La politique, à quoi bon?

  NOUVELLEAKS par Slobodan Despot

http://antipresse.net/

L’automne et l’hiver 2016/2017 sont remplis d’échéances électorales, en particulier les élections présidentielles américaines et françaises. J’aimerais m’y intéresser, je le devrais par curiosité professionnelle, mais je n’y arrive pas. La revue de presse est un exercice qui me paraît de plus en plus oiseux. De la même manière, on m’invite à nombre de colloques, conférences, « assises » et concertations. Je décline les invitations de nature politique. Non par prudence ou calcul, mais par manque d’intérêt et par un sentiment aigu de perte de temps.

Nous avons dépassé ce stade, le stade de la politique démocratique et parlementaire, de l’Etat de droit et de tout l’héritage de la modernité européenne. Nous sommes bien au-delà. Beaucoup le sentent, mais il faudra le répéter mille, cent mille, un million de fois pour ébranler la loyauté séculaire des Européens civilisés à l’égard d’institutions qui sont au mieux, désormais, des dents nécrosées. Nous avons laissé s’établir un « antisystème » comme l’a esquissé Lev Goumilev. Il est né de nos valeurs, nourri par notre prospérité, mais il les retourne contre elles-mêmes — tant les valeurs que la prospérité —, ne pouvant viser que l’entropie, le nivellement de tout.

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Alexandre Zinoviev était cet autre Russe de génie qui décrivit l’essence du système totalitaire soviétique dans ses livres, en particulier dans Les hauteurs béantes. Cela lui valut de devoir s’exiler d’URSS en 1976 et d’atterrir en Europe de l’Ouest. En Allemagne plus précisément. A la différence de tant de dissidents pour qui le « monde libre » démocratique, anglo-saxon et libéral, représentait la terre promise, la fin de toute lutte et de toute réflexion, Zinoviev continua d’analyser sans complaisance son environnement et en tira une série d’essais dévastateurs. Dans l’un d’entre eux — est-ce dans La grande rupture ou L’Occidentisme ? — il raconte comment il avait eu la surprise de ne jamais rencontrer, « chez nous », deux phénomènes qu’il était certain de devoir rencontrer.

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L’UE et l’euro – Charles Gave – BFM Business

Charles Gave

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http://institutdeslibertes.org

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “L’Etat est mort, vive l’état” aux Editions François Bourin 2009 prévoyait la chute de la Grèce et de l’Espagne. Il est le fondateur et président de Gavekal research (www.gavekal.com)  et Gavekal Securities et membre du conseil d’administration de SCOR.

L’Euro, poison de l’Europe

L’Union européenne est en crise ; c’est aujourd’hui une évidence. Les accords de Schengen sont sur le point d’être révoqués, si ce n’est dans le droit du moins dans les faits. Le désastre crée par le « marché unique » non équilibré par des capacités d’action à la mesure de ce dit marché est aujourd’hui patent. Mais, plus que tout, l’origine de cette crise trouve sa source dans l’Euro. Il agit tel un acide qui corrode les fondations économiques et sociales des pays qui l’ont adopté. Il met à mal la démocratie et suscite, peu à peu, la montée de pouvoirs tyranniques. C’est en partie la thèse du livre écrit par Lord Mervyn King, l’ancien gouverneur de la Bank of England ou Banque Centrale du Royaume-Uni (de 2003 à 2013) [1]. Il faut ici souligner la portée de cet ouvrage. C’est la première fois qu’un ancien banquier central prend de manière si claire et si directe position contre l’Euro. Il n’est pas le seul. On annonce pour le 31 mai 2016 la sortie d’un nouvel ouvrage de Joseph Stiglitz, ancien prix Nobel d’économie, entièrement consacré au risque que l’Euro fait peser sur l’économie de l’Union européenne[2]. La sortie de ces deux ouvrages est très symptomatique. Les langues se délient, et la parole se libère.

