Le pape François: « On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social »

L’Europe, un lieu devenu vide ? L’expression est forte. Elle vise juste et fait mal. Elle est aussi angoissante. Car dans l’histoire des civilisations le vide appelle toujours le plein. D’ailleurs, le pape se fait clinique. « On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social », affirme-t-il froidement, comme on relèverait que le fond de l’air est frais.


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Conversation politique avec le pape François

© Patrice Obert
© Patrice Obert

Mardi 1er mars le pape François a reçu à Rome, en audience privée, une délégation d’acteurs du christianisme social. Une rencontre organisée à l’initiative des Poissons roses et à laquelle Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de La Vie, participait. Récit.

Ne dites pas à mes enfants qu’hier, j’ai rencontré François. Ils risqueraient de demander ce qu’il a dit. Or mieux vaut ne pas mettre certains propos du pape dans toutes les oreilles. Prenez ce curieux aphorisme par exemple, saisi au vol : « Il vaut mieux demander pardon ensuite que de demander la permission avant ». À peu près le contraire de ce que tout parent répète à sa progéniture et de ce que tout bon catéchisme doit prescrire ! Comment ? Le pape de la miséricorde et du pardon inviterait-il à pécher en toute âme et conscience, délibérément ? L’Argentin serait-il un plaisantin ? À l’échelle de deux mille ans de christianisme, on a sans doute rarement eu l’occasion de rire avec le chef de l’Eglise catholique en se sentant complètement détendu. Mais c’est ainsi. Longtemps la papauté eut l’air sévère. Elle a pris avec François un autre visage, moins formel, moins lisse, plus spontané. « De combien de temps disposez-vous ? » demande ainsi l’homme le plus sollicité du monde en s’asseyant sur sa banquette, comme s’il avait la vie devant lui. La réponse fuse : « trois heures, Saint-Père ». « Mais pourquoi ? Je ne sais même pas pourquoi vous voulez me voir », s’amuse le pape, faussement candide et réellement bien informé. « Je vous reçois parce que mon ami le cardinal Barbarin, me l’a demandé ». On passera finalement une heure et demie ensemble, au lieu des trente minutes officiellement au programme.

François tel qu’en lui-même, donc. Le pape qui dépote. On s’attend à ce qu’il soit inattendu, il l’est. En pleine forme et fort en verve malgré trois ans de pontificat. Mardi 1er mars à 16h30, au rez-de-chaussée de la fameuse Casa Santa Marta qui lui sert de résidence et de bureau, sur le flanc écrasant de la basilique Saint-Pierre, François a accordé une étonnante audience à une trentaine de catholiques engagés dans le christianisme social. J’ai eu la chance de faire partie de l’équipée et de saisir au vol l’essentiel d’une conversation informelle qui n’est en rien une interview. Mais l’initiative en revenait à Philippe de Roux, le fondateur des Poissons roses, un petit courant de pensée né au sein du parti socialiste au moment des débats sur le mariage pour tous, rejoint pour l’occasion par un laboratoire d’idées d’inspiration personnaliste, Esprit civique. La délégation, une trentaine de personnes, comprenait en particulier trois députés français de gauche, Dominique Potier (Meurthe-et-Moselle), Monique Rabin (Loire Atlantique) et Bruno-Nestor Azerot (Martinique), des élus et militants locaux, ainsi que Jérôme Vignon, le président des Semaines sociales de France. Alors que le catholicisme français penche de plus en plus nettement à droite, l’événement n’avait rien d’anodin.

