L’utilisation de gaz sarin en Syrie? Encore un montage pour agresser un pays souverain…

05 juin 2013 – Le journal « Le Monde » a ramené « les preuves ». Bachar-el-Assad est coupable.

Syrie : comment les échantillons de gaz sarin ont été rapportés
Des rebelles syriens, le 13 avril, dans le quartier de Jobar, à Damas.

Les échantillons que les envoyés spéciaux du Monde ont recueillis en Syrie et acheminés à l’extérieur du pays font partie des deux lots, analysés par le centre de recherche du Bouchet, qui ont permis à Paris d’annoncer, mardi 4 juin, par la voix du ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, que « la France a désormais la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée ».

Les échantillons du Monde proviennent pour l’essentiel de la même zone : Jobar, un quartier du nord-est de Damas investi par les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) début février, et dans lequel nous sommes arrivés le 2 avril. Quelques jours plus tard, les premières attaques avec un gaz inconnu y avaient lieu, avant de se multiplier pendant une semaine environ.

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/06/05/la-france-confirme-deux-cas-d-utilisation-de-gaz-sarin-en-syrie_3424378_3210.html

31 août 2013 – Hollande et Obama prêts à attaquer la Syrie

François Hollande a réaffirmé vendredi sa volonté d'agir militairement en Syrie au côté des Américains en dépit du "non" britannique à une éventuelle intervention, qui place désormais la France en position inédite d'allié principal des Etats-Unis.

Les Rafale étaient prêts à décoller, les cibles choisies et les communiqués déjà rédigés. Mais au tout dernier moment, François Hollande a dû annuler l’opération…

« Les frappes sont pour ce soir. » Le samedi 31 août, au matin, les plus hauts responsables français, civils et militaires, sont convaincus que le président de la République va déclencher le bombardement punitif de la Syrie la nuit suivante. Plus étonnant encore : François Hollande lui-même le croit aussi. Et cette incroyable méprise va durer jusqu’à la fin de l’après-midi. Entre-temps, pendant une dizaine d’heures, la machine de l’Etat aura été mise en branle pour effectuer ces frappes franco-américaines, les « vendre » à l’opinion et en gérer les conséquences diplomatiques.

http://tempsreel.nouvelobs.com/guerre-en-syrie/20130927.OBS8824/exclusif-comment-hollande-avait-prevu-de-frapper-la-syrie.html

1er septembre 2013 – Obama et Hollande « ont des preuves » de l’utilisation du gaz sarin par Bachar-El-Assad

Avant même les conclusions de l’ONU, Paris et Washington s’apprêtent à dégainer leurs preuves. Des annonces effectuées le même jour de part et d’autre de l’Atlantique. Oui, il y a bien eu utilisation d’armes chimiques en Syrie et oui le régime de Damas est coupable, affirment-ils de concert. Face aux doutes persistant des deux côtés de l’Atlantique, Barack Obama et François Hollande doivent convaincre qu’une intervention militaire punitive est justifiée pour arracher l’accord, si ce n’est de l’opinion, du moins des parlementaires…

Paris va déclassifier ses documents secrets

Dans le même temps, du côté de l’Hexagone, le gouvernement français annonce également dimanche qu’il va déclassifier prochainement des documents secret-défense sur l’arsenal d’armes chimiques constitué depuis des années par la Syrie. Une coïncidence avec l’initiative américaine qui ne semble pas liée au hasard.

Une récente note des services de renseignement français, dont le contenu est dévoilé par le Journal du Dimanche, fait état notamment de « plusieurs centaines de tonnes d’ypérite » et « gaz sarin » détenus par le régime, soit un stock total dépassant les 1000 tonnes d’agents chimiques. »Les citations de la note sont exactes », a précisé une source gouvernementale à Paris.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/syrie-les-etats-unis-et-la-france-tentent-de-legitimer-une-intervention-militaire_1277801.html

2 septembre 2013 – Obama stoppe tout, laissant Hollande seul

Après la volte-face d’Obama qui demande l’accord du Congrès avant d’agir en Syrie, le président Hollande se retrouve « piégé sur le front interne et isolé sur le front extérieur » soulignent la majorité des titres ce lundi matin.

