L’islam, une religion de la culpabilisation…

… et de la compétition?

http://www.causeur.fr/islam-islamisme-djihadisme-fethi-benslama-38370.html

Jean-Paul Brighelli
anime le blog « Bonnet d’âne » hébergé par Causeur.Publié le 25 mai 2016

Myriam B. est une jeune musulmane comme on aimerait en voir plus souvent : originaire des quartiers nord de Marseille, elle a su en sortir, elle est apparemment libérée, mène la vie qu’elle entend, et réussit de brillantes études — elle est présentement en master de droit. Vêtue plus ordinairement de mini-jupes et de jeans moulants que de voiles — en fait, elle n’a jamais porté de voile. Maquillée assez pour avoir l’air d’une seconde Nefertiti — une Egyptienne d’avant l’islam. Ajoutons qu’elle est issue d’une double souche algéro-marocaine, preuve que les frères ennemis peuvent, s’ils le veulent, faire l’amour et pas la guerre. En elle, il y a les traits fins d’une Berbère, et la culture d’une fille formée à l’école de la République — ou plutôt, elle a fait l’effort de sortir de l’enseignement de l’ignorance pour se cultiver réellement. Je lui ai communiqué mon analyse du livre de Fethi Benslama dont je parlais la semaine dernière, et elle a bien voulu me faire partager ses réactions de lecture. Qu’elle en soit remerciée.

Myriam B. : Un jour, ma mère m’a surprise en mini-jupe et m’a lancé : « Myriam, tes os sont voués à l’enfer ! » — une malédiction dont l’écho résonne encore en moi. Parce qu’à l’inverse du chrétien, il n’y a pas pour le musulman de rédemption intermédiaire. Pas de pardon des offenses — pas ici-bas en tout cas.

Jean-Paul Brighelli : Qu’entendez-vous par « pas de rédemption intermédiaire » ?
Ce qu’il faut savoir, c’est que la culpabilité musulmane est une culpabilité religieuse spécifique — ce n’est pas la culpabilité religieuse que l’on connaît. Lorsqu’un catholique se confesse auprès d’un prêtre, le repentir est une démarche qui implique autrui, elle est hors de soi, autrui (le prêtre) est acteur dans la confession. En islam, il en est autrement. L’équivalent du prêtre est l’imam, qui n’est présent que comme conseil. Si un musulman avoue ses fautes auprès d’un imam, ce dernier ne pourra que le conseiller de bien agir afin que Dieu lui offre sa miséricorde ; mais il ne pourra pas lui garantir le pardon. Le repentir est une démarche absolument solitaire, elle est en soi, elle n’implique personne d’autre que soi, impactant l’image que l’on a de soi. Dieu n’est pas acteur, il reçoit la demande de pardon mais reste silencieux. Alors que le prêtre garantit le pardon, l’imam conseille de s’en remettre à Dieu, un Dieu infiniment silencieux. Deus tacitus !

On reste donc coupable à vie ?

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Les bottes neuves de M. Juppé

Par Frédéric Rouvillois – Publié le 27/04/2016

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/04/27/31001-20160427ARTFIG00401-les-bottes-neuves-de-m-juppe.php

FIGAROVOX/TRIBUNE – Europe, économie, vision des institutions, immigration… autant de thématiques sur lesquelles Alain Juppé tient des discours variables. Pour Frédéric Rouvillois, l’ancien premier ministre reste «droit dans ses bottes», mais il n’a pas de bottes ; ou plutôt, s’il en a, il en change souvent.


Frédéric Rouvillois est professeur de droit public et écrivain. Il a publié de nombreux ouvrages sur l’histoire des idées, notamment L’Invention du progrès, aux origines de la pensée totalitaire (CNRS Éditions, 2010), ainsi que des essais sur la politesse, le snobisme et les institutions, et plus récemment Une histoire des best-sellers (Flammarion, 2011) et Crime et utopie, une nouvelle enquête sur le nazisme, a été publié chez Flammarion. Son dernier livre Être (ou ne pas être) républicain est publié aux Editions du Cerf (240 p, 14 euros).


Si Alain Juppé rassure la ménagère de plus ou moins de 50 ans, le cadre supérieur retraité et le patron de PME, bref, s’il tend à s’imposer peu à peu comme le candidat naturel de la droite conservatrice – tout en suscitant un tel vague à l’âme du côté de la gauche morale -, ce n’est pas seulement pour ses prestigieux diplômes (il n’est pas le seul), ni pour sa chaleur humaine, ni en raison de son expérience de Premier ministre (à la limite du catastrophique, jusqu’à l’apocalyptique dissolution ratée de 1997), ni même parce que Jacques Chirac disait de lui qu’il était «le meilleur d’entre nous» ( l’ex Président s’étant souvent fourré le doigt dans l’œil). C’est aussi, et peut-être surtout, en raison d’une formule qui, à l’époque, lui avait valu une réputation de rigidité, mais qui semble attester aujourd’hui de sa constance, de sa fermeté, de sa rigueur morale et de son sérieux devant les épreuves: «droit dans mes bottes!» Comment, en effet, ne pas faire confiance à quelqu’un qui a déclaré cela? Comment ne pas applaudir à ce surdoué qui, en plus, assure renoncer aux contorsions, aux reculades, aux petites manœuvres que l’on reproche à ses pairs en politique, et tout spécialement à François Hollande? Juppé? Lui, au moins, reste fidèle à ses convictions, droit dans ses bottes, qu’il neige ou qu’il vente!

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