Les Belges ont-ils arrêté le cerveau du 13 novembre?

http://www.eric-verhaeghe.fr/les-belges-ont-ils-arrete-le-cerveau-du-13-novembre/

Les attentats du 13 novembre font toujours, en France, l’objet d’une version officielle dont toute la presse se moque. Même l’Express ne cache plus son ironie vis-à-vis des affirmations policières qui attribuent à Salah Abdeslam, le petit fumeur de joint de Molenbeek-Saint-Jean, dans la banlieue de Bruxelles, un rôle décisif dans toutes les opérations de notre vendredi noir. Pendant ce temps, la police belge pourrait avoir fait une prise majeure.

La police française s’obstine sur le 13 novembre

Contre toute attente, la police française s’obstine à défendre des thèses rocambolesques sur le déroulement du 13 novembre. En particulier, elle a pris l’habitude d’insérer Salah Abdeslam dans toutes les zones d’ombre que son insuffisante enquête révèle: convoyeurs des terroristes de Seine-Saint-Denis, il a laissé son ADN sur des armes retrouvées dans la Seat de Montreuil. IL est retrouvé moins de vingt minutes plus tard porte de Clignancourt, au volant d’une Clio noire qu’il gare sur un passage piétons. Il serait ensuite resté pendant une demie-heure sur place (il achète une puce de téléphone dans le quartier vers 22h30) avant de se rendre à Châtillon, où l’un de ses cousins aurait refusé de l’aider.

Cet emploi du temps bien chargé entre en contradiction avec l’ensemble des déclarations rapportées par ceux qui l’ont ramené en Belgique, et par des témoins oculaires qui l’auraient vu se livrer à la fusillade de la Belle Équipe. Mais qu’importe si des témoins infirment la version de la police:

« Ce témoignage est sujet à caution », tempère notre source policière. « Comme tout témoignage humain non corroboré par des éléments objectifs, comme la vidéosurveillance, il reste fragile. »

Et la police française, elle s’y connaît, en matière de preuves et de collectes de renseignements non sujets à caution.

La France aveugle à la radicalisation

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Un rapport américain sur le TTIP est « sans appel »: « Les Européens n’ont pas grand-chose à gagner »

Un rapport américain sur le TTIP est

L’eurodéputé PS Marc Tarabella a pu consulter le rapport d’évaluation des gains des projets de TTIP sur la table, émis par le ministère de l’agriculture américain. Selon lui, ses « conclusions sont sans appel : d’une part, le secteur agricole Européen serait le grand perdant de cet échange, d’autre part les européens pourraient même subir des effets négatifs en cas d’accord. De l’aveu même des américains, les Européens n’ont pas grand-chose à y gagner. Au vu de ces résultats, je demande l’arrêt pur et simple des négociations avec les États-Unis. Je ne veux pas voir mener à l’abattoir l’agriculture européenne et dans son sillage la subsistance alimentaire européenne », tempête le député européen, en charge de l’agriculture et de la Protection des consommateurs au Parlement européen, dans un communiqué émis ce mardi.

Il ajoute que « le volet agricole ne peut être la variable d’ajustement des autres chapitres de la négociation TTIP. Ce serait se moquer des agriculteurs et des consommateurs européens. »

Les gains financiers pour les USA seraient incroyablement plus grands que pour les Européens

Dans ce communiqué, on apprend que plusieurs scénarii sont envisagés par les Américains. Deux leur sont extrêmement favorables. Il s’agit premièrement de l’abolition des droits de douane, qui rapporterait 5,5 milliards de dollars aux Etats-Unis là où l’Union européenne ne gagnerait que 800 millions. Le second serait cette même abolition à laquelle on ajouterait la suppression des mesures non tarifaires. Là, les USA gagneraient 10 milliards de dollars tandis que l’Union européenne seulement 2 milliards.

Cette disproportion entre les gains potentiels au niveau agriculture de la signature d’un tel accord transatlantique –qualifiée de « déséquilibre astronomique » par Marc Tarabella- aurait de lourdes conséquences pour notre agriculture. En effet, cette nouvelle concurrence ferait plonger les prix pour les producteurs européens, selon le député.

