Les perturbateurs endocriniens, liste et risques

Les dangers des perturnateur endocriniens dans les cosmétiques

Une molécule qui imite, change ou bloque l’action d’une hormone et perturbe le fonctionnement de l’organisme

http://www.bon-coin-sante.com/blog-sante-sans-prise-de-tete/actualites-sante/un-perturbateur-endocrinien/

L’exposition à certaines substances toxiques peut par exemple perturber la fonction reproductrice, avec la création d’anomalies au niveau des organes reproducteurs, baisse de qualité du sperme, etc…

Ces substances se comportent comme des hormones et peuvent interagir avec notre système hormonal, d’où le terme de « perturbateurs endocriniens ».

Une liste des perturbateurs endocriniens

C’est bien joli tout ça, mais on entend parler de perturbateurs endocriniens à tout va, encore faudrait-il savoir identifier toutes les substances qui correspondent à ces fameux perturbateurs. Si les effets nocifs des perturbateurs endocriniens sont difficiles à prouver, la recherche actuelle se focalise sur 5 familles de substances douteuses:

  • 1. Les Parabènes.
  • 2. Les Bisphénol A.
  • 3. Les Phtalates.
  • 4. Les Composés perfluorés.
  • 5. Les Composés polybromés.

Nous sommes tous exposés à ces substances toxiques via notre alimentation, notre respiration et notre peau. Par mesure de précaution, les autorités sanitaires ont défini pour certains perturbateurs endocriniens une dose maximale d’exposition. Or nos expositions sont tellement diverses et variables, qu’il est bien difficile de savoir exactement à quelle dose nous sommes réellement exposés quotidiennement, sans parler des effets combinés (exposition simultanée à plusieurs substances).

Dans quoi se cachent les perturbateurs endocriniens ?

1.Le bisphénol A

Le bisphénol A fait beaucoup parler de lui en ce moment, ce composé chimique rend les plastiques incassables et résistants à la chaleur. Autrement dit, il y en a partout et plus principalement dans les plastique dur et transparent, et même à l’intérieur des boîtes de conserve: bouteilles plastiques, gobelets, assiettes et couverts en plastique, lunettes de soleil, téléphones portables, jouets, cannettes…
S’il est aujourd’hui difficile d’y échapper, on peut au moins limiter l’usage des plastiques alimentaires : bouteilles et récipients en verre, plats en inox, etc… Et surtout, évitez de faire chauffer au four micro-ondes un plat ou une barquette en plastique, car ce fameux bisphénol A passe dans les aliments sous l’effet de la chaleur !

Evitez donc d’acheter des produits qui affichent les signes BPA ou PC (polycarbonate).

Nota : la Commission européenne a voté l’interdiction du bisphénol A dans les biberons au printemps 2011 ?!? Mais pas pour le reste, donc ce qui est dangereux pour bébé ne l’est pas pour maman ou papa ?…C’est à mourir de rire !

2. Les parabènes

Les parabènes sont des conservateurs très abondamment utilisés dans les cosmétiques, aliments, boissons et médicaments. Butylparaben ou propylparabens, également mentionné parahydroxybenzoate de propyl. Les parabènes se cachent aussi sous divers codes: E214, E215, E218, E219…

Pour ne pas se tromper au niveau de votre alimentation, privilégiez le bio pour limiter les conservateurs en général. Pour le reste lisez les étiquettes pour éviter les produits qui en contiennent. Encore plus simple, il suffit de privilégier les produits qui affichent clairement sur leur emballage : « sans parabènes ».

3. Les phtalates

Les phtalates contrairement au bisphénol A, sont incorporés aux plastiques pour leur donner de la souplesse, ils sont présents dans les emballages alimentaires, rideaux de douches, certains dispositifs médicaux, etc… Les phtalates sont également utilisés pour dénaturer l’alcool dans les produits cosmétiques et particulièrement les parfums.

Certains de ces phtalates sont interdits dans les jouets et les articles de puériculture. Une forte odeur de plastique dégagée par les produits neufs peuvent nous aider à repérer leur présence, les emballages alimentaires portant le code de recyclage n°3, le nom diéthylphtalates ou DET dans la liste des ingrédients des cosmétiques, les termes « alco(h)ol dénat » et « ethanol » indiquent également les présences de phtalates.

Nota : Pas de micro-ondes ni de lave-vaisselle pour ces plastiques, bien aérer longuement et souvent en cas d’achat de produit ou matériel plastique neuf, pour évacuer les fortes émanations de phtalates !

4. Les composés perfluorés

Les composés perfluorés sont présents dans les ustensiles de cuisson antiadhésifs, dans les produits imperméabilisés et traités antitaches (moquettes, vêtements, cartons alimentaires…).

