France: 12 millions d’immigrés et d’enfants d’immigrés

L’immigration est un sujet polémique et complexe notamment parce qu’il porte en lui beaucoup d’idéologie.
Pendant des années, le Front National a dénoncé une immigration massive, là où les gouvernants nous expliquaient qu’il n’y avait pas plus d’immigration en France aujourd’hui qu’il y a 30 ans, 100 ans ou 500 ans.

La supercherie tenant au fait que les gouvernants mélangent les concepts « immigré » et « étranger »  pour masquer la réalité de l’immigration, ce qui permet à François de Closets de déclarer sur France 2 le 14/03/2015: « il y a très peu d’étrangers en France […] la France est fermée »

La définition pour le terme « immigré » en France est la suivante:

Un immigré est une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France. Certains immigrés ont pu devenir français, les autres restant étrangers. La qualité d’immigré est permanente : un individu continue à appartenir à la population immigrée même s’il devient français par acquisition. C’est le pays de naissance, et non la nationalité à la naissance, qui définit l’origine géographique d’un immigré.

http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/immigre.htm


Selon la définition des Nations unies, en 2010, l’immigration en France représente 7,2 millions de personnes, soit 11,1 % de sa population, dont 5,1 millions (7,8 %) nées hors de l’Union européenne. Elle se classe ainsi au sixième rang mondial pour le nombre d’immigrés, derrière les États-Unis (42,8 millions), la Russie (12,3), l’Allemagne (9,8), l’Arabie saoudite (7,3), et le Canada (7,2). Parmi les pays de l’Union européenne, elle se classe donc au second rang derrière l’Allemagne, et devance en particulier le Royaume-Uni (7 millions), l’Espagne (6,4) et l’Italie (4,8).

En 2008, selon l’Insee qui utilise une définition plus restrictive de l’immigration, les immigrés (5,3 millions) et les descendants directs d’immigrés (6,7 millions) sont au nombre de 12 millions, soit 19 % de la population (dont 5,4 millions d’origine européenne et 3,6 millions d’origine maghrébine).

La France compte proportionnellement davantage de personnes « issues de l’immigration », c’est-à-dire elles-mêmes immigrées ou dont un parent au moins est immigré, parmi les personnes âgées de 25 à 54 ans que dans les autres classes d’âges, avec 13,1 % d’immigrés et 13,5 % d’enfants d’immigrés, soit un total de 26,6 %. De ce point de vue elle devance notamment le Royaume-Uni (24,4 %), les Pays-Bas (23,5 %), la Belgique (22,8 %), l’Allemagne (21,9 %) et l’Espagne (20,2 %), mais se trouve en retrait par rapport au Luxembourg (61,9 %), à la Suisse (46,4 %) et à la Lettonie (29,2 %). Cependant cette notion est contestée par des chercheurs, comme Gérard Noiriel qui écrit en 1988 que « les jeunes “d’origine immigrée” n’existent pas ».

En 2010, 19,1 % des jeunes de moins de 18 ans en métropole sont issus de l’immigration, dont 14,9 % de l’immigration extra-européenne, soit 2,1 millions de jeunes de moins de 18 ans sur un total de 14,1 millions. En 2013, 28,2 % des nouveau-nés en métropole ont au moins un parent né à l’étranger, dont 24,7 % au moins un parent né hors de l’Union européenne.

En France, 40 % des personnes nées entre 2006 et 2008 ont au moins un parent ou grand-parent immigré, dont 27 % d’origine extra-européenne (16 % du Maghreb). Selon l’INED, en 1999, 13,5 millions de Français sont issus de l’immigration, soit 23 % de la population. Gérard Noiriel estime en 2002 qu’environ un tiers des Français ont « une ascendance étrangère » si l’on remonte aux arrière-grands-parents.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Immigration_en_France – 19/03/2015


Immigration en France

«Jusque dans les années 1970, l’immigration est surtout économique, plutôt masculine et reste principalement limitée à cinq origines (Algérie, Espagne, Italie, Maroc et Portugal), note Gérard Bouvier, chef de division au sein du département des statistiques, des études et de la documentation du Secrétariat général à l’immigration et à l’intégration. Puis, l’immigration change avec les motivations des immigrés: de plus en plus de femmes, et une immigration familiale qui signifie l’installation définitive en France, et qui favorise la constitution d’une population de descendants d’immigrés». Tandis que s’opère une diversification des origines, avec notamment une forte croissance de l’immigration d’origine africaine (hors Maghreb), turque et chinoise, la part des immigrés dans la population augmente à nouveau: elle représentait 8,4% en 2008.

«Depuis les années 2000, les flux annuels d’immigration sont un peu plus faibles en France que dans les principaux pays européens, poursuit Gérard Bouvier. Cette relative faiblesse, combinée à l’ancienneté de l’immigration, place la France un peu en deçà de la plupart de ses voisins au regard des personnes nées à l’étranger». En revanche, la France figure parmi les pays où la «deuxième génération» est la plus présente, tant en proportion (13,5% des 25-54 ans) qu’en nombre.

