La vérité sur l’affaire Galilée, d’Aimé Richardt

http://www.francisrichard.net/article-30017137.html

8 avril 2009

L’UNESCO ( ici ) a déclaré 2009 année mondiale de l’astronomie. Pourquoi avoir choisi 2009 ? Parce qu’il y a 400 ans les premières observations du ciel à l’aide de télescopes ont été, notamment par un certain Galilée. Cela me semble une bonne occasion de revenir sur l’affaire éponyme. A propos de laquelle beaucoup de choses ont été dites qui n’avaient qu’un lointain rapport avec la vérité.

Un livre paru aux éditions François-Xavier de Guibert  il y a dix-huit mois fait le point sur cette affaire et montre une fois de plus que la vérité est complexe et nuances, comme je me plais à le répéter. Ce livre, La vérité sur l’affaire Galilée, est écrite par un historien qui connaît très bien le XVIIe siècle et a reçu d’ailleurs, pour son Fénelon, le Grand Prix d’Histoire de l’Académie française, il y a une quinzaine d’années.

Aimé Richardt, en bon historien, restitue d’abord le contexte de l’affaire et le contexte n’est pas seulement l’époque à laquelle Galilée a vécu. Car pour comprendre le conflit qui va opposer Galilée à l’Eglise il a compris qu’il fallait d’abord faire un peu d’histoire sur l’astronomie depuis ses origines.

Aimé Richardt remonte ainsi à l’Egypte. Puis il nous expose la théorie d’Aristote en la matière, ensuite celle de Ptolémée, tous deux convaincus du géocentrisme – la Terre est immobile et le Soleil se meut. Les tenants de l’autre théorie, celle de l’héliocentrisme – la Terre se meut et le Soleil est immobile – ne sont pas légion. Avant Copernic, seul Aristarque avait vraiment émis cette hypothèse.

Quand Copernic montrera que cette hypothèse permet de « sauver les apparences », c’est-à-dire de mieux expliquer les mouvements des astres les uns par rapport aux autres, il sera vilipendé par Luther et Calvin, tandis que l’Eglise catholique, avec prudence, adoptera une position de réserve. Les papes Clément VII et Paul III l’accueilleront même avec bienveillance et la trouveront digne d’intérêt.

Aimé Richardt rappelle opportunément aussi que l’Eglise catholique, avant le temps de Galilée, lors du Concile de Trente, vient tout juste de resserrer les boulons après les remous provoqués en son sein par la Réforme. La signification de l’Ecriture, quand elle est obscure, ne peut être donnée que par l’Eglise, conclut le Concile. Elle devient alors vérité catholique que le fidèle catholique doit admettre sous peine d’hérésie.

C’est dans ce contexte, suprématie du géocentrisme et rôle exclusif de l’Eglise en matière d’interprétation des écritures, que se situe l’affaire Galilée. A la lecture de Copernic et des observations qu’il fait avec son télescope, Galilée va en effet être convaincu du bien-fondé de l’héliocentrisme. Et il aura raison… sans être capable de le prouver.

Au lieu de présenter cette théorie comme une hypothèse, puisqu’il est incapable d’en apporter la moindre preuve – sinon celle de sa théorie des marées, qui est malheureusement fausse – il va la considérer comme vraie et indiscutable. Au lieu de rester dans son domaine scientifique, il va dire à l’Eglise comment Elle doit interpréter l’Ecriture et lui demander de ne pas s’en tenir au sens littéral.

Aimé Richardt raconte comment, par son comportement orgueilleux, et par la publication de livres truffés d’affirmations péremptoires, Galilée va se mettre à dos l’Eglise et, au final, son chef le pape Urbain VIII, naguère son ami.

Après avoir reçu un avertissement en 1616 et s’être engagé à ne plus « soutenir, enseigner, défendre »  – sans preuve – l’héliocentrisme, Galilée va récidiver. Il n’écoutera pas les recommandations d’Urbain VIII lui enjoignant de rester sur le terrain purement scientifique et de ne pas s’aventurer sur celui de la théologie.
Dans son Dialogue, paru en 1632, avec imprimatur, obtenu en taisant l’injonction de 1616, il persistera à faire prévaloir le témoignage des sens sur l’affirmation doctrinale et, maladresse fatale, il tournera en ridicule, à tort, certaines des positions scientifiques du pape Urbain VIII, particulièrement celle relative aux marées, qui s’avérera juste, puisque le pape, au contraire de Galilée, y voit déjà l’influence de la lune.

