Le système ferroviaire français est le 3e plus performant d’Europe

Intensité d’utilisation, qualité des services, sécurité: le réseau ferroviaire français fait figure de bon élève en Europe.

28/04/2015

http://www.challenges.fr/transports-et-defense/20150428.CHA5345/le-systeme-ferroviaire-francais-est-le-3e-plus-performant-d-europe.html

La France est ex-aequo avec la Finlande pour la ponctualité, la vitesse et le rapport qualité-prix. Xavier Francolon/SIPA
La France est ex-aequo avec la Finlande pour la ponctualité, la vitesse et le rapport qualité-prix. Xavier Francolon/SIPA

La France a le 3ème système ferroviaire le plus performant d’Europe, derrière la Suisse et la Suède, et ex aequo avec le Danemark, selon un rapport du cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG) publié mardi 28 avril.

« Comme la Suisse, la Suède, le Danemark, la Finlande et l’Allemagne, la France s’illustre par son système ferroviaire particulièrement performant », affirme Agnès Audier, Directrice Associée et coauteur du rapport.

Cette étude vise à évaluer la performance des réseaux ferroviaires de 25 pays européens, à partir de trois critères: l’intensité d’utilisation du système ferroviaire, la qualité des services dispensés et la sécurité.

L’Autriche, la Grande-Bretagne, la République Tchèque, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Espagne, l’Italie, la Belgique et la Norvège, enregistrent « une performance généralement bonne, mais des résultats extrêmement variables en fonction des paramètres évalués (intensité d’utilisation, qualité des services ou sécurité) ».

Enfin, la Slovénie, l’Irlande, la Lituanie, la Hongrie, la Lettonie, la Slovaquie, la Roumanie, la Pologne, le Portugal et la Bulgarie « ont des scores globaux plus faibles, en raison de problèmes de sécurité sur leur réseau ».

La ponctualité des trains français saluée

Par ailleurs, précise le BCG, la France est même deuxième ex aequo avec la Finlande pour la partie « qualité des services », qui prend en compte la ponctualité, la vitesse et le rapport qualité-prix.

L’étude souligne également que « la qualité du système ferroviaire est corrélée au niveau de dépense publique par habitant et l’importance du fléchage des investissements publics vers les infrastructures », plus que vers les opérateurs ferroviaires, comme le font la Finlande, la Suède, les Pays-Bas.

A l’inverse, la Roumanie, la Pologne, la Lituanie, le Luxembourg, la Slovaquie, allouent la majorité des subventions publiques à des opérateurs ferroviaires.

La France, l’Allemagne, la Suisse, l’Espagne, l’Italie, la République Tchèque, la Grande-Bretagne, l’Autriche, la Belgique, la Hongrie, la Bulgarie, la Lettonie, répartissent les subventions entre opérateurs ferroviaires et gestionnaires d’infrastructure.

« Cette corrélation ne veut pas dire qu’une allocation plus efficace des subventions est une baguette magique pour améliorer la performance ferroviaire. L’optimisation des actifs et des réseaux, l’efficacité marketing, la performance opérationnelle, la planification stratégique des effectifs et l’efficience de la gouvernance, sont bien sûr à considérer dans la performance ferroviaire », commente Joël Hazan, coauteur du rapport.

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PMA : deux lesbiennes n’aiment pas la couleur de leur fille. Elles portent plainte

C’est la dernière histoire gaie. Elle se passe aux États-Unis, notre modèle de toujours.
-Ecrivain, musicienne, plasticienne

C’est la dernière histoire gaie. Elle se passe aux États-Unis, notre modèle de toujours. Jennifer et Amanda, deux lesbiennes qui ont acquis à la Midwest Sperm Bank une petite giclée du donneur 380, soit « un homme blanc aux yeux bleus », se sont retrouvées mère et mère d’une jolie petite Payton café au lait et cheveux crépus.

Argh ! Damned !

Certes, elles ont beau vivre à Uniontown, dans l’Ohio, elles ne souhaitent pas frayer avec n’importe qui. Bien sûr, elles aiment leur petite Payton, mais comme dit Jennifer : « Il est difficile d’élever une enfant noire dans une communauté blanche et conservatrice. »

Alors elles poursuivent en justice la Midwest Sperm Bank.

L’affaire est complexe. Au cinquième mois de grossesse, Jennifer veut acheter un petit frère pour Payton. Elle appelle la banque et passe commande : ce sera du 380, 100 % blanc, 100 % blond, et qui « ressemble à sa compagne ». Et là, horreur et putréfaction, on découvre la méprise : Jennifer a été inséminée avec du 330. Un Afro-Américain.

