Général Pinatel : après Nice, « nos dirigeants doivent s’attaquer à la prédication wahhabite »

Par Alexis Feertchak Publié le 16/07/2016 à 15:05

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Face au terrorisme, en complément de la question militaire au Levant ou sécuritaire sur le territoire national, l’effort des dirigeants politiques doit porter sur la reconnaissance de la nature religieuse du conflit qui frappe la France, estime le Général Pinatel.


Le général (2S) Jean-Bernard Pinatel est expert en géostratégie et en intelligence économique. Il tient le blog Géopolitique et géostratégie. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages, dont Carnets de guerres et de crises aux Éditions Lavauzelle en 2014.


http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/07/16/31001-20160716ARTFIG00082-general-pinatel-apres-nice-nos-dirigeants-doivent-s-attaquer-a-la-predication-wahhabite.php

FIGAROVOX. – Que vous inspire la concomitance entre le défilé militaire du jeudi matin et l’attentat du jeudi soir? Est-ce l’illustration de la nature asymétrique de la guerre que la France mène contre l’Etat islamique?

Général (2S) Jean-Bernard Pinatel: On n’est pas dans une guerre asymétrique, mais dans une guerre de nature et d’inspiration religieuse: le wahhabisme mène une guerre civile mondiale pour l’unicité (tawhid), contre le

s apostats du monde entier (les occidentaux) et les musulmans polythéistes, comme les chiites et les sunnites shirk (opposés à l’unicité, c’est à dire qui se réfèrent au prophète Mohamed au même titre qu’à Allah ). Cette guerre pour faire reconnaître que la révélation d’Allah s’impose à tous et à toutes les autres lois se fonde sur la doctrine wahhabite. Nos responsables politiques sont des laïques et de ce fait sous-estiment totalement la dimension religieuse de cette da’wa (prosélytisme) wahhabite.

Ce n’est pas uniquement avec des forces armées que l’on vaincra le Califat d’Al-Baghadi. C’est en s’attaquant à la prédication wahhabite qu’on laisse s’exprimer dans une centaine de mosquées en France et qui réussit à convertir à ce courant réformiste et radical de l’Islam des musulmans sunnites, courant qui place le djihad comme un devoir premier.

On n’est évidemment pas prêt à cela. Car comment expliquer autrement l’erreur stratégique d’Obama et de François Hollande qui se sont lancés dans une déstabilisation du régime laïc d’Assad en Syrie, qui n’est certes pas le meilleur des chefs d’Etats, mais qui luttait comme le faisaient Saddam Hussein et Kadhafi en leur temps contre ce fondamentalisme islamique et le terrorisme qu’il inspirait. Croire qu’au Moyen-Orient, où se joue depuis trois siècles une lutte religieuse sans merci entre les différents courants de l’Islam, que l’on pourrait remplacer les dictatures par des démocraties est une méconnaissance totale ou une arrogance immense. On a vu ce qui s’est passé en Egypte où heureusement l’armée a mis fin à l’aventure des frères musulmans qui ont le

même objectif final que les djihadistes, mais qui espèrent imposer l’Etat islamique en jouant le jeu démocratique.

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Erdogan sauvé par ses amis Américains

16 Juillet 2016

 

http://www.tunisie-secret.com/Erdogan-sauve-par-ses-amis-Americains_a1625.html

Les militaires nationalistes devaient mettre fin à la dictature des Frères musulmans en Turquie mais l’intervention de l’aviation de l’OTAN a fait échouer ce projet de redressement entrepris par des kémalistes.


Le Frère musulman Erdogan sauvé par le Frère Barack Hussein Obama.

Le Frère musulman Erdogan sauvé par le Frère Barack Hussein Obama.
Dans la nuit de vendredi à samedi, la panique s’est emparée d’Istanbul et d’Ankara, après la tentative de renversement du régime islamiste, menée par des soldats nationalistes qui avaient annoncé vendredi la prise du pouvoir par l’armée en raison de l’alliance implicite entre Erdogan et les terroristes de Daech dont il recyclait le pétrole volé en Irak et en Syrie, ainsi que de la dérive dictatoriale de ce Frère musulman en costume cravate.

