bien entendu, il n’allait rien demander de vraiment essentiel.
  • Bien entendu, les autres pays et Bruxelles allaient pousser des cries d’orfraie à  ces demandes.
  • Bien entendu, de longues et difficiles palabres allaient avoir lieu à Bruxelles jusqu’aux petites heures du matin.
  • Bien entendu, vers 6 ou 7 heures du matin, avant les nouvelles radio, nos héros allaient sortir épuisés de leur nuit de travail en agitant un chiffon de papier expliquant qu’ils étaient arrivés à un accord qui allait garantir la paix à notre temps (Fine allusion à Chamberlain et à Munich).

Et à la suite de cet accord complètement inattendu monsieur Cameron peut donc recommander en son âme et conscience à chaque citoyen Britannique de voter pour le maintien de la Grande-Bretagne dans les structures Européennes.

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Litvinenko: La plus dingue des théories conspirationnistes

Le rapport du gouvernement britannique sur la mort d’Alexandre Litvinenko se lit comme un mauvais polar


http://lesakerfrancophone.fr/la-plus-dingue-des-theories-conspirationnistes

Par Justin Raimondo – Le 22 janvier 2016 – Source Antiwar.

Pour tous ceux ayant connu les années de Guerre froide, c’est un retour en arrière : on trouve apparemment des complots russes pour subvertir l’Occident et empoisonner nos précieux fluides corporels partout. En parlant d’empoisonnement : la dernière conspiration russkof, et de loin la plus délirante, a été cet empoisonnement présumé d’Alexandre Litvinenko, un ex agent des services de renseignements russes qui avait fui à l’Ouest pour y devenir un propagandiste anti-russe professionnel et un conspirationniste doué d’un grand talent pour l’improbable. De son extraordinaire point de vue, les nombreuses attaques terroristes qui ont été perpétrées en Russie ont toutes été commises par… Vladimir Poutine.

En plus de soutenir les terroristes tchétchènes qui ont réellement commis ces attentats, le fonds de commerce de Litvinenko était une théorie de la conspiration dans laquelle ilaccusait régulièrement Poutine de faire exploser des bâtiments russes, d’assassiner des écoliers et de détourner l’attention de ses infâmes complots en accusant ces adorablesTchétchènes. Pas vraiment crédible, à moins d’être prédisposé à tout croire à partir du moment où cela jette le doute sur ces satanés Russes.

La thèse conspirationniste promue par le gouvernement britannique, et maintenant officialisée dans ce rapport, surpasse tout ce que le défunt fantaisiste aurait pu inventer. Selon les Anglais, Litvinenko a été empoisonné sur le sol anglais en sirotant une tasse de thé contaminée par une dose massive de polonium 210. Étant donné que la Russie est une productrice majeure de cette substance rare, et puisque les Russes étaient supposés en avoir après Litvinenko, le FSB, successeur du KGB, est donc désigné comme le coupableprobable.

A la lecture du rapport, on remarque qu’ils ne font plus leur propagande comme avant. Les certitudes de, disons, un J.Edgar Hoover, ou d’un Robert Welch, ont fait place aux timides ambiguïtés de Lord Robert Owen, l’auteur du rapport, dont l’utilisation du motprobablement souligne la faiblesse de ce qu’il prétend être des preuves.

Pour commencer, si les Russes voulaient se débarrasser de Litvinenko, pourquoi l’aurait-ils empoisonné avec une substance laissant des traces radioactives traçables depuis l’Allemagne jusqu’à l’aéroport d’Heathrow et, du même coup, contaminant des dizaines de chambres d’hôtels, de bureaux, d’avions et de maisons? Pourquoi ne pas simplement lui tirer une balle dans le crâne ? Cela n’a aucun sens.

