ONPC : Jean-Luc Mélenchon félicite Poutine, qui va « éliminer Daech »

Une leçon de géopolitique sur France 2 par Jean-Luc Mélenchon

Dimanche 21 Février 2016

Invité de l’émission de Laurent Ruquier « On n’est pas couché » (ONPC) sur France 2 samedi soir, Jean-Luc Mélenchon a distribué des bons points à la Russie pour son rôle en Syrie.
« Les rebelles civilisés sont une ultra-minorité » en Syrie, estime Jean-Luc Mélenchon. – Capture d’écran ONPC

« Poutine, est-ce que vous êtes pour ce qu’il est en train de faire en ce moment en Syrie ?
Oui, je pense qu’il va régler le problème. »

La réponse de Jean-Luc Mélenchon à la question de Léa Salamé sur le plateau de l’émission « On n’est pas couché » (ONPC), ce samedi 20 février, a le mérite d’être claire. Pour celui qui vient de , et qui souhaite que « Daech soit vaincu, écrabouillé, et que les Kurdes gagnent », il ne fait aucun doute que c’est Vladimir Poutine qui parviendra à « éliminer Daech ». Et quand Yann Moix lui fait remarquer que pour l’heure, le président de la Russie semble cibler en priorité les rebelles hostiles à Bachar el-Assad plutôt que , Jean-Luc Mélenchon balaye d’un revers de main : « Ce n’est pas vrai ».

Rappelant que « la première victime d’une guerre, c’est la vérité », le leader du parti de gauche souligne :« Ce sont les Russes qui ont coupé les communications qui sortaient le pétrole de Daech pour faire de la contrebande par la Turquie. (…) C’est ça qui a été bombardé, donc je félicite les Russes d’être parvenus à couper cette liaison. » Quant aux accusations de frappes russe contre des rebelles anti-Assad, il estime : « Les rebelles civilisés sont une ultra-minorité » en Syrie.

Cliquer pour visionner la vidéo:

C’est le moment choisi par Yann Moix pour tenter une éclaircissement géopolitique de la complexe crise syrienne et du . Le polémiste explique comment la Russie, alliée de l’Iran – et soutien historique de Bachar el-Assad -, tente d’imposer un jeu à deux en Syrie, Assad contre Daech, en éliminant la rébellion locale. « Vous êtes d’accord avec ça ? », interroge le chroniqueur de Laurent Ruquier.« Non », répond fermement Jean-Luc Mélenchon, accusant « la propagande » de désinformer l’opinion publique, dans une guerre qui est aussi celle de l’information, .

« Tout est de la propagande, tous les bombardements massacrent tout le monde. Je ne suis pas pour les bombardements. Cette pauvre population est prise dans une guerre qui ne la concerne même pas, qui est une guerre d’oléoducs et de gazoducs », conclut l’invité politique de Laurent Ruquier. Remonté, Jean-Luc Mélenchon s’insurge encore de voir Al-Qaïda, « notre ennemi en Afghanistan », devenir« notre allié en Syrie. Tout ça est absurde, il faut rétablir l’ordre, et l’ordre passe par le fait que l’on élimine Daech de là ». Et ce, donc, grâce à Vladimir Poutine.

 

Selon un député turc, Daech se serait approvisionné en gaz sarin grace à la Turquie

Attaque au chlore en Irak. © Thaier Al-Sudani Source: Reuters
Attaque au chlore en Irak.

https://francais.rt.com/international/12156-exclusif–daech-se-serait

Selon les confessions d’un parlementaire turc à RT, la Turquie aurait permis à l’Etat islamique en Syrie de se procurer les matériaux nécessaires à la fabrication de gaz sarin.

«Des données vont dans ce sens», confie à RT Eren Erdem, principale figure de l’opposition en Turquie et membre du parti Républicain du Peuple (CHP). «Des matériaux bio chimiques sont importés de Turquie et sont assemblés dans les camps de Daech, autrefois connus en tant qu’Al Qaida Irak».

