Les bottes neuves de M. Juppé

Par Frédéric Rouvillois – Publié le 27/04/2016

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/04/27/31001-20160427ARTFIG00401-les-bottes-neuves-de-m-juppe.php

FIGAROVOX/TRIBUNE – Europe, économie, vision des institutions, immigration… autant de thématiques sur lesquelles Alain Juppé tient des discours variables. Pour Frédéric Rouvillois, l’ancien premier ministre reste «droit dans ses bottes», mais il n’a pas de bottes ; ou plutôt, s’il en a, il en change souvent.


Frédéric Rouvillois est professeur de droit public et écrivain. Il a publié de nombreux ouvrages sur l’histoire des idées, notamment L’Invention du progrès, aux origines de la pensée totalitaire (CNRS Éditions, 2010), ainsi que des essais sur la politesse, le snobisme et les institutions, et plus récemment Une histoire des best-sellers (Flammarion, 2011) et Crime et utopie, une nouvelle enquête sur le nazisme, a été publié chez Flammarion. Son dernier livre Être (ou ne pas être) républicain est publié aux Editions du Cerf (240 p, 14 euros).


Si Alain Juppé rassure la ménagère de plus ou moins de 50 ans, le cadre supérieur retraité et le patron de PME, bref, s’il tend à s’imposer peu à peu comme le candidat naturel de la droite conservatrice – tout en suscitant un tel vague à l’âme du côté de la gauche morale -, ce n’est pas seulement pour ses prestigieux diplômes (il n’est pas le seul), ni pour sa chaleur humaine, ni en raison de son expérience de Premier ministre (à la limite du catastrophique, jusqu’à l’apocalyptique dissolution ratée de 1997), ni même parce que Jacques Chirac disait de lui qu’il était «le meilleur d’entre nous» ( l’ex Président s’étant souvent fourré le doigt dans l’œil). C’est aussi, et peut-être surtout, en raison d’une formule qui, à l’époque, lui avait valu une réputation de rigidité, mais qui semble attester aujourd’hui de sa constance, de sa fermeté, de sa rigueur morale et de son sérieux devant les épreuves: «droit dans mes bottes!» Comment, en effet, ne pas faire confiance à quelqu’un qui a déclaré cela? Comment ne pas applaudir à ce surdoué qui, en plus, assure renoncer aux contorsions, aux reculades, aux petites manœuvres que l’on reproche à ses pairs en politique, et tout spécialement à François Hollande? Juppé? Lui, au moins, reste fidèle à ses convictions, droit dans ses bottes, qu’il neige ou qu’il vente!

Lire la suite

Publicités

Maréchal Juppé, nous voilà : au moins, on ne pourra pas dire qu’on n’a pas été prévenu

http://fboizard.blogspot.fr/2016/03/marechal-juppe-nous-voila-au-moins-on.html

Faute d’électeurs, la gauche derrière Juppé

***********
Le programme subliminal de Cohn-Bendit  [appelant au rassemblement derrière Juppé] est simple, limpide, et constant depuis bientôt cinquante ans : il faut éradiquer les dernières traces françaises en France. Les dernières traces institutionnelles avec la Monarchie gaullienne ; les dernières traces économiques avec l’étatisme colbertiste ; les dernières traces dans la population et la culture par l’islam à qui «il faut faire toute sa place». Cohn-Bendit, c’est un Napoléon après la victoire d’Iéna poursuivant les armées prussiennes vaincues pour noyer les derniers combattants. Sauf qu’avec Cohn-Bendit, les ultimes soldats à noyer sont français.
***********

La victoire d’Alain Juppé en 2017, dont je m’efforce d’écarter le spectre maléfique, se dessine.

Juppé sera un deuxième Pétain : prêt à nous vendre la trahison présentée comme raisonnable et inévitable, à nous appeler à la résignation et à la culpabilisation devant nos malheurs, à nous expliquer qu’il n’y a pas d’autre solution que le mondialisme, l’européisme, l’atlantisme, l’accommodement avec les musulmans forcément modérés, la tutelle allemande forcément éclairée et bienveillante.

Bref, un Juppé qui, comme Pétain, se fera une gloire de tout abdiquer, d’emmaillotter d’un beau ruban tous les renoncements, de justifier d’un grand discours toutes les lâchetés, et, pour que le cocuage soit complet,  en jouant la comédie du sacrifice personnel, pour mieux savourer l’encens du pouvoir.

La similitude  est totale , au point de donner à penser que Dieu pratique l’humour noir : ce sont les mêmes bourgeois, affairistes et mondains, qui nous expliquent que Juppé est « brillant » comme leurs parents disaient « le Maréchal saura quoi faire » .

Pétain avait au moins pour lui la Grande Guerre. Juppé n’a même pas cela.

Même dans la trahison, nous sommes décadents.

BRUNO LE MAIRE, LE NARCISSISME PRÉSIDENTIEL 

Publié le 27 février 2016

http://jeanmichelaphatie.com/2016/02/27/bruno-le-maire-le-narcissisme-presidentiel/

 

Dans la déconstruction nécessaire du discours politique, le livre que publie Bruno Le Maire – « Ne vous résignez pas! », Albin Michel – représente une exercice intéressant.