En 1633, poursuivi devant le tribunal de l’Inquisition, lors du premier interrogatoire, Galilée mentira en prétendant que son Dialogue n’est pas une défense de l’héliocentrisme. Mensonge qui ne sera pas retenu contre lui mais qui aurait pu lui valoir de sacrées sanctions.

Aussi Galilée sera-t-il condamné le 22 juin 1633 pour ne pas avoir respecté son engagement de 1616, pour avoir réussi à faire imprimer son livre en mentant par omission sur cet engagement, pour « s’être rendu « véhémentement suspect d’hérésie » en ayant soutenu la fausse doctrine du mouvement de la Terre et de l’immobilité du Soleil ». Le même jour, traitement de faveur, il abjurera à huis clos au Couvent de la Minerve, alors que les abjurations étaient habituellement publiques.

Tant avant que pendant, et après, le procès, Galilée bénéficiera de traitements de faveur quand on connaît les traitements rigoureux que pouvait infliger l’Inquisition à l’époque. Pour raison de santé, du temps lui sera accordé avant de comparaître à Rome. Il ne connaîtra pas les geôles du château Saint-Ange et pourra résider pendant le procès à l’ambassade toscane et se promener librement dans les jardins de la Villa Médicis.

Condamné à la prison formelle pour un temps indéterminé il ne sera jamais incarcéré, il sera d’abord assigné à résidence à l’ambassade toscane, puis chez son ami, l’archevêque de Sienne, enfin, en décembre 1633, dans sa villa d’Arcetri, proche de Florence, où il recevra de nombreuses visites, et où il s’éteindra paisiblement le 8 janvier 1642.

Pour connaître tous les détails de l’affaire Galilée il convient bien entendu de lire le livre d’Aimé Richardt, où tous les éléments du dossier sont rassemblés, de même que s’y trouvent des références bibliographiques intéressantes pour ceux qui veulent approfondir le sujet. En tout cas le portrait de Galilée en martyr, et en scientifique rigoureux et persécuté, n’en sort pas indemne, et l’Eglise catholique en sort beaucoup plus sensée et moins arbitraire que la légende anticléricale ne le laisse croire.

Francis Richard


Les commentaires sur cet ouvrage historique, ceux de Sidereus Nuncius et les réponses de Vauban démontrent qu’il y a éminemment matière à débat sur ce sujet…

Message initial: 14 févr. 09 12:49:47 GMT+01:00

Un livre navrant bien au contraire par son orientation politique manifeste et sa lecture parfois négationniste !

Normal quand le livre est post-facé par le directeur de l’Institut d’Action Française, institut de formation politique , œuvrant  » inlassablement, en ces temps de démission nationale, à la formation d’une élite militant sans relâche pour le maintien de la souveraineté de la France et de ses traditions chrétiennes face à toutes les sirènes du mercantilisme européiste et mondialiste… « . On ne peut pas mieux faire comme confusion des genres.

Normal venant d’un auteur ayant fait l’apologie (c’est mon regard subjectif, donc sujet à caution) du saint cardinal Bellarmin, présenté comme « protecteur » du savant italien (une vision un peu angéliste).

Je ne sais si le précédent lecteur s’est penché sur le cas Galilée à travers ce seul ouvrage… ou s’il n’est pas lui-même l’auteur ou l’éditeur de l’ouvrage : personnellement j’ai passé (et continue d’y passer) plusieurs années de ma vie sur l’étude de cette « affaire », complexe en effet. Le recoupement d’informations, qu’elles viennent des écrits de Galilée même (le Sidereus Nuncius, les Dialogues, les lettres coperniciennes), les recherches d’Alexandre Koyré (les Etudes Galiléennes sont un minimum), Stillmann Drake (l’ouvrage chez Acte Sud est accessible et excellent), Ludovico Geymonat (toujours dispo chez certains bouquinistes), Fabien Chareix (une étude d’histoire des sciences pure), les Opere traduits en italien et en anglais, les minutes du procès elles-mêmes, les publications du collège de réflexion de l’Eglise (les différents écrits de Poupard notamment et le Studi Galileiani de 1983), révèlent effectivement moins une opposition entre science et foi qu’entre savoir antique et expériences nouvelles, entre libre exploration du monde et enfermement dogmatique dans un modèle aristotélicien et thomiste (des « gros mots » que, j’ose le croire, comprend le précédent lecteur).
Galilée était bien un personnage ambivalent, à la fois génial et arrogant, téméraire et intriguant, désintéressé et cupide, ce qui fait son grand intérêt, au delà de sa contribution intellectuelle.