Eren Erdem ne mâche pas ses mots. Selon lui, il y aurait même matière à croire qu’Ankara tenterait de dissimuler les preuves d’un tel traffic, car elle aurait refusé d’enquêter sur les voies d’approvisionnement turques utilisées pour fournir aux terroristes les ingrédients nécessaires à la fabrication de gaz sarin.

Le gaz sarin est un agent chimique de qualité militaire, devenu tristement célèbre après avoir été utilisé dans l’attaque de la Ghouta et de plusieurs autres quartiers proches de Damas en 2013.

S’adressant aux parlementaires jeudi dernier, Erdem a exhibé la copie de l’affaire pénale numéro 2013/120 ouverte par le bureau du procureur général de la ville d’Adana dans le sud de la Turquie.

L’enquête exclusive de RT

L’enquête a révélé que des citoyens turcs ont pris part à des négociations avec des représentants de l’Etat islamique concernant l’approvisionnement en gaz sarin. Se référant à des éléments de preuve citées dans l’affaire, Erdem a démontré que des conversations téléphoniques enregistrées prouvent que Hayyam Kasap, un militant d’Al-Qaida, a acquis du gaz sarin.

«Les conversations téléphoniques ont révélé tous les détails concernant la façon dont le transfert allait être effectué» explique Erdem. «On savait comment il allait être préparé, du contenu des laboratoires jusqu’aux sources des matériaux. On savait les dates mais aussi quels camions allaient être utilisés. De A à Z, tout était discuté et enregistré, et malgré tout ça, les suspects ont été relâchés !» s’emporte Erdem.

«Tout cela a été détecté» continue Erdem. Il y a même des conversations dans lesquelles on peu clairement entendre «ne vous inquiétez pas pour la frontière, on s’en charge», et nous nous assurons aussi que la bureaucratie suit».

Se basant sur ces preuves, les autorités d’Adana ont conduit des perquisitions et arrêté 13 suspects. Mais une semaine plus tard, l’affaire était mystérieusement fermée et les suspects ont immédiatement traversé la frontière entre la Turquie et la Syrie poursuit Erdem.

«Le transfert a eu lieu», se désole Erdem. «Et il a eu lieu parce que personne ne s’est interposé».

 

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Le jihadiste Ahmad Almohammad a été aidé par des « bénévoles » français pro-migrants

Le kamikaze a été accueilli à terre en Grèce et a reçu de l’aide et des vêtements par des Français de Médecins Sans Frontières.

L’article complet du journal « The Sun » : Un des kamikazes a été aidé sur l’île grecque et habillé par des bénévoles français avant de faire son chemin à travers l’Europe.

http://www.contre-info.com/le-jihadiste-ahmad-almohammad-a-ete-aide-par-des-benevoles-francais-pro-migrants

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Poutine : Daesh est financé par 40 pays, y compris par des pays-membres du G20

https://francais.rt.com/international/10545-poutine-daesh-finance-par-40-pays

Au sommet du G20, qui s’est tenu du 14 au 16 novembre en Turquie, le président russe a souligné que la Russie avait présenté des exemples de financement des terroristes par des personnes physiques venant de 40 pays, y compris des pays-membres du G20.

Lors du sommet «j’ai donné des exemples basées sur nos données du financement de Daesh par des individus privés. Cet argent vient de 40 pays, parmi lesquels participent des pays-membres du G20», a précisé Vladimir Poutine.

Vladimir Poutine a aussi évoqué la nécessité urgente d’empêcher la vente illégale de pétrole.

«J’ai montré à nos partenaires de nombreuses photos prises depuis l’espace et depuis les aéronefs sur lesquelles on voit clairement le volume que représente la vente illégale pétrolière effectuée par Daesh».

