OSDH / RSDH, les organisations des « Droits de l’Homme » en Syrie

OSDH – Observatoire  Syrien des Droits de l’Homme

07/06/2012

L’OSDH (Observatoire Syrien des Droits de l’Homme) dont tiennent tellement compte les médias occidentaux pour incriminer les autorités de Syrie n’est qu’un leurre et n’est représenté que par un homme qui s’en prétend.

Le narratif syrien de l’occident se base sur “un mec dans un appartement au Royaume-Uni”

Un propagandiste de l’opposition syrienne dans un appartement en Angleterre, la seule source citée par la presse occidentale


Mais de manière incroyable, l’OSDH n’est rien de tout cela. En fait, il n’est qu’un homme seul, assis devant un ordinateur dans un appartement au Royaume-Uni, quelqu’un qui prétend recevoir des “coups de téléphone” avec des informations qui vont toujours incriminer le gouvernement syrien et toujours glorifier l’Armée Libre Syrienne (ASL). En fait, Reuters a même admis ceci dans un article intitulé : “Coventry, an unlikely home to prominent Syria activist” et concède même que cet homme, “Rami Abdulrahman” fait ouvertement partie de l’opposition syrienne qui recherche la fin du gouvernement syrien. Abdulrahman admet qu’il a quitté la Syrie il y a plus de 10 ans, qu’il a vécu en Grande-Bretagne depuis et qu’il ne retournera pas en Syrie avant que “Assad ne soit parti”.“L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme” (OSDH) a été cité par les médias occidentaux depuis plus d’un an dans pratiquement tous leurs rapports, et ce indépendamment de l’agence de presse qui relaie l’information, que ce soit l’AFP, AP, CNN, MSNBC, CBS, BBC ou tout journal important occidental. On pourrait penser que ceci devrait constituer une organisation géante avec des centaines de membres travaillant dur sur le terrain, documentant sans relâche ce qu’il se passe en Syrie avec photos et vidéos à l’appui, tout en coordonnant la diffusion de l’information avec la presse étrangère pour “observer” de manière non biaisée et “transparente” les conditions des “droits de l’Homme” en Syrie, ainsi qu’en montrant sa méthodologie pour y parvenir. Cela est certainement l’impression que veulent laisser les médias occidentaux à ses lecteurs et suiveurs.

Bien sûr, au delà de cet article unique, Reuters et ses acolytes des autres agences de presse sont certaines de ne plus jamais rappeler ces faits à leurs lecteurs.

L’opportunité de l’impropriété semble presque inévitable pour un homme qui haït ouvertement un gouvernement ciblé depuis longtemps d’un changement forcé par le pays dans lequel il réside et dont les méthodes de reportage consistent en de douteux coups de téléphone reçus, impossibles pour quiconque de vérifier ; et quand Abdulrahman ne reçoit pas de mystérieux coups de téléphone des membres de l’opposition en Syrie (comme “Syrian Danny”) ou passant ses informations plus que douteuses à la presse occidentale, il est vu entrer et sortir du ministère britannique des affaires étrangères où il a rencontré le ministre des affaires étrangères britannique William Hague, qui cherche ouvertement à retirer du pouvoir syrien Bachar Al-Assad.

Photo : De Reuters: “Rami Abdelrahman, chef de l’OSDH, quitte le bureau des affaires étrangères et du Commonwealth après avoir rencontré le ministre William Hague dans le centre de Londres le 21 Novembre 2011 REUTERS/Luke MacGregor” Abdelrahman n’est pas le “patron” de l’OSDH, il est l’OSDH à lui tout seul, bureau qu’il gère depuis son appartement en Grande-Bretagne comme dans un one man show.

Clairement, pour de vrais journalistes, Abdulrahman est un inutile, une source d’information hautement compromise qui a toutes les raisons du monde de bidouiller la réalité afin de l’adapter à son agenda politiquement motivé de renverser le gouvernement d’Al-Assad. Quoi qu’il en soit, pour un propagandiste, il est une mine d’or. C’est pourquoi, malgré les conflits d’intérêts flagrants, le manque de crédibilité, le désavantage évident d’être à 4000 km de l’action et des sujets de ses “observations”, ou le simple fait qu’un homme seul s’appelle lui-même “l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme”, les médias occidentaux continuent de nous abreuver de son torrent constant de désinformation.

