Une sortie de l’euro salvatrice par ses conséquences

Une sortie l'euro gouffre financier

Une sortie de l’euro ne serait pas un gouffre financier

Une sortie de l’euro représenterait certes un choc pour la France, mais il serait limité par sa durée, son ampleur et salvateur par ses conséquences.

Le 25 février paraissait sur « Le Cercle les Échos » une tribune intitulée Une sortie de l’euro serait un gouffre financier , rédigée par David Amiel et Paul-Adrien Hyppolite. Il est revigorant de lire un tel texte, documenté et argumenté et de grande qualité. La thèse de cette tribune est la suivante : certes, l’euro est une construction viciée dès le départ, mais, maintenant qu’il est adopté, en sortir est une erreur, car, dans un contexte d’intégration financière, une sortie provoquerait un choc financier du fait de l’explosion de la dette des entreprises qui résulterait de cette sortie et de la dévaluation du nouveau franc. Il convient de répondre à cette tribune pour tenter de démontrer que, malgré des analyses théoriques exactes, d’autres conclusions pratiques, allant elles dans le sens d’une sortie de l’euro, peuvent être tirées.

Un coût de sauvetage acceptable

Tout d’abord, cet article a le mérite de pointer du doigt le vice de conception de l’euro. Cette monnaie rassemble dès le départ des économies trop divergentes et amplifie les divergences au lieu de pousser à la convergence souhaitée. Les économies les plus fragiles ont perdu l’arme monétaire de la dévaluation qui leur aurait permis d’affronter les chocs, à l’instar de la Malaisie après la crise asiatique de 1997, et de faire face à leurs problèmes de compétitivité.

Ne pouvant plus jouer sur le change, ces pays en sont réduits à pratiquer des coupes très douloureuses dans les salaires. Ensuite, cet article rappelle qu’en vertu de la lex monetae, la dette publique, libellée actuellement en euros et régie par des contrats de droit français, serait libellée en francs en cas de sortie de l’euro et n’augmenterait donc pas, contrairement à ce que prétendent bon nombre de défenseurs de l’euro.

Pourtant, les auteurs considèrent que sortir de l’euro est une mauvaise idée, car cela provoquerait une explosion de la dette des grandes entreprises, qui devrait être prise en charge par l’État, c’est-à-dire par les contribuables. Cependant, les montants avancés par les auteurs sont certes élevés, mais ils ne sont pas astronomiques. En effet, les 3,5 % du PIB que l’État devrait débourser pour voler au secours des entreprises en difficulté (dans la pire des hypothèses) sont nettement inférieurs au seul déficit public de la France pour l’année 2013 (4,3 % du PIB).

Si la France a un déficit de 4 % l’année de sa sortie de l’Euro et débourse en plus 3,5 % de plus pour sauver ses grands groupes, cela donne un déficit de 7,5 %, ce qui était notre déficit public de 2009 pour faire face à la crise. Nous sommes donc ici dans des ordres de grandeur acceptables quoiqu’élevés. En outre, la sortie de l’Euro permettrait à l’État de recourir de nouveau aux avances à taux 0 de la Banque de France pour financer une partie de ses dépenses.

Une dévaluation bénéfique à la croissance

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Etats-Unis: un modèle à ne pas copier

30/03/2015 – DENIS CLERC Fondateur d’Alternatives Economiques

Quand un pays affiche un revenu par habitant un tiers plus élevé qu’un autre, la conclusion coule de source : les habitants du premier pays vivent mieux que ceux du second. Et la plupart des économistes ajoutent que le second pays ferait bien de s’inspirer du premier. Est-ce si sûr ? La récente publication des données détaillées de l’enquête de l’Insee sur les revenus fiscaux et sociaux en 2012 permet de regarder de près la situation française et de la comparer avec celle des Etats-Unis. Et, du coup, l’évidence paraît moins… évidente.

En 2012, le revenu du ménage moyen aux Etats-Unis était de 5 000 euros par mois (1). En France, de 3 000 euros par mois. La différence est substantielle et peut faire rêver. Mais, comme souvent, le diable est dans les détails. D’abord, parce que les chiffres américains sont publiésavant impôts, alors qu’en France, le revenu pris en compte est le revenu disponible, c’est-à-dire après impôt sur le revenu et taxe d’habitation. Ensuite, parce qu’il s’agit du revenu d’un ménage moyen : or la taille de ce ménage moyen est, aux Etats-Unis, de 10 % plus élevée que chez nous (2,5 personnes contre 2,25). Enfin, et surtout, parce que le ménage américain doit payer les études supérieures de ses enfants, ainsi que son assurance-maladie lorsque l’employeur ne la prend pas en charge ou seulement partiellement (2).