Matériellement, l’objet est compact, petit format, 200 pages, avec en couverture une photo de l’auteur en jeans, veste bleue, chemise sans cravate, assis sur une marche devant une porte rouge. Les couleurs ont visiblement été travaillées, forcées, ce qui donne au cliché des allures d’illustration d’un roman américain des années quatre-vingts. Curieux choix pour un livre censé incarner le réalisme de la démarche d’un candidat à la présidence de la République.

On croit deviner, en observant la couverture réalisée par l’éditeur, que tout à coup le marketing, la volonté de séduire, le souci de l’image, ont écrasé toute velléité de simplicité et de modestie, qualités généralement inexistantes chez un homme politique, mais dont l’affichage est, par convenance, indispensable pour tout individu qui réclame de ses semblables rien de moins que le pouvoir suprême.

Du coup, on regarde autrement la photo de cette couverture. Bruno Le Maire y apparaît davantage comme un héros de roman que comme un homme politique. Son regard, il nous regarde dans les yeux, et son sourire, à peine éclôt sur ses lèvres, créent une atmosphère mystérieuse aussi peu propice à un livre politique que le serait un porte-jarretelles chez un rugbyman. Où donc l’éditeur avait-il la tête au moment de la composition de cette couverture? Et dans quel miroir l’auteur s’était-il à ce point admiré pour la valider? Ce sont là deux questions posées pour le principe, car il est peu probable que les intéressés y répondent jamais.

Lire la suite

MISÈRE DES MÉDIAS – QUAND JUPPÉ VISITE LA JUNGLE

Ce mercredi, Juppé était à Calais. Un déplacement de campagne comme il en existe des masses, ridicules et vains. Puisqu’on était dans le coin, on a suivi la petite troupe chargée de la mise en scène médiatique de cette visite.

« Quand je vois, par exemple, les reporters qui se précipitent et les forêts de micros qui se dressent pour recueillir religieusement la moindre parole de nos dirigeants politiques ou de n’importe quelle personnalité réputée importante, y compris sur des sujets sur lesquels ce qu’ils peuvent dire n’a absolument aucun intérêt, je dois avouer que j’ai du mal à m’empêcher de considérer que l’humanité est en train, si ce n’était pas déjà fait, de perdre à peu près tout sens du ridicule. » (Jacques Bouveresse, « Au commencement était la presse »1)

*

Ce mercredi après-midi, un petit groupe patiente devant le centre d’accueil Jules Ferry attenant à la « jungle » de Calais. Trépignant dans la boue et le crachin, une grosse vingtaine de journalistes. Ils n’ont pas été autorisés à passer les grilles du centre à la suite du héros du jour, si bien que l’ambiance est à la grogne. « La prochaine fois, qu’il ne compte pas sur moi pour venir le filmer », menace candidement un jeune homme porteur d’une grosse caméra. « Il abuse, merde, résume sa voisine, pourquoi son équipe nous prévient du déplacement si on ne peut pas le suivre ? On n’est pas ses larbins2 ».

Derrière les grilles blanches, on aperçoit la petite troupe de campagne qui visite les lieux au pas de course. En plissant bien les yeux, miracle, on le voit en personne, avec ses bottes marron flambant neuves3, sa semi-calvitie grisonnante et son aura de Lexomil bipède : c’est bien l’ex-pestiféré du RPR venu montrer qu’il n’a pas peur de mettre les mains dans le cambouis migratoire. Yep, Alain Juppé est dans la place.

Hors de portée des objectifs, il discute avec quelques porteurs de gilets jaunes, des employés du centre. Glissées entre les barreaux, dérisoires, des caméras zooment, leurs propriétaires essayant de tirer une image exploitable de la lointaine scène. Mais non, il est trop loin. Le fourbe.

JPEG - 270.6 ko
Sur l’écran, un lointain Juppé / Photos Lémi

Les minutes passent et les journalistes s’emmerdent toujours puissamment. Alors ils ressassent – « Il croit vraiment qu’il peut nous traiter comme ça ? », relance l’un d’eux, allure de baroudeur fatigué. Son indignation fait tâche d’huile, et une nouvelle rasade de doléances molles secoue ses confrères. Merde alors, pour qui il se prend ?

 

Lire la suite

Aux abois, le système est obligé de reconnaître l’existence de l’UMPS…

[…] Oui, « l’UMPS » des idées existe […]

Conclusion, après 40 années d’échec de l’UMPS, il est grand temps de voter pour l’alternance…

 


 

Régionales 2015 : la France des trois blocs débloque

La segmentation politique partisane ne correspond plus aux trois blocs idéologiques qui traversent le pays. Malaise avant la grande recomposition ?

Publié le 11/12/2015 à 14:03 | Le Point.fr
Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen et François Hollande.
Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen et François Hollande. © AFP/ FRED DUFOUR LIONEL BONAVENTURE JOEL SAGET