« Est-ce que vous prenez au moins conscience de ce que vous avez fait ? » demande V Poutine à B. Obama

ON 28 SEPTEMBRE 2015

Il s’agit du discours à l’ONU d’un chef d’État en position de force, qui le sait et le fait savoir, dans le contexte de l’engagement revendiqué de la Russie en Syrie et au Proche-Orient.

Vladimir Poutine qui a rencontré le président américain avant de donner son discours, lui répond sans le nommer. Il lance des accusations virulentes contre l’hypocrisie des USA et de l’Occident en général qui sont à l’origine de la guerre islamiste et du déferlement migratoire en Union européenne. Il répond au président américain qui avait encore lancé des anathèmes contre le pouvoir syrien en mettant en exergue le courage de l’armée gouvernementale syrienne et du président Assad auxquels la Russie apporte toute son aide technique, militaire et humanitaire.

Ce discours a été prononcé le lundi 28 septembre lors de la 70e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, en fin d’après-midi, alors que Barak Obama avait prononcé le sien en début d’après-midi. Cela faisait 10 ans que le président de la Russie ne s’était pas exprimé à l’ONU. Le sujet principal de son intervention concerne la crise du Proche-Orient et la lutte contre le terrorisme islamique.

« Le 70e anniversaire de l’ONU est l’occasion d’évoquer le passé mais aussi de réfléchir à notre avenir commun. En 1945, les pays vainqueurs du nazisme ont uni leurs efforts pour poser des fondements solides à l’ordre mondial de l’après-guerre. Je rappellerai que c’est dans mon pays en Crimée, à Yalta que se sont réunis les dirigeants de la coalition anti-hitlérienne pour décider de la création de l’ONU et des principes régissant les relations entre les États. 

Le traité de Yalta est donc né d’énormes souffrances, il incarne le pris payé par des millions de gens qui o,nt perdu la vie pendant la guerre; deux guerres mondiales qui ont ravagé la planète au XXème siècle. Et soyons ici objectif, c’est ce système qui a aidé l’humanité à traverser des événements turbulents aux suites parfois dramatiques et qui a préservé le monde de bouleversements plus grands encore.

L’Organisation des Nations-Unies est sans pareil pour ce qui est de son universalité et de sa représentativité. Or ces derniers temps l’ONU est le plus souvent critiquée parce qu’elle manquerait d’efficacité (…)

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Syrie : «Hollande essaie d’éviter à la France d’être exclue de la table des négociations»

Par Gilles Boutin Publié le 27/09/2015 

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2015/09/27/31002-20150927ARTFIG00122-syrie-hollande-essaie-d-eviter-a-la-france-d-etre-exclue-de-la-table-des-negociations.php

INTERVIEW – En prenant la décision de frapper l’Etat islamique en Syrie, François Hollande reconnaît sans le dire que la stratégie du «ni Assad, ni Daech», dont il était le promoteur, constituait une erreur, estime le général Jean-Bernard Pinatel.


Le général Jean-Bernard Pinatel est expert en géostratégie et en intelligence économique. Il tient le blog Géopolitique et géostratégie. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages, dont «Carnets de guerres et de crises» aux Éditions Lavauzelle, 2014.


LE FIGARO. – François Hollande a confirmé dimanche qu’un camp de l’Etat islamique a été détruit lors d’un raid aérien impliquant six avions français. Les avions américains évoluant déjà dans la zone syrienne, quelle efficacité peut-on attendre de frappes aériennes françaises?

Général Jean-Bernard PINATEL. – L’efficacité des frappes françaises est un élément tout à fait secondaire de la décision prise par François Hollande. Déjà en Irak, les sorties effectuées par l’aviation française représentent moins de 10% du total des missions.

