Thierry Baudet : «La nation est le meilleur cadre pour traiter la crise migratoire»

Par Eléonore de Vulpillière

Publié le 08/01/2016 à 20:22

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – La crise des migrants ébranle l’Europe. En Allemagne, Angela Merkel affronte une opinion publique de plus en plus hostile. L’analyse de l’intellectuel néerlandais Thierry Baudet.


Intellectuel néerlandais, Thierry Baudet enseigne le droit public à l’Université de Leyde. Il est l’auteur de Indispensables frontières. Pourquoi le supranationalisme et le multiculturalisme détruisent la démocratie aux éditions du Toucan.


LE FIGARO. – Dans votre livre Indispensables frontières vous estimiez qu’un des problèmes majeurs de l’Europe résidait dans son absence de frontières intérieures. Alors que la crise migratoire n’a toujours pas trouvé de solution, il faudrait revenir aux frontières intérieures?

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/01/08/31002-20160108ARTFIG00352-thierry-baudet-la-nation-est-le-meilleur-cadre-pour-traiter-la-crise-migratoire.php

Thierry BAUDET. – Absolument. Et pas seulement pour des raisons pratiques. Je pense que c’est un droit moral inaliénable pour les nations que de pouvoir décider seules de ceux qu’elles veulent accueillir et de ceux qu’elles ne veulent pas laisser entrer chez elles. Aucun aréopage bureaucratique supranational ne peut réclamer cette prérogative.

La Convention de Schengen est entrée en vigueur en 1995. Plus de vingt ans plus tard, comment se fait-il que l’espace Schengen soit constamment comparé à une passoire?

Parce que Schengen est une passoire depuis l’origine. Non seulement des frontières ouvertes n’ont jamais

résolu le moindre problème mais elles n’ont même pas été conçues pour résoudre un problème: comme l’euro, c’était une non-solution à un non-problème, le seul but, inavoué, étant de forcer les peuples européens à constituer des États-Unis d’Europe.

La nation est-elle le cadre le plus adapté pour gérer la crise migratoire? Est-il envisageable que les 28 Etats de l’UE décident, d’un commun accord, de confier davantage de pouvoirs à la Commission en la matière?

Je pense que la nation est, en effet, le meilleur et même le seul cadre dans lequel la crise migratoire peut être traitée, tout simplement car c’est uniquement au niveau national que les responsables politiques ont autorité pour agir. En fait, la Commission européenne ne fonctionne que lorsqu’elle gère des dossiers non controversés, essentiellement non politiques. Chaque pays souhaite en réalité adopter une politique migratoire différente. Si l’Allemagne menace d’attirer à nouveau l’Europe dans l’abîme en raison de son complexe de supériorité (cette fois, supériorité de l’universalisme illimité et de l’humanitarisme), les autres pays devront se prémunir contre elle par l’élaboration de leurs propres politiques d’immigration et la défense de leurs frontières. Ce qui a d’ailleurs déjà commencé.

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Pour le Dr Bonnot, intervenu, à la Bonne Bière, « certains blessés auraient pu être sauvés »

Crédit Photo : AFP

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2015/11/15/pour-le-dr-bonnot-intervenu-la-bonne-biere-certains-blesses-auraient-pu-etre-sauves-_780646

Riverain de deux restaurants cibles, vendredi soir, de fusillades, le Dr Michel Bonnot s’est précipité sur les lieux vendredi soir et s’est trouvé bien démuni, même après l’arrivée des pompiers.

