La violence ou la soumission

NOUVELLEAKS par Slobodan Despot

http://antipresse.net/

« Croire les distillateurs de moraline plus moraux que le petit peuple serait de la dernière naïveté. » — Céline (apocryphe).

L’année 2016 a commencé en Europe par deux événements retentissants que nul n’a pu ignorer.

Dépêche n° 1 :

Moscou. La Russie a déporté en Sibérie 47 personnes pour violation de la loi contre la propagande homosexuelle, dont un leader de la lutte pour les droits de la minorité LGBT.

Indice de bruit médiatique : 115 décibels (si 120 dB correspondent à la surdité définitive). La Hollande rappelle son ambassadeur, la Grande-Bretagne réclame une intensification immédiate des sanctions. Les psychiatres se succèdent à la télévision pour expliquer les complexes sexuels de Vladimir Poutine.

Dépêche n° 2 :

Paris. Dans la nuit du réveillon, des dizaines de femmes immigrées ont été sexuellement agressées par des hordes de Français « de souche » dont certains se revendiquaient du Front National.

Indice de bruit médiatique : non mesurable, la surdité collective a été subite et instantanée. Dès le 1er janvier au matin, le FN était interdit et ses dirigeants placés sous les verrous.

Oups ! Machine arrière !

Ce n’est pas exactement ce qui s’est produit. Nous avons interverti nos bulletins de nouvelles avec ceux de notre univers parallèle, révélé par la série Fringe.

En fait, nous avons manqué de peu un profond silence. S’il n’avait fallu compter que sur la curiosité et la capacité d’indignation des médias, il ne se serait rien produit. Rien, en tout cas, qui mérite de troubler la digestion post-festive des téléspectateurs.

Ce qui s’est passé, en France du moins, c’est la disparition de Delpech et de Galabru. Deux gloires passées et sympathiques, dont aucune n’a été un artiste de tout premier plan dans son domaine, mais qui évoquent l’insouciance des trente glorieuses. Elles sont parties à point nommé pour escamoter au bon peuple les sujets qui le concernent.

Le cas (1) ne s’est pas produit en Russie, mais en Arabie. Les 47 personnes n’étaient pas des homos, mais des opposants, violents ou non, au régime Saoud. Et elles n’ont pas été emprisonnées, mais le plus souvent décapitées. On leur a ôté la vie à l’aide de sabres, à la main. Nos médias de grand chemin se sont bornés à rapporter la chose, relevant parfois que cela devenait quasi quotidien. Un tel étalage de cruauté sur des volailles, en terre d’Europe, eût valu à ses auteurs la prison. Et justement : au même moment, notre presse populaire écumait sur des pages entières contre deux pêcheurs sardes qui avaient fait exploser une mouette chapardeuse et filmé l’exécution. Mais ils n’étaient pas princes d’Arabie.

Le cas (2) ne s’est pas produit à Paris, mais à Cologne et dans d’autres villes germaniques, dont Zurich. Les victimes n’étaient pas immigrées, mais autochtones. Les assaillants n’étaient pas des autochtones, mais des réfugiés arabo-musulmans. Ils ne se réclamaient pas de Marine Le Pen, mais d’Angela Merkel, qui les avait, selon l’un d’eux, « invités ». Le modus operandi n’est pas une innovation, il est banal dans le monde arabo-musulman : encerclement d’une femme par des dizaines d’hommes, grossièretés, attouchements et plus si affinités. Exactement ainsi fut violée Caroline Sinz, la journaliste de FR3, sur la place Tahrir au Caire (puis censurée sur son viol : Padamalgam !). Aucun moyen de secourir la victime dans ces moments de transe collective, sauf à user de contrainte. La police, à Cologne, n’a par conséquent rien pu faire.

En plein centre d’une des capitales culturelles d’Europe, des dizaines de femmes sont donc restées sans aucun recours face à des centaines de violeurs primitifs. Comme le dit l’une d’elles « Ils agissaient comme s’ils avaient le pouvoir ». Busra ne croyait pas si bien dire. Les autorités et les médias ont essayé de cacher puis de minimiser ce sex-putsch. Lorsque le scandale a fini par éclater — malgré les médias, non grâce à eux — la maire de Cologne n’a rien trouvé de mieux à dire à ses concitoyennes que de faire attention. Bref, à terme, de passer la burqa, seul bouclier agréé dans ce genre de situations. Chez elles. Face à des gens dont on ne connaît ni les mœurs, ni les intentions, ni le casier judiciaire. Ni même l’identité. Reddition totale !

Ils ont donc gagné. Ils ont agi comme s’ils avaient le pouvoir parce que, de fait, ils l’avaient.

L’Autre, ou la limite de notre jugement moral

Que nous enseignent ces deux fausses dépêches de Nouvel An et leur contrepartie réelle ? Certaines leçons sont trop évidentes, d’autres le sont moins. L’une d’elles, c’est que nous avons maintenant un bon critère de délimitation dans la fameuse dialectique du Même et de l’Autre. Le Même (le je collectif, le nous), c’est celui qui a des devoirs et rien que cela. L’Autre, c’est celui qui n’a que des droits, y compris celui de la décapitation de masse et du viol collectif. Qu’il soit pétrolier ou gueux, l’Autre commence là où, chez le Même, s’arrête tout jugement moral. A rebours, le Même commence là où tous ses actes sont soumis à un hypermoralisme rigide sans aucune concession aux lois de la nature et du bon sens. On observera que la Russie, du même coup, est incluse à nos yeux dans le Même, ainsi qu’Israël. Mais au-delà… Djinns et démons, haschischins et rezzous, vous avez champ libre !

