Le coût du chômage

Le coût insoutenable du chômage

Par Jean-Yves Archer – Publié le 27/04/2015

Le chômage a encore progressé en mars et dépasse désormais la barre des 3,5 millions en métropole. Jean-Yves Archer s’interroge sur le coût de ce fléau social.


Jean-Yves Archer est économiste. Il dirige le Cabinet Archer et anime le think tank de recherche économique Archer 58 Research. Il est diplômé de l’E.N.A, promotion de 1985, et est titulaire d’un doctorat en Economie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. En savoir plus sur son site.


Les chiffres du mois de mars sont connus. Le chômage est toujours orienté à la hausse ( + 15400 ) . C’est une épreuve pour des milliers de personnes. C’est un signal d’alarme pour notre économie qui semblait se diriger vers une certaine reprise. C’est aussi un camouflet pour le Gouvernement qui ne parvient pas à maîtriser cette funeste variable qui devrait être au cœur de sa politique économique: le sous-emploi.

Devrait car en fait, elle ne l’est pas vraiment. Le chômage est plus victime d’effet d’affichage que de politiques économiques consistantes. Il suffit de constater le peu d’efficience des emplois aidés du type contrats de génération.

Dans une note de l’AFEP ( 2013 ) alors présidée par Maurice Lévy, il est fait mention de la «perte de compétences «que génère le chômage de longue durée. Cette érosion de l’employabilité est un défi majeur que ne règle en rien la loi du 5 mars 2014 sur la formation professionnelle. Celle-ci continue à faire la part belle aux «insiders «qui ont un emploi au détriment de crédits fléchés vers les publics plus fragiles que sont les demandeurs d’emploi. Il est urgent de réorienter cette disparité inique et antiéconomique et de donner une vraie chance aux chômeurs en matière de formation. Ceci peut, de surcroît, être atteint à coûts constants. Alors que fait l’Etat depuis des années? Non, former vraiment les chômeurs n’a pas été essayé.

D’autant que le chômage est une variable de flux et non de stock. Dans leur livre «Le chômage, fatalité ou nécessité «( 2004 ): Pierre Cahuc et André Zylberberg ont démontré, il y a déjà onze ans, que l’emploi est une variable de flux et que si 15% des emplois sont détruits, 15% d’emplois nouveaux apparaissent. Face à cette gestion imposée de près de 10000 personnes par jour ouvrable, il est requis de disposer de formes institutionnelles plus flexibles comme l’avait habilement préconisé le rapport Larcher d’avril 2012 ( formation professionnelle: synthèse Manpower )Ne serait-ce que pour voir baisser le nombre d’offres d’emploi non pourvues qui excède le demi-million.

Si l’on se saisit d’un rétroviseur pour mieux comprendre les erreurs à ne plus commettre, on aboutit très vite à la genèse de la lutte anti-chômage: création de l’ANPE le 13 juillet 1967 et loi de 1975 prévoyant l’indemnisation à 90% du salaire brut, abrogée en 1982. Ces mesures chiraquiennes étaient plus administratives que bénéfiques au plan économique comme l’ont montré plusieurs études qui s’appuient notamment sur la théorie du «job search «qui explique la coexistence d’un chômage involontaire ( le travailleur est privé d’emploi ) et d’un chômage volontaire ( le travailleur reste en recherche d’emploi tant que ses allocations chômage lui permettent d’attendre un poste qu’il juge optimal ). Ce versant de la situation a conduit la Cour des comptes à suggérer, en 2014, de resserrer la durée d’indemnisation du chômage ainsi que son niveau maximum possible qui est le plus élevé d’Europe au-dessus de 6200 euros par mois.

Sur ce point, l’Etat demeure «l’empereur des injonctions contradictoires «pour reprendre la toute récente formule de Stéphane Richard, président d’Orange, au sujet de l’Etat actionnaire. ( interview iTélé ). D’un côté, il tente de dépister les fraudes sociales et les abus, de l’autre il demeure passif souvent par souci électoraliste comme le montre le silence pesant de certains aspects de la future loi Rebsamen et les intentions gommées du ministre.

