Macédoine

Tentative de déstabilisation US de la Macédoine

http://www.nationspresse.info/mondialisme/atlantisme/tentative-de-destabilisation-us-de-la-macedoine

UCK US

Alors que l’on vient d’apprendre que l’avion du Premier ministre macédonien vient de faire un atterrissage d’urgence à Zürich, il est utile de rappeler que la Macédoine est victime d’une opération de déstabilisation à grande échelle depuis plusieurs semaines. D’un côté, les bandes armées islamo-mafieuses et ballistes (extrémistes de droite) de l’UCK et de ses dérivés cherchent à la fois à sécuriser leurs corridors de narcotrafiquants, à conquérir le pouvoir et rattacher la Macédoine à la « Grande Albanie » comme au Kosovo. De l’autre, les USA entendent bien refaire le coup de Maïdan qu’ils ont réussi à Kiev pour empêcher ce pays de basculer dans le camp russe, alors qu’un projet de gazoduc russe est en cours et contre les intérêts de grosses firmes US en Europe du Sud-Est.

En raison d’un sabotage délibéré du projet de gazoduc South Stream par l’Union européenne, sous pression américaine, la Russie a modifié son plan : faire arriver le gaz en Grèce en passant par la Macédoine. Aussi, Washington a immédiatement réagi et a lancé un processus de déstabilisation de la Macédoine. Conduit par des terroristes de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) et d’autres acteurs des « révolutions de couleur », cette opération noire (Covert Action) se déroule sous la supervision de la sous-secrétaire d’État américaine pour les Affaires européennes et l’Eurasie, Victoria Nuland. La même qui avait supervisé le putsch de Kiev en janvier-février 2014.
Cette opération de déstabilisation vise à la fois à mettre la main définitivement sur l’ensemble des Balkans, et à saboter le gazoduc « Turkish Stream », qui doit transporter du gaz russe vers la Turquie puis en Grèce, et ensuite en Serbie en passant par la Macédoine, projet auquel s’oppose le Département d’État. Mais le gouvernement américain vise plus largement à empêcher les pays européens à opter pour une politique indépendante de Washington.

De Kiev à Kumanovo

Dans les Balkans, Washington déploie la carte ethnique dans la continuité de la politique inaugurée dans les années 1990 avec la guerre faite au peuple serbe, tout d’abord en Croatie et en Bosnie, puis au Kosovo. C’est dans ce contexte que sincère le redéploiement de l’UCK pour lutter en faveur d’une « grande Albanie », qui engloberait outre l’Albanie, le Kosovo, une partie du Monténégro, le Nord de la Grèce, le sud de la Serbie et une grande partie de la Macédoine. Autant dire que cela signifie une déstabilisation générale et pour longtemps de toute l’Europe du Sud-Est.
Victoria Nuland et le ministre albanais des Affaires étrangères Bouchati ont signé le 30 avril à Washington une déclaration pour un partenariat stratégique entre leurs Etats respectifs. Ceci tout juste quelques semaines après que le Premier ministre albanais Edi Rama se soit joint au ministre des Affaires étrangères du Kosovo Hashim Thaçi (un ancien dirigeant de l’UCK, dit « le serpent », partie prenante de puissants réseaux claniques ghegs de la mafia albanaise) pour déclarer que tous les Albanais seraient réunifiés en une seule nation.

Le beau drapeau d’ al-Qaïda…

Puis, le 9 mai, une bande armée albano-mafieuse a déclenché l’opération en s’attaquant à un poste de police à Kumanovo, en Macédoine, près de la capitale Skopje, provoquant 30 heures d’affrontements d’une rare intensité. 14 terroristes ont finalement été tués et 27 capturés. Les dirigeants du groupe armé étaient pour beaucoup des vétérans connus de l’UCK, certains même ayant eu des responsabilités politiques officielles. Peu après, l’Armée de libération nationale (NLA), la version macédonienne de l’UCK (héritière de l’UCK-M), a revendiqué l’attaque, affirmant que tous les groupes et les unités militaires albanaises agiront à l’unisson pour établir la « République d’Illirida », un prélude à la Grande Albanie.

Le choix de Kumanovo n’était absolument pas dû au hasard. Le 2 mai, le VMRO-DPMNE, le parti du Premier ministre Nikola Gruevki, avait justement tenu son congrès à… Kumanovo ! Le démantèlement de la cellule de l’UCK montre que les services spéciaux macédoniens étaient bien en alerte et que les autorités du pays y étaient préparées.