Mettez-vous à sa place : vous achetez Shalimar de Guerlain et on vous refourgue du Shalipette de Tati. Vous seriez très colère vous aussi. Bref, les deux mamans réclament à la banque du sperme 50.000 dollars de dommages et intérêts car, dans leur bourgade du Midwest « peuplée à 98 % par des Blancs », elles « craignent l’intolérance ».

Admettons que Jennifer et Amanda obtiennent gain de cause, imagine-t-on alors ce qu’une telle jurisprudence pourrait entraîner ? En effet, à quel titre refuser aux hétérosexuels ce qu’on accorderait aux homos ?

Un exemple : Marcel Cachepot et Diala Zouzou s’aiment d’un grand amour multiculturel qu’ils concrétisent par la naissance d’un petit Johnny-Madiba. Selon les lois de Mendel, de l’hérédité biologique et des caractères récessifs, madame Zouzou sort un joli bambin aux yeux clairs et la peau itou. Puis vient le jour où M. Cachepot et Mme Zouzou divorcent. Qu’est-ce qui empêche alors cette femme à la peau du plus beau noir de réclamer des dommages et intérêts en plus de la pension alimentaire, cela au motif qu’il serait « difficile d’élever une enfant blanche dans une communauté noire et conservatrice » ? Et en suivant cette pente glissante où la tyrannie du « droit à » et de l’égalité nous entraîne, pourquoi ne pas imaginer, demain, l’inscription dans les contrats de mariage d’une obligation de métissage des caractères génétiques ?

En Espagne, où les « dons » rémunérés (sic !) se multiplient pour cause de chômage, un donneur de sperme peut obtenir 50 euros par prestation, une femme 1.000 euros pour un don d’ovocyte, mais le boulot n’est pas le même, si je puis me permettre l’expression. Aux USA, si le monsieur est diplômé et bien musclé, il peut obtenir jusqu’à 3.000 dollars. Là-bas, le pays est divisé en zones et « un donneur ne peut engendrer “que” 25 enfants pour 800.000 habitants de sa zone ». Bien sûr, on peut encore trouver des donneurs de sperme à l’ancienne, procréation bio garantie, mais alors il faut accepter de coucher avec le donneur. Et puis il y a « le don de sperme sauvage ». Ce sont les gars qui font don de leur personne, vite fait bien fait : « Bonjour Monsieur, bonjour Madame, passez-moi la seringue, c’est par où, la salle de bains ? »

Dans un article du Monde paru fin 2013, un Canadien « donneur vocationnel » (c’est lui qui se nomme ainsi) se confesse : en trois ans de branlette, il a engendré 41 enfants « dont 38 issus de dons sauvages ». « Je chéris ma vocation de donneur et je n’ai pas eu de relation sexuelle depuis le 11 avril 2008 », dit-il. Et quand on lui demande « Pourquoi un tel dévouement ? », il répond : « L’idée de rendre utile un sperme de bonne qualité et d’avoir de nombreux descendants portant mon code génétique me plaît et me rend fier. »

Question : si le petit a la bonne couleur de peau et de cheveux mais qu’il est con comme un balai, a-t-on droit, aussi, à une indemnité ?

Pascal Bruckner : les nouveaux programmes d’histoire ou l’effacement de la France

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/04/25/31003-20150425ARTFIG00143-pascal-bruckner-les-nouveaux-programmes-d-histoire-ou-l-effacement-de-la-france.php

25/04/2015

FIGAROVOX/ENTRETIEN – L’ essayiste et romancier Pascal Bruckner revient sur la réforme du collège, les nouveaux programmes d’histoire et la tentative d’attentat contre l’église de Villejuif.


Pascal Bruckner est romancier et essayiste


PROPOS RECUEILLIS PAR: ALEXANDRE DEVECCHIO

La réforme du collège portée par Najat Vallaud-Belkacem n’en finit pas de susciter la polémique. Les cours de latin, de grec et les classes bi-langues vont être supprimés tandis que l’instauration de cours d’improvisation inspirés de Jamel Debbouze est évoquée. Que cela vous inspire-t-il?