Et quand les médias occidentaux se permettent de citer un personnage aussi douteux et compromis, cela veut dire que les preuves actuelles, qui fuitent immanquablement de Syrie, contredisent entièrement le narratif occidental de l’affaire, si profondément en fait, que l’occident doit construire ses “preuves” depuis le tissu du mensonge jusqu’au couturier “Abdulrahman” pour l’assembler. Tandis que le public devrait être outragé que l’establishment pense qu’il est si stupide, qu’il croira toute forme de preuve venant d’un activiste de l’opposition, qui se déguise de manière grotesque sous la forme d’une organisation réputée, qui nous dit ce qu’il se passe en Syrie par le biais de “coups de téléphone” reçus dans son très confortable appartement en Angleterre.

http://uk.reuters.com/article/2011/12/08/uk-britain-syria-idUKTRE7B71XG20111208

Coventry – an unlikely home to prominent Syria activist

With only a few hours sleep, a phone glued to his ear and another two ringing, the fast-talking director of arguably Syria‘s most high-profile human rights group is a very busy man.

« Are there clashes? How did he die? Ah, he was shot, » said Rami Abdulrahman into a phone, the talk of gunfire and death incongruous with his two bedroom terraced home in Coventry, from where he runs the Syrian Observatory for Human Rights.

When he isn’t fielding calls from international media, Abdulrahman is a few minutes down the road at his clothes shop, which he runs with his wife.

Cited by virtually every major news outlet since an uprising against the iron rule of Syrian President Bashar al-Assad began in March, the observatory has been a key source of news on the events in Syria.

Most foreign media have been banned from reporting in Syria.

« The calls come 24 hours a day, you’ve seen how many I’ve had in the last hour, » Abdulrahman, 40, told Reuters as he answered reporters’ calls, as well as calls from his network of sources in Syria.

« My job, my clothing business, my nerves have all been affected due to the pressure. Some nights I only get three hours sleep, » he said.

Surrounded by the trappings of family life — a glitter-spangled card made by his young daughter, a monkey doll with « Best Dad » on its belly — Abdulrahman sits with a laptop and phones and pieces together accounts of conflict and rights abuses before uploading news to the internet.

INFILTRATION ATTEMPTS

After three short spells in prison in Syria for pro-democracy activism, Abdulrahman came to Britain in 2000 fearing a longer, fourth jail term.

« I came to Britain the day Hafez al-Assad died, and I’ll return when Bashar al-Assad goes, » Abdulrahman said, referring to Bashar’s father and predecessor Hafez, also an autocrat.

What began nearly nine months ago as a peaceful protest movement against Assad, inspired by the Arab Spring in Tunisia and Egypt, has slid closer to civil war as armed opposition groups organise and protect city districts.

According to the observatory’s latest figures, 3,441 civilians and 1,280 security forces have been killed. The United Nations says at least 4,000 people have died, with about a quarter of the dead from the security forces.

Video footage and witness accounts tell of Syrian security forces opening fire on unarmed protesters, mass arrests and the torture of people in prison, some to death.

Assad, who is under growing international pressure, including the threat of sanctions from the Arab League, on Wednesday denied ordering his troops to kill peaceful demonstrators.

With infiltration attempts by Syrian agents, misinformation from rival opposition groups, threats from Assad supporters and even pressure from pro-Assad members of his own family, Abdulrahman’s mission to document the violence is no easy task.

« We want accuracy and transparency in the news, » he said.

« We have had many infiltration attempts by the Syrian intelligence services, but we don’t put any news out until we are 100 percent certain about our source. If the source is new, we have to verify the information with other sources, » he added.

His sources, some cultivated over many years, risk their lives to investigate incidents and call him with information.

Six have already been killed, Abdulrahman said, but despite the danger the observatory’s network of contacts has expanded to more than 200 people from 54 since the uprising began, he said.

THREATS

Abdulrahman, a Sunni Muslim, is acutely sensitive that his reports are seen as free from bias, given accusations against him of sectarianism, of being in the pay of foreign agents or of being swayed or infiltrated by Assad’s security services.

Sunnis are the majority in Syria, but the country has long been dominated by Assad’s Alawite minority sect.

« I have Alawites phoning and complaining, Sunnis phoning and complaining. I’m between two fires. But it shows I’m being neutral if both sides complain, » he said, insisting he accepts no funding and runs the observatory on a voluntary basis.