Lorsque vous faites la cuisine, évitez de rayer les revêtements antiadhésifs et remplacez-les dès les premiers signes d’usure. Pour les vêtements et les tissus d’ameublement, favorisez les produits affichant « sans composés perfluorés » ou « sans PFOA ».

Au niveau de l’alimentation, les composés perfluorés se concentrent dans les poissons gras (saumon, maquereau…) en raison du rejet industriel.

5. Les composés polybromés

Moins connus, les composés polybromés sont des retardateurs de flamme, les (CPB & PBDE) ils sont incorporés dans les produits inflammables : sièges, télé, ordinateurs, vêtements, capitonnage, tissus d’ameublement…

Ils sont libérés petit à petit dans l’air ambiant, ils se concentrent dans l’habitacle de notre voiture, notre bureau et notre logement : il est donc impératif d’aérer tous les jours, et encore plus après l’achat de matériels et produits neufs.

Dans l’alimentation les composés polybromés s’accumulent dans les produits riches en graisses, grâce encore une fois aux rejets industriels. On en retrouve dans les poissons, le lait, la viande… Pour s’en protéger il suffit de privilégier les produits le plus naturels possibles.

Conclusion

En attendant que d’autres études évaluent et confirment les risques sanitaires réels dus à ces substances, nous devons éliminer au maximum ces molécules par quelques petits gestes quotidiens, dans le choix de notre alimentation, de nos cosmétiques, de nos ustensiles de cuisine, et en aérant quotidiennement notre logement, voiture et lieu de travail.

Ajout du 27 juillet 2015

Perturbateurs endocriniens : les lobbies intoxiquent à nouveau l’Europe
A Bruxelles, l’industrie chimique sabote la réglementation des perturbateurs endocriniens…


Perturbateurs endocriniens : les lobbies intoxiquent à nouveau l’Europe

A Bruxelles, l’industrie chimique sabote la réglementation des perturbateurs endocriniens, dénonce la journaliste Stéphane Horel, dans un rapport publié le 20 mai.

L’industrie chimique a-t-elle eu raison du principe de précaution ? A Bruxelles, ses lobbies ont réussi à reporter l’échéance de la réglementation des perturbateurs endocriniens d’au moins quatre ans, nous apprennent la journaliste Stéphane Horel et l’ONG CEOdans un rapport conjoint : A Toxic Affair (à télécharger ici).

L’Europe devrait interdire ces substances – présentes dans les plastiques, les cosmétiques, les pesticides… – d’autant plus dangereuses pour la santé qu’il est techniquement impossible de se protéger seul contre elles. Le hic, c’est qu’une réglementation menacerait des intérêts industriels colossaux.

Avec son documentaire Endoc(t)rinement (2014), Stéphane Horel promenait sa caméra dans les couloirs de la Commission européenne et décryptait les enjeux d’un processus de régulation enlisé. Suivant le dossier des perturbateurs endocriniens depuis près de dix ans et s’apprêtant à publier un livre sur le sujet (1), la journaliste questionne les fondements de la démocratie européenne.

Quel est le contenu du rapport A Toxic Affair  ?

Il raconte en détails comment l’industrie chimique a fait un lobbying pied à pied, jour après jour, pendant cinq ans, pour empêcher la régulation des perturbateurs endocriniens. La masse documentaire fournie par la Commission européenne montre notamment qu’il y a eu une forme de « chantage au Tafta » (traité de libre-échange transatlantique). L’industrie a tout fait pour imposer l’idée que ce n’était pas le moment de réglementer alors que l’on était en train de discuter pour aplanir les différences de réglementation d’un continent à l’autre.

Par ailleurs, la Commission a été littéralement harcelée par les lobbies. En juin 2013, il y a une sorte de « Blitzkrieg » qui se traduit par une explosion du nombre de mails exigeant une étude d’impact économique de la future décision politique. Et, le 2 juillet, Catherine Day, la secrétaire générale de la Commission européenne, prend la décision de la lancer. Véritable usine à gaz, cette étude était le moyen idéal pour gagner du temps puisqu’elle ne sera pas terminée avant mi-2016 et qu’on estime qu’il n’y aura pas non plus d’adoption des critères d’identification des perturbateurs endocriniens avant 2017 – soit un retard de quatre ans par rapport à la date fixée par le Parlement européen.

Comment avez-vous procédé pour obtenir ce type d’informations ?

J’ai eu recours une trentaine de fois en deux ans au règlement autorisant l’accès aux documents des institutions européennes qui permet de demander à la Commission européenne sa correspondance interne et sa correspondance avec les lobbies. J’ai ainsi récupéré des milliers de pages d’emails, de comptes rendus de réunion, de notes administratives officielles, etc.