Lire aussi : Le G20 veut une résolution sur la Syrie pour surmonter les problèmes du Moyen-Orient

Le président russe a aussi précisé que ce n’était pas le moment de rechercher quel pays était le plus efficace dans la lutte contre Daesh. «Il vaut mieux unir les efforts internationaux pour combattre ce groupe terroriste», a déclaré Vladimir Poutine.

«Nous avons besoin du soutien des Etats-Unis, des pays européens, de l’Arabie saoudite, de la Turquie et de l’Iran», a-t-il poursuivi.

A propos des relations avec les Etats-Unis, le président Poutine a mis en évidence que la position de Washington avait changé après les attentats de Paris.

«Nous avons besoin d’organiser un travail qui se concertera sur la prévention des attaques des terroristes à l’échelle globale. Nous avons proposé d’unir nos efforts avec les Etats-Unis dans la lutte contre Daesh. Malheureusement, nos partenaires américains ont refusé. Ils nous ont envoyé une note écrite qui dit : « Nous rejetons votre proposition ». Mais la vie change toujours assez vite, en nous donnant des leçons. Et je crois que maintenant tout le monde commence à comprendre qu’on ne peut combattre effectivement Daesh qu’ensemble», a précisé le président russe.

Compte tenu des différences d’approche dans la lutte contre l’EI, Vladimir Poutine a précisé qu’avant tout, il était important de définir quelles étaient les organisations qui peuvent être considérées comme terroristes et celles qui font légitimement partie de l’armée d’opposition syrienne. «Nos efforts doivent être concentrés sur la lutte contre des organisations terroristes», a insisté le président russe.

Après que le gouvernement russe a entamé une campagne de bombardements militaires en Syrie depuis le 30 septembre, la Russie a été largement critiquée par les pays occidentaux mais Vladimir Poutine a répondu aujourd’hui.

«Il est vraiment difficile de nous critiquer. Ils ont peur de nous donner des informations sur les territoires que nous ne devons pas frapper, craignant que cela devienne l’endroit exact de nos frappes futures et que nous allons les trahir. Il est évident que ce point de vue est basé sur leur propre conception de la décence humaine», a déclaré le président russe.

Pourquoi la France doit soutenir Bachar el-Assad

11:49 26.08.2015
Dans une tribune transmise à Sputnik, les conseillers nationaux des Républicains français Quentin Vercruysse, Pierre Gentillet et Alexandre Moustafa exhortent Paris à apporter un soutien militaire à Damas dans sa lutte contre l’Etat islamique.
http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150826/1017783816.html

Dernier rempart face à la montée de l’Etat islamique

Certains accuseront Bachar el-Assad d’être un dictateur, d’autres le nommeront responsable du sang versé en Syrie ou bien le décriront comme l’ennemi de l’Occident. Au même titre que l’Iran, le Venezuela ou encore la Russie, depuis plusieurs années la Syrie est victime sans fondement d’un réel mépris occidental, mépris probablement explicable par un refus de soumission à la tutelle atlantiste.

Malgré les nombreuses critiques émises quotidiennement à l’encontre de la République Syrienne, aujourd’hui la Syrie de Bachar el-Assad se révèle être le dernier rempart face à Daesh, face à l’inexorable émergence d’un vaste Etat islamique prônant la charia la plus pure, aux antipodes des prétendues « valeurs » défendues par l’Occident. Bachar el-Assad, majoritairement soutenu par son peuple, est doté d’une légitimé démocratique l’amenant à être président de l’Etat syrien jusqu’en 2021. Si le chef d’Etat syrien était aussi isolé que le décrivent les médias Occidentaux, comment aurait-il pu rester au pouvoir durant plus de 4 ans de crise?Bachar el-Assad, « président combatif au service de son peuple »

Bachar el-Assad n’est pas un dictateur sanguinaire ou encore un ennemi de l’Occident, c’est un président combatif au service de son peuple et de sa nation. Alors que Daesh ne cesse d’attirer des terroristes du monde entier, ayant de fait une armée inépuisable, que la communauté internationale condamne l’existence et les faits de cet autoproclamé état, que l’opposition syrienne est uniquement composée d’islamistes; la France, nation autrefois ardente et indépendante, doit retrouver ses lettres de noblesses, à minima dans sa politique internationale, en changeant radicalement sa position sur le dossier syrien. La France doit ouvertement et fièrement soutenir la République Arabe Syrienne, en y apportant une aide militaire et économique.