Pascal Bruckner: C’est vraiment prendre les Français pour des imbéciles. On leur supprime le latin, le grec et l’allemand pour leur donner à la place du Jamel Debbouze. L’école devient le véhicule de l’ignorance et non du savoir. L’idéal de l’excellence, porté par Jules Ferry, a été progressivement délaissé par les idéologues au profit d’un égalitarisme qui confond égalité et médiocrité générale. Désormais, c’est le cancre qui devient le plus grand dénominateur commun dans la classe. Initialement, l’école de la République avait pourtant l’ambition inverse de porter une classe d’âge vers le niveau le plus élevé. Dans la novlangue actuelle, apprendre à nager aux élèves devient, «se déplacer de façon autonome dans un milieu aquatique profond standardisé». On touche le fond! La première réforme à entreprendre d’urgence serait de renvoyer tous ces «Trissotin» de la technocratie républicaine sur les bancs de l’école.

Dans les nouveaux programmes d’histoire la chronologie est abandonnée, l’enseignement de l’islam est obligatoire tandis que le christianisme médiéval et les Lumières sont optionnelles. Qu’en pensez-vous?

Sans chronologie, l’histoire n’a pas de sens. Cette réforme risque donc d’égarer encore un peu plus les élèves. On peut également s’étonner du choix de privilégier l’enseignement de l’islam par rapport à celui des Lumières ou du christianisme médiéval. A mon sens il ne s’agit pas d’un choix arbitraire, mais idéologique. Il y a sans doute ici une volonté d’ouverture à l’égard de l’islam, un souci de plaire aux nouveaux arrivants en supprimant tout ce qui peut les heurter: l’enseignement d’un autre monothéisme et l’exercice d’un esprit critique. Mais comment comprendre la France sans connaître le «manteau de cathédrale qui la recouvre»? Comment comprendre qui nous sommes si l’on ne sait pas d’où l’on vient? C’est-à-dire d’un pays de culture profondément catholique et républicaine. Quant aux Lumières, elles sont au fondement même de la culture laïque contemporaine. Que l’on soit de gauche ou de droite, croyant ou pas, c’est durant cette période que se noue la modernité. Faire l’impasse sur celle-ci me paraît aberrant. Il est vrai que dans certains quartiers, il est désormais impossible d’enseigner la Shoah en raison du conflit israélo-palestinien ou encore Madame Bovary qui soulève la question de l’adultère. La réforme tend à cajoler les éléments les plus rétifs du système éducatif au lieu de les assimiler. Ce n’est pas forcément un bon signe à envoyer aux Français musulmans les plus éclairés qui voudraient prendre leur distance avec leur propre religion et s’ouvrir au reste de notre culture. Pour nourrir une réflexion plus profonde sur les croyances, il me paraît urgent de rendre obligatoire la lecture du traité sur la tolérance de Voltaire.

Après la série d’attentats qui a frappé Paris en janvier, ne fallait-il pas envoyer des signes d’apaisement?

Il ne faut pas confondre apaisement et reddition. Dans son dernier livre, Michel Houellebecq a magnifiquement dessiné une France possible dans les dix ans à venir. Soumission est bien sûr une utopie négative pour que nous n’empruntions pas ce chemin. Mais la réalité pourrait rattraper la fiction beaucoup plus vite que prévu. Dans le livre de Houellebecq, l’islam prend un visage presque apaisant pour mieux souligner notre responsabilité, notre lâcheté. Le 11 janvier a été un beau moment de résistance et d’indignation. Puis beaucoup sont retombés dans la culture de la peur, allant même jusqu’à suggérer pour certains de revenir sur l’interdiction du voile à l’école. A travers cette refonte des programmes scolaires on procède au reformatage du logiciel de la France pour complaire aux ennemis de celle-ci et de la liberté. Cela me rappelle l’abandon par Jacques Chirac de la référence aux racines chrétiennes de l’Europe dans le projet de Constitution européenne de 2004. On reproduit aujourd’hui la même logique de repentance agressive en niant les fondements de notre nation. Ses fondements catholiques, mais aussi ses fondements républicains nés de l’idéal des Lumières. J’y vois une tentative délibérée d’amputation des traditions nationales. Au motif de favoriser le «vivre ensemble», horrible terme de la novlangue actuelle, on prône l’effacement de ce qu’il y a de meilleur dans notre héritage. On méprise les Français d’origine immigrée qu’on croit incapable d’intégrer notre trésor national et on prive les Français de leur histoire. Dans les deux cas, il s’agit d’un mauvais coup porté à l’intelligence. Ce qu’il y a de plus terrible dans cette réforme, c’est qu’elle est défendue par ceux-là mêmes qui sont censés diffuser le savoir. Comme si le maître voulait inculquer de force l’ignorance à l’élève.