Vous montrez que les firmes ont des alliés non seulement à l’intérieur de la Commission européenne, mais aussi parmi les Etats membres.

Il y a en effet eu des conflits entre différents services, à l’intérieur même de la Commission. Les fonctionnaires, minoritaires, qui résistaient au lobbying à la Direction générale de l’environnement, ont été dessaisis du dossier sous la présidence de Jean-Claude Juncker. Si bien que cette direction n’a aujourd’hui plus la main.

Entre 2010 et 2013, tout le travail de la DG environnement pour discuter des critères des perturbateurs a été mené en présence de représentants des Etats membres de l’Union européenne. Il y a eu un lobbying très fort du Royaume-Uni, et dans une moindre mesure de l’Allemagne. A l’inverse, les Scandinaves ont défendu la santé publique. La Suède, en particulier, est arrivée à un niveau d’agacement tel qu’elle a déposé une plainte en juillet 2014 contre la Commission européenne, auprès de la Cour de Justice de l’Union, pour non-respect des délais légaux. D’habitude, c’est la Commission qui utilise cette procédure contre des Etats membres qui n’ont pas appliqué certaines directives. Là, c’est un pays qui attaque la Commission. C’est une configuration inédite, et ce qui l’est encore plus, c’est que le Conseil de l’Europe et le Parlement ont décidé en janvier 2015 de soutenir la Suède.

Le Parlement européen est-il attentiste ?

Comme dans tout Parlement, certains députés sont connus pour être pro-industrie, d’autres pour être pro-santé publique. Du côté des pro-industrie, Julie Girling, une député britannique appartenant au Groupe des Conservateurs et Réformistes européens, a par exemple déposé des amendements contre l’approche de précaution. Dans le rapport, nous révélons qu’elle a aussi créé un groupe informel (comme un club parlementaire à la française, mais en plus restreint) où elle invite des lobbyistes et des personnalités importantes de la Commission.

Cela favorise l’infusion d’idées pro-industrie et pose un sérieux problème : dans la configuration politique et idéologique d’aujourd’hui, la priorité est donnée aux fabricants de détergent pour salle de bain, de spray anti-moustiques, de verres de lunettes… Or, ces gens n’ont pas été élus et participent pourtant activement aux décisions politiques. Mais, ces derniers temps, le sujet s’est politisé, ce qui angoisse l’industrie. Maintenant, c’est même une question transpartis. Les Verts, la droite et la gauche ont parrainé la projection de mon film, Endoc(t)rinement, début 2015, au Parlement européen. Le même mois, une question écrite sur les perturbateurs, formulée par soixante députés, a été posée et le nouveau commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, a répondu en session plénière, à Strasbourg.

Quelle est l’action de la France ?

La France était complètement ectoplasmique jusqu’à ce que Ségolène Royal tape du poing sur la table et demande à ce que la question des perturbateurs endocriniens soit mise à l’ordre du jour du conseil des ministres de l’Environnement de l’Union européenne, en juin 2014. En réponse, la Commission a publié, dès le lendemain, la feuille de route pour l’étude d’impact.

Malgré ces progrès récents, les institutions européennes semblent toujours perméables aux revendications des lobbies.

C’est un des symptômes du dysfonctionnement de la démocratie européenne : elle est incapable d’intégrer la science pour des décisions qui concernent la santé et l’environnement. Elle est bien plus à l’écoute des doléances de l’industrie chimique qui veut défendre son chiffre d’affaire. La position de l’industrie est claire : elle s’attaque aux critères qui pourraient faire interdire ses produits. Les lobbies américains et européens ont à ce titre agité la menace économique en publiant leurs propres études d’impact. C’est la « stratégie du chiffre épouvantail ». La firmeCropLife America prétend que 40 % des exports de produits agricoles ne passeront plus les frontières européennes, ce qui représente 3,57 milliards d’euros. Et CropLife International – « la World Company » des pesticides et des OGM – dit que le coût mondial des critères s’élèverait à 65 milliards d’euros. C’est presque autant qu’une catastrophe nucléaire comme Fukushima (estimée à 80 milliards d’euros) !

C’est là que les études d’impact sont injustes. Il est plus facile d’estimer des pertes de bénéfices pour les industries que d’estimer combien vaut votre prostate, votre sein ou le cerveau de votre enfant. Quitte à comparer l’incomparable, des scientifiques ont donc évalué le coût des maladies qu’ils pensent être liées aux perturbateurs endocriniens. Sans compter les cancers du sein ou de la prostate, ils sont arrivés à une estimation de 158 milliards d’euros par an, pour la seule Union européenne !

(1) Intoxication (éd. La Découverte), à paraître en octobre.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s