L’Euro, cet acide puissant de l’idée européenne

L’Euro, on le sait, provoque des dysfonctionnements de plus en plus importants dans les économies des pays qui l’ont adopté, sauf peut-être l’Allemagne. La Zone Euro se heurte en fait à la nécessité de l’existence de taux d’inflation différents selon les pays, quand leur démographie et leur situation structurelle sont trop différentes. C’est d’ailleurs là l’un des arguments de King. J’avais développé ce même argument dans mon livre Faut-il sortir de l’Euro publié en 2012[3]. L’Union Monétaire implique que la même politique monétaire sera conduite sur l’ensemble des pays de la zone, ce qui implique qu’elle sera soit trop restrictive soit trop accommodante suivant les différents pays. Il ne faut donc pas s’étonner que la monnaie unique soit à l’origine de crises répétées.

Ces crises ont des conséquences sociales importantes, directes avec la montée du chômage et en particulier du chômage des jeunes dans les pays d’Europe du Sud ou indirectes avec les politiques budgétaires adoptées pour « sauver l’Euro ». Il provoque des crises à répétition entre les pays, les dresse les uns contre les autres, et menace la nécessaire coopération européenne. L’Euro constitue donc une menace pour directe pour l’état d’esprit européen, tel qu’il s’était développé depuis le traité franco-allemand de 1963 et jusqu’à la chute du mur de Berlin. Mais il y a plus. L’existence de l’Euro implique le sacrifice de la souveraineté, et ce sacrifice entraine la fin de la démocratie. Un des grand lecteurs de Jean Bodin, Pierre Mesnard, l’a écrit de manière très claire : « Posons la souveraineté, nous instaurons la République »[4]. Nous en avons la démonstration par l’absurde ; la suppression de la souveraineté entraîne la crise du projet républicain. Cela se traduit par la rébellion démocratique des peuples de l’Europe du Sud auxquels les institutions de l’Union Européenne et celles de la zone Euro cherchent sans cesse à arracher plus de richesse au profit de l’Allemagne et de ses satellites. Mervyn King prédit alors, une crise tant économique que politique si les pays membres de la zone Euro s’obstinent dans la voie folle et suicidaire de la monnaie unique, et on peut montrer que cet « oubli » du problème de la souveraineté est à la base de la crise politique qui monte[5].

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Brexit ou pas Brexit?

http://institutdeslibertes.org/brexit-ou-pas-brexit/

De temps en temps, j’ai l’impression diffuse mais certainement fausse que les hommes politiques prennent les électeurs pour des imbéciles. Nous venons d’en avoir une remarquable illustration à  l’occasion de la renégociation d’un statut privilégié pour la Grande Bretagne dans la Communauté Européenne.

Le premier Ministre, David Cameron, pour des raisons de politique intérieure liées à la montée d’un parti  anti-européen conduit par Nigel Farage a été obligé de promettre au peuple Britannique avant les dernières élections Britanniques un référendum sur le maintien ou non de la Grande-Bretagne dans la Communauté Européenne. Ce même premier ministre à ensuite fait savoir qu’il allait renégocier des conditions «spéciales» pour la GB et que s’il obtenait ce qu’il comptait demander aux autres pays comme « privilèges», il recommanderait au Peuple de voter pour le maintien du pays dans les structures européennes…On voit l’énormité de la ficelle.

  • Bien entendu, il n’allait rien demander de vraiment essentiel.
  • Bien entendu, les autres pays et Bruxelles allaient pousser des cries d’orfraie à  ces demandes.
  • Bien entendu, de longues et difficiles palabres allaient avoir lieu à Bruxelles jusqu’aux petites heures du matin.
  • Bien entendu, vers 6 ou 7 heures du matin, avant les nouvelles radio, nos héros allaient sortir épuisés de leur nuit de travail en agitant un chiffon de papier expliquant qu’ils étaient arrivés à un accord qui allait garantir la paix à notre temps (Fine allusion à Chamberlain et à Munich).

Et à la suite de cet accord complètement inattendu monsieur Cameron peut donc recommander en son âme et conscience à chaque citoyen Britannique de voter pour le maintien de la Grande-Bretagne dans les structures Européennes.

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La pensée fermée du projet européen

Les Orwelliens

Cet article a été publié sur le site de l’IDDE (Institute for Direct Democraty in Europe) le 24 février 2016.

Thierry Baudet est un historien, juriste et essayiste néerlandais. En 2015, il devient un auteur à succès en publiant l’ouvrage Indispensable frontières, pourquoi le supra nationalisme et le multiculturalisme détruisent la démocratie aux éditions du Toucan.

