Rupture entre le monde Anglo-Saxon et le monde Européen.

Les événements se suivent et semblent tous aller dans la même direction : le monde Anglo-Saxon en général et les Etats-Unis en particulier sont en train de larguer les voiles et de s’éloigner de l’Europe. Le premier signe fût le Brexit, salué comme une libération par celui qui fut ensuite élu à la Présidence des Etats-Unis. Le deuxième signe fût bien sur l’élection de monsieur Trump à la Présidence des Etats-Unis. Et le troisième signe, nous venons de l’avoir, c’est le voyage  de monsieur Trump en Europe, marqué par les habituelles incartades verbales du Président US renforcées par sa décision de sortir du Traité de Paris une fois rentré à la maison.

On ne pouvait pas signifier de manière plus nette un divorce. Qu’a donc dit le Président Américain de si peu diplomatique?

Pour répondre, il me faut traduire dans un langage compréhensible ce qu’a exprimé monsieur Trump. ( Je parle le Trumpien couramment). En fait, il a dit deux choses que tout le monde sait, mais dont il est malséant de parler en public.

La première, c’était que le temps des passagers clandestins était fini.

Depuis cinquante ans, l’armée US protège l’Europe par l’intermédiaire de l’Otan.  Les USA  consacrent entre 4 % et 5 % de leur PIB par an à la défense, ce qui a permis à toute une série de pays et en particulier à l’Allemagne de…. cesser d’avoir une défense.

Lors de son voyage qui s’est terminé au G7 et comme les USA ont des problèmes de fin de mois, Trump a présenté à madame Merkel la note que les USA payent pour l’Allemagne, ce qui a horrifié cette pauvre dame. Comment peut-on avoir de si mauvaises manières? Parler d’argent entre amis, quelle horreur! Et à la fille d’un Pasteur! Pouah !

La réalité est pourtant toute simple : d’une façon ou d’une autre, la facture  militaire/ordre public va grimper de façon considérable dans les années qui viennent pour le « vieux » continent.

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Bilan Obama: La roche Tarpéienne est proche du Capitole

Il y a huit ans le monde entier célébrait le retour du Messie sur terre. « Un enfant nous est né, un fils nous est donné » psalmodiait toute la presse à l’unisson des anges dans le ciel. Un certain Barak Obama venait en effet d’être élu à la Présidence des Etats-Unis et la terre allait connaitre une période de paix et de prospérité sans précédent dans l’histoire. Reconnaissant la qualité exceptionnelle de cette créature quasiment divine, la fondation Nobel lui attribuait immédiatement le prix Nobel de la Paix, avant même que l’élu (au sens biblique du terme cette fois) ait fait quoique ce soit.

Huit ans après, notre héros, notre nouveau Salomon, quitte la Présidence des Etats-Unis dans un mélange d’indifférence (aux USA) et de soulagement de la part de la plupart des alliés historiques des Etats-Unis.

 

La question que je veux traiter est donc simple : pourquoi ce curieux mélange d’indifférence et de soulagement après huit ans d’un règne que la grande presse n’a cessé de présenter comme « la marche triomphale d’un surdoué volant de succès en succès » ? La réponse une fois encore nous est fournie par un grand auteur français, Marcel Pagnol dans la fameuse réplique « Ce n’est pas que tu sois bon à rien, c’est que tu es mauvais en tout ». Et elle est assez simple : monsieur Obama a été mauvais en tout.

Car dans la réalité, si l’on s’en tient aux faits et non pas aux intentions ou aux interprétations tendancieuses, notre génie planétaire a tout raté et restera sans doute comme le plus mauvais président que les Etats-Unis aient eu dans leur histoire. Et de l’avis général, la concurrence pour ce titre est rude.

Et pourtant, quand il est descendu des étoiles pour s’occuper de nous, pauvres terriens, il avait vraiment coché toutes les cases que tout homme de Davos pouvait demander à celui qui devait être leur chef ultime.