Selon la convention Etat-Unedic-Pôle emploi du 18 décembre 2014 ( période 2015-2018 ), l’accent sera mis sur la réduction des imperfections d’informations entre offreurs et demandeurs de travail. La flexibilité du marché du travail passe là encore par une économie de la connaissance et par la réduction de l’effet Ackerlof ( asymétrie d’informations ). Mais hélas, nous ne sommes pas confrontés qu’à un chômage de type frictionnel.

Edmond Malinvaud ( ancien directeur général de l’INSEE ) a démontré ( «Nouveaux développements de la théorie macroéconomique du chômage «, Revue Economique, janvier 1978 ) la coexistence d’un chômage classique ( rigidités de l’offre et de la demande sur lesquelles le Medef est centré ) et d’un chômage keynésien ( issu de la faible propension à embaucher en bas de cycle économique ).

Parallèlement, le CESE ( Conseil économique, social et environnemental ) vient de rendre un avis sur l’emploi des jeunes et a attiré l’attention sur la situation tendue des «Neet «( «not in education, employment or training «) et sur le fait qu’un jeune sur trois est surdiplômé par rapport à son emploi. Cette étude démontre l’inadéquation entre l’offre et la demande de travail et le chômage frontal qui atteint la jeunesse. La flexibilité permet d’inverser le principe qui consiste à «équiper les individus pour faire fonctionner le marché plutôt que d’équiper le marché pour faire fonctionner les individus». ( Gautié et Gazier, 2003 ). ( ANPE, mars 2003: «Transitions et trajectoires sur le marché du travail». Depuis 12 ans, il est difficile de contester que ces études ont conduit à des politiques économiques erronées.

Sept ans après le déclenchement de la crise en 2008, la France est progressivement confrontée à un chômage de masse qui affecte désormais la vie de 3,6 millions de personnes voire 5 selon les modes de dénombrement malgré le léger reflux de janvier.

Ce phénomène engendre un coût financier stricto sensu ( à l’exception de ces coûts sociaux et humains ) qu’il faut approcher selon deux axes distincts.

Premier axe: le coût annuel comptable direct du chômage.

Trois principaux coûts doivent être enregistrés au passif de la collectivité en matière de chômage.

– Tout d’abord, le coût de l’indemnisation versée aux chômeurs;

– Puis, la prise en compte de la réduction de la masse salariale qui induit de moindres cotisations sociales;

– Enfin, les recettes fiscales érodées par le tassement des revenus des personnes privées d’activité professionnelle.

Ces trois coûts recouvrent la quasi-intégralité du coût annuel du chômage mais il est toutefois nécessaire de signaler trois types de coûts qualifiés d’adjacents.

Deuxième axe: les coûts annuels adjacents:

– Comme dit supra, le chômage est un flux de personnes et non un stock inerte. Il est donc délicat de déterminer par période calendaire de référence ( année x ou y ) un cumul de coûts qui puisse prétendre à l’exhaustivité numérique. Autrement dit, la dynamique des variables observées autorise une typologie analytique mais pas des recoupements statistiques fiabilisés.

– Aux trois coûts principaux, il faut ajouter le coût adjacent du financement de l’assurance-chômage. Ainsi, l’UNEDIC doit dépenser des sommes conséquentes pour se refinancer, pour honorer sa dette cumulée de plus de 21 milliards d’euros ( prévision de 25,9 mds à fin 2015 ), de surcroît avec la garantie de l’Etat, que celui-ci glisse subrepticement en engagements «hors-bilan».