Dans les zones frontalières, urbanisées et industrielles

La première caractéristique de cette «deuxième génération» est sa jeunesse. Les moins de 35 ans représentent plus de 40% des descendants d’immigrés adultes, contre un quart pour les «ni immigrés, ni descendants d’immigrés».

La moyenne 2005-2010 des premiers titres de séjour délivrés à des étrangers est de l’ordre de 190 000 par an. Hormis les étudiants (environ 60.000 en 2010), il s’agit de «migration familiale» (85.000), de migrants économiques (20.000) et d’environ 10.000 réfugiés. Parmi ces 190.000 nouveaux bénéficiaires de titres de séjour, quelque 100.000 personnes -des ressortissants de «pays tiers» s’installant durablement en France- signent un Contrat d’accueil et d’intégration (CAI). Ce contrat entre l’État et le nouvel arrivant, qui propose par exemple des formations linguistiques, est très majoritairement délivré au titre de la migration familiale (73%). Moins d’un titre sur dix est accordé pour motif professionnel.

Où s’installent ces immigrés? Principalement dans les zones frontalières et les régions urbanisées et industrielles. Quelque 43% des immigrés et 32% de leurs descendants résident en Ile-de-France, alors que la population francilienne ne représente que 18% de la population totale. La part des immigrés dans la population active est également supérieure à la moyenne (entre 10 et 20%) dans les régions du Sud-Est (Paca, Languedoc-Roussillon, Corse) et en Alsace.

L’Afrique en hausse

Du milieu des années 1970 au début des années 2000, souligne l’étude de l’Insee, la part des immigrés en France est restée proche de 7,5% de la population totale. Ce chiffre, stable avant de passer à 8,4% en 2008, cache pourtant de multiples évolutions.

Entre 1975 et 2008, la part des immigrés venus de l’ensemble de l’Europe a constamment diminué, passant de 66% à 38%. Une grande partie des travailleurs venus d’Espagne, d’Italie ou du Portugal sont rentrés chez eux. Depuis 1999, on note également une diversification des pays d’origine européens: le nombre de natifs du Royaume-Uni a augmenté de 73.000, de Serbie de 51.000 et de Russie de 40.000.

L’immigration en provenance du Maghreb s’est elle aussi considérablement développée. De 554.000 en 1975, le nombre d’Algériens a augmenté de 28%, pour atteindre 710.000 en 2008. L’immigration marocaine a presque triplé depuis 1975: les Marocains constituent désormais 12% de la population immigrée. Celle des autres pays d’Afrique est plus récente. Si elle ne représente aujourd’hui qu’un huitième de la population étrangère, elle a contribué à raison d’un quart à son accroissement depuis 1999. Il s’agit principalement de Camerounais, d’Ivoiriens et de ressortissants de la République démocratique du Congo.

En ce qui concerne l’Asie, l’immigration en provenance des pays autres que Cambodge, Laos et Vietnam -dont les ressortissants étaient arrivés pour l’essentiel à la fin des années 1970- a bondi de 51% entre 1999 et 2008. L’immigration d’origine asiatique est aujourd’hui principalement d’origine turque et chinoise. Le nombre de nouveaux arrivants natifs de Chine a plus que doublé depuis 1999, pour atteindre 80.000 en 2008.

 Le poids de l’histoire

En 2008, 3,7 millions d’étrangers et 5,3 millions d’immigrés, selon la définition proposée par l’Insee dans son rapport ont été recensés en France. Quatre immigrés sur dix avaient déjà acquis la nationalité française.

L’étude porte également sur les descendants directs d’immigrés, ayant au moins un parent immigré. Fin 2008, parmi les plus de 18 ans résidant en France, 4,5 millions de personnes correspondent à cette définition. Parmi les enfants mineurs nés en France, 2,1 millions vivent dans une famille dont au moins un des parents est immigré. Au total, l’Insee estime donc à environ 6,7 millions de personnes le nombre de descendants directs d’immigrés nés en France, soit 11% de la population.

La part, dans l’Hexagone, des résidents nés à l’étranger est également d’environ 11%. Cela situe la France, comme d’autres grands pays européens (Allemagne ou Royaume-Uni), et les États-Unis, dans une position médiane. C’est bien moins que dans certains États comme l’Australie, le Canada, le Luxembourg ou encore la Suisse. Mais c’est beaucoup plus que dans bien des pays d’Amérique du Sud ou les géants asiatiques (Chine, Inde, Japon).

En Europe, les liens géographiques et historiques sont déterminants: la quasi-totalité des immigrés algériens, par exemple, se retrouvent en France, tandis que les Turcs ont choisi l’Allemagne. Le Royaume-Uni connaît un changement important: alors que ses habitants sont nombreux à être nés en Irlande, en Inde ou au Pakistan, on enregistre depuis 2004 des arrivées importantes de Polonais.