Que vous inspire la tentative d’attentat contre l’église de Villejuif?

Le choix d’une église ne tient en rien au hasard. Les islamistes radicaux cherchent à éradiquer toute trace des monothéismes antérieurs car ils se veulent les seuls dépositaires de la vérité. Après les Juifs, le tour des chrétiens est venu…

Primaire UMP : où est passée la droite souverainiste ?

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/04/23/31001-20150423ARTFIG00237-primaire-ump-o-est-passee-la-droite-souverainiste.php

23/04/2015 à 17:34

FIGAROVOX/TRIBUNE – La primaire UMP de novembre 2016 mobilise l’attention de la droite. Matthieu Chaigne regrette la proximité idéologique de la plupart des candidats et souhaite qu’un authentique souverainiste se lance dans la course.


Matthieu Chaigne est co-fondateur du site Délits d’Opinion, un observatoire de l’opinion publique et des sondages, et est directeur conseil au sein du cabinet Taddeo, en charge notamment des études et du planning stratégique.


C’est tout le paradoxe de cette primaire. Censée départager les différents courants qui composent la grande famille de droite et du centre, cette élection interne frappe par la gémellité de ses candidats. Europhiles, biberonnés à la potion d’un libéralisme bon teint, les candidats putatifs ou déclarés varient seulement sur le remède qu’il faudrait administrer à la France.

Un casting qui révèle en creux la disparition de la droite dite souverainiste. Ce courant, porté notamment par un Philippe Seguin, a constitué le creuset du RPR d’hier, à la fois eurosceptique et profondément attaché à la place de l’État. Il n’a plus aujourd’hui d’héritier incontestable, même si un François Fillon avant sa mue libérale, ou un Xavier Bertrand aujourd’hui semblent s’en inspirer.

Pourtant, ces idées loin d’être mortes, rencontrent un vif écho. Elles reposent sur trois piliers:

Un État fort et stratège.

Non, les Français n’ont pas épousé la cause du libéralisme. La demande de libertés face aux dérives bureaucratiques, l’allergie fiscale face au trop plein d’impôt, ne signifient pas que les Français dans leur ensemble se soient convertis.

En réalité, face à une crise qui fragilise les parcours de vie, l’attachement à l’État demeure particulièrement fort. Ainsi, selon une enquête CSA, seule une minorité de Français (21%) souhaite limiter le rôle de l’État aux fonctions régaliennes et la lutte contre les inégalités. La majorité de nos concitoyens est en demande d’un État qui assure la protection sociale et oriente l’économie.

Au sein des électeurs de droite, la situation est plus contrastée, mais témoigne d’un courant étatiste très marqué. Les analyses comparées de différentes études convergent: entre un quart et un tiers des sympathisants UMP croient d’abord aux vertus de l’État pour assurer l’avenir de la France. 26% des électeurs UMP (ipsos/cevipof) jugent notamment qu’il faudrait d’abord renforcer le rôle de l’État dans les secteurs porteurs ou stratégiques pour créer de la croissance. La proportion monte à 50% au sein des électeurs du MODEM, et 40% au sein des électeurs FN.

Cette aspiration repose sur un postulat: celui que l’intérêt économique particulier serait par nature contradictoire avec l’intérêt général. Pour une majorité de Français, l’État demeure le garant du bien commun. Un patrimoine national et des fleurons qu’il faut préserver via notamment un patriotisme économique aussi affirmé que défensif. C’est pourquoi, lorsque l’État empêche le rachat de DailyMotion par un groupe étranger, 60% des Français applaudissent.

Moins d’Europe.

L’Europe est la seconde pomme de discorde de la droite: face à des candidats qui jouent sur les termes, critiquent l’Europe mais refusent d’assumer une critique radicale, les Français ont clairement basculé. Pour une majorité d’entre eux, l’Europe joue contre leurs intérêts. Incapacité à juguler les flux migratoires, source de destruction d’emplois, cheval de Troyes d’une économie libérale: l’Europe porte le chapeau du déclassement.

L’idée d’un retour en arrière n’est plus taboue pour les Français. Et encore moins à droite: 67% d’entre eux souhaitent renforcer les pouvoirs de décision de notre pays, même si cela doit conduire à réduire ceux de l’Europe. Au cœur de cette idée ressurgit un thème esquissé pendant la campagne de 2012, celui de retrouver la maitrise de son destin, de conserver son identité, son modèle. Et ses services publics.