– A côté de ce coût des canaux de financement de l’assurance-chômage, il faut bien évidemment intégrer le coût de la gestion administrative. Depuis 2008, les effectifs et les moyens de Pôle emploi ont dû être renforcés ce qui est opportun au plan opérationnel mais dispendieux en termes de finances publiques tout comme le fût l’histoire de l’Anpe.

Du fait des enjeux pour la Nation, il est pleinement légitime de tenter d’énoncer un chiffrage sur le coût du chômage selon les grands items précités.

Selon plusieurs sources, l’indemnisation de 2,3 millions de chômeurs par l’UNEDIC coûterait, en coûts complets, un peu plus de 31,5 milliards d’euros. Les 1,3 millions de chômeurs additionnels coûterait près de 10,8 mds avec des situations statistiques complexes à déchiffrer lorsqu’il y a cumul de l’allocation chômage et de l’allocation «revenus d’activité réduite «dont 1,3 million de personnes sont bénéficiaires.

Ce premier chiffrage parcellaire situe donc autour de 42 mds le coût de l’indemnisation mais souffre d’un aléa de confection. Il est ici retenu un profil médian du chômeur qui occulte la disparité des cas de figure sur le terrain. Le récent rapport de la Cour des comptes ( qui avait notamment stigmatisé vertement le régime des intermittents du spectacle ) avait, lui aussi, eu recours à des précautions de méthode tout en soulignant clairement que le financement de l’indemnisation du chômage est «difficilement soutenable».

Or, et c’est là le point intéressant, des chiffrages internes à l’Administration ( repris dans Travail et Emploi de …1989 ) ont permis de démontrer une approximation du chiffrage du coût du chômage et une répartition selon les contributeurs.

En actualisant ces chiffres et en les adaptant au nouveau régime social ( impact du RSA post chômage ), on parvient à un coût du chômage de 76 milliards annuels répartis entre 42% pour l’UNEDIC ( 31,6 mds ), 31% pour la Sécurité Sociale ( 23,3 mds ) et 27% pour l’Etat et les collectivités locales ( 20,1 mds ).

Raymond Barre disait qu’il fallait «défricher avant de chiffrer»: ici la matière est brute et incomplète mais ce chiffrage donne plus qu’un ordre d’idées sans prétendre ne pas rencontrer des «degrés dans l’inconfort» pour reprendre le terme de M. Lagrave dans son étude de mars 1983: «Les difficultés d’évaluation du coût du chômage» ( Revue française des affaires sociales ). A meilleure preuve, certains avancent le chiffre de 110 milliards si on intègre les coûts sanitaires liés au chômage. Voir à titre d’exemple l’émission Chômage et santé du 15 janvier dernier sur France Inter.

Pour conclure, la France est durablement en délicatesse avec l’emploi même si les gains de productivité qui vont progressivement découler de l’économie numérique et de la connectivité des objets seront un rempart contre une baisse générale du pouvoir d’achat et feront émerger certains nouveaux secteurs. Contrairement à Patrick Artus ( voir son dernier livre: «Croissance zéro: comment éviter le chaos? «co-écrit avec Marie-Paule Virard ), je crois résolument à l’impact favorable des grappes d’innovation qui se font jour, mois après mois. D’ailleurs, après avoir lu ce récent ouvrage, il a été instructif de feuilleter – à titre d’exemple – le rapport annuel de sociétés innovantes telles que Dassault Systèmes dont le chiffre d’affaires 2014 ( 2,3 milliards d’euros ) a progressé de 15,8% notamment grâce à des outils de simulation appliqués à la gestion des villes ou à l’art chirurgical. Prévenir l’aléa médical est incontestablement un foyer de croissance au sein de l’économie de la santé. Autrement dit, il y aura de la croissance mais elle sera fortement inégalitaire entre les firmes et entre les personnes comme l’a prédit, il y a près de vingt ans le regretté Antoine Riboud ( Danone ). Nous marchons vers une société où l’indicateur d’inégalités qu’est le coefficient de Gini risque d’être scruté par les vrais politiques tout autant que ce funeste taux de chômage qui recouvre une réalité vertigineuse: la durée moyenne de présence au chômage a désormais dépassé les 500 jours et plus de 2,3 millions de personnes sont au chômage depuis un an ou plus. Alors, de grâce, essayons et essayons encore de lutter contre ce fléau!

http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2015/04/27/31007-20150427ARTFIG00329-le-cout-insoutenable-du-chomage.php


 

 

Emploi, à quoi ressemblera la France en 2022 ?