Les Américains qui ont réalisé l’enquête l’avouent eux-mêmes: « les Européens n’ont pas grand-chose à gagner » en signant un tel accord.

Si les citoyens européens préfèrent la qualité, les USA n’auraient rien à y gagner

Ils ont également évalué leurs gains dans d’autres scénarii. Celui qui leur serait le moins profitable ? « Dans le texte, on peut également lire que le scénario qui leur serait néfaste serait celui de citoyens faisant de la qualité et des questions sanitaires une priorité », détaille encore M. Tarabella. Les autorités US expliquent qu’alors les consommateurs se tourneraient vers la production locale. Dans un tel cas, les Américains conviennent que le TTIP n’aurait aucun intérêt.« On imagine volontiers toute la détermination outre Atlantique d’éviter un tel scénario catastrophe pour les entreprises US », estime l’eurodéputé.

« Ce rapport vient conforter une position déjà défendue au Parlement européen : il faut cesser les négociations TTIP avec les États-Unis afin que ne soient sacrifiés ni l’agriculture européenne ni le citoyen européen ! », conclut M. Tarabella.

Les Suisses voteront pour ôter aux banques leur pouvoir de création monétaire

 

Par Romaric Godin  |  30/12/2015, 9:11  |  2136  mots
La Banque nationale suisse aura-t-elle le monopole de la création monétaire dans la Confédération ? Il faudra voter.
La Banque nationale suisse aura-t-elle le monopole de la création monétaire dans la Confédération ? Il faudra voter. (Crédits : © Ruben Sprich / Reuters)
http://www.latribune.fr/economie/international/les-suisses-voteront-pour-oter-aux-banques-leur-pouvoir-de-creation-monetaire-539180.html
Une initiative populaire visant à donner à la banque centrale suisse le monopole de la création monétaire a obtenu assez de signatures pour organiser une votation. Son adoption serait une révolution dans la Confédération.

Avec la crise qui a débuté en 2007, l’idée d’ôter aux banques le pouvoir de créer de la monnaie commence à faire son chemin, progressivement, dans l’opinion. L’an passé, un rapport parlementaire islandais a clairement proposé d’en finir avec ce pouvoir. Mais – et ce n’est pas le moindre des paradoxes – le débat pourrait s’accélérer à partir de la Suisse, pays connu pour son système bancaire démesuré.

Vers une votation

Jeudi 24 décembre, en effet, la chancellerie fédérale helvétique a enregistré officiellement l’initiative populaire « monnaie pleine » qui vise à donner à la Banque nationale suisse (BNS) le monopole absolu de la création monétaire. Cette initiative, lancée en juin 2014 par un groupe dirigé par un instituteur alémanique, Hansruedi Weber, a recueilli 111.824 signatures, soit davantage que les 100.000 nécessaires pour provoquer une votation, autrement dit un référendum.

C’est une étape importante pour cette initiative. Désormais, le conseil fédéral (gouvernement) et le parlement suisses vont devoir se prononcer sur le projet qui prévoit la modification de l’article 99 de la constitution helvétique. Puis, à une date qui reste à définir, le peuple suisse sera amené à se prononcer dans une votation. Pour être acceptée, cette initiative devra alors obtenir non seulement la majorité populaire au niveau fédéral, mais aussi dans au moins 12 des 23 cantons de la Confédération.

Les problèmes de la situation actuelle.

Le chemin est donc encore long. Mais une chose semble certaine : le débat aura bien lieu. Que propose concrètement cette initiative ? Pour ses promoteurs, la constitution helvétique est aujourd’hui inadaptée. Cette dernière reconnaîtdans son article 99-1 à la « Confédération » seule le droit de battre monnaie et donne dans son article 99-2 à la BNS reconnue « indépendante », le droit de mener « une politique monétaire servant les intérêts généraux du pays. » Rien de plus.