« À force de jouer les va-t-en-guerre pour se refaire une virginité dans les sondages, François Hollande a pris un gros risque. Celui de se retrouver tout seul face au tyran syrien » reconnaît Yann Marec dans Midi Libre.

Le président Hollande lâché par Obama est de plus en plus seul, face à une majorité de Français hostiles à une intervention et les autres puissances qui demandent l’aval de leurs assemblées.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/syrie-hollande-le-va-t-en-guerre-seul-et-piege-selon-la-presse_1277838.html

19 février 2014 – 18 mois plus tard. Selon le MIT, Obama et Hollande ont menti

Une étude du prestigieux MIT affirme que le massacre chimique d’août 2013 a été perpétré depuis une zone rebelle, contredisant les affirmations occidentales.
Richard Lloyd and Theodore Postol | Photo courtesy of The Marke News
Richard Lloyd and Theodore Postol | Photo courtesy of The Marke News

Rédigé par Richard Lloyd, ancien inspecteur de l’ONU spécialiste des missiles, et Theodore Postol, professeur au MIT, le document de 23 pages affirme que les attaques chimiques ont tout simplement été lancées depuis une zone tenue par les rebelles syriens. Pour étayer leurs propos, les deux experts américains ont étudié des « centaines » de photos et des vidéos d’ogive, de restes de roquettes, d’impacts sur le sol, et de barils contenant le gaz sarin, publiées sur Internet.

Approximations américaines

« Ces sources proviennent d’Internet, mais nous nous sommes ensuite livrés à une analyse physique interne qui nous a permis d’établir le volume de gaz sarin utilisé, la portée des missiles, leur direction ainsi que l’endroit d’où ils ont été tirés », explique le Docteur George Stejic, directeur des laboratoires Tesla, qui emploient Richard Lloyd. Première conclusion, « contrairement aux dires du rapport américain, les impacts ont été confinés à une zone bien plus réduite du nord de la Ghouta », affirme le chercheur.

Seconde conclusion, sûrement la plus importante, les roquettes tirées avaient toutes les caractéristiques de missiles de type Grad, de courte portée, sur lesquels étaient fixés les barils de gaz. « Après l’étude du poids des barils, de la géométrie des têtes et des caractéristiques des lanceurs, nous avons conclu à une portée de 2 kilomètres », souligne le chercheur. Une conclusion que François Géré, directeur de l’Institut français d’analyse stratégique (Ifas), juge « crédible », d’autant plus qu’elle est évoquée par le rapport final de l’ONU sur l’attaque de la Ghouta.

Une « bonne estimation » (ONU)

« Le missile Grad est connu comme étant une arme bas de gamme, possédant une portée de 2 à 5 kilomètres avec des armes conventionnelles, et dont l’imprécision est assez importante, ce qui expliquerait les nombreuses pertes civiles de la Ghouta », affirme le chercheur. Les deux kilomètres de portée, avancés par le rapport du MIT, ont été jugés comme une « bonne estimation » par Ake Sellström, l’inspecteur en chef de l’ONU en Syrie, après la remise du rapport de l’ONU en décembre dernier.

Ce chiffre est capital. Car il remet totalement en question le rapport américain, sur lequel s’est basé le 30 août le secrétaire d’État John Kerry, qui affirme que les roquettes ont été tirées depuis le « coeur » du territoire contrôlé par le régime à Damas. « C’est tout simplement impossible, affirme le Docteur George Stejic, la position la plus proche du régime se trouvant à quelque 10 kilomètres des impacts. »

http://www.lepoint.fr/monde/attaque-chimique-en-syrie-le-rapport-qui-derange-19-02-2014-1793755_24.php

Mais tout ça, on le savait déjà depuis longtemps, un petit retour en arrière…


6 mai 2013 – les rebelles syriens ont utilisé du gaz sarin, selon Carla Del Ponte

Des rebelles syriens à Damas, le 5 mai.

