Météo: Comme des « CONNARDS »

Frédéric Decker de lamétéo.org

Frédéric Decker, météorologiste à MeteoNews

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Point blanc


http://www.lameteo.org/index.php/l-edito

Des « connards » comme s’il en pleuvait… Le GIEC, coincé dans ses consensus, a une emprise mondiale sur les médias, les politiques, l’économie et même sur la religion qui s’en mêle ou plutôt qui s’emmêle… Je ne vais pas m’exprimer sur la théorie du complot, mais sur le climat-scepticisme qui n’a visiblement pas le vent en poupe, dixit NKM, remontée contre le parrain de Lameteo.org et les climato-sceptiques entre autres…

 

 Bien qu’il soit parrain du site, pas question pour moi de défendre Philippe Verdier. C’est un grand garçon qui sait très bien se débrouiller tout seul. La lecture de son livre « Climat Investigation » vous convaincra ou pas, mais sa lecture vaut le détour.

Non, je vais plutôt prendre la défense de ces très nombreux « connards », dont voici une liste non exhaustive, qui peuplent la Terre. Des climato-sceptiques dont je fais peut-être partie, sans nier le réchauffement moderne, loin de là ! Climato-sceptiques qui, au contraire de la grande secte appelée GIEC, se posent des questions sur notre climat présent et à venir. Je pourrais paraphraser mon concurrent et néanmoins ami de MétéoGroup, Nicolas Le Friant, qui parle de « climato-réalistes » ; un collectif des climato-réalistes s’est même créé dès le 1er septembre 2015 sur le site Skyfall. Je ne prendrais pas la défense, en revanche, de ceux qui nient en bloc notre réchauffement moderne. Impossible en effet de nier un fait observé, mesuré, avéré sur la majeure partie de notre planète depuis plusieurs décennies… à quelques nuances près, je vais y revenir.

Tout d’abord, pourquoi parler de « dérèglement climatique » ? Notre climat est-il si bien réglé que cela ? Non. Le climat n’a jamais été linéaire, ne l’est pas et ne le sera jamais. Chaud et froid se succèdent depuis toujours, sur plusieurs millénaires, à l’échelle d’un siècle, mais aussi à l’échelle de seulement quelques décennies.  Ce fut le cas au 20e, avec un réchauffement pas aussi continu qu’on pourrait le croire, interrompu par un rafraîchissement d’une vingtaine d’années à partir du début des années 50. Quand le mercure gagne quelques degrés, ne serait-ce que pour un ou deux jours, on parle bien de réchauffement de la masse d’air. Donc autant appeler un chat un chat : nous connaissons actuellement un réchauffement climatique. Pourquoi aller chercher midi à quatorze heures ?

Oui, le climat se réchauffe. Il s’est notamment réchauffé entre 1910 et la seconde guerre mondiale, après un relatif… refroidissement ! Que dire de ce pic remarquable durant les années 40, particulièrement chaudes, aussi bien à l’échelon mondial qu’en France ou en Arctique. Et ce, malgré des hivers régulièrement froids à glaciaux chez nous.

Après la deuxième guerre mondiale, explosion démographique et industrielle, reprise économique dans le monde entier, pollution à gogo, et le climat… se rafraîchit ! Il y a certes un temps de latence entre les émissions polluantes et leurs effets sur l’atmosphère, mais de 10 ans au plus, certainement pas d’une trentaine d’années. Cette période fraîche est étonnamment « oubliée » par le GIEC. Pire : les graphiques présentés lors de leurs conférences et autres sont fréquemment lissés sur cette période, comme pour cacher cette baisse gênante du thermomètre.

http://www.lameteo.org/index.php/l-edito

Les années 40 furent exceptionnelles sur les pays nordiques : l’Islande et le sud du Groenland, notamment, ont vu la glace reculer très nettement, leur permettant de reprendre des potagers oubliés depuis l’Optimum Médiéval (période climatique chaude entre 800 et 1300). Le refroidissement fut ensuite très brutal sur ces pays nordiques dès le début des années 50 avec une « re-glaciation », anéantissant les potagers des Inuits et des Islandais. Le pic de froid fut atteint en 1979, année « sans été » sur ces contrées. En France, les années 40 furent riches en bon vin et en agriculture, boostés par la chaleur, en dépit de la guerre. Par la suite, les canicules ont pratiquement disparu pendant 25 à 30 ans. Les printemps, étés et automnes frais à froids se succédaient en rang serrés, mettant à mal l’agriculture nationale. Les hivers, en revanche, se sont finalement à peine refroidis par apport aux décennies précédentes. C’est après-guerre que la météo s’est développée en France comme ailleurs, permettant de construire des stations un peu partout, de démarrer des longues séries de relevés sur de nombreuses villes. C’est donc sur une période anormalement froide que météorologues et climatologues se sont longtemps basés, sur les fameuses « normales » établies entre 1951 et 1980. Rappelez-vous le premier semestre 2013, froid, humide et terne… C’était un peu un « retour aux années 70 ou début 80″… Mais cela n’a duré que six mois.