Dans la foulée de l’ambassadeur US, le vice-président du Parlement européen, l’Allemand Graf Lamsdorf, a appelé le Premier ministre macédonien à la démission, s’imaginant sans doute être en 1941-1944 lorsque son pays occupait militairement la région d’une manière particulièrement inhumaine.
L’objectif de Washington et de ses alliés est de fomenter de nouveaux troubles, puis d’en faire porter la responsabilité au pouvoir en place et enfin exiger manu militari la démission du gouvernement pour le remplacer par un régime à leur botte. Une manœuvre vieille comme toutes les « révolutions de couleurs ». D’ailleurs, les États-Unis semblent avoir tout prévu depuis longtemps : leur ambassade a été déplacée sur une colline il y a peu, dominant la ville. C’est une véritable forteresse comparable à la Green Zone de Bagdad. « Les Américains ont fait la même chose à Belgrade, commente le géopolitologue Yves Bataille (qui vit à Belgrade). C’est dire la confiance. »

Des milliers d’individus, en grande partie d’origine albanaise, ont manifesté le 17 mai avec des drapeaux de l’UCK à Skopje pour réclamer la démission du Premier ministre. Le chef de l’opposition Zoran Zaëv a prévenu que si Gruevski ne quittait pas son poste, « la Macédoine se retrouvera en guerre, comme l’Ukraine ». On ne peut être plus clair. Deux jours auparavant, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, avait lié cette tentative de déstabilisation de la Macédoine au refus de Skopje de soutenir les sanctions contre la Russie, et prévenu que la menace du terrorisme se propageait à travers les Balkans.

Le Quai d’Orsay, à Paris, s’est empressé d’annoncer la manifestation du 17, mais pas celle du lendemain où les partisans du pouvoir macédonien légitime se sont rassemblés pour protester contre le terrorisme et la politique US dans les Balkans. A signaler que l’envoyé spécial du gouvernement de François Hollande pour les Balkans n’est autre qu’Alain Richard, nommé par Laurent Fabius en 2013. Rocardien de la «gauche américaine» ayant appartenu à la Trilatérale avant d’être ministre, c’est lui qui était aux commandes du ministère de la Défense pendant l’agression atlantiste de la Serbie en 1999. Grand serviteur de l’hyperpuissance US, c’est lui aussi qui devait faire arrêter et emprisonner le commandant Pierre-Henri Bunel qui, en poste au bureau de l’OTAN à Bruxelles, fut accusé d’avoir fourni des renseignements militaires aux Serbes (cibles des bombardements).
L’opposition espérait 70.000 manifestants, l’AFP en a dénombré 20.000 d’autres n’en ont vu que 10.000. C’est un nouvel échec de cette opposition qui, depuis 10 ans, essaie par tous les moyens de renverser Gruevski, mais chaque fois les électeurs en décident autrement.

Le bras de fer

Contrés militairement à Kumanovo, contrés politiquement à Skopje, les Américains et leurs alliés vont devoir trouver autre chose pour déstabiliser la Macédoine et renverser le gouvernement.

Le 18 mai, en effet, le peuple macédonien s’est rassemblé en une foule immense afin de dénoncer le terroisme, les manœuvres occidentales de déstabilisation et les velléités américaines et européistes contre son indépendante et sa liberté. « Le VMRO-DPMNE ne fait pas comme Yanoukovitch, (l’ex président ukrainien renversé par un coup d’Etat antidémocratique début 2014, ndlr), commente Yves Bataille. Il appelle ses partisans à descendre à leur tour dans la rue.

Car il s’agit bien d’un coup d’Etat, ou du moins une tentative de renversement d’un gouvernement démocratique, qui a commencé. Comme à Kiev, l’opposition pro-américaine annonce une manifestation permanente et une occupation du centre de Skopje avec toiles de tentes pour la nuit… Tout cela est coordonné avec la presse financée par les ONG occidentales et les réseaux de Soros et a bien évidemment été repris par «nos» médias « démocratiques » (sic). Ressortie du placard nauséabond au sein duquel on l’avait oublié (elle s’est recasée à NDI, l’une des deux branches de NED, National Endowment for Democracy, un pseudopode de la CIA) Madelein Korbel-Albright, l’ex patronne de la diplomatie de Bill Clinton, a affirmé vouloir « rétablir la démocratie en Macédoine » comprendre : imposer un pouvoir corrompu avec l’appui de la mafia albanaise.

