Ce savant promet une greffe de tête dans deux ans

Ce savant promet une greffe de tête dans deux ans
Sur cette image réalisée pour notre sujet, le neurologue a préféré ne pas divulguer certains de ses instruments « secrets », ne dévoilant ici qu’un conducteur servant à modifier les champs électriques du cerveau.© Massimo Brega
Le 27 février 2015 | Mise à jour le 27 février 2015
SOPHIE DE BELLEMANIÈRE

Il pourrait être un savant fou. Mais Sergio Canavero est neurochirurgien à l’université de Turin, spécialiste de la stimulation cérébrale. Son projet est pourtant incroyable : transplanter la tête d’un homme sur le corps d’un autre !  « Une folie qui permettrait aux tétraplégiques de marcher, dit-il, et aux cerveaux les plus brillants de ne jamais  disparaître… »

Paris Match. Comment allez-vous greffer une tête ­humaine sur un corps sain sans que ce dernier soit ­paralysé ou décède ?
Sergio Canavero. Je pratiquerai une découpe de la moelle épinière particulièrement nette, à l’aide de lames beaucoup plus tranchantes et précises que celles utilisées auparavant. Ensuite, pour que le sujet greffé puisse retrouver toutes ses facultés motrices, nous appliquerons du PEG-chitosane sur les extrémités de la moelle, restaurant ainsi 30 % à 60 % des fibres. C’est suffisant pour la motricité.

Quels seraient les candidats ?
Des personnes souffrant de graves dysfonctionnements neuromusculaires ou des malades au stade initial d’Alzheimer. Cette opération leur serait utile car il semble que les tissus neufs du corps peuvent avoir un effet rajeunissant sur ceux de la tête par le simple biais de la circulation sanguine.

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Il indique ici le point de scission d’une future opération.© Massimo Brega

Quand appliquerez-vous la technique sur des humains ?
Il me faut deux ans pour coordonner une équipe d’environ 100 à 150 chirurgiens, anesthésiologistes, techniciens et infirmières. J’évalue une transplantation de tête à 10 millions d’euros. Une somme considérable que gagnent chaque année certains footballeurs…

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Ce mystérieux appareil sert à évaluer les modifications neurologiques via une spectroscopie à résonance magnétique.DR

Votre initiative est très critiquée. Que répondez-vous à vos détracteurs ?
Mes recherches pourraient sauver des personnes. Et notre expérience ouvre la possibilité de la vie éternelle. La vraie question éthique serait plutôt : à qui donner accès à cette vie éternelle ? Que se passerait-il si un vieux milliardaire réclamait un nouveau corps ? Les médecins se serviraient-ils dans les prisons, comme c’est déjà le cas pour certains organes ? Des questions qu’il vaut mieux poser dès à présent.

La conscience suivra-t-elle la tête pour s’installer dans le nouveau corps ?
Nombreux sont les neurologues qui pensent, comme moi, que le cerveau n’est qu’un filtre, que la conscience est ­générée ailleurs. Des transferts de souvenirs ont été observés à l’occasion d’une greffe de cœur !

Interview Sophie de Bellemanière

L’opération en 4 étapes

1-Deux équipes travaillent en parallèle sur un receveur tétraplégique et un donneur en état de mort cérébrale. La première refroidit la tête du receveur à 15 degrés (hypothermie), ralentissant le métabolisme du cerveau pour qu’il ne subisse pas de dégâts durant la période où il ne sera pas irrigué.

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2-On dégage les muscles et les vaisseaux sanguins du cou, la trachée et l’œsophage. La thyroïde est conservée. Puis c’est l’incision simultanée des moelles épinières à l’aide d’une lame ultrafine.

3-La tête du receveur est transférée sur  le corps du donneur et, immédiatement, les axones de la moelle épinière (10 % seulement sur des milliers mais suffisamment pour retrouver une motricité, affirme Canavero) sont reconnectés, grâce au mélange PEG-chitosane, ainsi que toutes les parties sectionnées. Un traitement immunosuppresseur est mis en place.

