Le temps des coups d’Etat rampants

Le cas Dilma

Finalement, aujourd’hui, quand on veut faire un coup d’Etat, on n’a plus besoin du folklore sanglant de jadis : des chars dans les rues, des paras surarmés aux carrefours, des étudiants parqués dans les stades, des ministres arrêtés au petit matin et deux ou trois brutasses galonnées, si possible en lunettes noires, pour parler sur une unique chaîne de télévision et que les stations de radio diffusent de la musique classique.

Ca, c’était dans le monde d’avant, l’archétype du coup d’Etat ayant eu lieu un 11 septembre 1973, au Chili. En général, le coup d’Etat est de droite pour une raison simple : l’armée est rarement de gauche et quand la gauche arrive au pouvoir, c’est toujours considéré par la droite comme un horrible accident de parcours qui trouble l’ordre légitime des choses. Certes, le coup d’Etat, aussi appelé putsch ou pronunciamiento, est parfois de gauche comme en Russie en 1917 ou au Portugal en 1974. Mais il est suivi d’un processus révolutionnaire alors que le coup d’Etat de droite est suivi d’un processus réactionnaire. C’est toute la différence par exemple entre Pinochet à Santiago et les capitaines d’avril au Portugal, un guitariste aux doigts tranchés et un œillet dans le canon d’un fusil d’assaut.

Maintenant, en matière de coup d’Etat, les choses sont à la fois plus compliquées et plus simples. Plus compliquées parce qu’à l’époque d’Internet, il est tout de même très difficile de verrouiller l’information et de fermer ses frontières, même temporairement, deux choses absolument nécessaires quand vous voulez faire le ménage chez vous et apprendre aux partageux de toutes sortes à filer droit. Mais c’est aussi plus simple car l’information n’a plus besoin d’être verrouillée puisqu’elle est entre les mains de quelques-uns et que les banques, par exemple, sont plus efficaces que les blindés pour mettre à genoux un pays.

Souvenons-nous de l’année dernière, en Grèce. Des gens très polis, avec de jolies cravates dans des bureaux climatisés de Bruxelles ont expliqué très calmement mais très fermement à Alexis Tsipras que demander son avis à son peuple n’était pas une chose à faire et que s’il ne signait pas sur le champ un memorandum leur permettant de presser la Grèce jusqu’à la dernière goutte, ils allaient renvoyer son pays à l’âge de pierre en coupant les liquidités : bref, on a vu comment un distributeur de billets vide était plus efficace qu’une mitrailleuse lourde pour faire courber l’échine à toute une population.

Le coup d’Etat est même parfois invisible, ou presque. Si on accepte comme définition le fait d’imposer à un pays le contraire de ce pour quoi il a voté, il y a eu un coup d’Etat en France le 8 février 2008. Après avoir fait réviser la Constitution le 4, le président Sarkozy faisait ratifier le traité de Lisbonne par voie parlementaire quatre jours plus tard, traité de Lisbonne qui était, on s’en souviendra, une resucée à peine modifiée du TCE rejeté par 55% des électeurs moins de trois ans plus tôt.

Un renversement postmoderne

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Un jour prochain où les villes interdiront aux humains de conduire

par jlduret 13 Mars 2016

http://jlduret.blog.sfr.fr/2016/03/un-jour-prochain-ou-les-villes-interdiront-aux-humains-de-conduire.html

Un jour prochain où les villes interdiront aux humains de conduire

Bill Gates aime visiblement jouer les oracles du Web. Il a participé à une séance de questions/réponses sur le forum Reddit où il a pu distiller sa vision du futur. Interrogé sur l’avenir des voitures autonomes, le cofondateur de Microsoft prédit que certaines villes pourraient interdire aux humains de conduire leur véhicule afin de privilégier la sécurité des systèmes automatisés.

Une vision orwellienne ou réaliste ?

Selon Bill Gates, l’avenir proche verra la voiture autonome s’imposer comme un moyen de transport si sûr que les humains pourraient se voir interdire de prendre le volant dans certaines zones urbaines.

« De mon vivant, ce sera chose courante. Il y a aura des villes où on ne vous permettra pas de conduire une voiture ».

Voilà la réponse adressée en vidéo par Bill Gates, lorsqu’on lui demande quand on aura des voitures autonomes. La réponse est courte, mais elle a le mérite de rappeler qu’un véritable débat entre sécurité et liberté naîtra dans les prochaines décennies, entre les partisans de la liberté de conduire sa propre voiture, et ceux qui trouveront plus sûrs de laisser les machines aux commandes.