Concrètement, ceci donne de fait à la BNS le monopole de l’émission des pièces et billets, les seules formes monétaires qu’elle maîtrise. Mais elle ne maîtrise pas l’essentiel de la monnaie créée qui, en Suisse, comme ailleurs, est de la monnaie « scripturale », faisant l’objet d’un jeu d’écriture et non d’échanges physiques. Cette monnaie est, pour l’essentiel, créée par les banques lors de l’attribution de crédits à l’économie physique ou à d’autres banques.

Pour les auteurs de l’initiative, cette situation pose deux problèmes. D’abord, en « privatisant » via les banques la création monétaire, l’Etat perd là un revenu. Ensuite, contrairement à ce que prévoit la constitution, la BNS ne maîtrise que difficilement la création monétaire. Certes, la politique de taux joue en théorie sur le prix du crédit et donc sa distribution, mais cette transmission est imparfaite, on le constate encore en zone euro. La capacité de création monétaire donnée aux banques encourage la formation de bulles spéculatives ou, au contraire, freine la production de crédit lorsque celle-ci serait nécessaire. La financiarisation de l’économie a été le corollaire de ce pouvoir monétaire des banques.

Transmettre à la BNS le pouvoir de création monétaire

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Philippe de Villiers au directeur de Super U : «Serge, arrête ça ! C’est scandaleux !»

La campagne des supermarchés Super U en faveur des jouets unisexes a provoqué de vives réactions, parmi lesquelles celle particulièrement mordante de l’homme politique Philippe de Villiers.

 

RT France : Super U a lancé une campagne de publicité avec des jouets unisexe à l’occasion des fêtes de Noël. Quel est selon vous le message que véhicule cette campagne ?

Philippe de Villiers : Il est clair que le message de cette campagne, la publicité le dit elle-même, est qu’il n’existe pas de jouets pour les filles ou pour les garçons, mais tout simplement des jouets. Mais l’idée, c’est d’aller plus loin : c’est de s’engager contre les stéréotypes, contre l’idée qu’il y a des filles et des garçons.

La publicité le dit : «Il est ridicule de nier que les filles sont attirées par des jeux de poupées et il est tout aussi ridicule de nier que les garçons sont attirés par des voitures ou par des caisses à outils». Or, on voit bien la manœuvre qui est derrière tout ça : la manœuvre c’est d’installer l’unisexe, c’est-à-dire un monde dans lequel les hommes et les femmes de demain seraient sans patrie, sans sexe, désaffiliés , désinstitués, l’homme nomade de Jacques Attali, l’homme déraciné.

Il faut donc se battre contre cette publicité, c’est la raison pour laquelle d’ailleurs j’ai agi avec les militants de La Manif pour tous – il n’y a d’ailleurs aucune concertation entre nous – pour boycotter Super U.

Je connais bien Super U. C’est un ensemble de magasins qui a été inventé et créé par Jean-Claude Jaunait qui était dans la même institution religieuse que moi lorsque j’étais enfant, le collège Saint-Joseph à Fontenay-le-Comte. Je connais aussi le directeur de Super U, Serge Papin, qui n’a aucun scrupule, qui est un commerçant.

Je lui ai dit : «Serge, arrête ça ! C’est scandaleux !» C’est profondément contraire au bon sens et si Super U continue à procéder ainsi, il y aura de très nombreux consommateurs, à commencer par ma famille, qui n’iront plus chez vous. On ira au centre Leclerc, on ira ailleurs, on ira là où est le bon sens, pas là où est l’idéologie.

Mais vous savez, derrière tout ça il y a, en filigrane, le mondialisme. Super U est une entreprise mondialiste, qui profite du mondialisme, qui prospère sur le mondialisme. Et le mondialisme consiste à couper l’homme de ses attachements vitaux.

Le mondialisme veut un monde débarrassé de toute forme de filiation

RT France : Selon vous, pourquoi cette campagne est lancée maintenant, juste avant Noël ?

Philippe de Villiers : Précisément parce que Noël est l’un des derniers obstacles à la puissance de l’idéologie mondialiste. Noël, c’est l’Enfant qui nait, un petit garçons qui nait dans la crèche, qui s’appelle Jésus-Christ. Il a un père et une mère et sauve l’humanité au nom de la paternité céleste. C’est tout ce que le mondialisme combat.

