Les réseaux d’influence US en France

Francois Mitterrand 01« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort.»

François Mitterrand *

Un réseau d’influence est un ensemble des contacts administratifs, politiques et/ou syndicaux, auprès de leaders d’opinion, de media ou autres, qu’une entreprise ou un individu a la possibilité de solliciter afin d’obtenir directement ou indirectement, officiellement ou officieusement, l’aide nécessaire à la réussite de sa démarche.

En résumé, « je te coopte et tu me revaudras ce service quand cela sera nécessaire ».

Ne nous trompons pas, les intérêts des USA ne sont pas ceux de l’Europe. De la même façon que la France maintient une domination sur certains états africains via la Françafrique, les USA maintiennent leur domination sur l’Europe via l’UE et de très nombreux cercles d’influence qui lui sont acquis.

Les réseaux d’influence sont aussi vieux que le monde, ce qui est plus intéressant est de connaître le principal réseau d’influence étranger au sein de l’Europe, à savoir le réseau atlantiste qui englobe de nombreuses organisations.


FAF.Logo_

La French American Foundation créée par Gerald Ford et Valéry Giscard d’Estaing, forme chaque année une dizaine de « Young Leaders » parmi lesquels on retrouve toute la crème de l’élite politique, médiatique et financière au pouvoir depuis 30 ans en France…

La liste, disponible jusqu’à l’année dernière sur le site officiel de la French American Foundation est édifiante : 

  • François Hollande (1996)
  • Emmanuel Macron (2012)
  • Najat Vallaud-Belkacem (2006)
  • Alain Juppé (1981)

et des dizaines d’autres à découvrir ici : liste-ylfr-depuis1981


ivlp_logo

L’International Visitor Leadership Program (IVLP) a également à son actif de nombreux hauts personnages:

  • Nicolas Sarkozy President (1985)
  • François Fillon Prime Minister (1984)
  • Lionel Jospin Prime Minister (1977)
  • Alain Juppé Prime Minister (1978)
  • Raymond Barre Prime Minister (1965)
  • Pierre Beregovoy Prime Minister (1977)
  • Valéry Giscard d’Estaing President (1956)
  • Jacques Chaban-Delmas Prime Minister (1961)
  • Michel Debré Prime Minister (1956)

http://en.wikipedia.org/wiki/International_Visitor_Leadership_Program


ECFR

http://www.ecfr.eu/content/council/about#france

L’ECFR se définit comme suit:

A propos de l’ECFR

Le Conseil européen des relations internationales (ECFR) est le premier think-tank pan-européen. Lancé en octobre 2007, il a pour objectif de conduire des travaux de recherche et de promouvoir à travers l’Europe un débat éclairé sur le développement d’une politique étrangère européenne efficace, cohérente et porteuse des valeurs européennes. C’est un organisme indépendant sans aucune connexion avec les institutions européennes.

Il est intéressant de noter que parmi les membres de la branche française, on retrouve aussi bien des membres de Les Républicains (Le Maire, Danjean), du PS (Moscovici, Guigou), d’EELV (Goulard), de la finance (Lamy, Trichet), du patronat (Parisot) ou des médias (Ockrent, Kauffmann).

La collusion « RPS », médias et finance dénoncée par les souverainistes est patente.

Membre de l’ECFR – branche française:

  • Francois Burgat – Director, French Institute of the Near East; Senior Research Fellow, French National Centre for Scientific Research
  • Arnaud Danjean – Member of the European Parliament; Chairman of the European Parliament’s Subcommittee on Security and Defence
  • Sylvie Goulard – Member of the European Parliament
  • Jean-Marie Guéhenno – President and CEO, International Crisis Group; former Under Secretary General for UN Peacekeeping Operations
  • Elisabeth Guigou –  President of the Foreign Affairs Committee, Assemblée Nationale
  • Sylvie Kauffmann – Editorial Director, Le Monde
  • Bassma Kodmani (France/Syria) Executive Director, Arab Reform Initiative
  • Bernard Kouchner Former Foreign Minister
  • Pascal Lamy – Honorary President, Notre Europe; former Director-General of the WTO; former EU Commissioner
  • Bruno Le Maire – Former Minister for Food, Agriculture & Fishing
  • Jean-David Levitte – Former Sherpa to the President of the French Republic; former Ambassador to the United States
  • Dominique Moïsi  – Senior Adviser, IFRI
  • Pierre Moscovici  –  European Commissioner for Economic and Financial Affairs: Former Minister of the Economy, Finances and Foreign Trade; former Minister for European Affairs
  • Christine Ockrent – Commentator and writer; Presenter of ‘Affaires Internationales’, France Culture Radio
  • Laurence Parisot – Vice President, IFOP
  • Diana Pinto  –  Historian and author
  • Jean Pisani-Ferry – Director of the Prime Minister’s Economic Policy Planning Staff
  • Olivier Roy  – Professor, European University Institute, Florence
  • Ghassan Salamé (France/Lebanon) – Dean, Paris School of International Affairs; Professor of International Relations at Sciences Po & Columbia
  • Jean-Claude Trichet – Chairman of the Board of Directors, Bruegel; former President of the European Central Bank

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Enfin, lAmerican Field Service (AFS) a accueilli Christine Lagarde par exemple.

C’est au travers de ses réseaux atlantistes que l’on découvre une des réalités de l’UMPS, celle qui fait que les carrières sont alignées sur la défense des intérêts US.

* : Le Dernier Mitterrand – Georges-Marc Benamou


Washington sur Seine ?
Ces ministres de François Hollande qui ont été formés par les Américains

http://www.atlantico.fr/decryptage/gouvernement-hollande-formation-plus-atlantiste-qu-on-pourrait-croire-benjamin-dormann-366638.html

La French American Fondation est connue pour sa formation, les « Young Leaders », réservée à une dizaine de jeunes surdiplômés chaque année. Sur les huit socialistes sélectionnés comme Young Leaders depuis François Hollande en 1996, six rentrent dans son gouvernement cette semaine. Le plus « atlantiste » n’est pas toujours celui qu’on croit…

« Hollande l’Américain »

Publié le 22 Mai 2012

Washington sur Seine ?  Ces ministres de François Hollande qui ont été formés par les Américains

Sur les huit socialistes sélectionnés comme Young Leaders depuis François Hollande en 1996, six rentrent dans son gouvernement cette semaine. Crédit Reuters

Exit Alain Juppé, Valérie Pécresse, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez, Jeannette Bougrab… Place à François Hollande, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, Aquilino Morelle (plume du Président), etc.

« Enfin des têtes nouvelles ! » entend-t-on ici ou là. Nouvelles ? Tout est relatif, quand on sait décrypter la liste ci-dessus : en fait, tous ces « Young Leaders »  de l’UMP ont laissé la place à des « Young Leaders » du Parti socialiste. Car François Hollande et Pierre Moscovici depuis 1996, Marisol Touraine et Aquilino Morelle depuis 1998, Arnaud Montebourg depuis 2000 et Najat Vallaud-Belkacem depuis 2006, sont tous des « Young Leaders ».

Tous ont été minutieusement sélectionnés et « formés » par ce très élitiste réseau Franco-Américain, inconnu du grand public, sponsorisé entre autres par la banque Lazard. En d’autres termes, ils ont tous postulé et se sont fait parrainer pour être admis à suivre ce programme phare mis en place par la FAF, la French American Fondation. La FAF est elle-même un organisme à cheval sur Paris et New-York, créée en 1976 conjointement par les présidents Ford et Giscard d’Estaing. A noter qu’entre 1997 et 2001, John Negroponte présida la FAF, avant de devenir entre 2005 et 2007, sous Georges Bush, le premier directeur coordonnant tous les services secrets américains (DNI), dirigeant l’US States Intelligence Community (qui regroupe une quinzaine de membres, dont le FBI et la CIA).