On le sait, les propos du pape actuel ne sont ni verrouillés par un service de communication, ni formulés en langue de buis, ni pesés au subtil trébuchet de la diplomatie pontificale. Mais le message est tout sauf confus. L’invitation à « demander pardon ensuite » plutôt que de « demander la permission avant », qui vient très vite dans la conversation, indique un complet renversement méthodologique. Elle introduit une part de risque intellectuel et même spirituel dans un système bloqué. C’est une injonction à récuser la peur qui paralyse l’Europe, tétanise l’Église et décourage la pensée libre. Une sorte de déséquilibre calculé, délibérément choquant, pour remettre la catholicité en mouvement en la sortant de sa torpeur conservatrice ou, à tout le moins, de sa zone de confort. Au cours de la conversation, le pape invitera cet auditoire très politique à « initier des processus plutôt que d’occuper des espaces. » Pour un catholique, aucun poste à conquérir, aucun pouvoir à réclamer, aucune position à tenir. Tout est affaire de mouvement et de lâcher prise. De transformation, dirait un Chinois.

Où va la France? Où va l’Europe ? Comment répondre à la crise spirituelle que traverse notre pays et notre continent ? Comment formuler une critique de la modernité qui ne soit pas réactionnaire ? On ne s’étonnera donc pas si l’échange porte largement sur la politique, au sens large du terme, incluant sa dimension spirituelle. Mais au-delà des propos tenus et des thèmes abordés, c’est le style qui frappe. La simplicité évangélique, le contact immédiat, l’attention intense. La disponibilité. L’homme d’intuition ne s’écrase pas sous le poids de l’institution, ce qui choque tant les puristes attachés à une papauté hiératique ou dogmatique. Au début et à la fin de l’entretien, pas une main qui ne soit serrée avec attention, pas un visage qui ne soit regardé. Vraiment. Sans lassitude. Le pape se lèvera même à un moment pour aller chercher de l’eau. Non pour lui mais pour Carmen, la jeune traductrice qu’il a fait asseoir à ses côtés, en fait une militante d’Esprit civique. Ou comment distinguer un maître spirituel d’une célébrité.

« L’Europe risque de devenir un lieu vide »

La conversation avec ce catholique né à Buenos Aires (Argentine) et exilé à Rome débute autour d’un philosophe juif né à Kaunas (Lituanie) et mort à Paris. « Emmanuel Lévinas  fonde sa philosophie sur la rencontre de l’autre », résume François. « L’autre a un visage. Il faut sortir de soi-même pour le contempler. » L’aventure des caravelles aurait-elle quelque chose de métaphysique ? « Depuis Magellan, on a appris à regarder le monde depuis le sud. Voilà pourquoi je dis que le monde se voit mieux de la périphérie que du centre et que je comprends mieux ma foi depuis la périphérie. Mais la périphérie peut être humaine, liée à la pauvreté, à la santé, ou à un sentiment de périphérie existentielle ». On sait l’importance que cette thématique a pris dans la prédication de François.

D’où une réflexion sur ce qu’hispaniques et anglophones appellent « globalisation » et nous « mondialisation ». « Il y a quelque chose qui m’inquiète », dit le pape. « Certes, la mondialisation nous unit et elle a donc des côtés positifs. Mais je trouve qu’il y a une bonne et une moins bonne mondialisation. La moins bonne peut-être représentée par une sphère : toute personne se trouve à égale distance du centre. Ce premier schéma détache l’homme de lui-même, il l’uniformise et finalement l’empêche de s’exprimer librement. La meilleure mondialisation serait plutôt un polyèdre. Tout le monde est uni, mais chaque peuple, chaque nation conserve son identité, sa culture, sa richesse. L’enjeu pour moi est cette bonne mondialisation, qui nous permet de conserver ce qui nous définit. Cette seconde vision de la mondialisation permet d’unir les hommes tout en conservant leur singularité, ce qui favorise le dialogue, la compréhension mutuelle. Pour qu’il y ait dialogue, il y a une condition sine qua non : partir de sa propre identité. Si je ne suis pas clair avec moi-même, si je ne connais pas mon identité religieuse, culturelle, philosophique, je ne peux pas m’adresser à l’autre. Pas de dialogue sans appartenance. »

