BRUNO LE MAIRE, LE NARCISSISME PRÉSIDENTIEL 

Publié le 27 février 2016

http://jeanmichelaphatie.com/2016/02/27/bruno-le-maire-le-narcissisme-presidentiel/

 

Dans la déconstruction nécessaire du discours politique, le livre que publie Bruno Le Maire – « Ne vous résignez pas! », Albin Michel – représente une exercice intéressant.

Matériellement, l’objet est compact, petit format, 200 pages, avec en couverture une photo de l’auteur en jeans, veste bleue, chemise sans cravate, assis sur une marche devant une porte rouge. Les couleurs ont visiblement été travaillées, forcées, ce qui donne au cliché des allures d’illustration d’un roman américain des années quatre-vingts. Curieux choix pour un livre censé incarner le réalisme de la démarche d’un candidat à la présidence de la République.

On croit deviner, en observant la couverture réalisée par l’éditeur, que tout à coup le marketing, la volonté de séduire, le souci de l’image, ont écrasé toute velléité de simplicité et de modestie, qualités généralement inexistantes chez un homme politique, mais dont l’affichage est, par convenance, indispensable pour tout individu qui réclame de ses semblables rien de moins que le pouvoir suprême.

Du coup, on regarde autrement la photo de cette couverture. Bruno Le Maire y apparaît davantage comme un héros de roman que comme un homme politique. Son regard, il nous regarde dans les yeux, et son sourire, à peine éclôt sur ses lèvres, créent une atmosphère mystérieuse aussi peu propice à un livre politique que le serait un porte-jarretelles chez un rugbyman. Où donc l’éditeur avait-il la tête au moment de la composition de cette couverture? Et dans quel miroir l’auteur s’était-il à ce point admiré pour la valider? Ce sont là deux questions posées pour le principe, car il est peu probable que les intéressés y répondent jamais.

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RATP : j’ai vu comment les musulmans ont imposé leur loi en quelques années

mahometauvolant14

Publié le 10 janvier 2016 – par 6 commentaires

 

Tout d’abord merci Ghislaine , je viens de lire le livre « Mahomet au volant, la charia au tournant », j’avoue que j’ai retrouvé dedans des noms connus, des personnes croisées, des histoires vécues, et il résume très bien ce que j’ai vu en quelques années passées a la RATP, la vie m’ayant amené ailleurs depuis.
Bien avant cette histoire de vidéo de fin 2012, me reviennent ces deux faits significatifs que j’ai connus.
Pour le premier, je suis imprécis sur les termes employés par le délégué syndical et la cadre en question, mais dans l’idée c’était ça, je situe ces faits au moins trois ou quatre ans avant. Il y a eu d’ailleurs erreur sur la personne réellement mise en cause , la cadre, non nommée mais citée par une fonction qui n’était pas la sienne, créant un quiproquo.
Une cadre d’un centre bus nommée C.M avait « osé » dire a un barbu, une phrase du genre  « ah oui c’est vrai avec vous » avec un légitime agacement, lorsqu’elle avait tendu la main vers lui, et s’était rendu compte de son « erreur » en le voyant snober cette main tendue. Le barbu était parti pleurnicher auprès de son délégué syndical, une alarme sociale (procédure officielle de conciliation précédant un possible préavis de grève) contre elle pour son propos considéré comme insultant ou stigmatisant et son délégué musulman, du moins selon ses dires, avait donné suite en mettant la cadre en accusation quasiment de racisme. Celle-ci bien peu défendue, officiellement du moins, par la direction, avait  été acculée à parler de sa vie privée pour se défendre de toute considération raciste dans une affaire qui ne l’était pas, et pour n’avoir dit qu’une vérité factuelle avec un agacement légitime.

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« Mes chemins pour l’école » d’Alain Juppé

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http://www.polemia.com/mes-chemins-pour-lecole-dalain-juppe/

Claude Meunier-Berthelot, juriste de formation, a fait toute sa carrière dans l’Education Nationale.