Depuis les années 70, la tendance est claire, elle est au réchauffement. Très rapide qui plus est ! Du jamais vu selon les climatologues du GIEC… Pas si sûr…  Les relevés anciens de l’observatoire de Paris ont pu mesurer les températures parisiennes au coeur du Petit Âge Glaciaire, période évidemment froide, beaucoup plus froide qu’aujourd’hui. Mais à quelques nuances près encore. Le climat était surtout extrêmement inconstant (déréglé ???), avec des baisses et hausses brutales du thermomètre d’une décennie à l’autre seulement ! Entre les années 1680 et 1690, la moyenne décennale chute brutalement de 0,8°C dans la capitale… avant de remonter encore plus brusquement de 1,2°C la décennie suivante, entre 1700 et 1710 ! Incroyable… et pourtant vrai. Les relevés de Paris et d’autres capitales européennes l’attestent !Et qu’on ne me balance pas que ces relevés sont peu fiables : leur reconstitution a été réalisée par Météo-France !

Ce Petit Âge Glaciaire ne s’est bien sûr pas déroulé sous un froid continu. Bien que très rares, quelques canicules apparaissaient épisodiquement et des hivers particulièrement doux se produisaient parfois. D’ailleurs, le mois de décembre 1681 détient toujours le record du mois de décembre le plus chaud à Paris avec 8,8°C de moyenne !

Cette période froide de près de 500 ans a apporté beaucoup de calamités, de pauvreté, de maladies et d’épidémies en France et en Europe, avec des rendements agricoles régulièrement mauvais, voire catastrophiques. Ce refroidissement a eu clairement des effets très négatifs, très néfastes pour la population à l’époque avec un taux de mortalité élevé. La Révolution Française elle-même a dépendu assez directement des écarts du climat : en 1788, la sécheresse extrême ralentit la croissance des céréales. Jusqu’à ce que le pire se produise : le 13 juillet 1788, un orage d’une violence inouïe ravage la Beauce, grenier de la France. La quasi-totalité des céréales est anéantie. Le prix du pain s’envole, la population s’appauvrit, la faim et la misère s’installent. Pour « couronner » le tout : l’hiver suivant sera extrêmement froid avec -22°C à Paris où il gèle 86 jours, un record absolu qui tient toujours. Le froid affaiblit les Français, maladies et épidémies provoquent une importante surmortalité. La sécheresse reprend en 1789. Un an et un jour après l’un des orages les plus destructeurs de l’histoire de France, la Révolution Française éclate.

Bien avant cela, entre l’an 800 et 1300 environ, se produit l’Optimum Médiéval, période chaude, sans doute aussi chaude qu’aujourd’hui selon Emmanuel Leroy-Ladurie, historien moderniste qui a étudié très précisément cette période. Période faste pour l’Europe et l’Asie qui voient des gigantesques monuments se construire. La culture de la vigne remonte jusqu’en Angleterre, la pointe sud du Groenland, découverte par les Vikings, est couverte de végétation, débarrassée de ses glaces ; le train de vie moyen est élevé, la population croît régulièrement, les épidémies sont rares et peu marquées.  Réchauffement = richesse, prospérité, abondance ? En comparaison au Petit Âge Glaciaire et ses désastres qui suivront, c’est une évidence…

Plus loin en arrière encore, le climat a toujours varié, entre périodes très froides… et très chaudes, largement plus chaudes qu’aujourd’hui ! Nos chers dinosaures notamment jouissaient d’un climat tropical étendu à pratiquement toute la planète, puisqu’il faisait en moyenne 11°C de plus qu’aujourd’hui  il y a 250 millions d’années. Outre la faune géante, une végétation géante recouvrait toutes les terres émergées, y compris aux pôles. Mais 50 millions en arrière par rapport à aujourd’hui, il faisait encore plus chaud : 14 degrés de plus qu’actuellement ! Bien sûr, la planète n’avait pas la même image qu’aujourd’hui, déjà différente de la Pangée des dinosaures : envahie par les océans, gonflés par la chaleur et par l’absence d’eau solide sur Terre, les zones continentales étaient relativement réduites. Des phénomènes extérieurs sont ensuite venus refroidir très brutalement la Terre, très probablement par la chute d’une météorite géante.

Revenons à aujourd’hui. Le GIEC et autres organismes nous rabâchent régulièrement que les tempêtes, cyclones, tornades, inondations etc seront de plus en plus nombreux et violents à l’avenir. Le réchauffement ayant déjà largement commencé, qu’en est-il à ce jour ? Y a t’il réellement une tendance à la hausse ?

Pas vraiment : malgré des années records de chaleur ces dernières années, notamment 2014, le nombre de cyclones est stable… voire en baisse ! Après l’année 2005 record dans l’Atlantique Nord, le nombre de cyclone décroît très clairement. C’est aussi le cas dans l’océan Indien. Un peu moins dans le Pacifique où le nombre de typhons se stabilise ou augmente légèrement.