Entre 2004 et 2008, le flux annuel de personnes ayant migré pour s’installer dans un pays de l’Union européenne, qu’elles aient la nationalité d’un pays communautaire ou non, est d’environ 3,5 millions.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/10/10/01016-20121010ARTFIG00262-immigration-les-chiffres-de-l-insee.php


La France peine toujours à intégrer ses immigrés sur le marché du travail

Par Jade Grandin de l’Eprevier Mis à jour le 03/07/2015 à 06:39

En France 57% des immigrés sont en emploi contre 65% des natifs

Seuls 57 % des immigrés d’âge actif occupent un emploi contre 65 % des natifs français, alors que l’écart entre ces deux groupes n’est que d’un point en moyenne dans l’OCDE.

Pays d‘immigration, la France n’est pourtant pas exemplaire sur le sujet. «En dépit d’une longue expérience en matière d’accueil des immigrés, la situation [en France] est aujourd’hui, à certains égards, comparable à celle observée dans certains pays d’immigration récente comme l’Italie», souligne l’étude de l’OCDE publiée ce jeudi sur les indicateurs de l’intégration des immigrés 2015. En matière d’emploi comme de pauvreté, la France est parmi les plus mauvais élèves de l’Europe. Seuls 57 % des immigrés d’âge actif occupent un emploi contre 65 % des natifs français, alors que l’écart entre ces deux groupes n’est que d’un point en moyenne dans l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques qui regroupe 34 pays développés. Et lorsque 13% des ménages français vivent en situation de pauvreté relative, ce chiffre monte à 30 % pour les ménages immigrés, l’un des écarts de revenu les plus élevés de la zone OCDE. Un constat inquiétant lorsqu’on sait que plus d’un quart de la population vivant en France est issu de l’immigration (né à l’étranger ou descendant d’au moins un parent immigré), contre 16% dans l’Union européenne (UE).

Niveau d’études

Plusieurs facteurs expliquent ces mauvais résultats. Peu de migrants viennent en France pour des raisons professionnelles et beaucoup pour des raisons familiales: la majorité n’ont donc pas d’offre d’emploi à leur arrivée. Ensuite, leur niveau de qualification est plutôt faible: 43 % des immigrés d’âge actif sont peu ou pas diplômés, contre 29% dans l’OCDE. Immigré ou pas, il est toujours plus difficile de trouver un emploi lorsque l’on est moins qualifié. S’ajoutent deux effets d’âge: les immigrés sont surreprésentés aux âges très actifs, ce qui joue structurellement sur la différence de taux d’emploi moyen. Puis, «contrairement aux idées reçues, depuis quinze ans l’immigration en France est bien inférieure à la plupart des autres pays européens. Donc la population immigrée y est plutôt âgée par rapport à celle des autres pays», rappelle Thomas Liebig, administrateur principal de la division des migrations internationales à la direction de l’emploi, du travail et des affaires sociales de l’OCDE.

Investissement

La situation est particulièrement alarmante pour les «primo-arrivants», les immigrés arrivés en France il y a moins de dix ans: leur taux d’emploi est le troisième plus faible de l’OCDE derrière la Suède et les Pays-Bas. Mais quand la Suède écope de défis similaires à ceux de la France (elle accueille beaucoup de réfugiés, qui n’ont pas d’offre d’emploi et ne parlent pas suédois), elle parvient plus vite à les intégrer. «L’intégration des immigrés sur le marché travail n’est pas automatique, elle nécessite une politique de soutien», insiste Thomas Liebig. «Les pays qui ont de bons résultats investissent beaucoup, c’est le cas de la Suède ou de la Norvège qui malgré une situation défavorable forment beaucoup les primo-arrivants. Cela porte ses fruits à long terme». En France en revanche, «l’accès à la formation est plus limité pour les immigrés, alors que les natifs sont plus qualifiés donc techniquement en auraient moins besoin», observe Yves Brem, à la division des migrations internationales de l’OCDE.

Sans oublier les facteurs difficiles à mesurer: la présence de réseaux, la discrimination. Sur ce point, une originalité européenne marque: contrairement aux autres pays de l’OCDE, en France et en Europe, les enfants d’immigrés se sentent plus discriminés que les immigrés eux-mêmes. Le niveau de qualification de leurs parents – qui joue dans l’intégration finale – les pénalise, car le système éducatif était plus faible à l’époque de leurs parents.

Prise de conscience

L’OCDE souhaite que son rapport agisse comme un «wake-up call» auprès des autorités. Elle signale que ce n’est pas parce que la part des immigrés dans la population française est plus importante que le pays devrait avoir plus de mal à les intégrer. «Les défis de l’intégration n’augmentent pas avec la part des immigrés au sein de la population. Il existe rarement de lien entre cette part et les résultats des immigrés en termes d’intégration. Le cas échéant, les pays qui accueillent le plus d’immigrés en proportion de leur population sont aussi ceux où ces derniers affichent les meilleurs résultats en comparaisons internationales.»

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s