« Ecole : les chemins battus et rebattus de Juppé »

"Mes chemins pour l'école" d'Alain JuppéDans le cadre de sa pré-campagne présidentielle Alain Juppé a signé un livre intitulé . Observatrice vigilante de 40 ans de dérives désastreuses des politiques d’éducation, Claude Meunier-Berthelot fait ici une critique acérée de ce livre qui reprend tous les poncifs des réformes en cours.

Polémia.


Monsieur Juppé prétend avoir écrit un livre intitulé Mes chemins pour l’école ! « Ses » chemins ? Des chemins que l’on connaît depuis longtemps chez les réformateurs de l’Ecole, vraie gauche et fausse droite confondues, chemins battus et rebattus, tant dans la forme que sur le fond et… « à chemin battu, il ne croît point d’herbe… » dit-on ; serait-ce le cas ?

Les références de Monsieur Juppé : Bentolila et Langevin

 Monsieur Juppé entame déjà lourdement sa crédibilité en prenant à témoin et comme référence Monsieur Bentolila, celui-là même qui, inspecteur de l’enseignement primaire, a toujours hanté les arcanes du ministère de l’Education pour s’opposer, envers et contre tout, au retour à l’usage des méthodes alphabétiques de lecture. C’est assez dire son accablante responsabilité dans l’entreprise de décérébration de nos enfants et de la déliquescence organisée du système éducatif et de la société. Ceci, d’autant que ce monsieur sait parfaitement ce qu’il fait : linguiste de son état, il connaît les dégâts majeurs causés sur le développement intellectuel des jeunes et sur leur avenir, ce qui non seulement ne l’empêche pas de persister et de signer, mais, poussant l’imposture à son plus haut degré, il a rédigé avec un cynisme éhonté plus d’une vingtaine de livres sur l’illettrisme des jeunes adultes !

La simple évocation du personnage a toujours provoqué des cris d’orfraie parmi les instituteurs qui se sont battus pour obtenir le retour aux méthodes alphabétiques de lecture qu’ils n’ont toujours pas obtenu.

L’autre référence de Monsieur Juppé : Paul Langevin ! Celui-là même à l’origine du plan dit « Langevin-Wallon » qui a servi de référence depuis 70 ans pour organiser la destruction planifiée du système éducatif. Juppé dit reprendre la belle formule de Paul Langevin : « Il faut assurer la promotion de tous et la sélection des meilleurs. ». Or, sous ces artifices de langage, ce monsieur n’avait d’autre but que de faire disparaître l’institution scolaire… ce qui est en train de se produire, avec l’aboutissement de ce plan.

C’est assez dire si Monsieur Juppé fait de bons choix pour nous convaincre de la crédibilité de ses projets pour l’Ecole.

Méthode Juppé : Enfumage

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« Que les représentants des musulmans arrêtent de se défausser ! »

INTERVIEW. Dans « L’Islam au feu rouge », un haut fonctionnaire à la retraite tire à boulets rouges sur les représentants de l’islam de France.
PROPOS RECUEILLIS PAR

Publié le 17/11/2015 à 06:10 | Le Point.fr
Un ancien haut fonctionnaire, parfaitement au fait du fonctionnement des cultes, a choisi de signer son livre sur l'islam de France du nom de Camille Desmoulins.
Un ancien haut fonctionnaire, parfaitement au fait du fonctionnement des cultes, a choisi de signer son livre sur l’islam de France du nom de Camille Desmoulins. © ABECASIS/SIPA

La faillite du climatisme, du collectif The Oyster Club

La faillite du climatisme, du collectif The Oyster Club – Le blog de Francis Richard

http://www.paperblog.fr/7836932/la-faillite-du-climatisme-du-collectif-the-oyster-club/

La faillite du climatisme, du collectif The Oyster Club

 István Markó, professeur de chimie à l’Université catholique de Louvain, UCL, préside « un collectif de scientifiques et d’intellectuels européens qui analysent les dévoiements des sciences physiques« , The Oyster Club.

Ce collectif vient de commettre un livre sur La faillite du climatisme. J’emploie le mot de commettre parce que ce livre est un crime de lèse-majesté envers la pensée unique, la pensée main stream.

En effet il montre en un minimum de pages, très denses que le climatisme conduit à la faillite dans trois acceptions du terme: scientifique, culturel, économique.