Comme nous l’avions expliqué l’été dernier, conduire soi-même pourrait devenir illégal le jour où il sera démontré que les robots conduisent mieux que les hommes et les femmes. Les autorités publiques seront tentées d’interdire à l’humain de mettre en danger les autres (et lui-même) par sa maladresse, son alcoolémie potentielle ou son endormissement.

Et les assurances, qui limiteraient considérablement le risque couvert, feront aussi pression pour tendre un maximum vers le « zéro accident » promis par la technologie.

Dans une ville où ne circuleraient plus que des véhicules autonomes, les embouteillages et les accidents pourraient disparaître.

La voiture autonome ne boit pas et ne s’endort pas

Par ailleurs du point de vue de l’organisation de la circulation en milieu urbain, la machine a des atouts certains que l’Homme est incapable d’offrir.

Elle dispose d’excellents réflexes qui réduisent à rien le temps de réaction, d’une rapidité d’exécution inégalable, et d’une possibilité de communiquer simultanément avec des dizaines de véhicules pour recueillir des données en temps réel et extrêmement précises sur la localisation, la direction et la vitesse de chaque voiture ou camion à proximité.

Or, ces atouts inégalables par l’humain permettront aux municipalités d’envisager une tout autre méthode de gestion du trafic.

Nous avions ainsi rappelé cette idée aussi folle que géniale de supprimer les feux de circulation, en misant sur la capacité des véhicules robots de s’insérer dans le trafic sans causer le moindre accident, afin d’offrir une fluidité inégalée (reste à régler le problème de sécurité pour les piétons, ce qui demandera par exemple d’aménager davantage de passages sous-terrain ou de ponts urbains).

Le blog d’Eric Verhaeghe: 10 propositions pour me situer

propositions
http://www.eric-verhaeghe.fr/10-propositions-me-situer/

Plusieurs lecteurs me demandent de formuler des propositions pour mieux comprendre mes prises de position. Sans vouloir fonder un programme, qui serait prétentieux et ne m’intéresse pas vraiment, je glisse ici 10 idées-propositions majeures auxquelles je crois pour que chacun puisse me situer dans son échiquier.

1 – réformer la vie publique

Je reprends ici les propositions que j’ai déjà éparpillées dans mes écrits:

  • interdire plus d’une réélection à un même mandat (ce qui permet d’éviter le cumul dans la durée)
  • fusionner les communes (il en faut environ 10.000) et supprimer la nébuleuse des intercommunales
  • abandonner la réforme des régions
  • fusionner le Sénat et le Conseil Economique et Social, l’ouvrir à des mandats transitifs (mandats provisoires accordés à des experts sur des sujets précis)
  • supprimer le détachement des fonctionnaires dans les fonctions électives (la mise en disponibilité doit être obligatoire), et dans les cabinets ministériels
  • transparence obligatoire des revenus et des patrimoines des élus tout au long de leurs mandats
  • transparence de toutes les données publiques, conformément à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen

2 – réformer l’Etat

Là encore, je reformule des propositions éparpillées:

  • supprimer le statut de la fonction publique pour les directeurs d’administration
  • licencier les directeurs d’administration qui n’atteignent pas les objectifs de performance fixés par le Parlement
  • supprimer la fonction publique hospitalière
  • supprimer la justice administrative et la fusionner avec la justice judiciaire, en créant des chambres administratives dans les juridictions
  • limiter le rôle du Conseil d’Etat au conseil du gouvernement, le supprimer en tant que cour contentieuse

3 – restaurer les libertés publiques

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Une nuit entière prisonnier du politiquement correct

J’ai fait un (mauvais) rêve

Franck Crudo

Franck Crudo Publié le 20 avril 2016

http://www.causeur.fr/bien-pensance-politiquement-correct-37835.html

La nuit dernière, j’ai fait un rêve bizarre. Le genre de rêve qui fout vraiment les jetons. J’étais prisonnier d’un monde total(itair)ement politiquement correct. Une sorte de dystopie orwellienne, en pire. Massacre à la tronçonneuse ou Vendredi 13 à côté, c’est presque un conte pour enfants… Je vous raconte.