  • Il était à moitié noir, ce qui a beaucoup d’importance pour la gauche puisque tous les malheurs du monde viennent comme chacun le sait des « Dead white men », tels Aristote, Jésus ou Shakespeare.
  • Il était diplômé de Columbia et de la Harvard Law School où il avait tenu pendant ses études à Boston le rôle le plus prestigieux qui soit, celui de directeur de la revue juridique .La Harvard Law School est pour les USA ce qu’est l’ENA pour nous, l’endroit où se forgent les hommes d’état de qui dépend notre future. C’était donc un homme d’une intelligence supérieure. Trump quant à lui a été à Fordham, université de seconde zone de la banlieue de New-York. On voit la différence de niveau intellectuel.
  • Il n’avait strictement aucune expérience qui aurait permis de juger ses capacités à prendre des décisions, son principal boulot ayant été d’être un « organisateur communautaire» dans les banlieues noires de Chicago avant que d’être «nommé» Sénateur par la machine du parti Démocrate de Chicago.  Nommé, car il se présenta sans grand risque dans une circonscription où les Républicains ne s’étaient même pas donné la peine  de proposer un adversaire. Deux ans après, il était élu Président. Passer en deux ans d’organisateur communautaire à Chicago à Président des Etats-Unis, voilà qui est remarquable.
  • Comme l’a montré JF Revel, nul ne peut se dire de gauche s’il ne déteste les Etats-Unis. Lui était de gauche et ne s’en est jamais caché … et donc il n’aimait pas son propre pays, comme l’a montré sa longue fréquentation de la paroisse du révérend Wright, un pure raciste « anti blanc » s’il en fut et ses anciennes amitiés avec de remarquables théoriciens de la lutte armée des noirs contre les blancs  ainsi que de la nécessité d’utiliser le terrorisme pour faire avancer les choses (Bill Ayers).
  • Il avait passé son enfance en Indonésie, suivant les cours d’une madrasa locale (école coranique),  le second mari de sa mère étant Indonésien. Il avait donc toutes les qualités requises pour discuter avec l’Islam dont il se refusa toujours à dire le moindre mal ce qui est essentiel pour tout homme de gauche, comme chacun le sait.

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L’UE et l’euro – Charles Gave – BFM Business

Charles Gave

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Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “L’Etat est mort, vive l’état” aux Editions François Bourin 2009 prévoyait la chute de la Grèce et de l’Espagne. Il est le fondateur et président de Gavekal research (www.gavekal.com)  et Gavekal Securities et membre du conseil d’administration de SCOR.

Brexit ou pas Brexit?

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De temps en temps, j’ai l’impression diffuse mais certainement fausse que les hommes politiques prennent les électeurs pour des imbéciles. Nous venons d’en avoir une remarquable illustration à  l’occasion de la renégociation d’un statut privilégié pour la Grande Bretagne dans la Communauté Européenne.

Le premier Ministre, David Cameron, pour des raisons de politique intérieure liées à la montée d’un parti  anti-européen conduit par Nigel Farage a été obligé de promettre au peuple Britannique avant les dernières élections Britanniques un référendum sur le maintien ou non de la Grande-Bretagne dans la Communauté Européenne. Ce même premier ministre à ensuite fait savoir qu’il allait renégocier des conditions «spéciales» pour la GB et que s’il obtenait ce qu’il comptait demander aux autres pays comme « privilèges», il recommanderait au Peuple de voter pour le maintien du pays dans les structures européennes…On voit l’énormité de la ficelle.

  • Bien entendu, il n’allait rien demander de vraiment essentiel.
  • Bien entendu, les autres pays et Bruxelles allaient pousser des cries d’orfraie à  ces demandes.
  • Bien entendu, de longues et difficiles palabres allaient avoir lieu à Bruxelles jusqu’aux petites heures du matin.
  • Bien entendu, vers 6 ou 7 heures du matin, avant les nouvelles radio, nos héros allaient sortir épuisés de leur nuit de travail en agitant un chiffon de papier expliquant qu’ils étaient arrivés à un accord qui allait garantir la paix à notre temps (Fine allusion à Chamberlain et à Munich).

Et à la suite de cet accord complètement inattendu monsieur Cameron peut donc recommander en son âme et conscience à chaque citoyen Britannique de voter pour le maintien de la Grande-Bretagne dans les structures Européennes.

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Le Neo-Libéralisme avancé

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Confucius disait que, quand les mots changent de sens, les royaumes deviennent ingouvernables. Fort bien, voila une idée qui me semble tout à fait juste. Après tout, si le même ordre peut être compris de deux façons différentes, voila qui ne va pas simplifier la vie de ceux qui commandent. Or nous avons un cas en France tout à fait remarquable d’un mot qui a changé de sens.