La faillite scientifique

C’est de nier les faits quand ils ne correspondent pas aux prophéties que vous avez faites et de donner des explications oiseuses pour se justifier. Mais les faits sont têtus et les mensonges répétés ne font pas une vérité, quand bien même les trompés sont nombreux et contents de l’être.

Les faits?

– Le CO2 n’est pas la cause mais il peut être l’effet d’un réchauffement climatique

– Depuis 18 ans la température de la Terre n’a pas augmenté, bien que la proportion de CO2 d’origine anthropique ait augmenté

– Le CO2 est bon pour les plantes: pendant ces 18 ans la couverture foliaire a augmenté de 11% et les déserts ont reculé

– La banquise en arctique n’a pas disparu et se reconstitue chaque année

– Depuis l’ère des satellites il n’y a jamais eu autant de glace au pôle Sud

– Les ours blancs n’ont pas disparu comme prévu: de 5’000 individus qu’ils étaient en 1970, ils sont aujourd’hui 30 à 35’000, n’en déplaise au WWF

La faillite culturelle

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Philippe de Villiers : «Le pouvoir n’a plus de pouvoir : c’est une clownerie»

HOME FIGARO VOX VOX POLITIQUE

Par Alexandre Devecchio , Eléonore de Vulpillières

Publié le 16/10/2015 à 20:22

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Trois semaines après leur sortie, les mémoires politiques de Philippe de Villiers écrasent les autres livres politiques de la rentrée, sans pourtant faire naître chez lui la tentation du retour. Explications.


Philippe de Villiers est le créateur du Puy du Fou et le fondateur du Mouvement pour la France. Il s’est présenté aux élections présidentielles françaises de 1995 et de 2007. Il est également écrivain. Son dernier livre Le moment est venu de dire ce que j’ai vu est paru le 1er octobre 2015 aux éditions Albin Michel.


http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/10/16/31001-20151016ARTFIG00371-philippe-de-villiers-le-pouvoir-n-a-plus-de-pouvoir-c-est-une-clownerie.php

 

LE FIGARO. – Votre livre est un triomphe public qui rappelle un peu celui du Suicide français d’Eric Zemmour. Comment l’expliquez-vous? Ces succès d’édition cachent-ils un phénomène de société?

Philippe DE VILLIERS. – Cette lame de fond s’explique par l’immense désarroi des Français lucides, désemparés, submergés par un sentiment de dépossession d’eux-mêmes et qui craignent le pire. Mais le désarroi n’est pas une explication suffisante, il y a aussi une soif de connaître, depuis la coulisse, les cheminements et officines qui nous ont conduits au désastre. Beaucoup de gens veulent savoir comment ont été descellées les pierres d’angle, comment la machine à décerveler les pensées justes a procédé pour vitrifier les esprits libres, comment se sont imposées la terreur et la haine de soi jusqu’à faire perdre à la France son âme et à la mettre en danger de mort.

Mon livre est un témoignage qui propose plusieurs clés de compréhension. Ma conscience civique s’est éveillée en mai 1968. J’ai vu derrière le grand chambardement, se profiler le boboïsme, l’idéologie en fusion du bourgeois-bohème, libéral-libertaire. J’ai connu de l’intérieur le creuset de l’ENA, cette couveuse à crânes d’œuf qui fabrique en série les «ingénieurs sociaux». J’ai regardé comment le système produisait des poulets de batterie hors sol à la Juppé-Fabius, choisissant au hasard leur emballage de sortie, leur étiquette. J’ai vu comment la grande broyeuse à apparatchiks confisquait les talents et les passait au micro-ondes pour qu’ils soient, comme la viande attendrie, aseptisés et nourris à la pensée chloroforme.

Les hasards de la vie m’ont amené à côtoyer dans leur intimité les grands fauves, Giscard, Mitterrand, Chirac, puis les lapins-tambours Duracell et ludions électroniques du Sarkhollande, qui clignotent comme des néons. J’ai vu comment ils pirouettent et toupillent non plus au service de la France, mais «de leur parcours», en pratiquant l’hédonisme politicien. Tous ces gens propres sur eux plaisaient à M. Bertin de Ingres et à la bourgeoisie française qui se voulait «anationale» comme le disait de Gaulle. Ils promenaient leurs accents de gravité, ils savaient poser la main sur le cœur, ils portaient le costume trois-pièces du VIIème arrondissement des assureurs qui rassurent. En fait ils ont coulé la France, c’étaient des naufrageurs en cravate.