Pour autant, placer cette affaire sur le registre de la « non preuve » scientifique apportée par Galilée au procès est un non sens ! C’est penser en homme du XXI° siècle et non en philosophe de la nature du XVII°, aux pensées subordonnées à l’ Ordre du Monde d’Aristote ! Galilée n’a pas été condamné parce qu’il s’était placé sur le terrain de la Théologie comme l’affirme l’ouvrage, mais parce que ses délateurs et juges l’y ont placé (lire attentivement la Lettre à Christine de Lorraine écrite d’après un échange de Galilée avec le Père Castelli). Il ne faut pas inverser les choses !
C’est également faire « pudiquement » abstraction des jeux de pouvoirs au moment de la Contre-Réforme catholique face au Protestantisme: une Eglise qui veut que son autorité ne soit pas baffouée. Transition subtile, défendre l’Eglise en avançant les théories d’un protestant est un grand écart qui me surprend ! Tenter de jeter le discrédit sur Galilée parce qu’il n’adhère pas à la théorie des marées de Kepler, dès lors qu’il a développé la sienne, est un peu facile, vu d’où nous sommes: nous connaissons la réponse… eux-deux émettaient des hypothèses audacieuses pour l’époque ! Et la cinématique de Galilée était démonstrativement logique. Les intuitions de Kepler, bien que justes, n’étaient fondées sur aucune physique. Etrange inversion des arguments, quatre siècles après le fameux procès…

Ce que j’aime dans l’étude historique, c’est lorsqu’elle tente de démystifier les choses pour tenter d’approcher les faits. Reconnaissant une certaine sympathie pour le bonhomme, je n’en cherche pas moins à être critique par rapport à l’image effectivement positiviste qu’on en a trop souvent. Pour autant, je ne peux accepter que, sous couvert de dresser ce même portrait critique, on en vienne à dénaturer un fait pour le transformer en nouvelle idéologie: pour caricaturer, une Eglise qui serait plus scientifique que le fondateur de la science lui-même ! Faut-il le rappeler, en tant qu’Institution et communauté de pouvoir, l’Eglise n’a pas protégé Galilée ! Il ne faut pas porter la vertu de quelques ecclésiastiques éclairés (Castelli, Mersennes, Clavius, Piccolomini) à toute la communauté, comme il n’est pas sage de jeter l’opprobe sur toute une communauté religieuse à cause d’individus fondamentalistes.

Ce livre aura au moins une vertu: montrer que la liberté de penser n’est jamais acquise et que le vrai philosophe se doit toujours de peser les arguments d’adversaires réactionnaires ou dogmatiques (petit clin d’oeil à « L’essayeur » écrit par Galilée, en réponse à « La Balance Astronomique »).


[Supprimé par Amazon le 9 mars 12 10:20:20 GMT+01:00]

Oui j’ai lu le livre: je ne parle pas de sujets sans en connaitre la nature.
Mais vous, est-ce là le seul livre que vous avez lu sur ce sujet ? Comment pouvez-vous ainsi vous construire une opinion éclairée sur un sujet qui fait discussion depuis quatre siècles ? Pour ma part, je lis chaque détracteur avant de me faire une opinion. Et je parle bien d’une opinion (je n’ai pas la science infuse) fondée le plus possible sur une confrontation factuelle.Ma pensée n’est pas celle de Diderot, j’y viendrai plus tard (pour votre gouverne, le philosophe des lumières qui a traité le sujet Galilée dans l’encyclopédie est D’Alembert – volume IV de la Grande Encyclopédie -, article « Copernic » dans lequel le savant priant le pape Benoit XIV de revenir sur le scandale de la condamnation de Galilée): elle est bien issue de cette image composite composée par la lecture des auteurs reconnus parmi les plus grands spécialistes (Koyré, Geymonat, Chareix, Michel Pierre Lerner, Stillman Drake, le Père Koynes – astrophysicien membre de l’Académie Pontificale des Sciences -), face à un obscur historien de l’académie de Franche-Comté dont l’historiographie (référence à Koesler et Duhem) interpelle.Sur le côté « Bellarmin, un saint » ? Si vous étiez un tantinet doté de sens critique, vous auriez vérifié, cher ami, que Bellarmin EST BIEN un saint de l’Eglise: il a été cannonisé !