Crée en 1981, ce programme Young Leaders permet de développer « des liens durables entre des jeunes professionnels français et américains talentueux et pressentis pour occuper des postes clefs dans l’un ou l’autre pays ». Pressentis par qui ? Par un très strict comité de sélection, composé majoritairement d’anciens Young Leaders, qui ne retient qu’une dizaine d’admis par an. Seuls 13 hommes ou femmes politiques ont été admis depuis 1995, soit moins d’un politique par an en moyenne. Ces heureux « élus » sont choisis comme d’habitude parmi l’élite française : seuls 4% des Young Leaders français ne sont pas diplômés de l’ENA ou pas titulaires d’au moins un diplôme Bac+5, les trois quarts sont des hommes, à 80 % Parisiens… Autant dire qu’on reste en famille avec ce gratin issu de nos grandes écoles. Une spécificité française, qui, comme le souligne un rapport de la FAF, assure « une fonction de « reproduction sociale » de la « classe dominante  » […] dans un pays où la simple notion de leadership renvoie aux « diplômes » et non aux qualités intrinsèques de la personne comme c’est souvent le cas outre-Atlantique ». Bref, notre nouveau président et ses nouveaux ministres cités ici sont de purs produits de nos grandes écoles, « ces acteurs influents (qui) personnifient la « pensée dominante » depuis de nombreuses décennies » selon la FAF.

Dès que l’on parle de réseaux d’influence, certains de leurs membres crient aux « obsédés du complot » et s’empressent généralement de préciser que le rôle de telles organisations est marginal et informel. Pour ce qui est de l’efficacité des « Young Leaders », les chiffres parlent plus que tous les longs discours : sur les 8 socialistes sélectionnés comme Young Leaders depuis François Hollande en 1996, 6 rentrent dans son gouvernement cette semaine. (Ne restent sur la touche, pour le moment, que Bruno Le Roux, qualifié par beaucoup de « ministrable », et Olivier Ferrand, l’ambitieux président du think-tank Terra Nova ayant permis l’élection de François Hollande aux élections primaires ; deux candidats impatients de rejoindre leurs camarades Young Leaders au gouvernement). Beau tir groupé, comme s’en enorgueillit à juste titre le site américain («The French-American Foundation is proud to have five Young Leader in the cabinet of President François Hollande, himself a Young Leader in 1996”), tandis que le site français n’en dit pas un mot. Il est vrai que, depuis l’affaire DSK, chacun aura compris que les deux pays n’ont pas la même culture de la transparence…

En septembre 2006, lors de sa visite aux États-Unis, Nicolas Sarkozy avait prononcé un discours à la French American Foundation (FAF), rappelant la nécessité de « rebâtir la relation transatlantique », paraphrasant ainsi les statuts de la fondation dont l’objectif est de « renforcer la relation franco-américaine considérée comme un élément essentiel du partenariat transatlantique ». A ceux nombreux qui me demandent, à l’occasion de la visite de François Hollande à Barack Obama, « pourquoi est-ce que les journalistes ne nous parlent pas de ça, à propos de François Hollande, au lieu de nous parler de son séjour d’étudiant et de son goût des cheeseburgers dont on a rien à faire?

». Qu’ils demandent donc la réponse aux journalistes qui ont l’art de nous servir ces hamburgers, préparés par les communicants, en prenant leurs lecteurs pour des cornichons ! Qu’ils la demandent en particulier aux Young Leaders des médias, aujourd’hui actionnaires ou directeurs des principales rédactions, ces copains de promo de certains de nos nouveaux ministres pour certains d’entre eux : de Laurent Joffrin (Nouvel Observateur) à Denis Olivennes (Europe 1, Paris Match et du JDD), en passant par Matthieu Pigasse, Louis Dreyfus et Erik Izraelewicz (Le Monde)… Et la liste hommes de médias Young Leaders est longue, comme on peut la lire plus intégralement dans l’enquête « Ils ont acheté la presse ».

A New-York, la venue de François Hollande et de sa nouvelle équipe était attendue sereinement. Vu de la FAF, « Welcome à la Hollande team » ; on reste en terrain connu, tout est sous contrôle, on est même fier d’avoir autant de ses poulains dans la place, nous l’avons vu. Que les angoissés se rassurent : « le changement, ce n’est pas pour maintenant », n’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon, l’allié peu atlantiste du Président ! 

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