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4-Un nouvel homme est né. S’il survit et souhaite avoir des enfants, sa descendance sera en réalité celle du donneur mort…

Dès le début du XXe siècle, les savants avaient l’idée… en tête

1908
Le professeur américain Charles Guthrie juxtapose la tête d’un chiot à celle d’un chien adulte. Les deux « animaux » partagent le même corps pendant huit jours.

1954 
Le professeur soviétique  Vladimir Demikhov transplante plusieurs têtes de chien. Une seule survit 29 jours.

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1970
Le neurochirurgien américain  Robert J. White réalise l’opération avec des singes. Pendant  une semaine, la tête « vit » mais le singe est tétraplégique.

Interview du Dr Sorin Aldea

Neurochirurgien à l’hôpital Foch de Suresnes« Techniquement, c’est faisable, mais éthiquement, ce projet me paraît difficile. »

Que pensez-vous de l’idée du Dr Sergio Canavero ?
Dr Sorin Aldea. Techniquement, c’est faisable. Mis à part le rétablissement de la continuité de la moelle épinière sectionnée. Mais éthiquement, ce projet me paraît difficile. On est dans le même domaine que pour la greffe du visage. Ce n’est pas une transplantation d’un rein ou du pancréas. On touche ici à des choses qui définissent la personne humaine.

Les questions éthiques et scientifiques sont-elles indissociables ?
Le questionnement éthique doit venir avant la démarche technique. Au moins aller de pair. La science qui avance sans éthique relève du fascisme.

Donc, vous êtes contre ce projet ?
Je n’y ai pas réfléchi profondément mais cela pousse la science très loin. A force de se prendre pour Dieu, on finit par créer des monstres. Je ne pense pas que l’on soit censé vivre indéfiniment. C’est mon point de vue d’homme. Sur le plan médical, c’est probablement faisable. Avec le bémol de la repousse de la moelle, l’hypothèse de Canavero, encore jamais prouvée sur l’homme, ne sera pas possible avant 20-30 ans.
Interview Romain Clergeat


$11mn, 36-hour historic head transplant to be carried out in China in 2017

30-year-old Vladimir Spiridonov, head transplant candidate / RT
Italian doctor Sergio Canavero, along with his Chinese colleague Ren Xiaoping, is set to conduct the world’s first head transplant on a 30-year-old Russian patient suffering from a rare disease. The operation is planned for December 2017.

The project was first announced in 2013, and the man who volunteered for the procedure is Russian Valery Spiridonov, who suffers from the extremely rare, progressive Werdnig-Hoffmann disease.

“Canavero initially joked it would be a Christmas present, but now this is becoming a reality.

Most importantly, it will happen after the results of our tests and additional experiments being confirmed,” Spiridonov told RT.

Canavero explained to RT why a Chinese partner was so important to have.

“China wants to do it because they want to win the Nobel prize. They want to prove themselves [as] a scientific powerhouse. So it’s the new space race,” the Italian surgeon said.

« A lot of media have been saying we will definitely attempt the surgery by 2017, but that’s only if every step before that proceeds smoothly, » Ren told AFP. He also refused to comment on where the donor would come from.

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“It’s impossible to predict who the donor will be. There is only one technical constraint: the body should be of the same race as the recipient,” Spiridonov said.

The controversy about organ donors in China is that death row inmates have allegedly been the main source, with the authorities promising to ban the use of their organs. However, many argue that the practice will carry on, but the organs would be termed “donations.”

The operation is planned to take place at Harbin Medical University in China’s northeast Heilongjiang province. It will cost about $11 million, and will last for about 36 hours.

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Donor and patient will have their head severed from their body simultaneously, with an ultra-sharp blade. Then, the patient’s head will be attached to the donor’s body with biological glue, plus stitches.

Afterwards, the patient will be put into a coma for a month, and when he wakes up, powerful immuno-suppressants will have to be used to prevent the body and brain from rejecting each other.

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