Idem pour les tornades. Après une année 2011 record, 2012, 2013 et 2014 ont été particulièrement calmes en phénomènes tourbillonnaires dans les Grandes Plaines étasuniennes. Et c’est tant mieux pour les Américains qui profitent de cette accalmie relative. 2015 revient à un chiffre « dans la norme ». Certains météorologues américains commencent même à indiquer que les tornades pourraient devenir moins nombreuses à l’avenir. A prendre avec précaution tout de même.

En France, le nombre de tempêtes depuis 1950 est très stable. Il n’y en a ni plus ni moins qu’avant. Ces dernières années sont même relativement calmes. Même la Bretagne semble échapper à ses légendaires tempêtes d’automne et d’hiver.

Concernant les inondations, elles ont tendance tout de même à prendre plus d’ampleur, pour une raison qui n’est pas météorologique, mais humaine : le bétonnage intensif qui empêche les sols d’absorber les surplus d’eau. Nul doute qu’avec des paysages plus verts, plus arborés, les conséquences des récentes inondations seraient moindres dans des régions très exposées à ce risque.

Pas plus de sécheresses non plus. L’année 1921, plus sèche qu’au coeur du Sahel, reste inégalée, même pas approchée depuis… Les tendances pluviométriques calculées par le GIEC sont d’ailleurs extrêmement volatiles, indécises et peu fiables. Après 3 années pluvieuses entre 1999 et 2001, la France par exemple était censée s’humidifier de façon notable. Mais les sécheresses répétitives de 2002 à 2005 ont comme par hasard incité les climatologues à annoncer… l’inverse, un assèchement de la France. En gros, personne n’en sait rien !

Si la fréquence des phénomènes violents ou extrêmes semble stable, on peut tout de même se poser la question de la hausse de puissance potentielle : un air plus chaud contient plus de vapeur d’eau, donc plus d’énergie. Cyclones, tempêtes ou encore orages sont donc susceptibles de devenir de plus en plus intenses en cas de poursuite de la hausse du thermomètre.

Les affirmations catastrophistes du GIEC ne tiennent donc pas toujours la route. Et le passé nous a démontré que les périodes froides étaient beaucoup plus néfastes que les périodes chaudes. La nature a toujours su s’adapter aux variations climatiques, en dehors bien sûr des catastrophes mondiales causées par des météorites géantes, détruisant quasiment toute vie sur Terre.

La hausse à venir du thermomètre est régulièrement revue à la baisse par le GIEC. Parti de 6°C de hausse d’ici 2100 il y a encore quelques années, les chiffres s’étalent désormais de 1,5 à 4°C d’ici la fin du siècle. Il est vrai que l’accélération du réchauffement attendue entre 2000 et 2010 n’a pas eu lieu, avec au contraire une décélération.

Bref, quand on est météorologue ou climatologue, il est important de prendre beaucoup de recul, d’admettre que la machine climatique est très complexe et pleine de surprises, qu’on ne peut qu’émettre des hypothèses et surtout pas d’affirmations. L’humilité est de mise, il faut être particulièrement prétentieux pour oser émettre des affirmations « évidentes ». On doit remettre les choses dans leur contexte, sans oublier les récents rafraîchissements d’après-guerre ou du début du 20e siècle. Et il est quasiment impossible d’évaluer la part anthropique, donc due à l’homme, de l’emballement (ou pas) du réchauffement moderne et de la détacher du réchauffement naturel, même si elle existe certainement. Pour le GIEC, l’homme est le seul coupable ou presque, l’institut commence seulement à prendre en compte l’activité solaire ! Il était temps ! L’homme seul maître à bord du climat de notre planète, ce n’est sûrement pas le cas, puisque l’activité solaire, l’activité volcanique et les variations orbitales terrestres augmentent ou abaissent régulièrement le thermostat.

Il n’empêche que nous devons bien sûr prendre soin de notre planète que, malheureusement, nous tuons à petit feu, avec la déforestation, la pollution à gogo, l’usage outrancier de ses ressources naturelles. Bien sûr, nous devons appréhender une probable hausse du thermomètre et du niveau des mers, qui obligera peut-être des mouvements de population importants, notamment dans les atolls du Pacifique ou au Bangladesh qui sont menacés de submersion. Mais pourquoi utiliser sans cesse des mots et des images anxiogènes, comme s’il fallait absolument inquiéter le public et le culpabiliser ? Pourquoi ne pas rester mesurés en réfléchissant de manière posée aux solutions à prendre ? Pourquoi ne pas évoquer les effets bénéfiques, notamment les pays nordiques qui se frottent les mains en voyant leurs rendements agricoles exploser depuis quelques décennies ? Et pourquoi laisser les politiques parler de choses qu’ils ne connaissent pas ? Comme François Hollande, chef d’état recevant la COP21, parlant du « nombre croissant des tremblements de terre et des tsunamis en raison du changement climatique ». Ah bon, le réchauffement a des retombées… géologiques ? Impossible. Il va falloir réviser ses cours de sciences, monsieur le Président…

Frédéric Decker

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