Les Belges ont-ils arrêté le cerveau du 13 novembre?

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Les attentats du 13 novembre font toujours, en France, l’objet d’une version officielle dont toute la presse se moque. Même l’Express ne cache plus son ironie vis-à-vis des affirmations policières qui attribuent à Salah Abdeslam, le petit fumeur de joint de Molenbeek-Saint-Jean, dans la banlieue de Bruxelles, un rôle décisif dans toutes les opérations de notre vendredi noir. Pendant ce temps, la police belge pourrait avoir fait une prise majeure.

La police française s’obstine sur le 13 novembre

Contre toute attente, la police française s’obstine à défendre des thèses rocambolesques sur le déroulement du 13 novembre. En particulier, elle a pris l’habitude d’insérer Salah Abdeslam dans toutes les zones d’ombre que son insuffisante enquête révèle: convoyeurs des terroristes de Seine-Saint-Denis, il a laissé son ADN sur des armes retrouvées dans la Seat de Montreuil. IL est retrouvé moins de vingt minutes plus tard porte de Clignancourt, au volant d’une Clio noire qu’il gare sur un passage piétons. Il serait ensuite resté pendant une demie-heure sur place (il achète une puce de téléphone dans le quartier vers 22h30) avant de se rendre à Châtillon, où l’un de ses cousins aurait refusé de l’aider.

Cet emploi du temps bien chargé entre en contradiction avec l’ensemble des déclarations rapportées par ceux qui l’ont ramené en Belgique, et par des témoins oculaires qui l’auraient vu se livrer à la fusillade de la Belle Équipe. Mais qu’importe si des témoins infirment la version de la police:

« Ce témoignage est sujet à caution », tempère notre source policière. « Comme tout témoignage humain non corroboré par des éléments objectifs, comme la vidéosurveillance, il reste fragile. »

Et la police française, elle s’y connaît, en matière de preuves et de collectes de renseignements non sujets à caution.

La France aveugle à la radicalisation

 

Ces mêmes policiers qui contestent les témoignages oculaires devraient tout de même se poser quelques questions sur les méthodes d’investigation et de protection mises en oeuvre dans leurs propres rangs.

Rappelons ici que Samy Amimour, l’enfant de Drancy devenu chauffeur d’autobus à la RATP puis kamikaze au Bataclan, est allègrement passé dans les trous de la raquette policière sans que personne ne s’en inquiète (une affaire d’éléments objectifs probablement!). Entre sa démission de la RATP et son ultime visite au Bataclan, l’intéressé s’était tout de même offert un petit voyage en Syrie avec trois comparses: Samir Bouabout, Charaffe Mouadan et Omar Mostefaï (ce dernier étant l’un des trois assaillants du Bataclan).

En octobre 2014, Amimour aurait persuadé une lycéenne française de le rejoindre en Syrie pour l’épouser. Repéré sur place par les services turcs, il a manifestement pu rentrer en France et y perpétrer un attentat qui a (pour le seul Bataclan) coûté la vie à 90 personnes.

Le 13 novembre et le mystérieux Souleymane

Durant son séjour en Syrie, Amimour aurait fréquenté un certain « Abou Souleymane », qui serait un cadre belge de l’Etat Islamique. Est-ce lui qui, selon une information évoquée par la presse belge mais passée sous silence en France, aurait coordonné l’attentat et se serait trouvé à Paris le soir du 13 novembre, quelque part entre les équipes qui ont frappé à ce moment-là?

Nul ne le sait. En revanche, la police belge soutient avoir arrêté une personnalité-clé dans l’organisation des attentats, dont l’identité n’est pas encore communiquée. Il pourrait s’agir de ce Souleymane.

Pour l’instant, aucune arme, aucun explosif n’a été trouvé dans l’entourage de cette arrestation majeure. En revanche, la police belge aurait mis la main sur du matériel informatique, des tenues d’entraînement de type militaire et du matériel de propagande de l’Etat islamique. C’est déjà un bon début.

Si la personnalité de ce suspect devait se confirmer, elle établirait une fois de plus deux réalités désormais incontestables. Premièrement: l’Etat Islamique s’appuie sur un réseau bien organisé, fourni, agile dont la base arrière se trouve en Belgique. Deuxièmement: les frontières de l’Union sont devenues extrêmement poreuses, et la vague de migrants a largement permis de transformer nos territoires en passoires pour terroristes.

Mais tout cela, l’opinion française n’a pas encore le droit de le savoir clairement.

 

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