Members of Abdulrahman’s wife’s family have been arrested and beaten, he said, while he receives threatening text messages. Some of Abdulrahman’s family refuse to speak to him, supporting Assad out of what he said was fear or ignorance.

One of his brothers has pictures of news outlets, which have featured negative coverage of Assad, on his floor to walk on in a sign of disprespect, Abdulrahman said, laughing.

« No matter the huge pressure or the difficulties, we have democracy ahead of us. »

(Reporting by Mohammed Abbas Editing by Maria Golovnina)


RSDH – Réseau Syrien des Droits de l’Homme

17 septembre 2015

Article en PDF : Enregistrer au format PDF
« La première victime de la guerre, c’est la vérité », aurait affirmé Rudyard Kipling. Un constat particulièrement vrai dans le cas tragique de la Syrie. Je propose dans cet article de déconstruire la validité d’une série de graphiques abondamment relayés dans les médias occidentaux ces derniers jours et qui tendraient à prouver le caractère unilatéralement criminel de l’action de Bachar Al-Assad dans la guerre civile.

Le 13 septembre dernier, mon attention a été attirée par un tweet de Kenneth Roth, Directeur exécutif de Human Rights Watch, diffusant un graphique affirmant que seulement 6% des opérations de Bachar Al-Assad étaient dirigées contre Daesh. L’illustration n’étant accompagnée d’aucune source, j’ai demandé à connaître les origines de cette information, rappelant le soutien précoce de la population syrienne à Assad, comme l’avait révélé un sondage qatari dans le Gulf Times en décembre 2012.

Kenneth Roth n’a pas daigné répondre à mon message, mais un certain « Abdul » (@al_7aleem), sous pseudo donc, a repris le flambeau reproduisant une autre infographie, toujours à charge d’Assad, affirmant que « 95,4% des civils tués en Syrie » l’ont été par le régime (1) . Pressé par la nécessité de dévoiler ses sources, il affirme que les données viennent d’une « organisation de droits de l’homme basée en Syrie » et qu’elles ont été compilées par le « Syrian Network for Human Rights ».

Ce « réseau syrien » ne serait, selon Abdul, « pas financé par des gouvernements étrangers » et « imposerait des mesures strictes de validation ». Il est important de noter ici que des quotidiens aussi prestigieux que Le Monde ont repris ces graphiques, comme en témoigne un article sous la plume de Maxime Vaudano, paru le 8 septembre dernier, avec un titre non équivoque reprenant les conclusions du SNHR sans les questionner : « En Syrie, qui de l’EI ou du régime de Bachar Al-Assad a fait le plus de victimes ? » (2). À noter également que le site Internet du SNHR a une rubrique reprenant les différents médias qui le citent (3).

Comme nous allons le voir, ces affirmations sont des mensonges éhontés. Intéressons-nous au fameux « Réseau syrien des Droits de l’Homme ». Sur sa page de présentation, il se présente comme une organisation « indépendante » qui enquête sur « les violations commises par toutes les parties » dans le conflit syrien depuis 2011. Cette organisation, comme l’est l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme aujourd’hui largement discrédité (4) , est enregistrée au Royaume-Uni – une information, qui en soi, n’est pas neutre. Cependant, elle affirme s’appuyer sur « des dizaines de chercheurs et d’activistes » en Syrie. Le problème majeur de cette page d’information ? Rien n’est dit sur ses financements. Or l’on sait d’une part qu’un tel travail nécessite des fonds importants et on sait par ailleurs que personne n’est assez fou pour financer une organisation qui agit contre ses propres intérêts. Ainsi, trouver qui finance le SNHR permet de comprendre quels sont les intérêts de cette organisation. Comme je le disais plus haut, le SNHR se garde bien de préciser qui sont ses bailleurs de fonds. En revanche, le site Internet nous apprend que ce « réseau syrien » est membre du ICRtoP (International Coalition for the Responsability to Protect), comme le montre la capture d’écran qui suit :

