Dépistage du cancer du sein: Déconstruction d’une manipulation

La propagande en faveur du dépistage du cancer du sein ne s’embarrasse pas de nuances. Le message est simplifié à l’extrême, tape fort et manipule sa cible avec un art consommé. En partant du message que l’on retrouve en haut de la page “dépistage du cancer du sein” de l’Institut National du Cancer, autrement dit du message qui représente la parole officielle de chez officiel, celle dont les multiples sous-propagandistes s’inspireront pour leur propre communication, je vais vous montrer à quel point la tromperie est grande, orientée vers un seul but quels qu’en soient les moyens : entraîner le plus de femmes possible à participer au dépistage organisé.

Pour cela je m’en vais déconstruire le message clé capté ici en copie d’écran le 7 octobre 2015 :

Copie d'écran sur le site de l'INC le 7/10/2015

Ce petit texte constitue un remarquable exemple de manipulation. Pas un mot, pas un chiffre qui ne soit pesé et soupesé pour délivrer sans nuance un message que l’on pourrait reformuler ainsi : “Femmes de 50 à 74 ans, il est recommandé de participer au dépistage organisé pour guérir super bien 9 fois sur 10 du cancer du sein qui sinon est super mortel . C’est en tous cas ce que je comprend quand je lis ce message. Détaillons.

MANIPULATION #1 – Détecté ou dépisté ?

Dans le premier paragraphe on ne pouvait décemment pas écrire : “Pourtant grâce au dépistage organisé, ce cancer peut-être guéri dans 9 cas sur 10” parce que cela aurait été trop énorme. En effet, le taux de guérison du cancer du sein des femmes participant au dépistage et celui de celles n’y participant pas sont identiques ou très proches (les études ne sont pas toutes d’accord). Alors on a rusé. On a écrit : “Pourtant, s’il est détecté tôt, ce cancer peut-être guéri dans 9 cas sur 10”. Ce qui est plus difficile à critiquer (mais quand même critiquable nous le verrons plus loin). La subtilité étant de faire apparaître une assimilation de sens entre détecter tôt et dépister (qui est confirmée par le titre et le second paragraphe), mais formellement l’honneur est sauf. On n’a pas écrit que le dépistage organisé permettait de guérir 9 cancers sur 10. Mais c’est ce que tout le monde a compris.

MANIPULATION #2 – Le meurtrier

Le plus meurtrier des cancers. En voilà une belle expression.

D’abord le mot : un meurtrier est un tueur, un tueur c’est quelqu’un qui tue. Il est assez difficile d’imaginer un mot plus fort pour effrayer la destinatrice du message. Attention un meurtrier rôde dans les parages. Rentrez chez vous Madame, fermez portes et volets, n’ouvrez à personne sauf aux mammographeurs qui vérifieront s’il ne se cache pas dans vos seins ! Ayez confiance, tout est prévu.

Mais cela ne pose pas q’un problème de vocabulaire : ce cancer est non seulement meurtrier mais il est “LE PLUS meurtrier”. Je ne sais pas ce que ça veut dire pour vous mais pour moi le plus meurtrier c’est le plus dangereux, celui qui quand il t’attaque il te rate pas, celui qui te tue à peu près à tous les coups. C’est clair, si j’ai un cancer du sein je suis mort (je devrais écrire morte mais bon je suis un mec).

Or un document du même Institut National du Cancer à destination des professionnels de santé, plus nuancé, précise : D’autres facteurs rendent par ailleurs difficile l’estimation de l’impact du programme de dépistage depuis qu’il a été généralisé : il s’agit notamment du bon pronostic de la maladie, de l’efficacité croissante des traitements, de l’accès facilité aux thérapeutiques, de la modification des facteurs de risque dans le temps et de l’introduction progressive et à un niveau variable du dépistage dans les départements.

Vous avez bien lu : bon pronostic de la maladie, cela signifie qu’on en guérit bien. Vous avez bien lu : les traitements sont de plus en plus efficaces. C’est ça le plus meurtrier des cancers ? Celui dont on guérit bien ?

Là encore la manipulation fonctionne : oui le cancer du sein est le cancer qui tue le plus de femmes parce que c’est le cancer le plus fréquent. Il est même très très fréquent et c’est un vrai problème que cette fréquence. Aucun doute.