Etat nationaliste, laïc et multiculturel, la Syrie est un pays souverain dans lequel les femmes sont libres et les chrétiens protégés. Rappelons qu’avant l’ingérence étrangère, la Syrie était un des rares pays arabes ou la communauté chrétienne évoluait démographiquement. Rappelons également que depuis l’intervention américaine en Irak, environ quatre-vingt-dix pourcent des chrétiens d’Irak ont été tués ou ont fuis.L’extermination des chrétiens d’Orient ne vient ni de Bachar el-Assad, ni de Saddam Hussein. Ce génocide a été accentué à cause de l’ingérence occidentale, notamment américaine, dans cette région du globe. Cette ingérence s’illustrant par des interventions militaires, en Irak ou encore en Lybie mais également par des soutiens actifs à des islamistes, surnommés « rebelles » par nos médias. Qui a initialement financé l’opposition syrienne? L’Occident. Qui compose cette opposition syrienne? Al-Nosra, branche d’Al-Qaïda en Syrie.

La France doit cesser de faire le jeu des islamistes

Grâce aux actions de la Russie, ainsi que de la Chine à l’Onu, la Syrie laïque n’est pas encore tombée dans le chaos islamiste à l’instar de la Libye. Mais qu’adviendra-t-il demain, si la France, nation protectrice des chrétiens d’Orient dotée d’une légitimité dans la région, continue à faire le jeu des islamistes?

Après l’Irak et la Lybie, le chaos et la barbarie sont désormais en Syrie. Puis un jour ce sera au tour de Beyrouth et pour finir l’Etat islamique sera aux portes de Jérusalem. Aujourd’hui Daesh est implanté en Bosnie, au cœur de l’Europe. Une fois de plus l’ingérence américaine, cette fois-ci en Ukraine et par le passé en Serbie, a impulsé cette implantation de l’islam radical. Cependant il s’agit ici désormais de l’Europe et non plus seulement du Moyen-Orient.Cessons de suivre aveuglement l’oncle Sam, appliquons une politique internationale réellement indépendante et pragmatique dans l’intérêt de la France et des Français afin de neutraliser Daesh avant qu’il ne soit trop tard!

Erdogan menace un journaliste turc pour avoir révélé la livraison d’armes par Ankara à Daech

Selon le journal français Libération, le journaliste turc Can Dunar a été menacé par le président islamiste Tayyip Erdogan pour avoir révélé la livraison d’armements par l’armée turque au groupe terroriste Daech en Syrie.

Ce directeur du quotidien de centre gauche turc Cumhuriy, qui risque jusqu’à trente ans de prison pour «révélation de secret d’Etat» et «espionnage», a indiqué, sans être inquiété, que ce qui est déterminant pour un journaliste, c’est la vérité.

«Nous ne pouvions pas garder le silence quand nous avons appris que les camions des services secrets turcs (MIT) transportaient des armes pour les djihadistes de Syrie (…) Nous avons montré comment certains provoquent la guerre. Nous croyons que l’opinion publique doit être informée, sur tout, sur le pouvoir et sur ses actions, légales ou illégales.»

Can Dunar a révélé qu’en Turquie, personne «ne veut la guerre à l’exception d’une seule personne : Erdogan».