Ainsi voyons-nous, comme au jeu de go, se créer sur nos propres terres des poches homogènes où nous n’avons aucun accès. Je ne parle pas de l’accès barré aux pompiers ou à la police. Je parle de nos valeurs, de la quête de justice et d’équité qui est au fond de notre éducation, je parle de notre miséricorde, de notre solidarité. A l’orée de ces zones — qui peuvent prendre la forme éphémère d’un cercle de mâles la bite à l’air, mais aussi d’une réception somptueuse à l’ambassade de Qatar —, tout cela s’arrête. Respect ! Padamalgam ! A l’orée de ces zones, nos bobos, nos Bisounours et nos gauchistes, qui n’ont que féminisme et égalité à la bouche, demeurent aussi débranchés qu’un ventilateur dont on a tiré la prise. « Si un crevard se montre à l’horizon, résume le vidéobloggeur Aldo Sterone, ils sont prêts à tout lâcher ». Hormis cet Algérien expatrié, qui en Europe a le courage de signaler la « misère sexuelle organisée », doublée d’hétérophobie, qui frappe la population mâle issue de ces sociétés ?

Tant pis pour eux. Ils seront les premiers liquidés, suivant la logique des révolutions. Pour le moment, l’ordre de nos autorités est de contourner ces poches sans entraver leur expansion. La directive officielle, en cas d’attaque terroriste à Paris, est de fuir. En cas d’œillades, à Cologne, de baisser les yeux. Et en cas de viol ? D’y prendre plaisir ?

Les cinq voies du destin

L’Allemagne, et à sa traîne l’Europe, est encore tombée dans son vieux péché d’orgueil. Elle a cru pouvoir acclimater des gens dont elle ne savait rien, annihiler des traditions et des comportements millénaires du Moyen-Orient aussi aisément qu’on les a reprogrammés chez nous depuis 1945, transformer en docile main-d’œuvre une population mâle issue des universités de la glandouille et de la débrouille, des académies de la frustration et du ressentiment et sans doute farcie de djihadistes comme Daech l’a promis et comme on l’a constaté. Or le logiciel migratoire ne connaît pas la touche CTRL+Z. Que fera-t-on lorsque ceux qui ont ouvert les portes à ces masses de perdition devront reconnaître qu’elles sont inintégrables (reconnaître et non comprendre car ils le savent déjà) ?

  1. Leur imposer un strict respect des lois et des usages des pays d’accueil ? De gré ? Avec quels arguments, puisque nous passons notre temps à nous démolir ? Par des cours de respect de la femme européenne ? De force ? Avec quels effectifs, nos États étant ruinés, nos polices ligotées et nos armées dispersées aux quatre coins… de leur Orient !
  2. Appliquer l’article 32 de la Convention des Nations Unies et les renvoyer pour des raisons de sécurité nationale et d’ordre public ? Vers quels pays, puisque nos armées auront servi, au sein de l’OTAN, à rendre les leurs inhabitables ? Vers les États dépotoirs peuplés d’Untermenschen est-européens — Ukraine ou Serbie — comme on le redoute et comme on le prépare ?
  3. Les biffer par quartiers entiers, comme l’a suggéré (pour rire ?) Eric Zemmour pour Molenbeek, comme l’a fait Assad père en rasant Hama en 1982 lors de l’insurrection des Frères islamistes ? Horreur ! Indignation ! Certes, mais c’est oublier que nous avons hérité de la civilisation la plus féroce. Dans l’histoire de l’Occident, comme l’observe un Philippe Muray ou un Éric Werner, la sensiblerie et l’extermination cohabitent dans une étonnante promiscuité.
  4. Se rallier, tout simplement, à une force capable de pacifier les masses, autrement dit à l’islam (Soumission), selon le scénario nihiliste de Houellebecq ? Trouver une procédure diplomatiquement acceptable de reprise en main des institutions par un islam à cravate, comme dans la Turquie jadis laïque ? Avec une clause de protection des particularismes indigènes que la partie dominante s’empressera de violer ?
  5. Ou alors, solution foutraque mais la plus probable pour un pouvoir démonétisé, laisser se développer un fascisme « milicien » à l’américaine qui contiendra par la violence l’extension des poches, tandis que nos autorités se maintiendront bien propres sur l’arête de la vague en arbitrant la guerre du Même et de l’Autre, appuyant en sous-main ce qu’elles condamnent publiquement ? Ainsi fait l’Ukraine sous l’égide de l’UE contre sa minorité prorusse : pourquoi le modèle, déjà éprouvé, ne serait-il pas extensible ?

L’avenir de l’Europe occidentale s’inscrit entre ces cinq éventualités, dont aucune ne serait venue à l’esprit de personne il y a trois ans seulement, à l’époque bienheureuse où l’on parlait encore du chômage, du TAFTA ou des grandes épidémies. (Est-ce un hasard si le seul autre grand sujet de nos médiapolitiques est le réchauffement climatique, l’autre cataclysme auquel ils savent parfaitement que l’humain ne peut remédier ?) De toutes nos perspectives, la violence barbare est la plus probable, même si l’Histoire nous surprend toujours. La seule chose qu’on peut affirmer d’emblée, c’est qu’un sursaut civilisé ne se fera en tout cas pas avec ces holothuries qui ont placé des populations éduquées et pacifiques devant le choix de la violence ou du suicide.

Lorsque ça chauffera vraiment, les apparatchiks auront toujours la possibilité de se faire hélitreuiller par leurs maîtres U. S., comme les dirigeants sud-vietnamiens lors de la chute de Saïgon. Ce sera un bon préalable à la reprise en main des destinées du continent.

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