Il y a deux manières d’entendre LE PLUS meurtrier. Soit il tue beaucoup de monde parce qu’il est très fréquent mais pas très mortel, soit il tue beaucoup de monde parce qu’il est très mortel mais pas très fréquent. Soit les deux je vous le concède mais ça n’est pas le cas. Comme on nous dit déjà que c’est le plus fréquent, LE PLUS meurtrier signifie donc qu’il est très mortel. Ce qui n’est pas vrai.

En résumé, je ne vais pas sentir les choses de la même manière si on me dit :

  • cette maladie est très fréquente MAIS PAS très dangereuse que si on me dit (vrai)
  • cette maladie est très fréquente ET très dangereuse (faux mais implicite dans le slogan)

MANIPULATION #3 – Pas de risque

Le dépistage présente des risques, le moindre n’étant pas celui de perdre un sein alors que le cancer “détecté” n’aurait pas été mortel. La manipulation ici est basique : l’idée même qu’il puisse y avoir un risque lié au dépistage est absente. Rien . Néant. Nada. Ce n’est même plus de la manipulation c’est du mépris.

MANIPULATION #4 – Guérison ou rémission ?

Au fond qu’est-ce que cela signifie exactement “guéri 9 fois sur 10” ?

Quand on parle de cancer on ne parle pas de guérison, on parle de rémission. Par exemple si 10 ans après la détection de mon cancer je suis toujours vivante, je suis en rémission et on peut me considérer comme guérie (10 ans est la période la plus couramment retenue, probablement celle retenue par les auteurs du slogan). Pour faire des études statistiques précises, on utilise la notion de survie ou de rémission dans un certain délai. Au moins on est sûr de ce dont on parle parce que sinon il est très difficile de dire si quelqu’un est complètement guéri de son cancer. On emploie ensuite abusivement le terme de guérison à la place de rémission à 10 ans. Cela a l’air anodin mais ça ne l’est pas du tout.

Imaginons deux femmes qui ont exactement le même cancer d’évolution assez lente qui a débuté exactement au même moment de leur existence à 57 ans et dont le pronostic est malheureusement fatal. Comme on peut le voir sur le schéma ci-après (inspiré de Gigerenzer), on considérera que la femme ayant participé au dépistage systématique est en rémission au bout de 10 ans (et donc guérie pour les statistiques) alors que l’on considérera que celle qui n’a pas été dépistée mais dont le cancer n’a été découvert que lorsque des signes l’ont révélé – et donc beaucoup plus tard – n’est pas guérie car elle décède au bout de 3 ans. On dira donc que grâce à la détection précoce les cancers  guérissent mieux. C’est vrai, mais pas toujours. C’est connu, cela s’appelle le « Leadtime bias » et a été bien décrit par Gigerenzer.

IMG_9634

MANIPULATION #5 – 9 sur 10 quoi ?

La force de conviction d’un chiffre comme “9 sur 10” est très grande. Si je dois jouer à un jeu de hasard pour lequel on gagne 9 fois sur 10, alors pas de doute, je tente ma chance. C’est bien sûr une des raisons qui a fait retenir ce chiffre : parce qu’il est frappant.

Or il pose un autre problème : celui de sa classe, c’est à dire de ce à quoi il se rapporte. Et si on creuse cette question on réalise que la manipulation est costaud.

Pour bien comprendre, imaginons que ce chiffre signifie bien ce que l’on entend, ce que l’on essaye de nous faire percevoir mais, au lieu de rapporter les guérisons au nombre de cancers, rapportons les au nombre de femmes participant au dépistage organisé en tenant compte du nombre de cancers dépistés (source La Revue Prescrire) :

  • Sur 1000 femmes qui suivent le dépistage organisé de 50 à 74 ans, on détectera un cancer chez 75 d’entre elles et 68 femmes sur 1000 (9/10ème de 75) seront guéries grâce à la détection précoce.

Vous me suivez hein. La partie soulignée de la phrase donne exactement les mêmes informations que le slogan mais elle se rapporte à la population réelle.

A partir de là comparons deux formulations très très proches mais aux chiffres très très différents.