La décision de François Hollande est l’aveu que la stratégie du «ni Assad, ni Daech», dont il était le promoteur, était une erreur de plus dans son évaluation de la situation syrienne. En effet, dès le début de l’affaire syrienne, François Hollande s’est trompé sur plusieurs points. Premièrement, par idéologie, il a cru à un printemps arabe en Syrie, alors qu’on assistait aux prémices d’une guerre civile confessionnelle financée par l’Arabie Saoudite, le Qatar et aidée par la Turquie. Il s’est trompé aussi sur la capacité de résistance interne du régime d’Assad aidé par l’Iran, le Hezbollah libanais et la Russie. Il s’est trompé encore, comme d’ailleurs Barack Obama, sur la capacité de résistance de Daech aux frappes aériennes américaines. Malgré plus de 3000 sorties, Daech, vaincu par les Kurdes à Kobané et par les milices chiites irakiennes et iraniennes à Tikrit a poursuivi son offensive vers le Sud: prise de Ramadi, chef-lieu du gouvernorat d’al-Anbar en mai 2015, prise de Palmyre en juin 2015.

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Un fils du colonel Kadhafi sera t-il le futur chef de l’État libyen?


Par Bernard Lugan – Le 24 septembre 2015

Source bernard lugan

Le 14 septembre 2015, un coup de tonnerre a retenti dans le ciel serein des certitudes démocratiques européocentrées quand le Conseil suprême des tribus de Libye a désigné Seif al-Islam Kadhafi comme son représentant légal. Désormais, voilà donc un fils du défunt colonel seul habilité à parler au nom des vraies forces vives de Libye…

http://lesakerfrancophone.net/un-fils-du-colonel-kadhafi-sera-t-il-le-futur-chef-de-letat-libyen-2/


Les abonnés à l’Afrique Réelle et les lecteurs de ce blog ne seront pas surpris par cette nouvelle puisque, depuis 2012, je ne cesse d’écrire :

1) Que la pacification de la Libye ne pourra se faire qu’à partir des réalités tribales.

2) Que le seul à pouvoir reconstituer l’alchimie tribale pulvérisée par l’intervention militaire de 2011, est Seif al-Islam que son père, le colonel Kadhafi, avait pressenti pour lui succéder, et qui est actuellement détenu par les milices de Zenten.

Mes analyses ne procédaient pas du fantasme, mais du seul réel que voici :

1) En Libye, la grande constante historique est la faiblesse du pouvoir par rapport aux tribus. Au nombre de plusieurs dizaines, si toutefois nous ne comptons que les principales, mais de plusieurs centaines si nous  prenons en compte toutes leurs subdivisions, ces tribus sont groupées en çoff (alliances ou confédérations).

2) L’allégeance des tribus au pouvoir central n’est jamais acquise.

3) Les bases démographiques des groupes tribaux ont glissé vers les villes, mais les liens tribaux ne se sont pas distendus pour autant.

Le colonel Kadhafi a fondé son pouvoir sur l’équilibre entre les trois grands çoff libyens, à savoir la confédération Sa’adi de Cyrénaïque, la confédération Saff al-Bahar du nord de la Tripolitaine et la confédération Awlad Sulayman de Tripolitaine orientale et du Fezzan, à laquelle appartiennent les Kadhafda, sa tribu. De plus, à travers sa personne, étaient associées par le sang la confédération Sa’adi et celle des Awlad Sulayman car il avait épousé une Firkèche, un sous clan de la tribu royale des Barassa. Son fils Seif al-Islam se rattachant à la fois aux Awlad Sulayman par son père et aux Sa’adi par sa mère, il peut donc, à travers sa personne, reconstituer l’ordre institutionnel libyen démantelé par la guerre franco-otanienne. Mais pour comprendre cela, encore faut-il se rattacher à la tradition du maréchal Lyautey concernant les affaires indigènes et répudier l’approche universaliste des cerveaux à nœud du quai d’Orsay.