De nombreux Turcs sont sortis dans les rues pour manifester leur satisfaction de se débarrasser de leur tyran, alors que les affrontements faisaient rage entre les militaires nationalistes-kémalistes et les loyalistes aux Frères musulmans.

Après 18 heures d’affrontement et d’incertitude, le basculement s’est produit avec l’intervention de l’aviation de l’OTAN qui a bombardé les positions des rebelles nationalistes. Au moins 100 personnes, dont 17 policiers à Ankara, ont été tuées durant ces affrontements. Des tirs depuis des hélicoptères ont été rapportés, et des bombes ont touché le Parlement.

Des tirs et des explosions ont été également entendus dans la capitale Ankara durant toute la nuit du vendredi à samedi, alors que les grandes artères d’Istanbul et les ponts enjambant le Bosphore ont été bloqués par les militaires nationalistes.

Un total de 1563 militaires ont été arrêtés en lien avec cette tentative de renversement du régime islamiste. En outre, cinq généraux et 29 colonels ont été démis de leurs fonctions. Le chef de l’armée, qui était pris en otage, a été libéré des rebelles nationalistes et conduit dans un lieu sûr, selon un haut responsable Turc.

Rassuré par ses amis Américains, Recep Tayyip Erdogan, qui était en vacance, a atterri à Istanbul juste avant l’aube et a déclaré que le gouvernement restait maître de la situation. De sources bien informées, Rached Ghannouchi et ses acolytes n’ont pas dormi de la nuit, la chute du régime islamiste turc signifiant leur propre fin en Tunisie dont ils ont pris le contrôle depuis 2011 grâce à la Turquie, au Qatar et aux Etats-Unis.

Le boucher d’Istanbul se savait menacé d’où sa récente tentative de rapprochement de Poutine, son opération de charme à l’égard d’Israël et sa tentative de réconciliation avec l’Egypte à laquelle le président Abdelfattah Al-Sissi a répondu par une fin de non recevoir. Le renversement du régime islamiste que les Américains ont installé en Turquie il y a près de quinze ans a certes échoué. Mais le Frère musulman Erdogan est incontestablement fragilisé et ses jours à la tête de la Turquie sont désormais comptés…comme les jours du terroriste « modéré », Rached Ghannouchi !

Lilia Ben Rejeb   

Qu’appelle-t-on le gouvernement profond?

Des lectrices et lecteurs m’ont demandé d’expliquer ce que j’entends par l’expression de « gouvernement profond », que j’utilise souvent et à laquelle je dédie d’ailleurs une rubrique sur ce blog. Les premiers jours d’été m’ont paru donner l’occasion de l’évanescence parfaite pour traiter ce sujet un peu aride. On me pardonnera de n’en donner toutefois qu’une première approche sommaire.

http://www.eric-verhaeghe.fr/quappelle-t-on-gouvernement-profond/

Gouvernement profond et « deep state ».

La notion de gouvernement profond fait partiellement référence à la notion anglo-saxonne de « deep state ». J’insiste sur le fait que, dans mon esprit, les deux notions sont connexes mais non réductibles l’une à l’autre. La notion de « state », d’État, fait en effet référence à une structure de décision en bonne et due forme, à une organisation qui serait « deep », c’est-à-dire cachée, dissimulée.

L’expression me paraît s’exposer assez naturellement à l’accusation de complotisme. Elle suggère en effet qu’il existe un espace conscient et organique où des décisions se prennent dans l’ombre et font l’histoire.

Le gouvernement profond part du principe qu’il n’existe pas un « État dans l’État », qui agirait à l’insu des citoyens. Il suggère plutôt l’idée que les décisions, dans nos démocraties, sont prises selon des processus complexes, informels, non structurés, mais capables d’orienter les décisions officielles ou de se substituer à elles. Le principe du gouvernement profond est de confier la conduite de la société à une élite qui dispose des moyens d’exercer une influence déterminante sur les décisions collectives.

Quelques mots sur les théories du « deep state »

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