  • le slogan nous dit : grâce à la détection précoce, 68 femmes sur 1000 échappent à la mort par cancer du sein
  • la réalité nous dit : grâce au dépistage organisé entre 0 et 6 femmes sur 1000 échappent à la mort par cancer du sein.

MANIPULATION #6 inclure le surdiagnostic dans les guérisons

Un certain nombre de cancers du sein ne donneront jamais de symptômes et les femmes qui en sont atteintes mourront d’autre chose. C’est le fameux surdiagnostic. Ces cancers en quelque sorte guérissent tout seuls. Or ils sont inclus dans les « 9 guéris sur 10 ». Regardons le schéma suivant inspiré de Gigerenzer et réalisé avec les chiffres de la Revue Prescrire.

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Précision sur le schéma : en réalité parmi les 43 + 19 femmes indiquées en rémission, 4 seront décédées au bout de 10 ans mais d’une autre cause que le cancer du sein. Je ne les ai pas illustrée pour simplifier la visualisation.

On voit bien donc que si l’on n’inclut pas les surdiagnostics (les 19 cancers non évolutifs qui forcément guérissent) on est loin de 9 “guéris” sur 10 (on est à 43/56 = 7,5 / 10). Mais en les incluant on s’en rapproche : 62/75 = 8/10.

Cela s’appelle le « surdiagnostic bias » très bien démontré par Gigerenzer (encore lui !)

MANIPULATION #7 Et les cancers de l’intervalle ?

La formulation pour le moins ambiguë du slogan laisse à croire que grâce au dépistage organisé on va trouver et guérir 9 cancers sur 10. Nous avons bien compris que c’était à la détection précoce que ce “résultat” était attribuable et pas au dépistage organisé mais la confusion existe. Avouez qu’à la première lecture du slogan c’est ce que vous aviez compris. L’impression donnée est que, si je participe au dépistage, j’ai 9 chances sur 10 de na pas mourir du cancer du sein et basta.

Or cela est faux : le dépistage ne détecte pas tous les cancers. Il y a ce que l’on appelle les cancers de l’intervalle, cancers à évolution souvent rapide et qui se manifestent entre deux dépistages. Pour 1000 femmes participant au dépistage organisé de 50 à 74 ans, 75 cancers seront détectés, mais 15 cancers apparaîtront entre deux dépistages. Ceux-là, le slogan n’en parle évidemment pas.

Une petite synthèse

  • IMG_9635
    Pour 1000 femmes participant au dépistage organisé du cancer du sein de 50 à 74 ans :
  • (13 + 43 + 19) = 75 auront un cancer détecté et 15, avec un cancer, d’évolution rapide, ne seront pas détectées par le dépistage,
  • 19 femmes présenteront des cancers d’évolution très lente ou non évolutifs et seront traitées alors que ces cancers n’auraient jamais causé de maladie,
  • 43 femmes seront guéries par le traitement c’est-à-dire seront encore en vie au bout de 10 ans après la détection de leur cancer,
  • 13 décèderont.

Enfin, et cela ne figure pas sur le schéma, sur 1000 femmes ne participant pas au dépistage organisé, le nombre de décès par cancer du sein se situera entre 13 et 19.

Voilà, c’est plus long à expliquer comme ça. Mais ça ne dit pas du tout la même chose que le slogan de l’INC.

https://30ansplustard.wordpress.com/2015/10/07/deconstruction-dune-manipulation/


1-Il n’y a pas formellement de différence entre dépister et détecter. Le dépistage permet de rechercher, de détecter des symptômes.

2- « Chez la femme, le cancer du sein se situe en tête de la mortalité, avec 11 500 décès en 2011, devant le cancer colorectal (8 300 décès) et le cancer du poumon (8 100 décès). Néanmoins, le taux de mortalité par cancer du sein chez la femme diminue en France depuis près de 15 ans. » source : http://www.ligue-cancer.net/article/6397_les-chiffres-cles-des-cancers .
C’est donc effectivement le cancer le plus meurtrier chez la femme, c’est parmis les cancer, celui qui cause le plus de décès chez la femme.
Le message de la campagne ne parle de fréquence qu’en disant qu’une femme sur 8 y sera confrontée. Ce qui fait 12.5 %.