Le mondialisme veut un monde débarrassé de toute forme de filiation. La filiation de Jésus-Christ est donc insupportable pour l’athéisme moderne qui vise à éradiquer toute forme de religion et surtout la religion chrétienne, car en même temps ces gens-là accueillent l’islam au nom du vivre ensemble et de l’accueil de l’autre. Donc, il y a une préférence islamique chez ces gens-là. Pour eux, il s’agit de détruire et d’éradiquer le christianisme.

 

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Éric Zemmour condamné ou la tentation autoritaire du multiculturalisme

Par Mathieu Bock-Côté Publié le 21/12/2015 à 11:41

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Éric Zemmour a été condamné à 3000 euros d’amende pour incitation à la haine raciale et religieuse. Mathieu Bock-Côté se demande s’il est devenu interdit d’être pessimiste quant à l’avenir des sociétés occidentales.


Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie et chargé de cours aux HEC à Montréal. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l’auteur d‘Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille: mémoire, identité et multiculturalisme dans le Québec post-référendaire (Boréal, 2007). Mathieu Bock-Côté est aussi chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada.


http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/12/21/31003-20151221ARTFIG00094-eric-zemmour-condamne-par-la-justice-ou-la-tentation-autoritaire-du-multiculturalisme.php

Éric Zemmour vient de se faire condamner pour incitation à la haine raciale et religieuse. Immédiatement, ses nombreux ennemis ont célébré: enfin, le vilain essayiste sera reconnu à la manière d’un délinquant dangereux par les Français. Ce sera à nouveau l’occasion de chercher à le congédier de l’espace public, en accusant ses employeurs d’avoir à leur service un propagateur de haine, un polémiste ignoble qui ne devrait pas avoir accès à de grandes tribunes. Ce ne sera pas la première fois, ni la dernière. L’occasion est belle pour tenter d’en finir avec celui qui est devenu le diable de la gauche multiculturaliste française.

Revenons sur les propos sanctionnés de Zemmour. Ils se résument aisément: il craint que la France ne bascule, tôt ou tard, dans la guerre civile. Cette dernière est peut-être même déjà commencée, sans qu’on n’ose la nommer. On se contente de traiter comme des faits divers ou comme des événements isolés les tensions intercommunautaires qui témoignent d’une implosion du pays. L’immigration massive a créé un nouveau peuple et qu’on le veuille ou non, le continent européen sera probablement témoin d’affrontements significatifs dans les années à venir. En fait, l’immigration massive aura représenté un suicide identitaire pour l’Europe.

 

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La médiocrité de cette «génération Bataclan»

Matzneff – Les trois petits cochons

Des attentats de Paris est née une « génération Bataclan » dont le manque de spiritualité, de courage et de profondeur fait horreur à Gabriel Matzneff…

PAR

Publié le 30/11/2015 à 05:57 – Modifié le 01/12/2015 à 11:58 | Le Point.fr
Les trois petits cochons tiennent à leur vie pépère, le tragique leur fait horreur, ils ne veulent pas entendre parler de la mort, ni de l’éternité, ni du salut de leurs âmes, ni de l’ascèse, ni du jeûne, ni de Dieu ; ce qu’ils désirent, c’est continuer à boire des bocks de bière.
Les trois petits cochons tiennent à leur vie pépère, le tragique leur fait horreur, ils ne veulent pas entendre parler de la mort, ni de l’éternité, ni du salut de leurs âmes, ni de l’ascèse, ni du jeûne, ni de Dieu ; ce qu’ils désirent, c’est continuer à boire des bocks de bière. © AFP/ THOMAS SAMSON

« Nous cherchons les moyens d’exister ; eux, des raisons de vivre et de mourir »

Entretien avec
Intellectuel, philosophe et politologue

Le gouvernement annonce la création d’un premier centre de « déradicalisation » destiné à nos jeunes musulmans. Vous y croyez ?

http://www.bvoltaire.fr/alaindebenoist/cherchons-moyens-dexister-eux-raisons-de-vivre-de-mourir,227262

 