Un regard critique débarrassé d’une vision athée? vous êtes donc, selon toute vraissemblance, croyant. Voir TRES (d’où les charges contre Diderot et Marx). Je suis moi-même croyant… et un astronome étudiant actuellement l’histoire des sciences Mais ne suis pas enfermé dans ma foi, au point de me mettre des oeillères pour la défendre. A l’instar du florentin, objet de notre discussion, je ne confonds pas ma foi et les faits. L’épistémologie et l’histoire des sciences sont justement deux sciences parmi les sciences historiques: l’histoire ne doit pas devenir l’apologie d’une idéologie, y compris religieuse, mais l’étude raisonnée d’un contexte.

Pour Aristote, mes conseils de lecture devraient vous éclairer mieux que je ne pourrais le faire sur ce billet.

Enfin, me traiter de « marxiste » ? Que vient faire ce philosophe dans le fil de cette conversation ? Si ce n’est pour révéler votre propre opinion politique. Mais il est vrai qu’ayant porté la charge sur le post-faceur, vous me rendez la pareille. Mais, si je ne partage absolument pas l’opinion de Karl Marx, je peux me prévaloir d’avoir lu ses ouvrages avant de me faire une opinion. Et vous Monsieur Latour ?

Je vous retourne le compliment avec malice: quel bon moment que de vous lire 🙂


[Supprimé par Amazon le 9 mars 12 10:25:29 GMT+01:00]

Depuis Heinsenberg, l’homme de science a compris que l’objectivité totale est impossible. Seule une subjectivité consciente de cette subjectivité peut amener à un début d’objectivité: je préfère ceux qui savent qu’il croient, que ce qui croient qu’ils savent. C’est ma démarche intellectuelle, comme celle de confronter les opinions en multipliant les sources. Si elle ressemble, selon vous, à de la dialectique, je n’y peux rien…

A vous lire et vous relire, votre seule référence est et reste ce seul et unique ouvrage.

Vous vous limitez à son propos, le prenant intégralement pour argent comptant (l’auteur démontre ceci, il dit cela).
Ma question est: avez-vous été lire ailleurs pour pouvoir vous permettre d’être aussi élogieux ?

Si je suis peu enclin à écrire des critiques, c’est justement qu’elles sont toujours teintées des expériences ou inexpériences. D’où ce dialogue de sourd que vous décriez tant: vous le jugez bon car c’est sans doute votre première lecture sur le sujet (c’est vrai qu’il ouvre à de bonnes problématiques), je le trouve mauvais au regard des nombreux autres que j’ai fréquenté. Pire, je le trouve contre productif…

Dans le contexte d’une volonté notoire de « rechristianisation » (acte de foi de l’éditeur – FX de Guibert – et du post-faceur), ce livre mérite, ce me semble, d’être l’objet d’une interrogation raisonnable et raisonnée : le but de l’auteur est-il de livrer les faits tels qu’ils ont été ? N’y a t-il pas, même inconsciemment, volonté d’agencer les documents selon une certaine optique au lieu de les faire parler ?

On peut, je crois s’interroger sur l’objectivité d’un éditeur marxiste proposant une étude biographique élogieuse de Marx ou Lénine ou Staline.

De même, je drois que j’ai le droit de m’interroger sur une étude jugeant Galilée comme s’étant fourvoyé sur le terrain de la théologie, de la part d’un éditeur notoirement catholique, avec un préfaceur ecclésiastique de haut rang et un post-faceur issu de l’Action Française, « principal mouvement royaliste, nationaliste et chrétien de France ».

C’est l’interrogation fondamentale de tout historiographe. Il est dommage que vous ne vous la posiez pas.