3- Sauf que le message invite au dépistage, alors que vous sautez directement sur le wagon « masectomie ». Vous êtes médecin, vous savez qu’il y a énormément d’étape entre et du temps, du dialogue, des explications, des examens complémentaires, des avis, des seconds avis, etc. Personne ne va subir une opération de la sorte 24h après avoir été dépisté.

4-Le message de parle de « peut être guéri 9 fois sur 10 » et non de « guéri 9 fois sur 10 ». Ca ne signifie pas la même chose. De plus, plus le dépistage est précoce, plus les chances de guérison sont élevées. Il est en de même pour les récidives. http://www.ligue-cancer.net/localisation/sein/#8

5-
• le slogan nous dit : grâce à la détection précoce, 68 femmes sur 1000 échappent à la mort par cancer du sein
• la réalité nous dit : grâce au dépistage organisé entre 0 et 6 femmes sur 1000 échappent à la mort par cancer du sein.
????????? D’où sortent les chiffres que vous citez dans « la réalité » ???????

6- 9 sur 10 ou 7/10, c’est pas non plus comme si on passait de 9 sur 10 à 2/10. Le surdiagnostic existe et peut entrainer des traitements inutiles. C’est plus un problème à prendre en compte pour le médecin.

7- « La formulation pour le moins ambiguë du slogan laisse à croire que grâce au dépistage organisé on va trouver et guérir 9 cancers sur 10. » « L’impression donnée est que, si je participe au dépistage, j’ai 9 chances sur 10 de na pas mourir du cancer du sein et basta. ». Le slogan ne dit pas du tout cela, c’est de la mauvaise foi totale.

N’oubliez pas que ce message s’adresse à toute la population française et non pas aux professionnels. De plus, derrière le message, il y a les médecins, les psychologues, les assistantes sociales qui sont là pour prendre en charge l’individu dans son ensemble. Il incite le 1er pas. le reste du chemin se fait avec les autres acteurs de la société.


Le 11 octobre 2015 à 5:23 ,drjbblanca dit :

  • 1-Il n’y a pas formellement de différence entre dépister et détecter. Le dépistage permet de rechercher, de détecter des symptômes.

    –> La confusion est savamment entretenue mais la différence est grande :
    – on peut détecter des cancers précocement – ou en tous cas suffisamment tôt pour les guérir – sans faire de dépistage systématique, par exemple en remarquant une boule dans son sein,
    – on peut ne pas détecter des cancers (dits de l’intervalle) malgré le dépistage organisé.

    2- « Chez la femme, le cancer du sein se situe en tête de la mortalité, avec 11 500 décès en 2011, devant le cancer colorectal (8 300 décès) et le cancer du poumon (8 100 décès). Néanmoins, le taux de mortalité par cancer du sein chez la femme diminue en France depuis près de 15 ans. » source : http://www.ligue-cancer.net/article/6397_les-chiffres-cles-des-cancers .
    C’est donc effectivement le cancer le plus meurtrier chez la femme, c’est parmi les cancer, celui qui cause le plus de décès chez la femme.
    Le message de la campagne ne parle de fréquence qu’en disant qu’une femme sur 8 y sera confrontée. Ce qui fait 12.5 %.

    –> Vos chiffres sont bien ceux que je connais. Ma discussion porte sur la sémantique de la phrase (le plus fréquent ET le plus meurtrier) qui induit je trouve l’idée (fausse) qu’on survit très peu à ce cancer.

    3- Sauf que le message invite au dépistage, alors que vous sautez directement sur le wagon « masectomie ». Vous êtes médecin, vous savez qu’il y a énormément d’étape entre et du temps, du dialogue, des explications, des examens complémentaires, des avis, des seconds avis, etc. Personne ne va subir une opération de la sorte 24h après avoir été dépisté.

    –> Le message invite au dépistage en ne donnant que des arguments positifs alors qu’il y a des risques, des arguments négatifs sérieux. C’est une information tronquée. Je suis médecin et devant toute décision mon métier est d’aider les patients à bien comprendre la balance bénéfices risque, c’est-à-dire les avantages et les inconvénients de choisir telle ou telle option. Je trouve ces messages à sens unique odieux, méprisants pour mon métier, dangereux pour les gens.