C’est le jour de Noël. J’allume la radio et me rends compte que seul France Inter émet, au moment même où Patrick Cohen passe la main à Nicolas Demorand. Bizarre. Du coup je mets en marche ma télé. Toutes les chaînes sont payantes et cryptées, hormis celles du service public, iTélé et Arte. Le journal de 13 h de France 2 est présenté par Noël Mamère, lequel a arrêté la politique après ses 0,3 % à la dernière présidentielle pour se consacrer de nouveau au journalisme.

J’apprends ainsi que le pays est gouverné par un Comité de bien-pensance publique dirigé par Edwy Plenel et composé de six hommes et six femmes, mixité oblige. Parmi ses membres figurent Clémentine AutainJean-Louis BiancoAymeric CaronCaroline de HaasEva Joly, Gérard Filoche, Gérard Miller ou encore Alain Juppé. Une goutte de sueur perle sur mon front. J’apprends également que Michel Houellebecq vient d’être retrouvé mort à son domicile. De source officielle, il se serait suicidé d’un coup de poignard dans le dos.

Mamère lance ensuite un reportage sur la prison du Temple, apparemment restaurée, où sont enfermés Eric ZemmourElisabeth BadinterAlain Finkielkraut et Malek Boutih, tous inculpés pour « islamophobie ». Michel Onfray a, lui, été condamné par contumace car il s’est réfugié à Cuba. Par curiosité, je zappe sur iTélé et tombe sur Claude Askolovitch qui regarde dans les yeux la caméra en disant « Pas de stigmatisation, pas d’amalgame ». Un quatrième attentat a eu lieu cette semaine en Belgique. Déprimant.

Je tente ma chance sur France 3 où une naine unijambiste et borgne présente la météo régionale. Vu sa coupe de cheveux et son accoutrement, je me demande si elle n’est pas lesbienne. Mais je n’en suis pas certain. Bon, j’enfile mon manteau et décide de faire un tour au jardin du Luxembourg. En sortant, je croise mon nouveau voisin pakistanais. Un homme charmant, même si l’on a du mal à se comprendre tous les deux.

A chacun son wagon camarade !

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Le turc est devenu une « langue officielle de l’UE »

19 avril 2016

turquie-europe

http://www.medias-presse.info/le-turc-est-devenu-une-langue-officielle-de-lue/53023

Le turc est devenu une « langue officielle de l’UE » avant le moindre vote sur l’adhésion

Le Parlement européen a voté par 375 voix contre 133 l’initiative du président chypriote Nicos Anastasiades, qui a demandé à la présidence néerlandaise de l’Union d’ajouter le turc aux 24 langues officielles de l’UE, dans l’espoir de faciliter les efforts en faveur de la réunification de l’île.

Cette décision – qui va gonfler de 31 millions d’euros le budget annuel de l’UE – a rendu furieux les opposants, qui y voient une nouvelle preuve que l’accession de la Turquie à l’UE est « pratiquement assurée ».

En cas d’adhésion, la Turquie serait le deuxième pays le plus peuplé de l’UE après l’Allemagne, voire le premier après 2018 selon les projections. Ce qui, dans le système de majorité qualifiée, lui accorderait une prédominance.

Le revenu par habitant de la Turquie représente à peine un quart de celui du Royaume-Uni, ce qui fait craindre une immigration économique massive.

David Davis, partisan du Brexit et ancien parlementaire de l’opposition, a déclaré : « En appuyant l’adhésion de la Turquie – un pays aux frontières poreuses avec l’Irak, l’Iran et la Syrie – l’UE n’aide pas vraiment à la sécurité de la Grande-Bretagne ».

C’est la première fois qu’une langue autre que celles des Etats membres accède au statut de langue officielle de l’UE.

Source : express.co.uk

Le crépuscule du mouvement du changement climatique

par Par Judith Curry 19 Avril 2016

Le crépuscule du mouvement du changement climatique

Ne vous laissez pas avoir par la fanfare parisienne : le mouvement du changement climatique va se voir confronté à de gros problèmes.

http://jlduret.blog.sfr.fr/2016/04/le-crepuscule-du-mouvement-du-changement-climatique.html

Voici des extraits du long article intitulé Green Idols: Twilight of the Climate Change Movement écrit pour The National Interest par Mario Loyola.

Le sommet climatique de l’ONU à Paris fin 2015 s’est achevé par un feu d’artifice

Les gouvernements du monde ont promis des coupes radicales dans les émissions de carbone. Les pays riches ont promis d’aider les pays pauvres avec 100 milliards de dollars par an pour les aider. Tout le monde est d’accord pour voir là un résultat majeur historiquement.