Lorsque je discute avec des adeptes du projet européen, ce qui ne manque pas d’arriver régulièrement, je leur pose toujours la question suivante : “Que faudrait-il démontrer, ou que devrait-il se passer pour vous faire changer d’avis?”. La question est de Karl Popper, qui voyait dans la possibilité de répondre à cette interrogation l’ultime critère d’une approche rationnelle, scientifique. Il nommait cela : la réfutation. Celui qui avance une thèse – par exemple que l’intégration européenne est nécessaire ou importante – doit ensuite indiquer ce qu’il faudrait démontrer ou ce qui devrait arriver pour…

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Eurodictature, le totalitarisme européen

La Pologne doit être placée sous surveillance démocratique

http://www.lopinion.fr/edition/international/pologne-doit-etre-placee-surveillance-democratique-94308

Cette année s’annonce suffisamment difficile pour que l’UE ne tolère longtemps le coup d’Etat larvé mené par le gouvernement polonais contre ses valeurs depuis les élections d’octobre dernier. Nous pensions avoir tout vu avec les frasques du potentat hongrois Viktor Orban, mais le président Andrzej Duda et le Premier ministre Beata Szydlo ont entraîné en quelques semaines leur pays dans une fuite en avant effrayante.

Purge des services de renseignement et de la police, perquisition aux sièges d’association, affaiblissement du Conseil constitutionnel et maintenant nomination et révocation directe des responsables de l’audiovisuel public par le gouvernement, lequel entretient une atmosphère délétère et complotiste, comme l’a montré cette scène hallucinante d’un prêtre à sa botte, pratiquant en pleine rue un exorcisme devant le siège du grand quotidien libéral Gazeta Wyborca.

antidémocratique. Le ministre des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski, prétend « guérir » le pays de « certaines maladies » après « vingt-cinq ans d’endoctrinement libéral ». Il n’y a pas que les affaires qui soient étrangères à ce monsieur, apparemment, mais aussi une solide culture démocratique. Car le train de mesures pris et en préparation à Varsovie n’est pas seulement antilibéral mais aussi et surtout antidémocratique et contraire aux principes de l’état de droit, souscrits par la Pologne lors de son adhésion.

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Conflit ouvert entre l’Italie et Bruxelles

L’attaque contre Angela Merkel de Matteo Renzi

«L’Europe doit être utile à ses 28 pays, pas à un seul »


 

Par Romaric Godin  |  06/01/2016, 17:02  |  1389  mots

Le président du conseil italien a des rapports tendus avec Bruxelles.
Le président du conseil italien a des rapports tendus avec Bruxelles. (Crédits : Reuters)
http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/conflit-ouvert-entre-l-italie-et-bruxelles-540724.html
 
Le gouvernement de Matteo Renzi s’est indigné que le seul Italien du cabinet de Jean-Claude Juncker ait été contraint à la démission et remplacé par un Britannique. Un épisode qui illustre les mauvaises relations actuelles entre Rome et la Commission.

En ce début d’année 2016, les relations entre l’Italie et l’Union européenne sont plus que jamais tendu. C’est un remaniement au sein du cabinet du président de la Commission, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui a encore une fois mis le feu aux poudres. Le seul Italien de ce cabinet, l’expert juridique Carlo Zadra, a en effet démissionné de son poste en raison, semble-t-il, de désaccords fréquents avec le chef de cabinet du président, Martin Selmayr, un Allemand réputé très conservateur. L’ennui, c’est que Carlo Zadra a été remplacé par un Britannique, Michael Shotter. Et que, partant, il n’y a plus d’Italien autour de l’ancien premier ministre grand-ducal.

« Inacceptable »

Une décision qui a été très mal perçue à Rome où, fait notable, le sous-secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Sandro Gozi, s’est exprimé sur ces faits, jugeant l’absence d’un Italien au cabinet de Jean-Claude Juncker « inacceptable. » « Commencer l’année 2016 sans un Italien ne devrait certainement pas faciliter les rapports avec l’Italie », a-t-il affirmé. Et de poursuivre : « pour nous, il est essentiel qu’il y ait un membre italien dans le cabinet Juncker. » Sandro Gozi en aurait fait officiellement la demande à Martin Selmayr, mais rien n’oblige Jean-Claude Juncker à avoir un collaborateur du quatrième pays le plus peuplé de l’UE.

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