Des services publics qui protègent.

Ces derniers, malgré toutes leurs lacunes qui ne sont pas niées, sont constitutifs de la «société à la Française», filets de sécurité indispensables face aux accidents de la vie.

C’est ici que réside le malentendu avec la droite. Toutes les mesures hard qui sont concoctées actuellement par les candidats à la primaire- suppression du nombre de fonctionnaires, baisse drastique du poids des dépenses publiques…- laissent penser que la lecture comptable est le seul prisme de la droite pour repenser l’avenir du «modèle français». Élaborées à la façon d’un cost killer, ces mesures ne peuvent que heurter une droite clivée sur le sujet, pour le plus grand bonheur d’un FN devenu le premier défenseur du pacte social. Un comble.

Toute la difficulté est donc de concilier un discours d’attachement puissant à ce modèle français, -modèle car il façonne profondément l’organisation de la société et les mentalités- tout en revendiquant une révolution radicale au nom de l’efficacité. Des réformes qui doivent bien-sûr aller au delà de la seule dénonciation des abus et dérives, lecture qui exonère bien facilement des efforts nécessaires.

Un État puissant et stratège, des services publics efficaces, une Europe aux prétentions moins hégémoniques: ce triptyque n’est pas la formule magique pour qui voudrait remporter la primaire à droite. Mais l’ingrédient nécessaire pour que la droite l’emporte en 2017. Qui parviendrait à préempter ce courant serait en réalité doublement gagnant: candidat d’une cause et non plus seulement d’une ambition, il deviendrait le premier chef de file d’un courant aujourd’hui sans porte-parole.

Et le dernier rempart face au FN.

Afrique du Sud: boule de feu dans l’arc-en-ciel

http://www.bernardlugan.blogspot.fr/2015/04/afrique-du-sud-boule-de-feu-dans-larc.html

samedi 18 avril 2015

En Afrique du Sud, les dernières violences « xénophobes » ont pris une telle ampleur que le Malawi a décidé d’évacuer ses ressortissants et que le Mozambique a demandé fermement aux autorités sud-africaines d’assurer la protection de ses nationaux. Quant au président Zuma, il vient d’annuler une visite officielle à l’étranger afin de suivre l’évolution de la situation.

Un peu partout dans le pays, notamment au Natal et dans la région de Johannesburg, les immigrés africains qu’ils soient  Malawites, Mozambicains, Somaliens, Zimbabwéens, Soudanais ou encore Nigérians sont en effet pris pour cible, lynchés ou forcés à se réfugier dans les camps militaires cependant que leurs biens sont systématiquement pillés. Au Natal, les pogroms ont été encouragés par le roi des Zulu et ailleurs dans le pays par le propre fils du président Zuma… Dans la « nation arc-en-ciel-« , au pays de Nelson Mandela, des Noirs massacrent donc d’autres Noirs, et qui plus est, des Noirs immigrés… Voilà de quoi déstabiliser les bonnes âmes qui pensaient, la main sur le coeur et abreuvées de certitudes morales, qu’une fois le régime blanc d’apartheid balayé, les fontaines sud africaines allaient laisser couler le lait et le miel de la société post-raciale…

Un peu plus d’un an après la mort de Nelson Mandela, le culte planétaire quasi religieux rendu à sa personne apparaît donc en total décalage avec les évènements. Le réel est en effet de retour -une fois de plus et comme toujours-, balayant au passage le mythe-guimauve de la « nation arc-en-ciel » fraternelle et ouverte au monde.

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Barroso, Juncker, l’Europe et Vichy

http://russeurope.hypotheses.org/3755

21 avril 2015

Par

Le divorce entre l’élite politique et la population que l’on constate à chaque élection est un fait massif depuis ces dernières années. Il se révèle dans le taux d’abstention, qui a considérablement progressé et ce pour l’ensemble des élections depuis les années 1980. Ce divorce alimente un procès en « populisme » contre des forces, de gauche comme de droite, qui conteste l’offre politique aujourd’hui rejeté par environ un tiers à la moitié des électeurs français. Pourtant, on peut penser que si tant le parti ex-gaulliste que le parti dit socialiste exprimait de véritables alternatives, ce taux d’abstention ne serait pas aussi élevé. Ce divorce trouve son fondement dans le délitement de la souveraineté nationale qui est ressenti par la population. Les Français ont le sentiment, de plus en plus justifié, que leur gouvernement, qu’il soit de l’UMP ou du PS, écoute bien plus ce qui se dit à Bruxelles que ce que veulent les électeurs.

