« Migrants » : deux ou trois mises au point

L’afflux, sans équivalent depuis près de deux millénaires, de millions de « migrants », autrement dit d’étrangers qui, fuyant la guerre, la dictature, la misère ou la faim, frappent aux portes de l’Europe dans l’espoir d’y trouver un asile, un toit, un emploi, la sécurité ou la fortune, a donné lieu ces derniers temps à un flot  de réactions et de commentaires dont certains, dictés par l’ignorance, la mauvaise foi ou un mélange des deux, appellent des mises au point.

La France, ne cesse-t-on de nous assener avec un tel aplomb que beaucoup finiraient par le croire, serait, aussi loin qu’on remonte dans le temps, une terre d’immigration. C’est une contre-vérité absolue. Depuis l’époque des « grandes invasions », donc depuis les quatrième et cinquième siècles de notre ère, la France, comme la plupart des pays du Vieux continent, a été caractérisée pour l’essentiel par la continuité, la stabilité et l’homogénéité de son peuplement. Rurale et casanière, profondément attachée à sa terre, la population française n’a pas plus essaimé à travers le monde qu’elle ne s’est grossie d’apports extérieurs. Les élites étrangères ont pu être sensibles au rayonnement et à l’attractivité de sa culture, les paysans nos ancêtres n’ont pas pour autant porté au dehors un message quelconque. Le  nomadisme des uns et des autres, si cher à Jacques Attali, est de date récente et ce n’est que depuis quelques décennies que la France est devenue à la fois terre d’immigration, ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes, et terre d’émigration, ce qui ne va pas sans susciter quelques inquiétudes.

Les choses, il est vrai, ont commencé à changer dans le courant du XIXe siècle. Grande, riche et prospère, la France, dont la démographie, était stagnante, a accueilli par vagues successives  des immigrants politiques – notamment polonais – puis économiques – belges, allemands, italiens, espagnoles, portugais… Pour situer les idées, en 1870, un million d’étrangers, soit 2,5% de la population totale, résidaient en France. Osera-t-on rappeler que, géographiquement, culturellement, ethniquement proches, ces immigrants étaient facilement assimilables et s’assimilaient en effet dès la deuxième génération ? Ni leur nombre ni leur état d’esprit n’étaient des obstacles à leur intégration dans l’ensemble national. En l’absence de statistiques réellement fiables, et d’autant moins que la naturalisation fait rapidement disparaître des écrans la catégorie particulière des Français d’origine étrangère, c’est environ à 10% de la population, soit sept millions d’individus que l’on évalue actuellement le pourcentage d’immigrés et fils d’immigrés résidant sur notre territoire.

La France, nous dit-on sans relâche, n’a été ni ouverte, ni accueillante aux nouveaux venus. Egoïste, fermée, xénophobe, discriminante, voire raciste, telle est l’image de notre pays dans le miroir que nous tendent obstinément des médias, des intellectuels et des politiciens qui nous prêchent sans relâche la repentance de crimes depuis longtemps prescrits et la haine de nous-mêmes. Il est vrai que les plus hauts postes de l’Etat et les plus belles carrières sont fermés et interdits à quiconque ne serait pas Français de souche et depuis les croisades. En témoignent les parcours de Nicolas Sarkozy, d’origine hongroise, et qui ne fut que président de la République, de Manuel Valls, actuel Premier ministre, de Claude Bartolone, président de l’Assemblée,  de Pierre Moscovici, ancien ministre de l’Economie d’Anne Hidalgo, maire de Paris, de Rachida Dati, de  Rama Yade, de Najat Vallaud-Belkacem, de Myriam el Khomry… Honte à nous !

Cas particuliers, objectent certains. Quand les cas particuliers se généralisent, la bonne foi et le bon sens incitent à en conclure qu’ils ne sont plus particuliers.

Mais la France, affirment les démagogues, si prompts à fustiger le populisme des autres et à courir après un vote clientéliste, n’est plus ce qu’elle était, on n’y songe plus qu’à se barricader, qu’à fermer les frontières et les portes aux malheureux « réfugiés » qui nous tendent une main que nous ne prenons plus. Fermée, la France ? Pas aux quelque 200.000 nouveaux compatriotes qui viennent chaque année par la grâce de la naturalisation demandée ou automatique participer à notre exceptionnelle croissance démographique. Pas aux 24.000 migrants officiels que  nous nous sommes engagés à accueillir. Pas aux 96% de déboutés du droit d’asile qui, soumis à une obligation de quitter le territoire, n’en tiennent pas compte et s’incrustent parmi nous en comptant avec raison sur la complicité ou la passivité des « autorités » françaises. Pas aux innombrables et indécelables clandestins.

Il faudrait manquer singulièrement de raison et de cœur pour ne pas comprendre les motivations et les actes des millions de persécutés, de déshérités et de malheureux qui sont prêts à affronter tous les périls et à violer tous les règlements dans l’espoir d’une vie meilleure et pour ne pas être ému de compassion par les drames dont ils sont victimes. Mais il est de la responsabilité d’un gouvernement de décider et d’agir en fonction des capacités et des intérêts de la collectivité qu’il administre. Que l’Allemagne pratique la politique que lui permet sa prospérité et que lui impose sa faiblesse démographique est une chose. La situation de la France, pays des cinq millions de chômeurs, de la désindustrialisation, de la stagnation économique, de la crise de l’emploi, du logement, de l’identité, nous interdit de l’imiter. Au demeurant, si le droit d’asile vaut pour ceux qui n’ont d’autre issue pour échapper à la violence et à la mort, en quoi sommes-nous coupables et comptables des désastres économiques, sociaux et politiques que provoquent ou que ne savent pas juguler les gouvernements d’Etats qui, ayant accédé à l’indépendance, nous ont privés du droit et de la possibilité de contrôler leur démographie, de réprimer leur corruption, de les aider dans leur développement ?

Dernier point : on nous a suffisamment mis en garde puis condamnés pour avoir voulu imposer notre manière de vivre et de penser aux peuples que nous avions colonisés pour que nous soyons en droit de refuser d’être à notre tour victimes d’une colonisation à rebours. Ceux qui ont mis leur énergie, leur talent, leur effort au service du pays qui les a accueillis, élevés, employés ont naturellement les mêmes droits, la même légitimité que les autochtones, les naturels, les indigènes, les peuples premiers que nous sommes. Venus chez nous sans esprit de retour, ils sont une part de nous-mêmes.  Ceux qui, au contraire, prétendent non seulement garder telles quelles  mais viseraient à nous imposer des lois, des coutumes et des mœurs qui ne sont pas les nôtres et nous feraient revenir à l’état d’ignorance, de soumission, d’obscurantisme dont nous venons tout juste de nous émanciper, ceux qui sous le masque d’une allégeance de façade sont allergiques ou hostiles à notre civilisation n’ont pas leur place parmi nous. Diluer l’immigration dans la population, c’est la vocation de la France. Noyer la population dans l’immigration, ce serait sa fin.

Dominique Jamet
Vice-Président de Debout la France

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