 

http://www.challenges.fr/emploi/20150427.CHA5319/emploi-a-quoi-ressemblera-la-france-en-2022.html

 

 

France Stratégie publie une grande étude sur les métiers en 2022. Objectif: identifier les secteurs en croissance et en déclin pour mieux orienter les jeunes sur le marché de l’emploi.

Des jeunes filles attendent pour une séance de "job dating" lors du forum "Paris pour l'emploi" en 2013. (c) AFPDes jeunes filles attendent pour une séance de « job dating » lors du forum « Paris pour l’emploi » en 2013. (c) AFP
France Stratégie, l’organisme de réflexion au service du Premier ministre, a remis ce mardi 28 avril au ministre du Travail, François Rebsamen, les résultats d’une grande étude intitulée « Les emplois en 2022 ». Mené pour la 3ème fois en 15 ans, ce travail prospectif sur l’évolution des secteurs d’activité et ressources en main d’oeuvre doit permettre de mieux anticiper les mutations et blocages du marché du travail. Avec, in fine, l’objectif d’améliorer l’orientation des jeunes et la formation professionnelle des moins jeunes. Pour s’approcher un maximum de la vérité, France Stratégie et la Dares ont réalisé leurs prévisions à partir de trois scénarios: une sortie de crise progressive, une crise et un redémarrage rapide de l’économie.

Voici les 10 leçons qu’il faut retenir de cette étude:

            1. 735.000 à 832.000 emplois à pourvoir chaque année grâce aux départs à la retraite

France Stratégie évalue entre 735.000 (scénario de crise) et 832.000 (scénario de croissance) le nombre d’emplois à pourvoir chaque année en France sur la période 2012-2022. Sur ce volume, 620.000 concernent uniquement le remplacement de départs à la retraite de la génération du baby boom. Cela signifie que près des 3/4 des postes à pourvoir résulteront des départs à la retraite, contre 1/4 qui concerneront des créations nettes d’emplois (115.000 à 212.000).

C’est une forte progression par rapport à la décennie précédente puisque sur la période 1993-20001, 400.000 personnes partaient à la retraite chaque année. Ce sont donc essentiellement les départs à la retraite qui vont participer au regain de dynamisme du marché du travail français au cours des prochaines années. Mais reste encore à trouver preneur! D’après l’étude annuelle de Pôle Emploi publiée en avril, 1,74 million de postes sont déjà vacants en France.

            2. Fort accroissement de la population active

Cette dynamique distingue nettement la France des autres grands pays européens: la population active va croître rapidement dans les prochaines années pour atteindre 29,5 millions de personnes en 2022, soit 1,2 million d’actifs de plus en dix ans. Un phénomène presque unique en Europe qui s’explique par une croissance démographique relativement élevée et l’augmentation du taux d’activité chez les seniors. Car certains pays comme l’Allemagne, l’Italie et la Belgique vont connaître, non pas une stagnation, mais une diminution de leur population active. En cause: la baisse de la population totale non compensée par l’immigration et la stagnation des taux d’activité depuis 2007.