Déjà, je n’aime pas beaucoup le terme, car la radicalité est tout autre chose que l’extrémisme. Mais passons. Que faut-il entendre par « déradicalisation » ? Qu’on va prendre en main de jeunes djihadistes pour essayer de leur faire comprendre qu’on leur a lavé le cerveau et que ce n’est vraiment pas bien de vouloir tuer tout le monde ? Pourquoi pas, puisque dans certains pays cela a donné quelques résultats. Mais il est clair qu’on n’y parviendra pas avec un programme unique, tant les parcours des uns et des autres ont pu être différents, tant la palette de leurs motivations est variée. Quoi de commun entre le salafiste « quiétiste » passé au djihadisme pour des raisons de frustration et de déclassement social – voyez le beau film de Nabil Ayouch Les chevaux de Dieu (2012) – et le petit bandit de droit commun « converti » dans l’incubateur carcéral, qui a décidé de partir en Syrie sans pour autant renoncer à son goût pour les discothèques, les belles voitures, la vie facile et le whisky ? Entre le jeune sociopathe ravi de trouver une légitimation « sacrée » à ses instincts de destruction et celui qui, pareillement dépourvu de toute formation théologique, rêve seulement d’une aventure guerrière qui le fera passer à la télévision ?

Les termes employés pour présenter ce projet sont à eux seuls révélateurs. Il n’y est question que de la tarte à la crème des « valeurs républicaines » et de l’urgence de créer des « lieux de recherche et d’accompagnement ». Bref, des lieux pour se « reconstruire », grâce à des « cellules psychologiques » qui sauront mettre le « dialogue citoyen » au service de la normalisation. Faudra-t-il pour cela faire intervenir des psychologues ou des théologiens, des assistantes sociales ou des spécialistes du crime organisé ? Le fond du problème, de toute façon, est ailleurs.

Et quel est le fond du problème ?

Le fond du problème, c’est qu’une société qui n’est porteuse d’aucun modèle attractif, d’aucune puissante conviction, d’aucun projet collectif, d’aucun idéal est très mal armée pour ramener dans le droit chemin des individus qui se réclament d’un idéal, fût-il criminel et dévoyé. Qu’une société qui ne donne que des moyens d’exister est très mal armée face à ceux qui cherchent des raisons de vivre, lesquelles ne font qu’un à leurs yeux avec des raisons de mourir. Tel est le véritable contraste. Aux « fous de Dieu » qu’on veut sauver d’eux-mêmes, qu’avons-nous à proposer en matière de « réinsertion » ? De devenir d’honnêtes vigiles ou de gentils livreurs de pizzas qui regarderont docilement « Les Jeux de 20 heures » à la télévision ? Et qu’espère-t-on obtenir avec des « modules de citoyenneté » qui font rire tout le monde, assortis d’invocation rituelles à une « laïcité » qui se borne à interdire les crèches de Noël pour rendre invisible dans la sphère publique ce qu’elle ne tolère, provisoirement, que dans la sphère privée ?

Certaines des réactions, proprement infantiles, aux attentats du 13 novembre ont été très justement stigmatisées sur le site du Point par Gabriel Matzneff, dans un article (« Trois petits cochons ») qui a fait quelque bruit. Il visait ceux qui s’imaginent que la meilleure réponse à apporter aux terroristes islamistes est de continuer à s’amuser comme de si rien n’était. « Le manque de spiritualité, de courage et de profondeur de cette prétendue “génération Bataclan” me fait horreur », écrivait-il, ajoutant que dans la cour des Invalides, haut lieu de l’Histoire de France, ce ne sont pas des chansons de variétés qu’on aurait dû entendre, mais bien plutôt les accents solennels du Dies irae. L’État libéral se fait gloire de sa neutralité en matière de « vie bonne », et la société postmoderne n’a pour mots d’ordre que rigoler et consommer, gagner du fric et partir en vacances sans « se prendre la tête ». Tant qu’au don de soi, on n’aura à opposer que le souci de soi, tant qu’au sacrifice et à la volonté de se battre, on n’aura à opposer que le confort et le calcul de son meilleur intérêt, il ne faut pas s’étonner que certains tentent de donner un sens à leur vie en s’engageant dans les plus folles aventures.

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