Il a fait parvenir son témoignage au « Quotidien ». Le voici :

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« Je suis anesthésiste–réanimateur et il se trouve que j’ai une grande expérience des blessures de guerre. J’habite à quelques dizaines de mètre de la rue de la Fontaine au Roy. J’ai tout de suite reconnu le staccato des fusils d’assaut et sans perdre une minute je me suis précipité pour porter secours. La Casa Nostra n’avait pas encore été attaquée et 4 corps gisaient à la terrasse de la « Bonne Bière ». Je découvrirai les autres corps et blessés à l intérieur plus tard. Les deux hommes étaient morts. Sans appel. Deux jeunes femmes agonisaient. Avec un sapeur en civil nous avons essayé de réanimer la première. Massage, bouche à bouche… L’autre allongée sur le coté respirait et parlait à faible voix… J’ai pensé qu’elle allait s’en sortir seule.citation

citation

Que le temps a semblé long d’attendre l’arrivée des camions de sapeur ! 20 minutes c’est une éternité ! J’ai demandé d’urgence le renfort du médecin. Il n’y en avait pas. Le brigadier m’a dit que le SAMU arrivait. Alors j’ai demandé du matériel pour commencer le déchocage de la petite : pour la perfuser et l’intuber afin de la mettre sous assistance cardio-respiratoire. Il n’y avait rien ! Seulement de l’oxygène, des couvertures de survie et des garrots pour les membres. Même pas de morphine pour les blessés qui hurlaient de douleurs ! La petite a alors lâché et est partie entre mes mains… La fusillade à la Casa Nostra a commencé et il a fallu en catastrophe se replier à quatre pattes dans la brasserie en tirant les corps des morts et des blessés graves dans les éclats de verre et le sang comme des sacs de pommes de terre.citation

Discours de Robert Ménard, Maire de Béziers, lors de la cérémonie du 11 novembre

Discours de Robert Ménard, Maire de Béziers, lors de la cérémonie du 11 novembre

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Monsieur le ministre
Monsieur le sous-préfet,
Monsieur le député,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les présidents d’associations,
Mesdames et Messieurs,

11 novembre 2015 ! 11 novembre 1915 !
Nous voici à nouveau au rendez-vous du centenaire de la Grande Guerre, nous voici à nouveau devant le souvenir de ceux qui ne sont plus. Ils étaient nos arrières-grands-parents, nos grands-parents, et, pour certains des plus âgés d’entre nous, nos parents. Ce qu’ils ont vécu, nous ne pouvons pas le comprendre car nul, oui nul ne peut partager quatre années de guerre, quatre années de boue, quatre années de mort.

Et si nous ne pouvons le comprendre, comment pourrions-nous réellement en apprendre, en retenir quelque chose ? Et si l’on ne peut aborder cette histoire avec notre esprit, que nous reste-t-il, sinon le cœur, sinon l’âme, sinon les tripes ?

L’immense masse de ceux qui combattirent, tous ces sacrifiés, tués, amputés, gazés, défigurés, acceptèrent leur destin cruel parce que c’était pour la France. Prétendre autre chose, c’est insulter leur mémoire.

Ne retenir de la Grande Guerre que les mutins ou les déserteurs en dit long sur la perversité de ceux qui font ce choix, de ceux qui ne savent célébrer que les défaillances et se moquent de l’héroïsme. Mais il est vrai que depuis la fable de La Fontaine, nous savons que les moucherons peuvent vaincre les lions…

Transformer 14-18 en un prêche pacifiste, bêlant, émasculé, c’est arracher aux morts face à l’ennemi tout ce qui leur reste : la gloire de leur sacrifice.

Dans le Journal de Béziers qui vient de paraître, nous posons cette question : que peut bien signifier la Grande Guerre pour les jeunes générations ? Sans doute pas grand-chose…

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Quel sursaut national et républicain pour gagner cette guerre?

Sursaut national

http://www.eric-verhaeghe.fr/quel-sursaut-national-et-republicain-pour-gagner-cette-guerre/

La France est en guerre! dans une guerre protéiforme certes, mais pas si nouvelle. La guerre de 14, déjà, avait commencé par une phase de terrorisme avant de se transformer en conflit militaire ouvert. La particularité de la guerre qui vient est d’être à la fois intérieure (par des actions terroristes dont on sait maintenant qu’elles peuvent être vastes, meurtrières, bien plus aveugles encore que le 7 et le 8 janvier), et extérieure, avec des opérations directes sur le terrain, au Mali, en Syrie, et probablement ailleurs dans les mois qui viennent.