« Le seul continent qui puisse apporter une certaine unité au monde, c’est l’Europe », enchaîne le pape. « La Chine a peut-être une culture plus ancienne, plus profonde. Mais l’Europe seule a une vocation d’universalité et de service. » François revient alors sur la thématique de son discours de Strasbourg, le 25 novembre 2014, quand il avait comparé l’Europe a une grand-mère un peu fatiguée. « Mais voilà, la mère est devenue grand-mère », sourit-il, faussement patelin. Je pense aux récits bibliques, à la vieille Sara qui rit quand elle apprend qu’elle sera enceinte. La question peut paraître bizarre, mais elle me brûle les lèvres. Est-il trop tard ? La grand-mère peut-elle redevenir une jeune mère ? « Un chef d’Etat m’a déjà posé cette question », me répond le pape. « Oui, elle le peut. Mais il y a des conditions. L’Espagne et l’Italie ont une natalité proche de zéro. La France tire son épingle du jeu, parce qu’elle a construit une politique familiale qui favorise la natalité. Etre mère signifie avoir des enfants. » Mais le renouveau ne peut pas être seulement quantitatif. « Si l’Europe veut rajeunir, il faut qu’elle retrouve ses racines culturelles. De tous les pays occidentaux, les racines européennes sont les plus fortes et les plus profondes. A travers la colonisation, ces racines ont même atteint le nouveau monde. Mais en oubliant son histoire, l’Europe s’affaiblit. C’est alors qu’elle risque de devenir un lieu vide. »

L’Europe, un lieu devenu vide ? L’expression est forte. Elle vise juste et fait mal. Elle est aussi angoissante. Car dans l’histoire des civilisations le vide appelle toujours le plein. D’ailleurs, le pape se fait clinique. « On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social », affirme-t-il froidement, comme on relèverait que le fond de l’air est frais. Mais il enchaîne très vite, et les théoriciens du « grand remplacement » cher à l’extrême-droite en seront cette fois pour leurs frais : « Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. » Quel homme d’Etat portera un tel renouveau ? « Parfois je me demande où vous trouverez un Schuman ou un Adenauer, ces grands fondateurs de l’union européenne », soupire le pape. Et d’enchaîner sur la crise de l’Europe, minée par les égoïsmes nationaux, les petits marchandages et les jeux à courte vue. « On confond la politique avec des arrangements de circonstance. Bien sûr il faut aller à la table de négociation, mais seulement si l’on est conscient qu’il faut perdre quelque chose pour que tout le monde gagne. »

« Votre laïcité est incomplète… il faut une laïcité saine »

Restaurer la grande Europe, réinventer la France. « Nous sommes venus pour vous parler de notre pays », lance alors Philippe de Roux. « La France a besoin d’être bousculée… Que souhaitez-vous lui passer comme message ? » Le pape sourit, taquin : « On dit dans le monde hispanique que la France est la fille aînée de l’Église, mais pas forcément la plus fidèle. » Mais tout en affirmant lui devoir beaucoup sur le plan spirituel, le pape avoue mal connaître la réalité de notre pays. « Je suis allé seulement trois fois en France, à Paris, pour des réunion de jésuites, lorsque j’étais provincial. Je ne connais donc pas votre pays. Je dirais qu’il exerce une certaine séduction, mais je ne sais pas très précisément dans quel sens… En tous cas, la France a une très forte vocation humaniste. C’est la France d’Emmanuel Mounier, d’Emmanuel Levinas ou de Paul Ricœur. » Un catholique, un juif, un protestant !

« D’un point de vue chrétien, la France a donné vie à de nombreux saints, des femmes et des hommes d’une très fine spiritualité. Notamment chez les Jésuites, où à côté de l’école espagnole s’est développée une école française, que j’ai toujours préférée. Le courant français commence très tôt, dès l’origine avec Pierre Favre. J’ai suivi ce courant, celui du P. Louis Lallemant. Ma spiritualité est française. Mon sang est piémontais, c’est peut-être la raison d’un certain voisinage. Dans ma réflexion théologique, je me suis toujours nourri d’Henri de Lubac et de Michel de Certeau. Pour moi, de Certeau reste le plus grand théologien pour aujourd’hui. »