C’est bien la raison de ma critique: j’ai lu énormément d’ouvrages sur le sujet (dont les textes de Galilée lui-même) et du haut de cette expérience, même si l’auteur semble un spécialiste de la Modernité, il développe une argumentation caricaturale, interprétant certains textes qui, lus dans leur intégralité, ont un autre sens. Vous avez indiqué que je joue sur les mots et l’esprit dans lequel je les place. Dont act. Je suis donc plus à même de reconnaitre cela d’un autre.

L’auteur donne l’image d’un déouannement de l’autorité ecclésiale, qui ne voulait pas à l’époque remettre en question la supériorité de la théologie sur toute discipline humaine, en portant exclusivement la charge sur celui un qui posait pour la première fois la question de la suprématie du dogme sur les choses de la nature (lisez INTEGRALEMENT les Lettres Coperniciennes – ed livre de poche ou traduction de Clavelin in « Galilée Copernicien »). C’est cet artifice que je dénonce. Non le fait que certains éléments de cet ouvrage sont parfaitement exacts.
Avec des vérités savamment choisies, on peut fabriquer le plus beau des mensonges…

J’ai bien lu la thématique « Marxisante » p222 et suivante. Une citation, c’est bien court pour résumer un courant de pensée bien plus complexe (une allusion à Brecht aurait été aussi très édifiante)… mais faire carrément l’impasse sur Auguste Comte (une référence à peine) sur celui qui a vraiment façonné la pensée pro-Galiléenne en France me questionne soit sur les priorités de l’auteur, soit sur sa maîtrise du sujet !

Pour ce qui est des modèles d’Aristote, de Ptolémée, de Copernic, de Kepler, ils véhiculent pléthore d’erreurs qui ont amusé l’astronome passionné d’histoire de l’astronomie que je suis.
Un paragraphe et demi sur « Le Messager Céleste » (p118) est un véritable gag… alors que ce second livre de Galilée va avoir des répercussions incroyables dans les communautés savantes et religieuses !
L’épisode de la fabrication de la lunette oscille entre des vérités factuelles et extrapolations équivoques (j’ai même entendu sur Canal Académie – http://www.canalacademie.com – l’auteur affirmer que « Galilée a demandé au frère Sarpi de faire coffrer un hollandais fraichement débarqué pour avoir accès à sa longue vue » ! QUELLES SOURCES ? IL EST LE SEUL HISTORIEN A CE JOUR A EVOQUER CETTE ETRANGE RECUPERATION DE LA LUNETTE). Je pourrais poursuivre à loisirs.

Comment croyez-vous donc que je puisse estimer cet ouvrage ?

Que vous le considériez comme brillant, cela est votre affaire. On ne discute pas de goûts et de couleur, parait-il (encore que cela me semble au contraire des sujets qui en vaillent bien la peine).
Mon seul objectif est: NE VOUS LIMITEZ PAS A CE LIVRE !!!!!


Oups, je viens de découvrir votre profil : sans porter de jugement vos convictions, je comprends que ma charge fut rude…

Autant révéler votre adversaire dans cet échange épistolaire: Sidereus Nuncius (Le Messager des Etoiles), professionnel de la communication d’entreprise, démocrate, croisement improbable entre un mystique et un rationaliste, étudiant en philosophie et en astronomie, passionné depuis 15 ans comme vous l’aurez compris par l’affaire Galilée.


[Supprimé par Amazon le 9 mars 12 10:25:42 GMT+01:00]

Vauban dit:

« Négationniste », abus caractérisé de langage.

Votre liste sèche d’auteurs ressemble à un argument d’autorité.

Essayer de démonter le livre par des arguments.
La vulgate quasi dogme sur l’affaire galilée doit beaucoup au grand historien des sciences et épistémologue et marxiste Brecht…

L’affirmation en substance: « Avec Galilée la Nature s’écrit enfin mathématiquement » est à revoir.
Oresme (+1382) établit la loi du mouvement linéaire uniformément accéléré avant Galilée…

Votre jugement(mépris) sur Pierre Duhem vous juge.
Thermodynamicien du niveau des Van’toff Ostwald etc
Épistémologue repris par O.Quine,
Historien des sciences, notamment dans son œuvre : « Le Système du monde. Histoire des doctrines cosmologiques, de Platon à Copernic », monument de l’histoire des sciences, dix volumes où il réévalue à juste titre l’importance du Moyen Âge avant l’émergence de la science moderne.
Scoop : Duhem est encore lu par des chercheurs en physique.
Effectivement Kepler protestant fut protégé par les catholiques.
Etudiant en astronomie vous semblez bien obéir à votre idéologie.

