Silvio Berlusconi aurait tenté de sauver Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi

Silvio Berlusconi en 2013© Alessandro Bianchi Source: Reuters
Silvio Berlusconi en 2013
https://francais.rt.com/international/8276-silvio-berlusconi-a-tente-sauver

Dans une nouvelle autobiographie, Berlusconi révèle qu’il avait essayé d’éviter que les pays occidentaux ne déclarent la guerre à l’Irak en 2003, et à la Libye en 2011… Sans succès.

Dans ce livre d’entretien avec Alan Freidman, Berlusconi révèle qu’il entretenait une relation amicale avec Kadhafi, qu’il essayait de réhabiliter sur la scène internationale en échange de contrats pétroliers et gaziers juteux pour l’Italie. Ses capacités à tisser des liens personnels avec des leaders du Moyen-Orient ont fait de lui, selon ses confessions faites à l’auteur, le pilier des négociations entre l’Occident et cette région.

L’ex-Premier Ministre a notamment déclaré qu’il pensait que l’Irak ne pouvait qu’être tenu par un régime militaire, et qu’il avait multiplié les efforts afin de dissuader Bush et Blair de lui déclarer la guerre. Il a notamment proposé d’envoyer Saddam en exil en Libye. Mais Bush était, selon le livre, inarrêtable et souhaitait se venger d’une supposée tentative d’assassinat de son père par le président irakien.

Ainsi, lors d’un déjeuner avec Condoleezza Rice et Colin Powell, Berlusconi a essayé de faire comprendre qu’une invasion de l’Irak se devait d’avoir une base légale. Après un discours d’une dizaine de minutes au cours duquel il utilisa une allégorie, comparant Bush à un lion et le roi de la jungle, et Saddam à un loup, George Bush a déclara qu’il allait «lui botter le cul», à cause du plan du président irakien pour tuer son père.

En 2003, Berlusconi aurait eu une série de coup de téléphones tardifs avec Kadhafi afin d’arranger l’exil de Saddam, et l’ex-Premier Ministre italien s’est même envolé pour Downing Street afin de demander à Tony Blair de ne pas s’engager en Irak. Sans succès. Après la chute de Saddam et sa capture humiliante, Kadhafi a été choqué et a confié à Berlusconi : «Je ne veux pas finir comme Saddam».
Le libyen a donc renoncé au terrorisme et ses relations avec l’Occident se sont améliorées, notamment au travers de visites d’Etat à Rome et Paris. Mais lorsque le Printemps Arabe est arrivé, les pays occidentaux se sont vite retournés contre leur nouvel ami, pour leurs intérêts propres selon Berlusconi.

L’ex-Premier Ministre a déclaré à l’auteur de l’ouvrage qu’il était le seul chef d’Etat à refuser l’intervention «illogique et dangereuse» en Libye, car il savait que Kadhafi était le seul tampon entre l’Europe et des millions de migrants africains. Kadhafi avait 6 000 soldats libyens chargés d’empêcher les migrants de quitter les côtes africaines.

Mais Berlusconi a été mis à l’écart des négociations entre Nicolas Sarkozy, David Cameron et Barack Obama. Et le temps que d’autres chefs d’Etats européens puissent s’exprimer, les bombardiers de Sarkozy avaient déjà décollé. Selon Berlusconi, la raison pour laquelle Sarkozy était si engagé contre Kadhafi était sa jalousie de la relation amicale, et des contrats juteux, dont l’italien bénéficiait.

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