L’extrême-droite déteste Marine Le Pen

SANS FILTRE – Rivarol. Radio Courtoisie. Il faut bien que Jean-Marie Le Pen parle à ces médias – et ouvre un nouveau front de polémiques – pour que l’on se souvienne de leur existence. La dernière fois, c’était début avril et vu la crise née au Front national, ce pourrait vraiment être la dernière pour Jean-Marie Le Pen, du moins en tant que président d’honneur du parti qu’il a fondé.

Marine Le Pen n’a pas vraiment apprécié les énièmes sorties de son père. Il y avait le fond, évidemment, et la défense du maréchal Pétain. Mais il y avait aussi la forme : parler à Rivarol, un « ignoble torchon » pour reprendre les mots de la présidente frontiste, pouvait également paraître comme un affront à son égard. Pourquoi ? Parce que le journal d’extrême droite, comme Radio Courtoisie, est en guerre ouverte contre elle.

En témoignent ces attaques sans filtre, là antisémite, là homophobe, là raciste, portées par les deux dirigeants de ces médias contre l’actuelle direction du Front national et rapportées par L’Obs ce jeudi 30 avril. Attention, les propos sont d’une violence rare.

C’est Jérôme Bourbon, directeur de la rédaction de Rivarol, qui dégaine le premier, défendant Jean-Marie Le Pen avec un zèle qui n’a d’égal que la haine qu’il porte à la direction frontiste, « ces amateurs de saunas gays [qui] n’ont peur ni de l’enfer ni du sida, mais [qui] ont peur de la Shoah ». Voilà pour l’entourage de Marine Le Pen. Jérôme Bourbon décrit également la présidente du FN comme ceci :

Une virago sans cœur, sans principes et sans honneur, une multidivorcée, une illettrée. Lui donne-t-on un livre, elle le colorie ! Pour danser à moitié nue dans les ‘gays prides’, elle aurait sa place ! Mon obsession, c’est de l’éliminer politiquement, de la faire revenir au néant d’où elle n’aurait jamais dû sortir.

Pour remettre dans le contexte politique, c’est donc à quelqu’un qui veut « éliminer politiquement » Marine Le Pen que Jean-Marie Le Pen a accordé une interview début avril. Sans doute le président d’honneur du FN n’est-il pas insensible à l’admiration que lui porte Jérôme Bourbon et à sa nostalgie d’un FN historique. Le directeur de Rivarol le dit sans masquer son attrait pour d’autres figures de la droite la plus extrême :

Hitler est mort un 30 avril, Mussolini un 28 avril. Le Pen est mort politiquement en avril. Décidément, le mois d’avril ne nous porte pas chance.

Le point Godwin étant atteint, passons à Henry de Lesquen. Le président de Radio Courtoisie, qui a l’habitude de recevoir sur son antenne des politiques de tous bords, refuse d’être qualifié d’homme d’extrême droite. Les propos qu’il tient dans L’Obs sont pourtant emprunts d’une certaine idéologie.

Comme Jérôme Bourbon, Henry de Lesquen n’apprécie pas de voir des homosexuels à la direction du FN. Ce fervent catholique a pourtant des amis homos – c’est lui qui le dit – mais le ralliement de Sébastien Chenu, fondateur de GayLib, au Rassemblement Bleu Marine en décembre dernier a été la goutte d’eau (bénite) qui a fait déborder le vase. Pour lui, le FN est devenu « un lupanar pédérastique« .

La faute à Marine Le Pen et à son entourage, évidemment. Une présidente du parti « inculte » selon Henry de Lesquen, qui ajoute :

Elle s’éclate en écoutant de la musique nègre en boîte de nuit. J’ai toujours su qu’elle était une femme de gauche.

Et le directeur de Radio Courtoisie de prendre fait et cause pour Jean-Marie Le Pen, dont le sort au sein du FN sera examiné le 4 mai, en dénonçant les « réactions hystériques » des dirigeants frontistes après l’interview de Jean-Marie Le Pen dans Rivarol, symboles selon lui de « leur soumission au système ».

Et qui a accordé une interview à Radio Courtoisie le 8 avril dernier, alors que le FN se déchirait ? Le « menhir », le « patriarche » : Jean-Marie Le Pen.

La violence des propos de ces deux médias d’extrême droite n’est sans doute que l’expression de ce que certains anciens cadres du FN pensent du parti aujourd’hui.

Ainsi Roger Holeindre, membre fondateur du FN et ancien député frontiste, vise nommément dans L’Obs le vice-président du parti Florian Philippot. Là encore, sans filtre, maniant l’insulte homophobe comme s’il s’agissait d’un argument politique. Il dit :

Il [Philippot] tient le discours de Mélenchon. Et il est à Colombey toutes les semaines. Pour un mec comme moi qui a fait l’Algérie, être représenté par un pédé gaulliste, c’est quand même un peu gros.

Roger Holeindre est présenté par L’Obs comme un ami de Jean-Marie Le Pen. Mais il est également proche de Carl Lang, en guerre ouverte avec Marine Le Pen.

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