Alexandre Koyré est sceptique par rapport à G.
Koestler, penseur indépendant, après une enquête approfondie ignore G.

L’académie pontficale des sciences a survécu à l’académie soviétique des sciences lol.
Enfin, Lyssenko, communiste a raison contre Mendel, moine ! votre devise peut-être ?


L. ROBERT dit:

« Négationniste », grand historien des sciences et épistémologue et marxiste Brecht…, Kepler protestant fut protéger par les catholiques, Etudiant en astronomie vous semblez bien obéir à votre idéologie [ !], Koestler penseur indépendant, l’académie soviétique des sciences, Lyssenko, communiste, Mendel, moine !

Dites, Vauban, au moins, vous, vous n’hésitez pas à vous exposer aux yeux de tous chaussé de vos gros sabots ! Pas de fausse moustache, pas de lunette noire, pas de masque dissimulant votre face, pas de chapeau enfoncé au point de vous cacher les oreilles…

 » Scoop : Duhem est encore lu par des chercheurs en physique.  » Effectivement : j’en connais même qui lisent Spirou !

Ceci dit, si Pierre Duhem est un véritable scientifique qui a apporté une contribution notable [ » Relation de Gibbs-Duhem « ] à la thermodynamique

{[rien à voir tout de même avec celle de Galilée, fondateur de la physique moderne, qui a apporté d’innombrables contributions à de multiples disciplines scientifique, en astronomie avec l’héliocentrisme, l’observation de la Lune, des taches solaires, des planètes et des des satellites de Jupiter, des phases de Vénus ; il découvrit la nature de la Voie lactée, dénombra les étoiles de la constellation d’Orion et constata que certaines étoiles visibles à l’œil nu étaient en fait des amas d’étoiles… En mécanique, il étudia l’équilibre et le mouvement des corps solides, notamment leur chute, leur translation rectiligne, leur inertie, ainsi que la généralisation des mesures, en particulier du temps par l’isochronisme du pendule, la résistance des matériaux, la théorie des corps flottants, des armatures d’aimants… Il fit des études relatives à l’art militaire, et en particulier à l’artillerie où il montra que les projectiles suivent, dans le vide, des trajectoires paraboliques et qu’un canon doit être pointé à 45° pour avoir sa portée maximale… Il est le fondateur de la Relativité galiléenne [ce que sait tout vrai Bachelier], qui ne sera dépassé – au XXème siècle – que par la Relativité einsteinienne. En mathématiques, il mena des travaux originaux et remarquables sur les suites, démontra plusieurs théorèmes sur le centre de gravité de certains solides, sur certaines courbes géométriques comme la cycloïde et les applications de celle-ci à des ouvrages d’art, ou sur la prise en compte des infiniment petits…]},

son oeuvre d’épistémologue [effectivement reprise raisonnablement par le logicien Willard Van Orman Quine puis, de façon parfaitement déraisonnable, par le  » philosophe des sciences  » Paul Feyerabend…] est bien oubliée

{[Ses questionnement sur  » Science et Foi  » sont très datée – fin XIXème : opposé à toute interprétation matérialiste et réaliste de la chimie et de la physique, Duhem propose une conception qu’on peut qualifier « d’instrumentaliste » de la science ; selon l’instrumentalisme, la science est un instrument commode de prédiction, mais  » une théorie physique n’est pas une explication « . Néanmoins, pour Duhem, parce qu’une théorie vise une classification naturelle, elle ne saurait être réduite à un artefact, à un simple instrument ; à la différence de Ernst Mach, Pierre Duhem ne considère pas la théorie physique de manière purement instrumentaliste : sa conviction demeure qu’il existe une réalité  » cachée  » en deçà des phénomènes, mais que la science ne peut – selon lui – espérer atteindre. Cette conception est aujourd’hui complètement abandonnée par les scientifiques (pas, hélas, par certains  » philosophes « …), qui n’y voient que des arguties métaphysiques sans signification]}.