Ce succès ne vous donne-t-il pas envie de remonter sur le ring politique?

Je n’en ai pas envie et cela me paraît, dans les circonstances actuelles, inutile. En effet, nous ne sommes plus dans un système démocratique, nous avons basculé dans un système oligarchique protégé par une médiacaste mondialiste: la potestas est partie à Bruxelles et à Washington et l’auctoritas chez Ruquier. Impossible de survivre plus de cinq minutes quand on joue au rodéo de la vérité dans cette cabine de maquillage: on vous déstabilise, on vous déséquilibre, on vous peinturlure en paria, on vous rend grotesque, et vous terminez dans la sciure sous les sifflets playback. Seule la parole agréée est filtrée par le tamis idéologique de la pensée conforme.

Aujourd’hui, pour faire de la politique, il faut avoir beaucoup d’argent pour acheter les sondages, car ils sont prescripteurs et structurent l’offre. Et il faut accepter de participer au simulacre, au risque d’y perdre son honneur.

Les hommes politiques ont encore aujourd’hui le culot d’expliquer aux Français ce qu’ils feront demain, alors qu’ils savent parfaitement qu’ils n’ont plus le pouvoir. Or quand le pouvoir n’a plus le pouvoir, la parole n’est plus que gesticulatoire ; c’est une clownerie. Hollande, c’est René Coty avec son pot de fleurs dans les bras qui se produit au Plus Grand Cabaret du monde de Patrick Sébastien. Du pot de fleurs sort un bouquet d’étoiles, les étoiles du drapeau américain.

Ma parole d’homme politique était suspecte quand j’avais des mandats. Maintenant que je ne quémande plus de picotin de popularité, elle est écoutée et enfin reçue comme authentique.

Si vous êtes un homme politique et que vous voulez avoir de l’influence, quittez donc la scène politique, remontez sur l’Aventin et alors, vous serez entendu. C’est dire à quel point le système politique est en voie de décomposition puisque toute parole publique sur fond de mandat est discréditée. Les hommes politiques pratiquent tous ensemble et en même temps le «mentir vrai» d’Aragon: «Moins il y aura de frontières, plus il y aura de sécurité. Plus il y aura de mosquées, moins il y aura d’islamistes. Plus il y aura de migrants, moins il y aura de chômeurs. Plus on aidera al-Qaida en Syrie et les «salafistes modérés» – Laurent Fabius disait il y a encore un an d’al-Nosra qu’ «elle faisait du bon boulot» – plus vite se réglera le conflit syrien. Etc.». A force de proférer ce genre de paradoxes ludiques, les hommes politiques ont changé de catégorie, dans l’esprit public. Ils sont passés à la rubrique «comédie-spectacle» où s’affichent Brutus et Yago.

Vous-même n’avez-vous pas participé à ce système? Pourquoi avez-vous rejoint Nicolas Sarkozy en 2009?

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Les vrais-faux témoins de Svetlana Alexievitch

La lauréate du Nobel 2015 revendique une écriture fondée sur des témoignages. Sa méthode pose pourtant quelques problèmes.

Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature 2015. (©MAGNUS HALLGREN / DN / TT/SIPA)
Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature 2015. (©MAGNUS HALLGREN / DN / TT/SIPA)

Dans un entretien donné en 2010 à la revue «XXI», Svetlana Alexievitch comparaît son travail à celui d’Anna Politkovskaia, journaliste russe assassinée quelques années plus tôt. (Les deux femmes étaient amies.) «Anna Politkovskaia faisait un travail extraordinaire, disait l’écrivain,mais c’était du journalisme, c’est tout à fait différent. Les questions métaphysiques ne l’intéressaient pas du tout. Je ne suis pas journaliste au sens strict. Je me sers du journalisme pour me procurer les matériaux, mais j’en fais de la littérature.»