Selon lui, des soldats, des policiers et des citoyens civils et des militants armés kurdes sont tués dans les opérations lancées contre le PKK, «ce sont les conséquences, a-t-il ajouté, de l’aide donnée aux terroristes qui infestent la Syrie». Il a fait savoir qu’en Turquie, il «n’est pas interdit» d’envoyer clandestinement des armes aux terroristes, mais il «est interdit» de publier une telle information.

«Le monde entier connaît les relations qui existent entre ces forces des ténèbres et le président turc. Moi, je suis jugé pour ce que j’ai écrit, alors que lui, il le sera un jour, j’espère, pour ce qu’il a fait», a-t-il souhaité.

Il a regretté que les grands médias turcs, pour la plupart, soutiennent le pouvoir dans sa guerre contre le PKK, omettant de parler du bombardement d’un village kurde en Irak du Nord, où plusieurs civils ont été tués, ni des martyrs de l’armée turque ni des réactions des parents de policiers ou de soldats tués, «car désormais ces gens disent à haute voix que leurs fils sont morts pour les intérêts du pouvoir et non ceux de la nation».

«Je crois que nous, vous et moi, tous nos amis, tous nos parents, je veux dire la majorité de la nation, ne veulent pas la guerre, et nous pouvons ensemble trouver une solution pacifique et politique au problème kurde» sans en venir aux armes, a estimé Can Dunar.

Mohamed El-Ghazi

http://www.algeriepatriotique.com/article/erdogan-menace-un-journaliste-turc-pour-avoir-revele-la-livraison-darmes-par-ankara-daech

http://www.liberation.fr/monde/2015/08/16/le-journaliste-turc-can-dundar-a-honte-au-nom-de-ses-confreres_1362983

Comprendre Daech: Le Management de la Sauvagerie

Jihad : une guerre, une stratégie, des références

http://kurultay.fr/blog/?p=187#more-187

Un ouvrage de référence stratégique au profit du Jihad

MOS-cov
Couverture de l’ouvrage “le Management de la Sauvagerie, l’étape la plus critique que franchira l’Oumma”

Les différentes déclinaisons du « jihad » diffusent aujourd’hui une avalanche d’images — photos et vidéos  extrêmement choquantes, qu’il s’agisse des conséquences d’un bombardement sur une population, de corps disloqués d’ennemis tués au combat qu’on enterre par bennes dans des fosses communes, de gens qu’on décapite, brûle vifs, lapide, précipite du haut d’immeubles… La guerre est quelque chose qui relève de l’entendement — un outil destiné à atteindre des buts politiques par usage de la violence. Elle est également animée par des ressorts de nature passionnelle — le déchaînement de violence sans passion, est-ce bien envisageable… ? Maîtriser l’art de la guerre pourrait d’ailleursbien relever d’une exploitation habile et équilibrée de ses ressorts passionnels et rationnels. Or, ceci a été théorisé au profit du jihad. Un certain Abu Bakr Naji (1), membre du réseau Al Qaeda, a en effet publié sur Internet en 2004, en langue arabe, un livre intitulé le Management de la Sauvagerie : l’étape la plus critique que franchira l’Oumma. (2) L’ouvrage a été traduit en anglais par William Mc Cants au profit de l’institut d’études stratégiques John M. Olin de l’université de Harvard. C’est sur cette traduction qu’est fondé le présent billet. On a parfois l’impression d’y lire les enseignements de l’implantation de Jabhat al Nusra en Syrie, à ceci près qu’il a été écrit avant… Et l’on y découvre des théories auxquelles ont donné corps des gens comme Abu Mussab al Zarqaoui, ou les actuels décideurs de l’organisation Etat Islamique.