En dépit de mon grand-âge, je suis un petit nouveau dans les débats d’idées qui font rage en France depuis toujours et occupent beaucoup ceux que Raymond Barre appelait « la classe jacassière ». Heureusement, cette classe semble avoir identifié le mal  qui est à l’origine de tous les maux dont souffre notre pays et ce pelé, ce galeux c’est le Libéralisme affublé d’un qualificatif  « néo ».

Le Libéralisme, je crois savoir ce que c’est. Neo veut dire « nouveau ».Mais nouveau par rapport à quoi ? Telle est la question que ce néologisme (nouveau mot en Grec) nous pose.

Et ici, je voudrais faire une première remarque.Quand à un concept précis on associe un adjectif qualificatif ,c’est en général pour en changer le sens, voir pour l’inverser.

Je me souviens par exemple, avec émotion,  du « libéralisme avancé » du regrettable Président Giscard.L’homme maniait d’une main de fer contrôle des prix, contrôle des changes , contrôle du crédit, dont chacun sait que ce sont là des concepts défendus depuis toujours par le Libéralisme retardé.

Parallèlement, il menait une politique industrielle  de grande qualité ou ses talents d’inspecteur des Finances et d’ingénieur du corps des Mines pouvaient être exploitées à leur juste valeur, talents dont chacun peut mesurer les succès aujourd’hui, et tout cela en expliquant que la France était devenue trop petite et qu’il fallait de toute urgence la faire disparaître dans une Europe Fédérale et technocratique, suivant en cela les conseils avisées de Jean Monnet.

Aucun Président de la cinquième République n’a enregistré une hausse plus forte du poids de l’État dans l’économie que pendant son septennat. Il fallut attendre monsieur Barre pour qu’un peu de raison revienne dans la gestion des affaires publiques. Mais libéral il le fut dans d’autres domaines.

Les deux grandes reformes « libérales » à mettre à son actif furent en effet le regroupement familial et bien sur la légalisation de l’avortement dont on peut penser qu’elles n’étaient pas les priorités de son électorat et qu’elles auraient peut être mérité d’être traitées par référendum. Le  Libéralisme en France ne s’est jamais vraiment remis de la présidence Giscard.

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Les gens des arbres, les gens de pirogues et Philippe de Villiers: commentaires de deux lectures récentes

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Je viens de finir le dernier livre de  Jean-Claude Guillebaud « Je n’ai plus peur »  et je ne saurais trop en recommander la lecture à mes amis de l’IDL. Guillebaud est ce qu’il est convenu d’appeler un Chrétien de gauche (Journaliste  à Témoignage Chrétien, au Monde diplomatique, correspondant de guerre au Monde), ce qui d’habitude n’est pas ma tasse de thé. Mais curieusement, il m’a toujours beaucoup intrigué  et j’ai du lire tous ses livres. La  cause de cet intérêt qui ne se démentît  jamais est simple : c’est un homme qui est intellectuellement honnête et qui cherche à comprendre.  Et il ne change pas sa grille de lecture en fonction de ce qu’il découvre sur le terrain. Il ne ment pas pour défendre son camp. C’est donc un honnête homme au sens du XVIIIème siècle Français, et entendre son point de vue, c’est s’enrichir intellectuellement.

Son dernier livre raconte son histoire personnelle et il s’agit donc d’une espèce d’autobiographie  et comme il a mon âge, les événements qu’il a traversés sont aussi ceux qui ont marqué ma vie, ce qui me touche car il parle avec beaucoup de délicatesse des souffrances que les uns et les autres ont enduré. Il écrit des choses bouleversantes sur les guerres dont il a été un témoin privilégié.

Fils d’un général Gaulliste, sa mère était une « pied noir » Algérienne, opposée à l’indépendance et donc sa famille fut traversée de part en part par les drames qui ont marqué la  rupture des deux communautés et ses parents se séparèrent.

J’y reviendrai.