Un écart plus prononcé en haut de l’échelle

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Grèce: Tout le monde le sait depuis le début, on a renfloué la Grèce pour sauver les banques françaises et allemandes !

Cet article a été publié dans le Wall Street Journal le 7 octobre 2013.

C’est le Wall Street Journal qui a sorti ce dossier concernant les différentes réunions et tractations qui ont eu lieu en 2010 autour du sujet des plans d’aides nécessaires à l’économie grecque.

Les notes et les procès-verbaux du conseil d’administration du FMI sont accablants sur la façon dont il a été décidé d’aider la Grèce.
Tout ce que nous disons depuis le début de la crise grecque, à savoir que les plans d’aides à la Grèce n’aident pas la Grèce, ni l’économie grecque et encore moins la population grecque mais sont des plans de sauvetages des banques, en particulier des banques européennes.
Ces documents confidentiels sont accablants sur la façon dont la Grèce a été et reste traitée aujourd’hui car sa situation est sans espoir économiquement parlant. Il a été décidé de sacrifier un pays entier pour préserver les bénéfices des grandes banques commerciales. Tout cela est une évidence depuis le début pour qui observe avec un tant soit peu de jugeote la situation.

Lors de la réunion du 9 mai 2010 du FMI, le conseil d’administration a approuvé le premier plan de sauvetage de la Grèce. Pourtant, il y a eu des désaccords considérables au sein même de l’institution et lors des différentes réunions.
Néanmoins, américains et européens disposent de suffisamment de droits de votes pour pouvoir ignorer les autres avis, raison pour laquelle les pays émergents insistent de façon de plus en plus importante sur la réforme des institutions internationales.

Le directeur exécutif suisse René Weber dira :

« Nous avons des doutes considérables quant à la faisabilité du programme… Nous avons des doutes sur les hypothèses de croissance qui semblent être trop favorables.

Même un petit écart négatif par rapport aux projections de croissance de base rendrait le niveau d’endettement insoutenable sur le long terme… Pourquoi la restructuration de la dette et l’implication du secteur privé dans le plan de sauvetage n’a pas été considéré jusqu’ici ?… »

Pour une raison somme toute assez simple. « L’implication du secteur privé », ce sont les banques commerciales. Restructurer la dette grecque, abandonner des créances impossibles à rembourser c’était amputer d’autant les bénéfices et les fonds propres des grands banques commerciales du vieux continent. Cela signifiait faire des augmentations de capital en urgence, voire même demander à chaque État d’aller renflouer directement ses banques respectives.

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Grèce: A qui ont profité les milliards…

Les milliards ont notamment servi à faire tourner les industries d’armement européennes…  Antonis Kantas […] a admis avoir reçu des pots de vin dans au moins 12 contrats : six avec des entreprises allemandes, et six avec des marchands d’armes français (2), suédois (2) et russes (2).

Sous-marins allemands, missiles russes et corruption : procès pour 33 personnes

27 mars 2015

Un sous marin dype 214. Phoro :"S-120 Papanikolis 1" par GDK. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

Trente-deux personnes seront envoyés en procès sur des accusations de crime se référant à des pots de vin et à du blanchiment d’argent dans le cadre de l’achat de quatre sous-marins à la société allemande Ferrostaal. L’affaire avait été dévoilée le mois dernier par le nouveau ministre adjoint de la Défense Nikos Toskas.

Selon la décision de la Cour d’appel, parmi les 32 défenseurs sont un armateur, d’anciens hauts fonctionnaires, des entrepreneurs, des courtiers et des représentants du secteur bancaire, un avocat et plusieurs officiers de la Marine.

Les accusations sont liées à de la corruption active et passive et à du blanchiment d’argent.

Le dossier a été établi par le témoignage de l’ancien directeur adjoint au département d’approvisionnement du ministère grec de la défense, Antonis Kantas, arrêté en décembre 2014. Il fut un proche collaborateur de l’ancien ministre de la défense Akis Tsochatzopoulos (1996-2001) condamné à 20 ans de prison en octobre 2013.

Le cas se réfère à l’achat de quatre sous-marins de type 214 pour la marine grecque pour un montant de 2,4 milliards d’euros. Le contrat entre le ministère grec de la défense et l’entreprise allemande HDW-Ferrostaal a été signé en 2000, mais la livraison est toujours en attente.

Selon la justice allemande qui a déjà condamné des officiels de Ferrostaal, les commissions occultes du contrat de sous-marins pourraient dépasser les 80 millions d’euros.

Cependant Antonis Kantas n’a pas reçu de pots de vins uniquement avec le contrat lié aux sous-marins. Il a admis avoir reçu des pots de vin dans au moins 12 contrats : six avec des entreprises allemandes, et six avec des marchands d’armes français (2), suédois (2) et russes (2).

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