Certains continuent le déni et attendent le prochain attentat encore plus meurtrier, encore plus dévastateur pour se poser la question de la bonne réaction à avoir. Au nom de la lutte contre le fascisme, d’ailleurs, ceux-là sont les meilleurs alliés du fascisme: ils refusent toute action pour précipiter la décomposition de notre régime (qui n’en avait guère besoin) dans les pires conditions qui soit. Le vide politique qu’ils prônent de fait constitue la meilleure préparation à un coup autoritaire qui aura définitivement raison de nos libertés.

Pour éviter ce suicide de la démocratie, il faut gagner cette guerre qui nous est déclarée. Pour gagner cette guerre, seul un sursaut national et républicain sera capable d’inverser la spirale de l’impuissance sur laquelle nous déclinons depuis plusieurs années. La question que beaucoup se posent est de savoir en quoi doit consister ce sursaut. Voici quatre idées pour orienter l’action.

Lancer un pacte laïque

On en pense ce qu’on en veut, mais la laïcité constitue un socle de cohésion nationale simple à comprendre et à pratiquer, qui a le mérite d’avoir fait ses preuves. Encore faut-il avoir le courage politique de l’adapter au contexte nouveau et de le mettre en oeuvre sans mollir, mais sans excès.

Pour remettre les pendules à l’heure sur un sujet qui a connu des interprétations glissantes depuis plusieurs années, il est à mon sens indispensable de formule un nouveau pacte laïque expliquant clairement que la religion est une affaire privée et qu’elle n’a pas sa place dans les affaires publiques.

Ceci implique d’une part l’interdiction de porter un signe religieux extérieur dans la rue, surtout lorsqu’il est sexuellement discriminant. Si le port du voile, en particulier, pouvait s’envisager dans un univers pacifique, il est aujourd’hui le symbole d’une affirmation religieuse qu’il faut se décider à passer à l’as. De même, les prières de rue, ou dans les parcs publics, doivent être interdites. Les imams qui prêchent le terrorisme doivent être expulsés.

Sur le fond, il faut expliquer, sans hargne mais sans faiblesse, avec respect et empathie, à l’ensemble des communautés religieuses en France que leur liberté de pratique s’arrête là où la vie publique commence.

En contrepartie, toute discrimination, notamment dans l’orientation scolaire ou dans l’accès à l’emploi, doit être durement pénalisée.

Refranciser la France

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Qui est Omar Ismaïl Mostefaï, le preneur d’otages français?

Le preneur d’otage français qui a fait exploser vendredi soir sa ceinture d’explosif après avoir tiré sur le public d’un concert au Bataclan était un petit délinquant de droit commun, originaire de l’Essonne, fiché pour radicalisation depuis 2010.
Bataclan Attentats Paris
Le Bataclan au lendemain de l’attaque. (Visual Press)

http://www.lejdd.fr/Societe/Qui-est-Omar-Ismail-Mostefai-le-preneur-d-otages-francais-759913

Né le 21 novembre 1985 à Courcouronnes (Essonne), Omar Ismaïl Mostefaï a été formellement identifié par le « relevé de ses empreintes papillaires », à partir d’un doigt retrouvé dans les décombres de la salle de spectacle parisienne, a affirmé samedi soir le procureur de Paris François Molins. Cet homme de 29 ans a fait exploser vendredi soir sa ceinture d’explosif après avoir tiré sur le public d’un concert au Bataclan.

Un passage en Syrie en 2014?

Jusqu’à présent, il n’était connu que pour des petits délits : son casier judiciaire fait mention de huit condamnations entre 2004 et 2010, sans aucune incarcération. Il « a fait l’objet en 2010 d’une fiche S pour radicalisation », mais « n’a par contre jamais été impliqué dans un dossier de filière ou d’association de malfaiteurs terroriste », a souligné le procureur.

Selon une source proche de l’enquête, Omar Ismaïl Mostefaï fréquentait assidument la mosquée de Lucé, en Eure-et-Loir. Les enquêteurs tentent par ailleurs de confirmer que le kamikaze a bien séjourné en Syrie en 2014, ont affirmé des sources policières.

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