C’est ainsi que le travail d’Alexievitch est souvent présenté: une pratique quasi-journalistique qui, par son ampleur et sa profondeur, devient autre chose, une sorte de littérature documentaire. Pour chacun de ses livres, l’écrivain biélorusse dit recueillir plusieurs centaines de témoignages, jusqu’à sept cents. Elle en sélectionne quelques dizaines, et elle les monte.

En lui donnant le prix Nobel, l’Académie suédoise a récompensé une œuvre étrange, assez radicale dans sa forme. Elle a entériné le basculement de la littérature contemporaine vers la non-fiction. Dans le temps, elle avait couronné Bergson, Russell ou Churchill. Mais, à l’exception de quelques poètes, elle semblait depuis longtemps n’avoir que des romanciers dans son champ de vision. Alexievitch est la première lauréate dont le travail touche d’aussi près, d’une façon aussi méthodique et revendiquée, au documentaire.

L’homme collectif

Svetlana Alexievitch est née en 1948. Elle a commencé à écrire des livres au début des années 1980, à un peu plus de 30 ans. A cette époque, elle est journaliste dans «un petit journal soviétique de province, en Biélorussie», comme elle le raconte à «XXI». «Ce qu’on me demande au journal n’a pas grand intérêt et je le fais sans me fouler», se souvient-elle.Sur les conseils d’un écrivain biélorusse, Ales Adamovitch, elle décide alors d’aller recueillir des témoignages de femmes ayant combattu dans l’armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale.

Pendant deux ans, le livre qu’elle en a tiré est bloqué par la censure, jusqu’à ce qu’il paraisse à  Moscou à la faveur de la Perestroïka naissante, en 1985, sous le titre «la Guerre n’a pas un visage de femme». L’ouvrage finit entre les mains de Mikhaïl Gorbatchev, qui en dit du bien dans un discours, à l’occasion du quarantième anniversaire de la capitulation allemande. Il se vend à deux millions d’exemplaires, porté par la bénédiction du Secrétaire général et le scandale public: la «vieille garde communiste» s’énerve dans la presse de ce livre «pacifiste» qui montre la guerre comme un tissu d’anecdotes monstrueuses, et non comme une épopée prolétarienne.

La manière d’Alexievitch est déjà là : «la Guerre» est principalement composé de témoignages, de monologues, de voix. Elle intervient de manière très ponctuelle en tant qu’auteur. Par la suite, elle s’effacera presque complètement. C’est le début d’un projet littéraire intitulé «les Voix de la grande utopie», qui consiste à faire parler les Soviets de ce siècle invraisemblable qu’on leur a infligé. Une polyphonie de la catastrophe permanente: la guerre, le stalinisme, la misère, l’idéal communiste, la répression soviétique, l’enfer afghan, le drame nucléaire, le passage brutal à l’ultra-libéralisme, la restauration poutiniste.

Traductrice de plusieurs de ses livres, Galia Ackerman juge que «son œuvre touche à quelque chose de très sensible»:

Ses livres sont un seul texte dont le héros collectif est l’homme soviétique. Nous pensions que cette espèce, qui met les intérêts de son pays et l’orgueil national avant ses propres intérêts, allait disparaître. Or, 25 ans plus tard, nous constatons qu’il n’en est rien, qu’elle est même plus vivante que jamais. ‘‘La Fin de l’homme rouge’’ est un faux titre [le titre original peut être traduit par: ‘‘le Temps secondaire’’]. Le livre ne parle pas de la fin, mais de la mystérieuse persévérance de l’homme rouge. Nous avons aujourd’hui un Etat russe dirigé par un homo sovieticus très dangereux, soutenu massivement par sa population. C’est ce mystère, qui nous concerne tous, qu’elle essaye de percer.»

On l’a beaucoup comparée à Chalamov et Soljenitsyne, par réflexe de rassembler les écrivains de l’ex-bloc soviétique sous le label de la dissidence. Mais le lien le plus étroit qu’elle entretient avec eux, c’est sans doute cet usage intensif du témoignage collectif, si important dans «l’Archipel du Goulag» (composé à partir de 227 témoignages), et du fragment.

« Je n’écris pas  une histoire sèche (…), j’écris l’histoire des sentiments, écrit-t-elle.

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