    Par ailleurs, car ce n’est pas le sujet de ce billet, je ne signale que le risque de surtraitement qui est le plus grand, il y a aussi celui des faux positifs et des angoisses qu’ils engendrent, les accidents de biopsie, les pb d’irradiation, etc.

    4-Le message de parle de « peut être guéri 9 fois sur 10 » et non de « guéri 9 fois sur 10 ». Ca ne signifie pas la même chose. De plus, plus le dépistage est précoce, plus les chances de guérison sont élevées. Il est en de même pour les récidives. http://www.ligue-cancer.net/localisation/sein/#8

    –> Non votre interprétation n’est pas juste. La phrase signifie bien On peut le guérir. Elle ne laisse pas place à la moindre ambiguïté. Ce n’est pas » peut-être » qui est écrit mais “peut être” ce qui signifie “il est possible de”

    5-
    • le slogan nous dit : grâce à la détection précoce, 68 femmes sur 1000 échappent à la mort par cancer du sein
    • la réalité nous dit : grâce au dépistage organisé entre 0 et 6 femmes sur 1000 échappent à la mort par cancer du sein.
    ????????? D’où sortent les chiffres que vous citez dans « la réalité » ???????

    –> Le premier chiffre est un calcul effectué à partir de l’assertion du slogan (on guérit 9 cancers sur 10 si détectés précocement) que je transforme en fréquence naturelle en tenant compte du nombre de cancers détectés par le dépistage organisé soit 75 pour 1000 femmes y participant. Ce chiffre, peu contestable, provient dune synthèse de la revue Prescrire citée en fin de billet.
    Le second est bien connu et vient de la même synthèse Prescrire. Le site de l’Inca quant à lui donne une fourchette différente indiquant 1,5 à 3 vies sauvées pour 1000 femmes suivant le dépistage organisé pendant 7 à 10 ans (par rapport aux femmes qui n’y participent pas. La référence est également en fin de billet. Votre surprise vient de la confusion entre détection précoce et dépistage organisé. Ce sont deux notions complètement disctinctes.

    Il est certain que le second message est moins vendeur pour le dépistage

    6- 9 sur 10 ou 7/10, c’est pas non plus comme si on passait de 9 sur 10 à 2/10. Le surdiagnostic existe et peut entraîner des traitements inutiles. C’est plus un problème à prendre en compte pour le médecin.

    –> Le surdiagnostic est surtout un problème pour les femmes qui en sont victimes. Le rôle du médecin une fois encore est d’indiquer les bénéfices et les risques et d’aider la femme à faire un choix “éclairé”. Ce n’est pas un pour le médecin lui-même.

    7- « La formulation pour le moins ambiguë du slogan laisse à croire que grâce au dépistage organisé on va trouver et guérir 9 cancers sur 10. » « L’impression donnée est que, si je participe au dépistage, j’ai 9 chances sur 10 de na pas mourir du cancer du sein et basta. ». Le slogan ne dit pas du tout cela, c’est de la mauvaise foi totale.

    –> Aucune mauvaise foi dans ma démonstration mais des faits précis et des chiffres incontestables. Le slogan dit des choses et en induit certaines. On peut ne pas être d’accord avec mon interprétation “littéraire” mais, par exemple, la confusion que vous faites entre dépistage organisé et détection précoce est me semble-t-il voulue par le slogan même si cela n’est pas explicitement formulé.

    8- N’oubliez pas que ce message s’adresse à toute la population française et non pas aux professionnels. De plus, derrière le message, il y a les médecins, les psychologues, les assistantes sociales qui sont là pour prendre en charge l’individu dans son ensemble. Il incite le 1er pas. le reste du chemin se fait avec les autres acteurs de la société.

    –> Et le premier pas si je vous comprend bien c’est de participer au dépistage. Il y a aussi l’option de ne pas y participer. Et ce n’est ni aux assistantes sociales, ni aux psychologues ni aux médecins de choisir entre ces deux options mais bien aux personnes concernées, à savoir les femmes qui y sont invitées. Et ce n’est pas un choix facile.

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