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A Londres, les grands patrons empochent en 1 jour ce que gagne le salarié moyen en 1 an

Selon le think tank High Pay Centre, les grands patrons ont empoché 27 645 livres (37 732 euros) en vingt-deux heures de travail, soit le salaire moyen que les Britanniques mettent douze mois à gagner.
Selon le think tank High Pay Centre, les grands patrons ont empoché 27 645 livres (37 732 euros) en vingt-deux heures de travail, soit le salaire moyen que les Britanniques mettent douze mois à gagner. Frank Augstein / AP

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/06/outre-manche-les-fat-cats-gagnent-gros-et-tres-vite_4842347_3234.html

Vingt-deux heures de travail peuvent rapporter gros outre-Manche. Mardi 5 janvier en fin de journée, moins de deux jours après leur retour au bureau, les grands patrons britanniques avaient ainsi gagné un salaire équivalent au revenu moyen annuel de leurs concitoyens.

Selon le High Pay Centre, un think tank qui milite contre la dérive des hauts salaires, il ne leur a fallu que vingt-deux heures de travail pour empocher 27 645 livres (37 732 euros), soit le salaire moyen que les Britanniques mettent en principe douze mois à gagner.

L’association a donné un surnom à cette journée : « Fat Cat Tuesday », qu’on peut traduire comme le « mardi des gros bonnets ». Chaque année, elle célèbre cette date symbolique « de l’injuste écart de revenus » qui règne selon elle au Royaume-Uni.

Le High Pay Centre fait un calcul simple. Le revenu moyen annuel des directeurs généraux des entreprises du FTSE 100, le principal indice boursier, était de 4,96 millions de livres (6,8 millions d’euros) en 2014 (dernières statistiques disponibles). En estimant généreusement que ceux-ci travaillent douze heures par jour et ne prennent que dix jours de vacances par an, l’association en déduit un salaire horaire de 1 260 livres. Soit donc vingt-deux heures de travail pour atteindre le revenu britannique moyen.

Impressionnante envolée

Le calcul n’est pas tout à fait exact et fait l’objet de critiques. L’Institut Adam Smith estime ainsi qu’il s’agit d’une vision de « comptoir de bar ». La méthodologie du High Pay Centre est effectivement discutable, comparant une moyenne (pour les patrons) à une médiane (pour les Britanniques moyens). De plus, calculer le revenu exact des directeurs généraux est difficile, une partie leur étant payée en actions et les bonus pouvant fluctuer a posteriori.

Mais là n’est pas la question, réplique Stefan Stern, le directeur du High Pay Centre. Pour lui, il s’agit d’une journée symbolique, qui souligne une nouvelle fois l’envolée impressionnante des rémunérations les plus élevées, alors que le pouvoir d’achat des Britanniques stagne depuis sept ans. En 1998, un grand patron au Royaume-Uni gagnait en moyenne 47 fois le salaire moyen des employés qui travaillaient dans son entreprise. En 2014, ce ratio avait triplé, pour atteindre… 148. « Les rémunérations exagérées renforcent la méfiance envers les entreprises, alors que celles-ci ont justement besoin de prouver qu’elles font partie de la solution en ces temps difficiles où les revenus ne progressent pas », estime M. Stern.

54% des Britanniques pour une sortie de l’UE

Publié le 07/01/2016 à 06:52

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/01/07/97001-20160107FILWWW00017-54-des-britanniques-pour-une-sortie-de-l-ue.php
Cinquante-quatre pour cent des Britanniques, trois pour cent de plus qu’il y a un an, sont favorables à une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, selon un sondage Orb publié jeudi. Le Royaume-Uni renégocie actuellement les termes de son adhésion à l’UE, avant un référendum sur la question qui doit être organisé dès le mois de juin. Le premier ministre David Cameron laissera les ministres de son gouvernement faire campagne comme ils l’entendent lors de ce référendum.

Selon le sondage Orb, 43% des électeurs britanniques veulent quitter l’Union, contre 36% qui disent vouloir rester et 21% d’indécis. Si l’on ne tient pas compte de ces indécis, 54% veulent une sortie de la Grande-Bretagne de l’UE, contre 51% il y a un an, contre 46% qui se disent opposés à un tel « Brexit » (49% il y a un an).

« Si le Premier ministre veut éviter un désastre pendant qu’il est aux affaires, quelqu’un doit très vite commencer à convaincre le grand public pourquoi nous devons continuer à faire partie de l’Union européenne » explique Johnny Heald, directeur général d’ORB International. Une sortie de la Grande-Bretagne ferait trembler les fondations mêmes de l’Union européenne, le pays en étant la deuxième puissance économique et l’une des deux principales puissances militaires.

