Irak: Une guerre d’agression

Colin Powell ONULe 5 février 2003, Colin Powell passe devant le Conseil de sécurité des Nations unies pour dévoiler les preuves des activités illicites du régime baasiste. Il fait défiler des photos de camions présentés comme des prototypes de laboratoire mobile de recherche biologique (en) (sur la base de faux renseignements de « Curveball », ingénieur chimiste irakien à l’origine d’une des plus grandes supercheries de l’histoire du renseignement, des photos satellites d’usine d’armes chimiques et de bunkers, l’enregistrement d’une conversation entre des officiers de la garde républicaine irakienne qui parlent d’« agents neurotoxiques » et présente finalement un flacon de poudre blanche : de l’Anthrax. Il insiste : « chacune des déclarations que je fais aujourd’hui s’appuie sur des sources, des sources solides ». Cependant, quand Lewis S. Libby, secrétaire général du vice-président Dick Cheney, avait remis ce discours à Colin Powell, ce dernier l’avait rejeté en disant : « c’est de la merde, rien ne se tient ! »

Étant donné le fait que la France, la Russie et la Chine menacent d’utiliser leur droit de veto pour empêcher une approbation par l’ONU d’une intervention armée contre l’Irak, et la forte probabilité qu’une majorité du Conseil de sécurité refuse de suivre les États-Unis et le Royaume-Uni, ces derniers décident d’attaquer l’Irak sans l’aval du Conseil de sécurité.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Irak


La rapport qui a servi de prétexte à la guerre en Irak enfin déclassifié.

Bruno Stevens - Irak

19 mars 2015

Le rapport des services américains de renseignement, utilisé par l’administration Bush pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003, a été rendu public jeudi. Rien n’y indique que l’Irak avait des armes de destruction massive.

C’était le 7 octobre 2002. George W. Bush, alors président des États-Unis, avait déclaré que l’Irak de Saddam Hussein « possède et produit des armes biologiques » tout en « poursuivant un programme d’armes nucléaires ». Le chef de l’exécutif américain assurait s’appuyer sur des renseignements solides et de première main pour alimenter ses accusations justif
iant, selon lui, une intervention militaire américaine.

Beaucoup a été dit et écrit sur le caractère exagéré ou mensonger des affirmations américaines de l’époque pour envahir l’Irak. Mais la preuve définitive du fait que l’administration Bush savait que le régime de Saddam Hussein ne développait pas toutes ces armes de destruction massive tout en hébergeant des membres d’al-Qaïda n’a jamais pu être produite… jusqu’à maintenant.

« Pas les moyens pour fabriquer des armes nucléaires »

Le site américain Vice a en effet publié, jeudi 19 mars, le rapport de 2002 sur la menace irakienne, non-censuré et complet, issu des services américains. Ce document cité par George W. Bush et ses ministres était resté « top secret » depuis 13 ans.

À sa lecture, on comprend les réticences des autorités américaines. Concernant les armes chimiques, les espions américains notaient seulement que l’Irak avait « rénové une usine de fabrication de vaccins » et détenait toujours des stocks de certains gaz dangereux (comme le sarin), mais qu’il n’y avait pas d’autres indices laissant supposer que Bagdad avait relancé un éventuel programme d’armes biologiques.

Saddam Hussein n’avait, selon les auteurs de ce rapport, « pas les moyens pour fabriquer des armes nucléaires »… même si les agents américains jugeaient qu’il en avait envie. Dans sa conclusion, l’assistant au secrétaire d’État au renseignement affirme que l’utilisation par Saddam Hussein d’armes de destruction massive est « peu probable », un ton bien moins affirmatif que le président va-t-en-guerre George W. Bush.

Al-Qaïda en Irak : des « preuves irréfutables » et « très discutables »

Le ton n’est pas non plus le même concernant l’éventuelle collusion entre Saddam Hussein et Al-Qaïda. Si Donald Rumsfeld, le secrétaire à la Défense de l’administration Bush, avait affirmé que les services de renseignement lui avaient fourni des « preuves irréfutables » du fait que l’Irak abritait, en connaissance de cause, des membres de l’organisation terroriste, les auteurs du rapport écrivent que « la présence d’agents d’Al-Qaïda en Irak est très discutable ».

Ils soulignent à plusieurs reprises que les sources fiables manquent pour étayer la thèse d’une collaboration entre le régime irakien et les terroristes du mouvement d’Oussama Ben Laden. « Saddam Hussein est très suspicieux à l’égard de tout ce qui touche à l’islamisme radical », rappelaient même les agents du renseignement.

Pour les auteurs, une collaboration entre le régime irakien et Al-Qaïda aurait pu provenir… d’une opération militaire américaine. « En cas d’attaque américaine, Saddam Hussein pourrait, s’il est désespéré, s’en remettre à une organisation comme Al-Qaïda […] et juger qu’aider une organisation islamiste radicale à attaquer les États-Unis serait sa meilleure chance de se venger », écrivent les services du renseignement.