Cette « coalition internationale » fait référence à une norme stipulant la « responsabilité de protéger » et servant à justifier l’ingérence militaire dans des pays étrangers. Elle a été gravée dans le marbre avec le document final du sommet mondial des Nations unies de 2005. En soi, ce principe est très contestable car, selon les forces en présence et les intérêts des différents acteurs, il autorise d’attaquer un pays tiers. En cela, il s’oppose au droit international et au principe de non-ingérence qui impose le « respect de la souveraineté politique d’un État par la non-intervention dans ses affaires intérieures » (5). Le ICRtoP n’est pas non plus très explicite quant à ses financements. Mais, comme pour le SNHR, il est possible de remonter à une organisation « parent » grâce au site Internet. En effet, la correspondance pour le ICRtoP doit être adressée au « World Federalist Movement – Institute for Global policy », comme on peut le voir ci-dessous :

Le « World Federalist Movement – Institute for Global Policy » est en revanche plus loquace que les deux précédentes organisations-écrans en ce qui concerne ses financements. Sur sa page « about us – our funders », une liste exhaustive des bailleurs de fonds nous apprend combien les organisations que le mouvement finance sont « indépendantes » et « non gouvernementales ». Jugez-en par vous-mêmes (6) :

Une enquête détaillée de chacun des financements serait sans doute très éclairante, mais ce n’est pas l’objet de cet article. Que voyons-nous ? D’abord que de très nombreux gouvernements, contrairement à ce qu’Abdul avait pu affirmer, financent le SNHR, via le ICRtoP et le World Federalist Movement. Dire que cette organisation n’est pas financée par des fonds gouvernementaux est donc un mensonge patent. Il est intéressant d’ailleurs de constater que parmi ces gouvernements (dont l’Union européenne elle-même), tous sont dans le camp « occidental ». On ne trouve pas, par exemple, de financement russe ou vénézuélien. Ainsi, l’ensemble des bailleurs de fonds rend compte d’une uniformité idéologique évidente. Or, rappelons-le : personne ne souhaite financer une organisation allant contre ses intérêts.

Les gouvernements ne sont pas les seules sources de financement du World Federalist Movement (ni sans doute les plus grosses, bien que les chiffres ne soient pas avancés). En première position, on retrouve la Fondation Ford et, un peu plus loin, l’Open Society Foundations du spéculateur milliardaire étasunien, né en Hongrie, George Soros. Se présentant comme un philanthrope, le trader Soros s’était fait connaître en 1992 en dirigeant une attaque spéculative contre la Livre Sterling, laquelle plongea l’Angleterre dans la récession, avec d’épouvantables conséquences sociales. L’année suivante, Soros fonde l’Open Society Institute qui, comme le rappelle pour nous Bruno Drweski, « soutient à la fois la libéralisation des économies et le morcellement du tissu social par une politique favorisant, sous prétexte de tolérance, l’émergence d’identités culturelles, ethniques, religieuses, morales juxtaposées et opposables les unes aux autres ». Très lié au groupe Carlyle et au complexe militaro-industriel, « Soros coopère et co-finance des initiatives lancées par des organismes comme Human Rights Watch, Freedom House, National Endowment for Democracy. »

Nombreuses sont donc les sources qui dénoncent combien ces organisations liées au Département d’État étasunien, ont participé à la déstabilisation de plusieurs pays dans le monde en formant et en finançant les oppositions (7) , au mépris total du droit de non-ingérence (8). On est donc loin, très loin, d’organismes « indépendants » dont l’objectif serait d’apporter une information rendant compte des violations commises par toutes les parties en présence.

Et qu’en est-il des deux protagonistes qui ont relayé ces informations sur Twitter ? Kenneth Roth, comme expliqué en début d’article, est précisément le Directeur de Human Rights Watch, une organisation elle aussi financée par George Soros (9) . Tandis qu’Abdul est l’animateur d’un blog cherchant à « discréditer les médias assadistes » (10) .

L’iconographie utilisée sur son blog et, en particulier, l’image d’un poing levé n’est pas innocente. Illustrant initialement le mouvement serbe Otpor ! (dont George Soros fut, une nouvelle fois, un des bailleurs de fonds), l’image a été ensuite utilisée pendant les révoltes arabes par des jeunes activistes dont l’auteur Ahmed Bensaada a montré dans son livre Arabesque américaine (11) qu’ils étaient formés et financés par différents organismes proches de la CIA. Ainsi, le militant sur Twitter @al_7aleem est lui aussi lié aux intérêts étasuniens ou, en tout cas, se réclame de cette filiation.