La « sauvagerie » qu’il est ici question de manager n’est absolument pas celle qui consiste à brûler des prisonniers ou à leur couper la tête. Dès sa préface, et au fil de son ouvrage, Abu Bakr Naji définit la « sauvagerie » en question comme étant la situation qui prévaut après qu’un régime politique s’est effondré et qu’aucune forme d’autorité institutionnelle d’influence équivalente ne s’y est substituée pour faire régner l’état de droit. Une sorte de loi de la jungle, en somme. Avec un pragmatisme remarquable, ce djihadiste convaincu, dont l’ouvrage est méthodiquement constellé de références à la Sunna (3), considère la « sauvagerie » comme une ressource, un état à partir duquel on peut modeler une société pour en faire ce sur quoi reposera un califat islamique dont la loi soit la Charia. Le management de la sauvagerie est un recueil stratégique qui théorise finement l’exploitation coordonnée de ressorts cognitifs et émotionnels au profit d’un but politique d’essence religieuse. Sa lecture marginalise les commentaires qui tendraient à faire passer les acteurs du jihad pour des aliénés mentaux ou des êtres primaires incapables de comprendre les subtilités propres à l’être humain. Elle souligne à quel point la compréhension d’un belligérant est tronquée quand on ne condescend pas à jeter un coup d’œil dans sa littérature de référence. Car les mécanismes du jihad tel qu’il est livré aujourd’hui sont bel et bien contenus dans une littérature stratégique dédiée. Le présent billet va vous en présenter certaines grandes lignes. Je vous invite, à terme, à prendre le temps de lire l’ouvrage pour en appréhender tous les ressorts (lien fourni en bas de page).

Le paradigme fondateur de l’ouvrage (4)

La préface expose longuement la vision de l’ordre mondial qui fonde la suite du raisonnement. Le Moyen-Orient post-accords Sykes-Picot (5) voit l’ancien califat morcelé, dans une mosaïque d’Etats indépendants fondant leur pouvoir sur la force armée. Ces Etats ont, après la 2e Guerre Mondiale, adhéré aux Nations-Unies et à ce qu’Abu Bakr Naji décrit comme l’essence des Nations-Unies à l’époque : un monde bipolaire organisé autour de la rivalité entre les superpuissances américaine et soviétique. Les Etats nés du morcèlement du califat sont donc devenus satellites, les uns des Etats-Unis, les autres de l’URSS. Ils fonctionnent au seul profit de leurs classes dirigeantes, tout occupées à piller et gaspiller, au profit de leurs bienfaiteurs américains ou soviétiques, les ressources des pays et des peuples qu’elles gouvernent. Ces classes dirigeantes s’opposent à l’Aqîda (6), qu’elles jugent susceptible de fédérer les peuples contre elles. Que les croyants vertueux que comptent le peuple et l’armée parviennent à s’unir pour renverser l’Etat et établir un gouvernement islamique, et les Nations Unies infligent au nouvel Etat des sanctions, puis financent des groupes armés intérieurs et extérieurs pour le combattre jusqu’à son anéantissement. (7) En résultent le découragement et le fatalisme parmi les plus vertueux, qui en sont conduits à considérer qu’il n’y a pas d’alternative aux Etats corrompus.

Le décor étant campé, Abu Bakr Naji analyse la puissance des Etats-Unis et de l’URSS, ou plutôt l’illusion de leur puissance, et leur centralité. Selon lui, ces superpuissances campent au milieu de leurs satellites. Mais leur puissance réelle s’estompe au fur et à mesure que l’on s’éloigne géographiquement du centre, et elle nécessite, pour s’exercer dans les endroits les plus reculés:

  1. que les gouvernements des satellites lui fassent écho;
  2. qu’un tissu médiatique mondial qualifié de « trompeur » entretienne l’illusion de leur toute-puissance mais aussi de leur empathique et universelle bienveillance.

En somme, les Etats-Unis et l’URSS se seraient fait passer pour Dieu aux yeux du monde entier. Abu Bakr Naji allègue même que les deux superpuissances ont fini par croire elles-mêmes au message de leurs « médias trompeurs », et donc par se croire douées de toute-puissance à l’échelle globale. A se prendre pour Dieu, en somme.

Guerre contre l’URSS en Afghanistan : la rupture stratégique.

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