Et sur un plan plus politique ? « La France a réussi à instaurer dans la démocratie le concept de laïcité. C’est sain. De nos jours, un Etat se doit d’être laïc, mais s’il vous plaît, n’ébruitez pas ces propos ! » La critique incisive suit le compliment formulé avec légèreté. François, au fond, est assez romain. Il partage le mélange de considération et d’incompréhension que l’on constate souvent au Vatican quand on parle de notre pays. « Votre laïcité est incomplète. La France doit devenir un pays plus laïc. Il faut une laïcité saine » Une laïcité sainte, reprend joliment notre interprète, Carmen Bouley de Santiago. Bref, on comprend que la « laïcité saine » dont parle le pape s’oppose quand même un peu à la sainte laïcité qui est devenue notre religion civile. C’est une laïcité inclusive, donnant sa place au sens, au spirituel, à l’expression des convictions. « Une laïcité saine comprend une ouverture à toutes les formes de transcendance, selon les différentes traditions religieuses et philosophiques. D’ailleurs même un athée peut avoir une intériorité », ajoute le pape, accompagnant la parole par un geste de la main qui part de son cœur. « Parce que la recherche de la transcendance n’est pas seulement un fait, mais un droit ». Jeu de mot très espagnol entre « hecho » et « derecho » qui s’applique admirablement à une laïcité trop française, qui en vient à considérer le « fait religieux » tout en voulant dénier à la religion le droit de cité, l’enfermant dans la sphère privée. « Une critique que j’ai envers la France est que la laïcité résulte parfois trop de la philosophie des Lumières, pour laquelle les religions étaient une sous-culture. La France n’a pas encore réussi à dépasser cet héritage. » Des propos qui ne manqueront pas de tracasser ceux pour qui les Lumières doivent rester l’indépassable référentiel de la république, placée au-dessus de tout soupçon, même de la philosophie du soupçon. Mais qui font aussi réagir Jérôme Vignon. Celui-ci juge le tableau de la laïcité à la française un peu trop noir, et il ne veut pas que l’on croie à Rome que l’Eglise est écrasée ou s’écrase. « Votre analyse est un peu dure, Saint-Père. Un vrai débat sur la laïcité a lieu en France, et le clergé défend la vision de la laïcité que vous évoquez. » « Tant mieux ! », s’exclame François, l’air sincèrement réjoui.

Le fond de la critique demeure, et il est incisif. Une laïcité trop stricte crée un vide que viennent combler d’autres forces. « Quand un pays se ferme à une conception saine de la politique, il finit prisonnier, otage de colonisations idéologiques. Les idéologies sont le poison de la politique. On a le droit d’être de gauche ou de droite. Mais l’idéologie, elle, ôte la liberté. Platon soulève déjà la question dans le Gorgias quand il parle des sophistes, les idéologues de l’époque. Il disait qu’il étaient à la politique ce que le maquillage est à la santé. Les idéologies me font peur. » Dans un contexte marquée par la montée des populismes, sur lequel l’interroge en particulier le député Dominique Potier, le pape appelle à une autre pratique de la politique, fondée sur la recherche du consensus, le sens des responsabilités, le dépassement des clivages. « Si l’on veut éviter que chacun ne parte vers les extrêmes, il faut nourrir l’amitié et la recherche du bien commun, au delà des appartenances politiques. »

« La miséricorde ne concerne pas seulement les chrétiens »