Aujourd’hui, les alliances tribales constituées par le colonel Kadhafi ont explosé ; là est l’explication principale de la situation chaotique que connaît le pays. En conséquence de quoi, soit l’anarchie actuelle perdure et les islamistes prendront le pouvoir en Libye, soit les trois confédérations renouent des liens entre elles. Or, c’est ce qu’elles viennent de réaliser en tentant de faire comprendre à la communauté internationale que la solution passe par les tribus… Certes, mais la Turquie et le Qatar veulent la constitution d’un État islamique et la justice internationale a émis un mandat d’arrêt contre Seif al-Islam…

Le 12 octobre, avec son habituel sens de la clairvoyance, sa célèbre hauteur de vues et son immense connaissance du dossier, BHL expliquera certainement cette évolution de la situation libyenne aux auditeurs de l’IHEDN (Institut des Hautes études de la défense nationale) devant lesquels il doit prononcer une conférence de géopolitique. Il est en effet bon que les plus hauts cadres civils et militaires sélectionnés pour intégrer cet institut prestigieux, puissent écouter les analyses des experts les plus qualifiés…

Bouleversement géopolitique : La Chine envoie son porte-avion et 1000 fusiliers en Syrie

 29/09/2015 – L’information a été démentie. Elle permet néanmoins de projeter les évolutions géopolitiques en cours….

PLAN-CSG-08

Le porte-avion chinois Liaoning

BREIZATAO – ETREBROADEL (27/09/2015) Nouveau bouleversement majeur au plan géopolitique : la Chine a rejoint la Russie dans son offensive en Syrie. Pour la première fois, les deux grandes puissances ont allié leurs forces armées au Proche-Orient pour y neutraliser les USA.

Porte-avion et fusiliers-marins

Alors même que le président chinois est en visite à Washington, le porte-avion Liaoning-CV-16 vient d’arriver dans le port syrien de Tartous où stationne déjà la flotte russe (source). Il est accompagné d’un croiseur doté de missiles guidés. La Chine entre donc formellement dans l’alliance associant déjà l’Iran et la Russie dans la région.

Le porte-avion devrait accueillir ses chasseurs et hélicoptères en novembre, après qu’ils aient transité par l’Iran et l’Irak. A cette fin, une cellule de coordination a été établie en Irak entre l’Iran et la Russie (source). Il s’agit aussi de combattre l’Etat Islamique en Irak.

Des avions J-15 chinois seront ainsi déployés, soit sur le porte-avion, soit sur la base aérienne de Jableh où opèrent déjà les Russes. Des hélicoptères de lutte anti-sous-marine Z-18F les rejoindront ainsi que des Z-18J.

Au moins 1000 fusiliers marins devraient être déployés en Syrie pour combattre les djihadistes et plus particulièrement les islamistes Ouïghours dont Pékin veut se débarrasser sur place. La Chine veut ainsi tuer dans l’oeuf, à l’instar de la Russie avec les djihadistes tchétchènes, toute utilisation de ces derniers par Washington à des fins d’agitation séparatiste et terroriste.

Ce déploiement de force bouleverse la donne puisque les deux puissances nucléaires et leur allié iranien sont désormais solidement implantés en Syrie et s’apprêtent à en nettoyer les éléments islamistes soutenus par Washington et ses vassaux, Turquie et pétromonarchies en tête.

Conscient de cette débâcle imminente, le secrétaire d’Etat John Kerry a discuté de la situation avec son homologue iranien, Muhammad Jawad Zarif, à New-York dans le cadre de l’assemblée générale des nations-unies.

Ce déploiement chinois marque définitivement la fin de la domination américaine de l’après-guerre froide. L’Eurasie, désormais coalisée autour de l’Organisation de Coopération de Shanghaï, constitue une alliance militaire capable de prendre des initiatives stratégiques afin de sécuriser son environnement immédiat et ainsi d’expulser les USA de l’immense continent.

Les buts de la Chine

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Les troublantes révélations issues des dossiers nazis sur le profil des membres de la Gestapo et leur destin après la deuxième guerre mondiale

La mise en lumière de dossiers nazis viennent de révéler au grand public un certain nombre de détails qui font froid dans le dos concernant la Gestapo. Formation initiale, réinsertion sociale, sans passer par la case tribunal ou prison, l’hitlérisme n’a jamais été chassé de l’élite allemande.