Quant à son ouvre d’Historien des sciences, son Le Système du monde, tome I au tome X,  » monument de l’histoire des sciences « , bizarrement, personne n’a encore trouvé le temps d’en faire la moindre présentation…

Mais, toujours bizarrement, certains [un auteur jugeant Galilée comme s’étant fourvoyé sur le terrain de la théologie, de la part d’un éditeur notoirement catholique, avec un préfaceur ecclésiastique de haut rang et un post-faceur issu de l’Action Française,  » principal mouvement royaliste, nationaliste et chrétien de France « , Latour, vous-même… mais aussi bien d’autres hordes de créatures en furies et vociférantes !] mus, semble-t-il, par une haine féroce et même sans limite, continuent à vouloir détruire l’Oeuvre et la Mémoire de Galilée !

En janvier 2008, 67 professeurs de l’Université de Rome « La Sapienza », soutenus par des étudiants, s’en prirent au pape Benoît XVI, au point que ce dernier dut renoncer à participer à la cérémonie d’inauguration de l’année universitaire à laquelle il avait été convié. Ces professeurs reprochaient au pape sa position sur l’affaire Galilée telle qu’elle était apparue dans un discours prononcé par lui à Parme en 1990, dans lequel il s’appuyait sur l’interprétation du  » philosophe des sciences  » [ !] Paul Feyerabend jugeant la position de l’Église d’alors plus rationnelle que celle de Galilée. Une manifestation en soutien du pape réunit 100 000 fidèles sur la place Saint-Pierre le 20 janvier 2008…

Malheureusement pour eux, les adversaires de Galilée sont des ignorantins !

Galilée peut donc, par suite, continuer à reposer en Paix.

Cordialement.

PS : Un grand merci à Sidereus Nuncius, pour sa belle et intelligente contribution.


Vauban dit:

Galilée revisité :
Relativisons sa contribution à la dite relativité galiléenne
Oresme et Kepler, sans scandale, par le seul mérite de leur contributions scientifiques sont bien davantage que Galilée les fondateurs de la science moderne.Pour la Relativité, Giordano Bruno :
« Toutes choses qui se trouvent sur la Terre se meuvent avec la Terre. La pierre jetée du haut du mât reviendra en bas, de quelque façon que le navire se meuve. » Banquet des cendres (1584) précède le Dialogue (1632).
 » Mettez maintenant le navire en marche, aussi vite que vous voudrez. Alors, pourvu que le mouvement soit uniforme, et non oscillant de-ci, de-là, vous ne discernerez pas le moindre changement dans les effets décrits et aucun d’entre eux ne pourra nous indiquer si le navire est en mouvement ou arrêté; la cause de la permanence de tous ces effets est que le mouvement est commun au navire et à tout ce qu’il contient, y compris l’air….posons donc comme principe de notre investigation que, quel que soit le mouvement que l’on attribue à la Terre, il est nécessaire que, pour nous qui sommes les habitants d’icelle et par conséquent participants de celui-là, il reste parfaitement imperceptible et comme n’étant pas… »

Et Même plus avant
Nicolas de Cuse (+1464) haut dignitaire de l’Eglise  » Il et évident pour nous que cette terre se meut réellement, mais nous ne nous apercevons pas, car nous ne pouvons saisir le mouvement que par comparaison avec un point fixe  »

Cuse, Bruno, Galilée synthétisés en :
 » Il est impossible de déceler le mouvement d’un système mécanique par des expériences réalisées à bord de ce système lui-même.” (M.A. Tonnelat, Histoire du principe de relativité, Flammarion).

Avant Galilée :  » La Nature s’écrivait déjà mathématiquement » .

Roger Bacon « Toute science requiert les mathématiques » (« omnis scientia requirit mathematicam ») (Opus majus,) (1267)
Robert Grosseteste et ses travaux sur la lumière.
Et surtout,
Oresme (+1382) qui démontre identiquement la loi du mouvement linéaire uniformément accéléré plus de deux siècles avant Galilée…
Benedetti et Moletti précéderont aussi Galilée.