Puis vint le croustillant : l’accord n’est pas contraignant

Le Secrétaire d’État John Kerry assura sur Meet the Press de la NBC que la conformité serait imposée par « l’arme puissante » de l’humiliation publique, impliquant apparemment une politique de confrontation verbale avec les états défaillants.

Le scientifique danois Bjorn Lomborg qualifia l’accord de Paris comme « le plus coûteux de l’histoire » si appliqué. Selon Lomborg, l’accord « réduirait les températures d’à peine 0,05 degrés Celsius (0,09 degrés Farenheit) d’ici 2100… c’est tout simplement du théâtre politique, destiné à nous convaincre que nos chefs s’attellent sérieusement à la tâche… un geste incroyablement coûteux mais presque inopérant. Jim Hansen, scientifique de la NASA, un des premiers partisans de l’idée que le réchauffement global est d’origine humaine, qualifia l’accord de « foireux, contrefait » et « d’escroquerie ».

L’évaluation de Hansen est probablement proche de la vérité – et lui et ses amis n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes.

Bien que ceux qui nient proprement toute possibilité de réchauffement global puissent être directement mis de côté, les alarmistes ont été bien trop prompts à écarter les questions légitimes sur ce que montre la réalité.

En fait, ils ont fréquemment qualifié de telles questions d’hérésies à persécuter, adoptant une mentalité encore plus agressivement anti-scientifique que ce dont ils accusent les autres.

En même temps, du côté politique, la demande des alarmistes pour un contrôle économique mondial, y compris un plafonnement des carburants fossiles, est largement recyclée des précédentes modes scientifiques catastrophiques, comme la peur de la pénurie de pétrole de la fin des années 70.

Les pays pauvres en payent le prix

En dépit des énormes coûts qu’imposeraient ces politiques, particulièrement sur les pays pauvres, elles ne feraient pratiquement rien pour stopper le changement climatique anthropique, encore moins protéger quiconque de l’incessant changement climatique naturel qui est une des principales et inévitables caractéristiques de notre planète.

Elles détournent aussi l’attention des investissements qui rendraient la société moins vulnérable au changement climatique.

Les réchauffistes vont avoir, sous peu, de gros problèmes

Ne vous laissez pas avoir par la fanfare parisienne : le mouvement du changement climatique va se voir confronté à de gros problèmes.

Ses propositions principales contiennent deux erreurs majeures qui ne deviendront que plus voyantes avec le temps.

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Timeo Soros…

NOUVELLEAKS par Slobodan Despot

http://antipresse.net/

Vous avez entendu parler de Timeo Danaeos et Dona ferentes ? Non ? Rassurez-vous, vous n’avez rien raté. Ce n’est pas le couple de trans néerlando-ibériques qui est certain de remporter le prochain concours Eurovision de la chanson. Ce n’est pas non plus un duo de claquettes. L’air de rien, c’est une phrase. Une formule. Une sentence, carrément. Son tort, c’est qu’elle est en latin, une langue morte jadis parlée par quelques castes réactionnaires du Vieux Continent. Du coup, on est dispensé de l’apprendre. On est même fortement encouragé à l’ignorer.

Nous n’en étions pas encore conscients dans notre enfance, mais les écoliers d’aujourd’hui, et surtout leurs pédagogues, le savent : il n’est pas utile de connaître le latin ni son alter ego pédérastique, le grec ancien. C’est superfétatoire, limite nocif. Pourquoi les jeunes gens se chargeraient-ils d’un fardeau plus lourd encore que leurs rucksacks remplis de tablettes, d’écouteurs, de chargeurs et de manuels scolaires obsolètes depuis le jour de leur parution ? Le grec moderne, passe encore : il permet de commander le gyros aux indigènes ruinés du sud-est européen. Mais essayez, pour voir, de commander le même gyros en grec ancien !

Où caser un tel bric-à-brac ? Apprendre le grec et le latin au XXIe siècle, c’est comme reconstruire les relais de poste quand on a des autoroutes. Remonter un atelier de dentellière. Ressortir le Rolleiflex de grand-papa pour diffuser les photos de la teuf sur Instagram. Vous imaginez le sparadrap ? Des langues qui charrient deux mille ans de lois, de poèmes, de mémoires, de sagesses, de préceptes de gouvernement et de maximes de vie ? Autant s’embarquer sur le train fantôme ! C’est un défilé d’ombres dans une odeur de tissus moisis !

Une civilisation de la méfiance

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