Dénazification des élites

Publié le 27 Septembre 2015

Les troublantes révélations issues des dossiers nazis sur le profil des membres de la Gestapo et leur destin après la deuxième guerre mondiale

Atlantico : Quand on apprend que les cadres de la Gestapo avaient, pour la très grande majorité, un très haut niveau d’études, pourquoi sommes-nous gênés ?

Georges Bensoussan : Ces informations ne constituent pas une révélation en soi, on sait depuis longtemps que l’élite du régime était constituée de gens très bien formés, intellectuellement formés, des diplômés. On sait aujourd’hui qu’à peu près les 2/3 des officiers supérieurs de la SS avaient fait des études supérieures. Dépasser le niveau bac, c’était considérable à l’époque. Donc cette idée que c’est un ramassis de vauriens, de voyous et d’incultes, c’est faux.

Mais elle a perduré dans le grand public car c’est une idée qui rassure, comme le font souvent les mythes. Les mythes ont toujours une fonction : rassurer et calmer l’angoisse. Si on arrive à se persuader que ces gens-là étaient un ramassis d’abrutis, d’une certaine façon ça nous apaise parce qu’on se dit qu’avec un peu d’intelligence on peut endiguer le crime. Mais ça n’est pas si simple : ces gens sont intelligents, ils sont formés et cultivés.

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Inside³ à pleins cubes

Par Camille Gévaudan 23 septembre 2015
Le cube «Inside³» niveau normal.
Le cube «Inside³» niveau normal. Images Teapot Creation
Inventé par un ancien fonctionnaire ministériel qui s’ennuyait, ce casse-tête réunit désormais toute une communauté de joueurs accros.

http://www.liberation.fr/economie/2015/09/23/inside3a-pleins-cubes_1389132

Inside³ : épopée d’un casse-tête à pleins cubes

C’est un cube en plastique bleu percé de deux fenêtres – l’une sur la face avant, l’autre à l’arrière. Par la première fente, on voit une petite bille métallique. On peut même la toucher du bout du doigt. Jolie, gentille petite bille… Que tu es brillante, et douce sous la pulpe de mon index. Il faut bien en profiter tant qu’elle se laisse caresser, car une pichenette plus tard, la chipie disparaît dans le labyrinthe en 3D qui compose l’intérieur du cube, et on aura le temps de pousser quelques jurons avant de la voir ressortir de l’autre côté.

Très honnêtement, notre première rencontre avec ce casse-tête nommé Inside³ (prononcez «Inside cube») s’est mal passée. On navigue à l’aveugle, penchant le cube à gauche et à droite, vers le haut ou vers le bas, guidé par le son de la bille qui roule et se cogne aux parois intérieures. «Roule, roule, tic» est par exemple le seul indice dont on dispose pour supposer que la bille a parcouru un petit couloir. «Roule, roule, roule, roule, tic», c’est que le couloir était long. Quant à «roule, roule, poc», on se demande bien ce qu’il faut en conclure. Etait-ce le bruit d’une chute au niveau – 3 ? Mais d’après le plan, on était loin du trou… Rhaa, on s’est encore paumée ! Car, oui, la carte du labyrinthe est pourtant gravée sur le cube : sept gribouillis pour les sept niveaux empilés à l’intérieur, avec une marque pour les trous reliant un niveau à l’autre. Mais rien à faire, on n’a pas réussi à connecter l’information visuelle, les indices sonores et nos doigts gourds. Quelques jours de repos sur une étagère poussiéreuse ont permis à l’arrogant cube de se rappeler la promesse inscrite sur sa face («easy») et de se laisser enfin aborder. Le déclic s’est fait quand on l’a réempoigné un samedi d’ennui. On a appris à diriger avec les mains, suivre avec les yeux, valider avec les oreilles. On a vu ressortir la bille de l’autre côté. Hourra ! Alors, dans la foulée, on lui a fait faire le chemin du retour, et de nouveau l’aller, et ça dix fois de suite. On a enfin compris pourquoi ce cube s’appelait «facile».

Le cube «Inside³»

«Normal», «vicieux», «mortel»

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