Très mauvaise image du renseignement américain

Ce document explosif a été obtenu par John Greenewald, un Américain qui traque les documents classifiés et répertorie ceux qu’il réussit à obtenir sur son site The Black Vault (le coffre fort noir). Il l’a ensuite confié à Vice.

Ce n’est pas la première fois que ce célèbre rapport de 2002 fait l’objet d’une demande de déclassification, mais la première version rendue publique, en 2004, avait été largement censurée pour des raisons de « sécurité nationale ».

Les réticences des autorités américaines à rendre ce rapport public dans son intégralité ne visaient pas qu’à protéger l’administration Bush. Le document donne aussi une très mauvaise image du renseignement américain qui manquait d’informations fiables. Avant même sa publication par Vice, l’institut américain de recherches et d’analyses RAND estimait dans une étude sur le renseignement américain qu’en « l’état actuel de nos connaissances, les conclusions sur la présence d’armes de destruction massive en Irak font partie des pires travaux réalisés par les services de renseignement, en partie à cause de la pression politique de l’époque ».

Le rapport de 2002 est, en effet, truffé de mises en garde sur l’absence ou la mauvaise qualité des sources pour confirmer telle ou telle information. Malgré la prudence de ses auteurs, c’est bien ce document qui a servi de prétexte, en 2003, à une guerre qui continue à faire des victimes et a coûté, d’après le ministère américain de la Défense, plus de 750 milliards de dollars aux États-Unis.

http://www.france24.com/fr/20150320-rapport-guerre-irak-menace-nucleaire-cia-bush-exageration-2002-nucleaire-al-qaida/

Un précédent: l’Affaire des couveuses au Koweït lors de la « Guerre du Golfe » en 1990


Affaire des Couveuses Koweitiennes
L’affaire des couveuses au Koweït désigne le scandale du faux témoignage fait le 14 octobre 1990, lors de l’invasion du Koweït par les forces armées irakiennes de Saddam Hussein, qui alléguait d’atrocités commises contre des nouveau-nés koweïtiens. Le témoignage se révèlera être mensonger et avoir servi à favoriser l’entrée en guerre des Occidentaux.

Le 14 octobre 1990, une jeune femme koweïtienne, appelée par les médias «l’infirmière Nayirah», témoigne, les larmes aux yeux, devant une commission du Congrès des États-Unis. L’événement est retransmis rapidement par les télévisions du monde entier :

« Monsieur le président, messieurs les membres de ce comité, je m’appelle Nayirah et je reviens du Koweït. Ma mère et moi étions au Koweït le 2 août pour passer de paisibles vacances. Ma sœur aînée avait accouché le 29 juillet et nous voulions passer quelque temps au Koweït auprès d’elle. […] Pendant que j’étais là, j’ai vu les soldats irakiens entrer dans l’hôpital avec leurs armes. Ils ont tiré sur les bébés des couveuses, ils ont pris les couveuses et ont laissé mourir les bébés sur le sol froid. J’étais horrifiée. Je ne pouvais rien faire et je pensais à mon neveu qui était né prématuré et aurait pu mourir ce jour-là lui aussi. […] Les Irakiens ont tout détruit au Koweït. Ils ont vidé les supermarchés de nourriture, les pharmacies de médicaments, les usines de matériel médical, ils ont cambriolé les maisons et torturé des voisins et des amis. J’ai vu un de mes amis après qu’il a été torturé par les Irakiens. Il a 22 ans mais on aurait dit un vieillard. Les Irakiens lui avaient plongé la tête dans un bassin, jusqu’à ce qu’il soit presque noyé. Ils lui ont arraché les ongles. Ils lui ont fait subir des chocs électriques sur les parties sensibles de son corps. Il a beaucoup de chance d’avoir survécu. »

Ce témoignage, avec d’autres comme ceux conçus par l’agence de communication Rendon Group chargée de superviser la communication du CIA et du Pentagone1, a beaucoup ému l’opinion publique internationale et a contribué à ce qu’elle soutienne l’action des puissances occidentales contre les armées de Saddam Hussein lors de la guerre du Golfe.

En fait, ce témoignage était entièrement faux. La jeune fille, coachée selon certaines sources par Michael Deaver, ancien conseiller en communication de Ronald Reagan, s’appelait al-Ṣabaḥ, et était la fille de l’ambassadeur du Koweït à Washington Saud bin Nasir Al-Sabah. L’association Citizens for a Free Kuwait (en), organisée par le gouvernement du Koweït exilé avait commandé cette campagne à la compagnie de relations publiques Hill & Knowlton (en) (pour la somme de 10 millions de dollars).

La machination a fonctionné grâce à l’intervention de Lauri Fitz-Pegado, qui a convaincu les députés que l’identité n’était pas révélée pour protéger la famille de la jeune femme. Lauri Fitz-Pegado avait travaillé pour le gouvernement auparavant, dans l’Agence de l’Information.

Par ailleurs, le gouvernement américain aurait payé 14 millions de dollars à cette compagnie pour l’avoir aidé à médiatiser la guerre du Golfe sous un jour favorable à l’intervention occidentale.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_couveuses_au_Kowe%C3%AFt

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