Dans ce livre, il explique que les Polynésiens ont une conception très intéressante de la coupure qui existe dans toutes les sociétés entre les sédentaires et les aventuriers.  Dans chaque génération, il y a des gens des arbres et des gens des pirogues. Les gens des arbres veulent vivre là où ils sont nés, les gens des pirogues quand à eux veulent voir si l’herbe n’est pas plus verte dans l’ile au delà de l’horizon. Mais tous, ils savent que sans arbres, il n’y aurait pas de pirogues, et que sans les gens des pirogues, il n’y aurait pas sans doute assez d’arbres pour tout le monde…Et donc les deux espèces se comprennent et s’aiment bien puisque les deux savent que chacun est né homme des arbres ou homme des pirogues.

Ce qui m’amène à la deuxième de mes lectures, celle du dernier livre de Philippe de Villiers. Monsieur de Villiers est un homme des arbres. Il décrit merveilleusement l’éthique qui sous tendait toute la famille des Villiers, tous soldats (et non pas militaires), tous n’ayant qu’un but: «servir» la France, ce qui en ces temps là était la marque de l’élite, de gauche comme de droite. Il décrit avec un talent de plume qui ne se dément jamais sa stupéfaction quand, jeune élève de l’ENA, il rencontre tous ceux qui allaient déterminer l’histoire de la France. Et là, sa surprise fut totale.

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Ode à un Proche-Orient Défunt

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Chacun ressent une grande tristesse à la vue de ces hordes de populations hébétées et terrifiées se déversant sur une Europe qui a perdu toute mémoire de ce que fut cette partie du monde. Et pourtant, nul ne peut comprendre ce désastre s’il ne comprend pas ce que fût cette région autrefois.

Il se trouve que, par un hasard de mon histoire familiale, je suis né à Alep le 14 Septembre 1943, il y a donc très exactement 72 ans, mon père étant l’un des rares officiers Français (12 sur 500) présents en Syrie en 1942, ayant choisi de suivre de Gaulle plutôt que Pétain.

Qu’était-encore- le Proche Orient à cette époque. ?

Une merveille de diversités, un véritable kaléidoscope de populations et de religions.

Tous les grands empires étaient passés par là à un moment ou à un autre et y avaient laissé des résidus.

A Alep par exemple, la plus vieille ville du monde, ou plutôt la ville qui est restée ville depuis le plus longtemps dans l’Histoire, ancrée autour de sa Citadelle, un quartier Arménien jouxtait un quartier Juif, lui-même fort prés du quartier Grec, tout cela entourés de quartiers Musulmans  divers et variés où Druzes, Kurdes, Alaouites ou Sunnites résidaient, et tout ce petit monde vaquait à ses occupations.

L’éducation était assurée par des écoles religieuses, en général tenues par des Jésuites ou des religieuses Chrétiennes (pour les filles) qui accueillaient les enfants de toutes les confessions.

Toutes ces populations étaient arrivées bien entendu avant la conquête Musulmane ce qui leur donnait une espèce de Droit moral à rester vivre dans ce qui était après tout « leur » pays.  A Baghdâd par exemple, au XVIII eme siècle, 50 % de la population était Chrétienne …les Assyriens, présents dans le Nord de l’Irak,  Chrétiens, évangélisés pense t’on par Saint Thomas constituaient un groupe très fort, et aujourd’hui, il n’en reste plus. Ils sont tous …en Suède.

En Egypte, les Coptes, les Egyptiens d’origine et qui représentaient  au moins  20 % de la population tenaient toute une série de positions essentielles dans le commerce, les Universités ou même la Politique (beaucoup furent ministres) et faisaient partie intégrante du système ce qui en assurait sa force et sa résilience.

Les Juifs, constituaient une part importante et essentielle des populations locales  comme par exemple à  Alexandrie  et cela depuis sa création par Alexandre puisque c’était la que l’Ancien Testament avaient été traduit en Grec pour la première fois, mais ils étaient également présents en Irak (depuis l’exode au moins)  et aussi dans chacune des grandes métropoles historiques, Damas, Istanbul, le Caire…Aujourd’hui et pour la première fois dans l’histoire, il n’y a plus de Juifs sur la côte Sud de la Méditerranée, sauf en Israël bien sur.

Certes, de temps en temps, il y avait un coup de grisou comme pendant les pogromes de Damas à  la fin du XIX eme siècle, mais dans l’ensemble les choses rentraient dans l’ordre assez rapidement, les autorités Turques ou locales n’ayant que peu de patience pour les trublions.

De tout cela, il ne reste plus rien et la question est : pourquoi ?

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