« Mon adversaire, c’est la finance », disait Hollande. Mais que les Poissons roses me pardonnent, cette fois c’est pour de vrai. « L’idéologie et l’idolâtrie de l’argent » sont les deux grands maux siamois que dénonce le pape, reliant de manière très originale deux concepts, on n’ose pas dire deux structures de péché, apparemment très éloignées. « Les adversaires d’aujourd’hui, c’est le narcissisme consumériste et tous les mots en « isme » », insiste-t-il. « Nous nous sommes enfermés dans une dépendance plus forte que celle que provoquent les drogues, mettant à l’écart l’homme et la femme pour leur substituer l’idole de l’argent. C’est la culture du rejet ». On pourrait aussi traduire par exclusion. « El descarte », dit en espagnol ce pape qui parle souvent de « culture du déchet » à propos de la façon dont on traite les plus faibles, les personnes âgées. « Un ambassadeur venu d’un pays non chrétien m’a dit : nous nous sommes égarés dans l’idéologie de l’argent. Voilà l’ennemi : la dépendance au veau d’or. Quand je lis que les 20% les plus riches  possèdent 80% des richesses, ce n’est pas normal. Le culte de l’argent a toujours existé, mais aujourd’hui cette idolâtrie est devenue le centre du système mondial ». Est-ce parce qu’il sait qu’elle est française et dans l’intention de faire plaisir ? Toujours est-il que, devant cet aéropage de chrétiens sociaux, le pape se lance alors dans un éloge inattendu de Christine Lagarde, la patronne du FMI. « Une femme intelligente. Elle pressent que l’argent doit être au service de l’humanité et non l’inverse. » Pour le pape, qui dit ne pas avoir de phobie de l’argent, l’enjeu consiste à « relier la finance et l’argent à une spiritualité du bien commun ».

Pour le pape, le renouveau du christianisme passe, comme on le sait, par la miséricorde, « En latin, c’est le cœur qui s’incline devant la misère. Mais si l’on suit l’étymologie hébraïque ce n’est plus seulement le cœur mais les tripes qui sont touchées, l’abdomen, le ventre de la mère, cette capacité à sentir de manière maternelle, depuis l’utérus. Dans les deux cas il s’agit de sortir de soi ». Se décentrer, aller vers, risquer le dialogue. Le leitmotiv de la conversation et celui du pontificat. La miséricorde est d’ailleurs, pour le pape venu du sud, l’autre nom de l’humanisme. « Laissons de côté la dimension religieuse », ose François. « La miséricorde est la capacité de nous émouvoir, d’éprouver de l’empathie. Elle consiste aussi, face à toutes les catastrophes, à s’en sentir responsable. A se dire que l’on doit agir. Cela ne concerne donc pas seulement les chrétiens, mais tous les humains. C’est un appel à l’humanité. »

La délégation comprend une intellectuelle musulmane, Karima Berger. La nouvelle présidente de l’association des écrivains croyants d’expression française, qu’elle a rebaptisé « Écritures et spiritualités », boit du petit lait. L’impact de la thématique de la miséricorde va en effet au-delà du monde chrétien. En islam, Dieu est défini comme miséricordieux, relève-t-elle. Le pape saisit la balle au bond. Il est visiblement marqué par son récent voyage en République centrafricaine. « Nous travaillons beaucoup au dialogue entre chrétiens et musulmans. En Centrafrique il y avait de l’harmonie. C’est un groupe qui n’est d’ailleurs pas musulman mais qui a commencé la guerre. La présidente de transition, catholique pratiquante, était aimée et respectée par les musulmans. Je me suis rendu à la mosquée. J’ai demandé à l’imam si je pouvais prier. J’ai enlevé mes chaussures, et je suis allé prier. Chaque religion a ses extrémistes. Les dégénérations idéologiques de la religion sont à l’origine de la guerre. » François nous annonce alors qu’il prépare une importante rencontre avec la plus haute institution du monde sunnite, l’université d’Al Azhar, au Caire, qui a entretenu des relations tendues avec le Vatican en particulier à l’époque de Benoît XVI. « Il faut dialoguer, dialoguer encore », conclut-il, reprenant cet impératif catégorique qu’il avait formulé à propos de la mondialisation et qui est peut-être le secret de sa pédagogie, de sa singularité et de sa popularité. Le temps de lui remettre un exemplaire de La Vie et ce sera la fin de notre dialogue, hélas. Mais tout est limpide. Le pape informel sait bien où il veut conduire l’Eglise : hors les murs, au risque de la rencontre.

 

 

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