L’armée et les renseignements syriens ont commis des exactions et en commettent certainement encore. Il n’y pas de guerre « propre ». Cependant, les graphiques mensongers plébiscités par la presse occidentale tendent à faire du camp syrien le principal responsable des massacres. Ainsi, l’appui de l’Otan et de ses alliés aux groupes fanatiques et la confiscation précoce du mouvement populaire sont occultés. Comme est occulté le fait qu’en Syrie, à l’instar de la Libye, l’objectif n’était pas, selon les termes de l’Open Society Foundations, de « renforcer la loi, le respect des Droits de l’Homme, des minorités, la diversité des opinions et les gouvernements démocratiquement élus » mais, au contraire, de semer le chaos.

Source : Investig’Action

Notes : 1. L’ensemble de la conversation est accessible sur twitter, @manuwath.

2. http://www.lemonde.fr/les-decodeurs…

3. http://sn4hr.org/blog/category/inmedia/

4. Même Atlantico.fr souligne « l’indiscutable subjectivité » de cet « observatoire :http://sn4hr.org/blog/category/inmedia/

5. http://www.larousse.fr/dictionnaire…

6. http://www.wfm-igp.org/content/our-…

7. http://www.michelcollon.info/Des-mi…

8. Pour plus d’informations à ce sujet, Investig’Action a publié de nombreux articles qu’une recherche sur « Soros » permet de retrouver en partie : http://www.michelcollon.info/spip.p…

9. https://www.hrw.org/news/2010/09/07…

10. http://the-assad-debunkation.tumblr.com/

11. Un livre dont Investig’Action publiera dans les jours qui viennent une nouvelle édition augmentée.


 

http://lesakerfrancophone.net/reporter-en-chambre-ici-londres/

Reporter en chambre…
Ici Londres


L’Observatoire syrien des droits de l’homme n’est qu’un grossier outil de propagande de la presse occidentale.

2015-12-13_12h26_02
L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme.Un seul homme, immigré, chez lui, en Grande-Bretagne

Par Steven MacMillan – Le 12 décembre 2015 – N.E.O.

Depuis que la Russie a débuté ses opérations militaires en Syrie contre les forces terroristes travaillant pour le compte de l’Otan et des pays du Golfe, de douteux comptes rendus sont apparus dans les médias occidentaux prétendant que la Russie a ciblé et tué des civils. Pourtant la majorité de ces organes de presse qui sont apparemment le must du journalisme en Occident publient des articles qui ne sont basés que sur une ou deux sources assez discutables.

Ni photographies, ni vidéos ou autres preuves ne sont fournies dans la majorité de ces articles. La presstituée est si paresseuse de nos jours qu’elle ne s’embête même plus à fabriquer de fausses preuves. Elle se contente de citer un blog déniché au hasard sur Twitter, cite quelques politiciens occidentaux prêts à destituer Assad et essaye de faire passer cela pour de l’information professionnelle. Les médias grand public occidentaux tombent de plus en plus bas.

L’une de ces fumeuses organisations auxquelles se fient les médias occidentaux pour le conflit syrien est l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Comme Tony Cartalucci le faisait judicieusement remarquer en 2012 dans son article La narrative syrienne repose sur un gars logé à Londres, les médias occidentaux font croire que l’OSDH est un groupe impartial et hautement professionnel basé en Syrie :

«On pourrait croire que c’est une vaste organisation, avec des centaines de membres travaillant dur sur le terrain, regroupant des preuves sur la Syrie à l’aide de photos et de vidéos, tout en se coordonnant avec la presse de manière transparente quant à leur méthodologie, pour observer objectivement la situation des droits de l’homme en Syrie. C’est en tous les cas l’idée que les journaux occidentaux essayent de faire croire à leurs lecteurs.»

Bien sûr, la réalité de cette soi-disant organisation est totalement à l’inverse de ce que les médias essayent de nous faire croire. L’OSDH a été crée en 2006 par l’énigmatique Rami Abdulrahman (aussi appelé Abdurrahman, mais son vrai nom est Ossama Suleiman) ; il est le directeur et employé de ce groupe comptant un unique membre, et même le New York Times l’a admis en 2013 dans un article où il est dit que l’OSDH est virtuellement un groupe d’une personne.