Les tenants d’un maintien dans l’Europe estiment qu’une sortie de l’Union européenne porterait préjudice à l’économie britannique et pourrait même provoquer l’éclatement du Royaume-Uni avec un possible nouveau vote sur une indépendance en Ecosse. Les partisans d’un « Brexit » estiment que la Grande-Bretagne se portera mieux en dehors de l’Union européenne

Corbyn chef du Parti Travailliste : Effroi dans la Presse française

12/09/201519h39

La gauche est de retour en Grande Bretagne. Jeremy Corbyn vient d’être élu à la tête du parti travailliste avec 59% des suffrages. Un tournant pour le parti de Tony Blair : Corbyn est situé à la gauche de la gauche. De quoi effrayer la presse française qui, de manière plus ou moins subtile, pointe les risques d’un tel choix plutôt que d’y voir la promesse d’un renouveau.

Imaginez en Grande Bretagne un candidat de gauche qui propose la renationalisation des chemins de fer et du secteur de l’énergie, la fin de la politique d’austérité, une meilleure répartition des richesses en augmentant les impôts des entreprises et des plus riches. Un candidat de gauche qui veut obliger la banque d’Angleterre à financer des logements sociaux. Un candidat de gauche, pacifiste et anti-nucléaire, qui veut démanteler les sous-marins nucléaires. Son nom ? Jeremy Corbyn. Appartenant à l’aile la plus à gauche du parti, il a été élu haut la main à la tête des travaillistes.

Un espoir ? Pas vraiment à lire la presse française. Dans une pleine page, Le Mondese pose carrément la question de l’avenir du parti : « Jeremy Corbyn sera-t-il le sauveur ou le fossoyeur du Labour ? »

Corbyn

Si Corbyn a été élu, c’est à cause de jeunes électeurs amnésiques : « Il semble avoir fait mouche, en particulier, parmi les jeunes qui n’ont pas connu l’époque – les années 1970 et 1980 – où le discours radical des dirigeants du Labour, phagocytés par les syndicats, a précipité le pays dans les bras de Margaret Thatcher », écrit Le Monde. Qui cite un professeur d’histoire politique aux prophéties apocalyptiques : « Si Corbyn est élu, ce sera la guerre civile au sein du parti et la victoire du populisme contre les députés. Le Labour sera écarté du pouvoir pour des années et Cameron peut dormir sur ses deux oreilles ». Et voilà comment une victoire électorale se transforme en promesse de défaite : « Avec ce choix, l’opposition britannique tourne la page des années Blair, mais risque d’avoir du mal à gouverner », confirme La Croix.

Corbyn

Cette oraison funèbre n’est pas nouvelle. Cet été, comme l’a relevé de manière exhaustive Acrimed, la presse française, effrayée par la victoire annoncée de Corbyn, se plaisait à relayer tous les arguments de ses adversaires. Corbyn, c’est d’abord un homme politique qui « n’est pas vraiment d’une extrême fraîcheur »(L’Express), prônant de « vieilles recettes » et « un retour aux stratégies perdantes de l’époque »(Slate), à moins qu’il n’ait que « de vieilles solutions à de vieux problèmes »(HuffingtonPost). « Il a un discours qui date d’il y a 30 ans », assure un professeur de Sciences politique cité par Le Parisien. Quant à Libé, le journal de gauche n’a rien trouvé de mieux que de comparer, le 1er septembre dernier, Corbyn au personnage de fiction Freddy, « qui attaque (et tue) les enfants dans leurs rêves« , ironise Acrimed qui dénonce un parallèle un peu douteux.

Freddy
Au-delà de son discours, c’est la personnalité même de Corbyn qui est problèmatique pour les medias français. Dans le genre ringard : « Ascétique, végétarien, refusant de boire de l’alcool et de posséder une voiture, il est perçu comme la caricature des intellectuels de gauche du nord de Londres », écrit Le Monde, soulignant ainsi qu’il est « dénué de charisme ». Et un peu moche aussi ? « Il porte des chemises froissées », remarque finement le quotidien de droite L’Opinion. Heureusement qu’il va faire perdre son parti aux prochaines élections.