Ce délitement marche de concert avec le délitement de la démocratie. Certes, des élections se tiennent régulièrement en France. Mais, ont elles encore un pouvoir de changer la politique, voire de changer l’élite dirigeante ? On peut en douter. Par ailleurs, les choix des électeurs ont été bafoués de manière ouverte et explicite lors du référendum sur le projet de traité constitutionnel de 2005. De là date la crise ouverte de la démocratie en France. Les suites de ce référendum constituent un événement marquant, l’équivalent d’un acte fondateur, qui nous a fait entrer dans une nouvelle époque. Cela en dit long sur la notion de la démocratie qui est professée par les principaux responsables européens, et en particulier de M. Jean-Claude Juncker (un multirécidiviste sur ce point qui avait déclaré à la suite de cette élection du 25 janvier « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens »[1]) ou M. Moscovici. Ajoutons que les récentes déclarations de M. Schäuble[2] vont parfaitement dans ce sens. On mesure que le mot « démocratie » n’est qu’un slogan sans contenu pour les dirigeants de l’Union européenne.

Il convient alors d’analyser ce discours anti-démocratique, et ses fondements économiques pour tenter de trouver une solution à la crise de la démocratie que l’on observe en France. Au-delà, ce divorce entre le peuple et les élites peut avoir comme solution la séparation radicale entre le peuple et une certaine élite. Après tout, Thomas Bottomore n’écrivait-il pas[3], il y a de cela près de cinquante ans, que l’histoire est un cimetière d’élites ?

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L’Europe autorise les brevets sur les semences naturelles !

Dans un silence assourdissant, l’Office Européen des brevets (OEB) vient de décréter la brevetabilité du vivant ! Une interprétation des textes abracadabrantesque…

Brevet brocoli OEB

« Dépêchons-nous d’en rire, avant d’avoir à en pleurer »… se dit aujourd’hui le milliard et demi de paysans qui replante d’années en années les semences issues de leur propre récolte.

La Grande chambre des recours de l’OEB du 25 mars a décrété qu’un « produit obtenu par un procédé essentiellement biologique est brevetable« . C’est-à-dire que toute nouvelle variété obtenue par croisement naturel, dont celles se développant toutes seules, comme des grandes, dans la nature, sont brevetables !

Petits recours entre amis

Reprenons. En 2002, un brevet sur le brocoli a été accordé à la société britannique Plant Bioscience, avant d’être contesté. Par des assoces crypto-complotisto-altermondialistes ? Non, pas du tout. Par Limagrain et Syngenta, deux géants de l’industrie biotechnologique, qui étaient alors aussi en attente de brevets du même (troisième) type. Curieux… Selon « No patents on seeds« , la coalition internationale d’associations créée pour l’occasion, « il est probable que ces sociétés se soient principalement opposées à ce brevet pour que le Bureau Européen des Brevets confirme, au lieu de révoquer, la brevetabilité des graines traditionnelles« .

Bonne pioche ! Après 13 années d’un insoutenable suspens, le résultat est enfin là : c’est open bar sur les brevets. Et des milliers de breloques en attente devraient être attribuées d’ici peu. Une voie royale ouverte à Syngenta, Monsanto et consorts pour prendre le contrôle de notre alimentation, y compris pour les variétés millénaires, comme pour ce brevet accordé en 2014 pour une variété de poivron copiée d’une plante sauvage existant en Jamaïque. Et, si leurs semences venaient à être brevetées, des centaines de millions de paysans seront contraints d’abandonner leurs graines ancestrales pour les racheter au prix fort à leurs fabricants. Un véritable désastre.

L’ONG « No patents on seeds » se raccroche tout de même à un très mince espoir : le parlement européen, de même que plusieurs pays, dont l’Allemagne, la France et les Pays-Bas, commencent timidement à réaliser l’ampleur du problème. Mais en Europe, c’est la Commission qui décide.

Lorsque Dieu a créé l’homme et la femme, il a bêtement oublié d’en déposer le brevet, si bien que maintenant le premier imbécile venu peut en faire autant. George Bernard Shaw

Liens : décisions G2/12 et G2/13 de l’OEB, communiqués de la FNPH, et de No patents on seeds.