Il se repose apparemment sur quatre inconnus résidant en Syrie travaillant eux-mêmes avec 200 informateurs tout aussi inconnus. Visiblement, le problème majeur avec ces informateurs inconnus est leur anonymat, ce qui veut dire que les médias n’ont absolument aucune idée de qui ils sont, voir même s’ils existent. Sont-ils des membres actifs d’EI ou d’Al Nusra ? Travaillent-ils pour le MI6 ou la CIA ? Ou alors c’est son petit doigt qui lui fait cadeau d’informations ? Bref, aucun moyen de vérifier si les informateurs d’Abdulrahman sont authentiques, fiables ou objectifs.

De plus, Abdulrahman n’est lui même pas impartial car il est fermement opposé au gouvernement syrien. Il a dit à Reuters en 2012 qu’il ne retournerait en Syrie que quand Assad sera parti. (Il faut aussi remarquer que lorsqu’il vivait encore en Syrie, Abdulrahman est présumé avoir passé trois brefs séjours en prison pour ce que Reuters a dénommé de l’activisme pro-démocratie.)

En 2011, CNN a monté la rencontre entre l’ancien ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague, et Abdulrahman en tant que représentant de l’opposition syrienne, à Londres ou ils ont été pris en photo devant le ministère. L’OSDH a visiblement un objectif politique et on ne devrait donc pas compter sur lui pour faire des rapports impartiaux sur la situation en Syrie.

Ensuite, Abdulrahman a quitté la Syrie en 2000 et vit depuis à Coventry en Angleterre. On pourrait penser que l’OSDH est basée en Syrie, vu que l’organisation est supposée observer la situation seulement en Syrie.

Enfin, le décompte fait par l’OSDH des victimes pour certaines périodes ne correspond pas avec d’autres décomptes établis par d’autres spécialistes dans le monde.

Une propagande évidente

De nombreuses accusations portées par la presse occidentale contre le gouvernement russe qui aurait tué des civils se basent uniquement sur cette source biaisée et non professionnelle. L’International Business Times a publié un article, le 21 octobre, intituléLa Russie en Syrie, 370 civils tués par des frappes russes dit l’OSDH. L’IBT ne fournit aucune autre source pour conforter ces accusations et fait à peine référence à l’OSDH.

Le 20 novembre 2015, l’OSDH publie un rapport qui prétend que les forces aériennes russes ont tué 403 civils en Syrie, dont 166 femmes et enfants. Ce rapport ne contient aucune preuve soutenant cette affirmation, littéralement pas l’ombre d’une preuve. Mais cela n’empêche absolument pas les médias occidentaux de faire référence à ce rapport comme preuve de victimes civiles.

The Independent a publié un article le 23 novembre avec ce titre à sensation : Les frappes aériennes russes en Syrie ont tué 97 enfants selon un groupe d’observation. The Independentne cite que le rapport de l’OSDH, qui ne fournit aucune preuve, pour renforcer cette accusation et pourtant cela continue à passer pour du journalisme en Occident – Quelle farce ! The Independent n’est pourtant pas un tabloïd, il devrait être un peu plus respectable que The Sun.

D’autres centres de presse comme Reuters, Yahoo News et le New York Times ont publié des articles faisant référence à ces 403 civils du rapport de l’OSDH.

La porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova, a dénoncé l’OSDH en octobre dernier quand elle répondait aux accusations qui circulaient largement dans la presse occidentale affirmamnt que la Russie avait bombardé un hôpital dans le nord de la Syrie, tuant 13 personnes.

Zakharova a déclaré :

«Cette information est basée sur des dires de l’OSDH basé à Londres. De ce que nous pouvons en comprendre, il est très pratique d’observer ce qui se passe en Syrie sans quitter Londres et sans possibilité de collecter les informations sur le terrain.»

Il est évident, pour tous ceux qui valorisent l’honnêteté intellectuelle et le vrai journalisme, que l’OSDH est une plaisanterie car elle est l’antithèse de la source fiable et impartiale. Par contre, pour les médias occidentaux, un nom sonnant aussi bien devient un outil bien utile pour répandre la propagande de guerre et la désinformation parmi ses lecteurs ignorants.

Steven MacMillan est écrivain, chercheur, analyste géopolitique indépendant et rédacteur en chef de  The Analyst Report, notamment pour le magazine en ligne New Eastern Outlook


 

http://journal-neo.org/2015/12/12/the-syrian-observatory-for-human-rights-is-a-tool-of-western-propaganda/

http://www.washingtonsblog.com/2015/09/polls-show-syrians-overwhelmingly-blame-u-s-for-isis.html

 

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