              3. Féminisation et vieillissement de la population active

En progression ininterrompue depuis 1975, la part des femmes dans la population active va atteindre 49,1% en 2022, contre 47,4% en 2012 et 38,3% en 1975. C’est le résultat de la tertiarisation croissante de l’économie, au détriment de l’industrie et de l’agriculture. Par ailleurs, en raison du recul de l’âge de départ à la retraite et d’une arrivée de plus en plus tardive des jeunes sur le marché du travail, la population active va vieillir au cours des 10 prochaines années. Si le nombre d’actifs de 15 à 25 ans devrait rester quasiment stable (+ 0,7%), et celui des 25-54 ans diminuer légèrement (– 1%), à l’opposé, le nombre d’actifs âgés d’au moins 55 ans devrait progresser de 40%, soit près de 1,5 million d’individus supplémentaires pendant la période.

              4. Un peu d’optimisme pour les jeunes diplômés du supérieur

France Stratégie est plutôt optimiste. En effet, d’après lui, les secteurs qui constituent les débouchés traditionnels pour les jeunes diplômés du supérieur vont beaucoup se développer dans les prochaines années. Et, avec eux, l’emploi. Il en est ainsi par exemple des ingénieurs et techniciens de l’informatique, techniciens administratifs, architectes et techniciens du bâtiment, attachés commerciaux, personnels d’études et de recherche ou encore des professionnels de la communication et de l’information.

Pour les moins diplômés, les « perspectives d’augmentation des effectifs de vendeurs, coiffeurs-esthéticiens, cuisiniers et employés d’hôtellerie-restauration devraient aussi profiter aux jeunes débutants qui sont nombreux dans ces différents métiers, avec des niveaux de diplômes assez variés », avance France Stratégie. Enfin, si le secteur des services à la personne recrute encore peu de jeunes diplômés, la création de « baccalauréats professionnels » pourraient inverser la tendance, suggère le rapport.

              5. Situation délicate pour les seniors

Alors que le nombre de seniors en emploi va fortement progresser jusqu’en 2022 (voir point 3) se pose la question de leur reconversion. En effet, les métiers actuels où l’on observe une sur-représentation des seniors sont les moins dynamiques sur le plan de l’emploi et donc les plus sujettes aux destructions d’emplois. Il s’agit des fonctions d’ouvriers, agents d’entretien, enseignants, employés et cadres administratifs, agriculteurs, conducteurs de véhicule, cadres de la fonction publique et médecins ou assimilés. « Pour renforcer l’emploi des seniors, il sera donc nécessaire d’augmenter sensiblement leur présence relative dans des métiers où ils sont actuellement peu nombreux, par des politiques volontaristes de recrutement ou de maintien dans l’emploi, notamment par des accords d’entreprise ou de branche », estime France Stratégie.

               6. Une métropolisation accrue des emplois qualifiés

Au niveau de la dynamique territoriale de l’emploi, étroitement corrélée à l’évolution démographique, les régions qui ont connu les plus fortes progressions ces dernières années devraient, logiquement, continuer sur leur lancée jusqu’en 2022. France Stratégie prévoit ainsi des perspectives plutôt favorables pour les régions de l’Ouest et du Sud et dévavorables pour celles du Nord et de l’Est.

Au-delà de ces territoires, ce sont surtout les grandes métropoles qui vont concentrer l’essentiel des créations d’emplois de la prochaine décennie. Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Rennes, pour ne citer qu’elles, vont largement profiter de cette métropolisation accélérée de l’emploi. Un mouvement d’autant plus fort que ces jobs créés sont, dans l’ensemble, plus qualifiés que la moyenne et donc moins sensibles à la conjoncture économique. A contrario, les territoires isolés, ruraux, à forte dominante industrielle, connaîtront des difficultés s’ils n’entament pas une politique dynamique de revitalisation.

                7. Les secteurs et métiers les plus porteurs d’ici 2022

Sur les 19 secteurs d’activité identifiés comme tels par France Stratégie, 6 offriront plus de 500.000 emplois à pourvoir entre 2012 et 2022, soit au moins 50.000 par an. Il s’agit des secteurs de la fonction publique et professions juridiques (529.000) des transports, logistique et tourisme (540.000), du BTP (554.000), de la gestion et administration des entreprises (823.000), du commerce (827.000) et surtout des métiers des services aux particuliers et aux collectivités (1,2 million).