Comble, Galilée ne lira jamais les œuvres de Kepler, trop mathématiques à son goût; même pas Dyoptricae, où Kepler donne la théorie de fonctionnement des lunettes d’approche dont Galilée faisait un grand usage.

A présent, comparons les contributions mathématiques d’Oresme(+1382) à celles du « fondateur » de la science moderne, Galilée (né en 1564)

[… amazon L Robert
En mathématiques, il mena des travaux originaux et remarquables sur les suites, démontra plusieurs théorèmes sur le centre de gravité de certains solides, sur certaines courbes géométriques comme la cycloïde et les applications de celle-ci à des ouvrages d’art, ou sur la prise en compte des infiniment petits…]},

Bibmath :
Les idées nouvelles introduites par Nicolas Oresme en mathématiques sont étonnamment novatrices pour son époque :
trois siècles avant Descartes, il introduit un système de coordonnées rectangulaires qu’il utilise pour donner des représentations graphiques de fonctions : il signe ainsi les prémices de la géométrie analytique.
il connait la notion de valeur moyenne d’une fonction (il sait notamment calculer la vitesse moyenne d’un mouvement à accélération constante) ce qui préfigure le calcul intégral. Il sait aussi que la distance parcourue par un mobile de vitesse initiale nulle dans un mouvement à accélération constante est proportionnelle au carré du temps.
il est le premier à utiliser des puissances d’exposant irrationnel, et il intuite que les nombres irrationnels sont prépondérants parmi les nombres réels. Il faudra attendre Cantor et la fin du XIXè siècle pour avoir un énoncé clair de cette intuition.
il développe une théorie des séries infinies, introduisant leur somme qu’il appelle le « tout ». Surtout, il démontre la divergence de la série harmonique, S=1+1/2+1/3+1/4+… en utilisant ce qu’on appelle de nos jours le critère de …. Cauchy (Cauchy écrivit l’essentiel de son oeuvre au début du XIXè siècle).

Enfin Galilée sera sévèrement corrigé par ses contemporains.

Par Huygens :
Contrairement à ce que Galilée avait cru démontrer dans les Discours et démonstrations mathématiques (en) de 1638, l’oscillation circulaire du pendule n’est pas parfaitement isochrone si l’on excède une amplitude de 5 degrés par rapport au point le plus bas.

Galilée ne lira jamais les oeuvres de Kepler, trop mathématiques à son goût[pour le fondateur de la modernité scientifique]a; même pas Dyoptricae, où Kepler donne la théorie de fonctionnement des lunettes d’approche dont Galilée faisait un grand usage.
Ainsi Galilée refusera les ellipses de Képler et en restera aux cercles ptoléméens…

Dans le Dialogue, Galilée veut démontrer par un argument personnel : l’existence des marées : la terre en tournant agite la mer et que les marées prouve que la terre tourne. La vraie cause l’attraction des oécans par la lune est indiquée par saint Blède le Vénérable (+735 ) Képler, Francis Bacon(s1561), le pape Urbain Viii.
Au viiie siècle, Bède le Vénérable a été le premier à « affirmer l’existence et la constance, en chaque lieu, d’un retard de la marée sur l’heure lunaire5» de Pierre Duhem, Le système du Monde, L’astronomie latine au Moyen Âge, Hermann,‎ 1958

Quelques jugements de savants pas spécialement papolâtres, Arago doute de ses découvertes, Tannery le réduit à << un bon professeur et ingénieux chercheur>>, en particulier il critique avec Koyré les modalités de l’expérience validant le carré du temps.
Son antériorité pour du téléscope et et la découverte du satellite de jupiter est discutée (Pierre Borel, Z Jansen, N Zucchi J Gregory, S M Mayer)

Conclusions :
Avec Galilée nous frisons le mortel, « Tout ce qui est juste est des autres, tout ce qui est faux est bien de lui  »

Galilée ne mérite pas par sa contribution scientifique le titre de fondateur de la science moderne, mais peut-être celui de premier grand communicant de la science.

Oresme et Kepler, sans scandale, par le seul mérite de leur contributions scientifiques sont bien davantage que Galilée les fondateurs de la science moderne.

Remercions, Marie-Antoinette Tonnellat, René Dugas, Pierre Duhem, etc, et Internet.

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