Les Fonctionnaires

Les fonctionnaires participent évidemment à la richesse de la nation.

Les fonctionnaires sont-ils des travailleurs comme les autres ?

S’il est évident qu’un Etat ne doit pas embaucher des fonctionnaires sans tâches précises à leur confier, il est faux de dire que les fonctionnaires ne créent pas de richesse : au contraire, la valeur ajoutée créée par les agents publics reste sous-évaluée.

La fonction publique est une condition de l’activité économique

Il s’agit d’une évidence qui ne perd rien à être réaffirmée : sans un Etat garant des libertés et de la justice, il ne peut y avoir aucune activité économique. En effet, l’Etat garantit le respect de la loi donc des contrats passés entre les entités économiques. Pour cela, police et justice sont nécessaires. Par ailleurs, le développement des infrastructures favorise la croissance économique parce qu’elles permettent les échanges et favorisent l’implantation d’entreprises. Enfin, une population instruite et éduquée offre une main d’oeuvre hautement qualifiée aux entreprises qui peuvent ainsi produire et innover.

En participant au processus de production de biens et de services, les fonctionnaires créent des richesses

Les fonctionnaires ne font pas que participer, de façon indirecte, à la création de richesse. Ils produisent eux-mêmes de la richesse, laquelle est comptabilisée dans le produit intérieur brut d’une nation (PIB).
La richesse produite correspond à la valeur ajoutée créée. Un bien ou un service dispose de valeur dès lors qu’il a une utilité. L’activité des fonctionnaires s’inscrit bien dans cette définition puisque le service rendu dispose bien d’une utilité sociale : soit il s’agit d’un service public de caractère régalien (police, justice), auquel cas il est la condition de toute activité économique; soit il s’agit de la fourniture d’une prestation (éducation, aide sociale) auquel cas le service est valorisable puisqu’il a une utilité pour celui qui en bénéficie.

La richesse créée par la fonction publique est sous-évaluée

De façon générale, la richesse créée par le secteur public est largement sous-évaluée. En effet, aucun prix de marché n’est associé au service ou à la prestation rendue par le secteur public, si bien que la valeur créée est comptabilisée à son coût de production (traitements, frais généraux) : celui-ci est toujours inférieur, pour un même service ou une même prestation, à celui d’une entreprise privée qui y ajoute le profit attendu. Penser que les fonctionnaires ne créent pas de richesse revient à dire qu’une collectivité publique ne produirait aucune valeur parce qu’elle fournit une prestation à un coût moindre que le secteur privé. Cela est absurde.
Prenons l’exemple de l’éducation. Entièrement nationalisée, gratuite et payée par l’impôt, beaucoup pensent à tort qu’elle est une charge utile mais qu’elle ne constitue pas une richesse. Supposons ensuite que ce même service d’éducation soit fournie par une (ou plusieurs) entreprise (s) privée (s) : celle-ci, en réalisant des profits, créerait bien de la valeur ajoutée et donc de richesse. Ainsi le service fourni par une entreprise privée à un prix élevé (parce qu’il intègre le profit) produirait de la valeur tandis que le même service, fourni par la collectivité à titre gratuit, n’en créerait pas ? La prestation fournie est pourtant la même.
On pourrait prendre un autre exemple issu secteur de la santé : un hôpital public ne créerait pas de valeur alors qu’une clinique privée en produirait, alors même que les services rendus sont identiques (assurer la santé des individus) ?
La création de valeur et de richesse ne dépend pas du secteur de production (public ou privé) mais uniquement du travail nécessaire à la réalisation du bien ou du service. Le fonctionnaire est un salarié comme un autre qui créé de la valeur comme tout autre travailleur.

Les dépenses de fonctionnaire sont réinjectées dans l’économie

Il convient aussi de rappeler que, même si le secteur public a un coût et que ses missions et son périmètre d’intervention peuvent être redéfinis, les dépenses du secteur public ne sont jamais perdues parce qu’elles contribuent à l’activité économique générale. Les traitements des fonctionnaires sont dépensés en logements, en bien courants et en loisirs qui assurent la rentabilité du secteur privé tandis que les dépenses de fonctionnement et d’investissement des collectivités publiques viennent grossir le carnet de commandes des entreprises privées. Ainsi les dépenses publiques constituent-elles moins une ponction sur l’économie qu’un vaste circuit d’échanges et de redistribution des revenus entre agents économiques.
Tout travailleur participe donc, qu’il relève du secteur public ou du secteur privé, au processus de production de richesse d’une nation parce que le travail, et lui seul, constitue la seule source de création de valeur. Ainsi la question d’une rémunération plus juste du travail, c’est-à-dire plus élevée, doit-elle être au cœur du débat économique et social.

http://observatoiredesidees.blogspot.fr/2011/06/les-fonctionnaires-sont-ils-des.html


Chiffres

La fonction publique française emploie 5,4 millions d’agents (2012) : elle représente 72 agents pour 1 000 habitants, et 20 % de l’emploi total en France. Environ 20 % de ces salariés travaillant à temps partiel, l’effectif en équivalence temps plein est d’environ 5 millions d’emplois.

au sens strict, elle comprend l’ensemble des agents appartenant à :

  • la fonction publique d’État (FPE), qui occupent les emplois permanents de l’État (2,5 millions)
  • la fonction publique territoriale (FPT), qui travaillent dans des collectivités territoriales que sont les régions, départements, communes, intercommunalités, et établissements publics de coopération intercommunale (1,9 millions)
  • la fonction publique hospitalière (FPH), formée de certains établissements hospitaliers (1,15 millions)

On y ajoute parfois la fonction publique parlementaire pour désigner les fonctionnaires d’État de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Emploi Fonction Publique

Fonction publique d’État (FPE) – 2014

Répartition des 1 906 424 emplois de l’État 2014Analyse par nature des charges budgétaires de l’État pour 2014

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s