A l’intérieur de ces catégories, certains métiers ont particulièrement le vent en poupe. C’est le cas par exemple des agents d’entretien (387.000 postes à pourvoir sur 2012-2022), aides à domicile (322.000), comptables et financiers (244.000), aides-soignants (233.000), vendeurs (232.000), infirmiers (219.000), employés administratifs de la fonction publique (211.000) et cadres commerciaux (205.000).

Globalement, les métiers d’aides à la personne et ceux très qualifiés sont les plus porteurs d’ici 2022. La croissance des métiers de cadres serait presque deux fois plus forte que celle de l’ensemble des métiers (1,2% contre +0,7%).

Les emplois dans le secteur « gestion et administration des entreprises »:

Les emplois dans le secteur des services à la personne :

 8. Les secteurs et métiers les moins porteurs d’ici 2022

A l’inverse, un certain nombre de secteurs vont enregistrer une très faible progression de leurs effectifs, c’est à dire qu’ils proposeront moins de 200.000 emplois au cours de la prochaine décennie. Outre l’agriculture (182.000), on retrouve aussi des secteurs industriels comme l’électricité et l’électronique (54.000), les matériaux souples, bois et industries graphiques (90.000), la mécanique et le travail des métaux (186.000), l’informatique (191.000) et enfin les métiers des industries de process (193.000).

Dans le détail, les métiers les moins porteurs dans les prochaines années sont: les ouvriers non-qualifiés en électricité-électronique (5.000 postes à pourvoir sur 2012-2022), les employés et opérateurs de l’informatique (6.000), les marins-pêcheurs (7.000), l’armée, la police et les pompiers (8.000) et les ouvriers non-qualifiés mécanique et travail des métaux (12.000).

                9. Quasi maintien de l’emploi agricole

Le nombre d’emplois dans le domaine de l’agriculture, de la marine et de la pêche devrait continuer à s’éroder au cours des dix prochaines années, mais à un rythme bien moindre que lors des précédentes décennies comme le montre ce graphique. Les métiers agricoles et de la mer perdraient 76.000 emplois entre 2012 et 2022, soit une baisse de 0,8 % par an en moyenne, plus faible que celle observée sur les deux décennies précédentes 2002-2012 (– 1,1 %) et 1992-2002 (– 4,1 %). Cette érosion concerne en premier lieu les agriculteurs et les éleveurs tandis que le nombre de techniciens, cadres de l’agriculture, jardiniers, maraîchers et même marins-pêcheurs devraient progresser.

L’augmentation du nombre de techniciens et cadres dans l’agriculture est à mettre en parallèle d’une « salarisation » croissante des agriculteurs. Entre les départs à la retraite et les créations/destructions nettes d’emplois, 182.000 postes seraient à pourvoir sur la période 2012-2022, dont 73.000 chez les jardiniers/maraîchers et 71.000 chez les agriculteurs/éleveurs.

               10. Des perspectives moroses dans la fonction publique

Réduction des dépenses publiques oblige, les recrutements dans la fonction publique sont en berne. Et ça ne devrait pas changer dans les prochaines années, et ce, même si la situation macro-économique s’améliore dans l’Hexagone, avance France Stratégie. Les effectifs devraient baisser de 0,4% par an selon le scénario central, soit 83.000 destructions nettes d’emplois sur la décennie. Cette contraction des emplois concernerait principalement les catégories B et C de la fonction publique, les militaires, les policiers, et les pompiers, tandis que les cadres de la fonction publique et les professionnels du droit seraient plus nombreux. Le remplacement partiel des départs à la retraite (612.000 par an) devrait néanmoins permettre à l’Etat de proposer 529.000 postes chaque année.

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