Des enquêteurs des Nations unies ont réuni des témoignages selon lesquels des insurgés syriens se sont servis de gaz sarin, un agent neurotoxique interdit par le droit international, a déclaré dimanche 5 mai la magistrate suisse Carla Del Ponte. Interrogée par la télévision helvète, la membre de la commission d’enquête indépendante de l’ONU sur les violences en Syrie a précisé que les investigations menées jusque-là ne permettaient pas de conclure que les forces gouvernementales syriennes avaient elles aussi employé des armes chimiques.

« Selon les témoignages que nous avons recueillis, les rebelles ont utilisé des armes chimiques, faisant usage de gaz sarin », a déclaré Mme Del Ponte, qui est également l’ancienne procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. « Nos enquêtes devront encore être approfondies, vérifiées et confirmées à travers de nouveaux témoignages, mais selon ce que nous avons pu établir jusqu’à présent, pour le moment ce sont les opposants au régime qui ont utilisé le gaz sarin », a-t-elle ajouté. La magistrate n’a pas donné de détails sur les circonstances dans lesquelles le neurotoxique aurait été employé et a expliqué que les recherches de la commission d’enquête de l’ONU, qui doit présenter ses observations aux prochaines sessions du Conseil des droits de l’homme de l’ONU en juin, étaient loin d’être terminées.

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/05/06/les-rebelles-syriens-ont-utilise-du-gaz-sarin-selon-carla-del-ponte_3171289_3218.html

1er juin 2013 – Mais Carla Del Ponte est obligée de revenir sur ses propos…

En retrait par rapport à ses déclarations du 5 mai désignant les rebelles comme les auteurs d’attaques chimiques, la Suissesse Carla Del Ponte attend désormais que « des experts disent par qui, quand et comment, ces armes ont été utilisées » et confiait que « d’expérience, dans un conflit, des crimes sont commis par tous les camps ».

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Carla-Del-Ponte-plus-prudente-sur-les-armes-chimiques-en-Syrie/story/11520053

28 mai 2013 – La police turque arrête des islamistes avec 2kg de gaz sarin

Du gaz sarin à destination de la Syrie dans les mains de membres d’Al Nosra

Selon Zaman, un quotidien pro-gouvernemental turc, la Direction générale de la Sécurité (Emniyet Genel Müdürlügü) a mené des arrestations à Adana et Mersia mardi (28 Mai 2013), contre des membres de l’organisation Jabhat Al Nosra.

Après avoir saisi plusieurs plans d’attentats, les unités antiterroristes de la police turque ont arrêté 12 personnes membres de l’organisation à Adana et Mersia (Sud de la Turquie) et découvert 2kg de gaz sarin au cours des perquisitions.

La police après avoir reçu des informations selon lesquelles un véhicule chargé d’explosifs était entré dans la ville d’Adana, a procédé à des contrôles routiers à divers points d’accès vers la ville, afin d’arrêter des suspects en fuite à bord de fourgons suspects.

Au cours de leur interrogatoire, les individus auraient avoué vouloir acheminer le gaz sarin vers les zones de combat en Syrie.

La police enquête actuellement sur les pistes qui ont permis aux terroristes de se procurer cette arme chimique.

http://www.zaman.com.tr/gundem_adanada-el-kaide-operasyonu-12-gozalti_2094730.html

http://www.radikal.com.tr/turkiye/sarin_gazi_sonrasi_3_supheli_arac_alarmi-1135662

20 janvier 2015 – Bidonnage, les journalistes du Monde ont été les supplétifs des services secrets français

Juin 2013, Paris affirme détenir la preuve que les forces de Bachar Al-Assad ont utilisé du gaz sarin contre les civils syriens. Deux envoyés spéciaux du « Monde » déclarent avoir rapporté des échantillons recueillis sur le terrain. Dans leur livre « Les Chemins de Damas », les journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot avancent la thèse d’une manipulation des services français.