« Sauf que le parti au pouvoir à Skopje est largement majoritaire et n’entend pas démissionner, explique Yves Bataille. Mais cela n’a aucune importance pour les sectateurs de Johns Hopkins University, le foyer d’incubation des ‘révolutions colorées’ dont la figure professorale la plus connue est Gene Sharp, le théoricien de la ‘guerre civilisée’ (sic) ».
La faute du pouvoir en place : avoir accepté le passage du nouveau gazoduc russe et s’être rapproché de Moscou. A Washington, Daniel Hamilton, John Server, Edward Joseph et… Madeleine Albright ont la solution : un coup d’Etat pour remplacer un pouvoir légitime par une administration à la bonne de Washington.
– Daniel Hamilton est le directeur du Center for Transtlantic Relations (CTR). En coopération avec The Robert Bosch Stiftung (Allemagne), il assure la relation et le contrôle transatlantique des journalistes allemands…
– Considéré dans les Balkans comme un agent de la CIA, Daniel Server est le président de l’USIP (United States Institut of Peace), un think tank fondé par le général Richard Solomon. Ce groupe finance les activités subversives de la serbe Sonja Biserko
– Collaborateur d’Hillary Clinton, rédacteur à Foreign Affairs, l’organe du Council on Foreign Relations (CFR), Edward Joseph a lui aussi beaucoup sévi dans les Balkans. Membre d’International Crisis Group (ICG), l’officine US fondée par Morton Abramowicz. Financé par Soros, l’ICG a rédigé la plupart des rapports qui ont contribué à la destruction de la Yougoslavie. Ancien ambassadeur à Ankara, Abramowicz est aussi un ancien responsable du service de renseignement du Département d’Etat Américain. C’est lui qui avait fait livrer les missiles sol-air Stinger à… Oussama Ben Laden. C’est son groupe qui a élaboré la plateforme pour la pseudo-indépendance du Kosovo albanisé de force.

Mais Moscou a envoyé des messages sans ambigüité à tous les acteurs de la région : Athènes, Skopje, Belgrade, Budapest…
– Pour la protection du gazoduc, s’il voit le jour, la Russie ne tolérera aucune menace des Albanais de Washington.
– Le Centre des situations d’urgence près de Nis (Sud de la Serbie) pourrait servir de base opérationnelle à la protection militaire russe.

Conséquence directe de ces événements : Belgrade, pourtant dirigé par un régime assez peu hostile à l’Union européenne et à l’OTAN, tangue désormais du côté de Moscou. « Quand c’est bon pour la Russie, c’est bon pour la Serbie », a osé affirmer le président serbe, Tomislav Nikolic à Serguei Lavrov, le chef de la diplomatie russe. Le chef d’Etat serbe a dernièrement encore aggravé son cas : il était le 9 mai à la Parade de Moscou et voilà que, en visite à Belgrade, le ministre des Affaires étrangères russe lui a décerné un satisfecit. La Serbie refuse les sanctions contre la Russie et augmente sa coopération avec la Russie.
Mais Washington n’entend pas en rester là : des troubles risquent d’apparaitre en Voïvodine, cette province serbe du nord du pays qui jouxte la Hongrie et dont une minorité magyare peut aisément être manipulée. Pour cela, les ONG occidentales peuvent compter sur des activistes stipendiés qui, lors d’un récent passé, avaient déjà fomenté des troubles en Voïvodine, comme le HVIM, un petit mouvement d’hystériques admirateurs des collaborateurs hongrois du IIIe Reich et très liés aux néo-oustachis de Croatie (différents partis du Droit) qui ont toujours fait le jeu des mondialistes et des atlantistes.
Mais en Voïvodine comme en Macédoine, les fauteurs de troubles auront des difficultés. Le gazoduc russe venant de Grèce doit passer aussi par la Voïvodine, province à large majorité serbe.


 

 

Selon un journal macédonien, des instructeurs anglo-US figuraient parmi les terroristes de Kumanovo. http://hr.sott.net/article/1751-Nedelkovski-Medu-ubijenim-teroristima-u-Kumanovu-su-i-britanski-i-americki-vojni-instruktori

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