Nous sommes au tout début du mois de juin 2013. Un journaliste du quotidien « Le Monde », Jean-Philippe Rémy et un photographe, Laurent Van der Stockt, font la Une de tous les médias français. Ils seraient sur le point de regagner la France depuis la Syrie avec dans leurs bagages la preuve que les forces de Bachar Al-Assad ont gazé des civils.

L’épisode reste, juqu’à aujourd’hui, gravé dans les mémoires tant il a failli précipiter une guerre occidentale en Syrie. Paris et Londres, encore plus va-t-en guerre que Washington, se lancent alors dans une rhétorique guerrière et plaident pour une intervention militaire. Finalement l’emballement médiatique s’arrêtera là. Refroidis par leurs opinions publiques et le rechignement de la Maison Blanche, les occidentaux renoncent à leurs projet.

Affaire classée

L’affaire est alors enterrée. Pourtant, à la lecture du dernier ouvrage des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot, on s’étonne du peu de bruit de leurs révélations. Dans leur excellent livre « Les Chemins de Damas » (Robert Laffont), ils livrent une tout autre version que celle de Jean-Philippe Rémy (Voir ICI son récit). Ce dernier avait en effet affirmé avoir proposé de son propre chef de transporter les échantillons. Mais selon Chesnot et Malbrunot qui citent une source au ministère français des Affaires étrangères, « c’est un médecin syrien proche des services français qui a dit aux deux journalistes : « Prenez ces échantillons et remettez-les à l’ambassade de France à Amman ». La DGSE a également aidé les journalistes du Monde à sortir de Syrie, et quand ils sont arrivés de l’autre côté de la frontière en Jordanie, ils ont brandi les échantillons. La vraie histoire, selon Chesnot et Malbrunot, serait donc la suivante: il s’agissait d’un matériel dont on ignore la véritable origine, matériel qui appartient aux services, alors que ces derniers ont chargé les journalistes d’en assurer le transport, donc utilisés comme des « mules. »

http://mondafrique.com/lire/decryptages/2015/01/29/gaz-sarin-en-syrie-les-reporters-du-journal-le-monde-ont-servi-de-mules

http://www.lrb.co.uk/v35/n24/seymour-m-hersh/whose-sarin (en anglais)

La morale de cette histoire ?

10 septembre 2013 – Face au « bellicisme » de Washington, Moscou se pose en « pacifiste »

En maintenant le statu quo en Syrie, la Russie marque des points tandis Poutine améliore son image personnelle.

De fait, face au « bellicisme » de Washington, Moscou se pose en « pacifiste » et en alternative aux solutions américaines. Un discours applaudi à l’intérieur de ses frontières, au point que des activistes russes des droits de l’homme, d’ordinaire farouchement opposés à Poutine, ont récemment publié une lettre ouverte de soutien à la politique syrienne du Kremlin.

Même l’Express est obligé de le reconnaître dans un article qui nous livre pourtant un condensé de bêtise médiatique atlantiste…

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/syrie-poutine-le-coup-de-poker-de-m-niet_1280210.html

Les Chemins de Damas - Couv

http://www.les-crises.fr/les-chemins-de-damas-comment-lelysee-a-manipule-les-rapports-sur-les-armes-chimiques/

Les Chemins de Damas - 01

Les Chemins de Damas - 02

Les Chemins de Damas - 03

L’Occident s’oppose à ce que le mandat du mécanisme de l’OIAC s’étende à l’Irak: http://fr.sputniknews.com/international/20160105/1020757663/oiac-sarin-syrie-irak-occident.html

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